mardi 4 juillet 2017

Les Demoiselles de Beaune - Karine Lebert



Infos sur le livre

éditions : Presses de la cité
date de publication : 06-04-2017
pages : 400
prix : 20,50€

Résumé éditeur


Au XVe siècle, pour enterrer son douloureux secret, Balbine de Joinville va lier son destin à celui des hospices de Beaune. Un drame réaliste et sensible mêlant la petite et la grande Histoire. Balbine de Joinville est religieuse aux hospices nouvellement fondés à Beaune. Elle a choisi de s'enfermer en ces lieux, l'année de ses dix-huit ans, pour cacher la honte d'avoir été violée. Elle y est demeurée par passion pour les herbes médicinales – une passion qui nourrit un talent de thérapeute qu'apprécie le médecin Maric Lambert, attiré par cette religieuse singulière. Du viol, perpétré par son oncle dans le château familial, une petite fille est née, Jeanne. Elle est élevée par le jardinier, non loin de sa cousine Alix, seule héritière des Joinville. Bien qu'elles ignorent ce qui les lie, une forme de rivalité s'installe entre elles. Tout les oppose : Alix renonce à un grand amour pour faire un mariage de prestige ; Jeanne devient chef d'une bande de brigands et disparaît peu à peu de la mémoire de ses proches. Jusqu'au jour où une blessure plus grave que les autres la conduit aux hospices de Beaune... Balbine, Alix, Jeanne : trois destins de femmes s'entremêlent pendant un demi-siècle comme les fils de laine d'une tapisserie chatoyante, tableau fidèle de la vie quotidienne dans les hospices de Beaune à leur apogée. 

Pourquoi ce livre ?


Merci aux Presses de la cité grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau roman de Karine Lebert, auteure que je suis avec beaucoup d'intérêt depuis quelques années maintenant.

De quoi est-il question ?

Nous voici en 1443. A Beaune, les travaux en vue de l'hospice public vont bon train et la jeune Balbine rêve d'y faire son entrée en tant que soignante même si, pour l'époque, devenir soignante signifie également devenir religieuse. L'ouverture d'un hôpital pour les plus démunis est une révolution et la jeune fille est bien décidée à y prendre part.

Les années passent et en tant que fille d'une famille réputée elle est invitée à passer l'été au sein d'une belle demeure au sein de laquelle elle sera violée. De cette relation forcée naîtra une petite fille, Jeanne, souvenir perpétuel d'un moment d'horreur pour Balbine qui se sait incapable de s'occuper de son enfant. A partir de là, plus rien ne la retient à se faire religieuse.

Au sein des hospices, Balbine apprend à soigner des plaies et à s'occuper des malades, a administrer des médications et à nourrir les plus faibles. Elle prend à coeur sa tâche non sans se rebeller parfois face aux abus d'une mère supérieure rude et sévère. Jusqu'au jour où un jeune médecin, Maric Lambert, arrive à Beaune pour remettre en question toutes les promesses que Balbine s'étaient faites...

Du côté de la forme...


Vous le savez, les romans historiques et de terroir sont toujours pour moi des lectures qui me font du bien. De même, c'est toujours avec le même plaisir que je retrouve les romans de Karine Lebert et l'idée d'un roman sur les hospices de Beaune n'était pas sans me déplaire.

Ce qui m'a beaucoup plus dans ce roman, c'est le mélange que l'auteure fait entre la part fictionnelle de l'histoire de Balbine et la part historique de l'histoire des hospices de Beaune, ardemment documentée. Tout au long du roman le récit se mêle donc à la réalité et c'est avec beaucoup d'émotion que j'ai à la fois suivi la vie d'une héroïne sublime et d'un lieu unique.

L'histoire de Balbine est, malheureusement, une histoire trop courante pour cette époque : une jeune fille violée, devenue mère trop tôt, devenant religieuse pour oublier son passé et tenter de se construire une vie loin de ses tourments. Le tour de force de Karine Lebert est d'offrir à Balbine un optimisme sans faille et une volonté dès le début à être soignante. La vie de cette héroïne ne sera donc pas un calvaire.

Concernant le caractère historique du roman, c'est avec beaucoup de talent que l'auteure nous offre le tableau d'une construction unique qui, aujourd'hui encore, ravit le regard des visiteurs. C'est avec brio qu'elle nous laisse entrevoir ce qu'était la vie dans ses hospices entre moments d'espoir et horreurs en tout genre. C'est avec tendresse que le lecteur découvre la force des soignantes de l'époque confrontées au pire.

Difficile de vous parler de ce roman sans trop en dire mais c'est avec beaucoup de force que le lecteur est confronté ici à des moeurs et à une époque bien différentes de tout ce que l'on peut connaître. L'idée selon laquelle seules les religieuses pouvaient prodiguer des soins fait entre autre partie de ces choses étranges difficiles à admettre à l'heure actuelle.

C'est une nouvelle fois avec beaucoup de plaisir que j'ai retrouvé la plume si agréable de Karine Lebert qui sait nous parler de l'Histoire tout en nous offrant des personnages qui font du bien, des personnages qui sont des leçons de force et de courage, des personnages tendres qui nous donnent envie de plonger dans le roman pour les rencontrer.

En conclusion...


Voici un roman que j'attendais de découvrir avec la plus vive impatience et avec lequel j'ai pris mon temps pour en savourer chaque instant. Voici un roman qui m'a permis une nouvelle fois de découvrir une héroïne qui m'a profondément émue. Voici un roman qui m'a permis d'en savoir un peu plus sur un lieu mythique que j'ai très envie de visiter un jour.
Je vous reparlerai le plus vite possible d'un autre roman de cette auteure dont j'ai quelques titres en réserve...

1 commentaire:

  1. Malheureusement, pour celui-ci, ce n'est pas spécialement mon style...

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