samedi 10 mars 2018

La chambre des merveilles - Julien Sandrel



Infos sur le livre

éditions : Calmann-Lévy
date de publication : 07-03-2018
pages : 265
prix : 17,90€

Résumé éditeur


Inattendu, bouleversant et drôle, le pari un peu fou d'une mère qui tente de sortir son fils du coma en réalisant chacun de ses rêves. Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère,  Thelma, qu’il est  amoureux pour la première fois, il voit bien  qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part,  fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion  le percute de plein fouet. Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas  d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis.  En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet  sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de  toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait  vivre au cours de sa vie. Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles,  elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures,  il verra combien la vie est belle. Peut–être que ça l’aidera à  revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers  elle il aura vécu la vie dont il rêvait. Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on  a presque quarante ans…

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions Calmann-Lévy qui m'ont fait la surprise de m'envoyer ce roman sur lequel je ne me serais peut-être pas retournée mais auquel l'éditeur croit dur comme fer.

De quoi est-il question ?


Thelma est une femme d'affaire toujours occupée, le téléphone à la main et sans jamais trop de temps pour s'occuper de Louis, son fils unique de douze ans qu'elle élève seule. Les passions et les premières amourettes de ce dernier ne la préoccupent finalement que de très loin et même lorsqu'ils marchent dans la rue il faut que son fils disparaisse de sa vie pour qu'elle le rattrape.

Louis est un adolescent parmi tant d'autres avec ses secrets et sa volonté, parfois, de rendre sa mère dingue lorsqu'elle ne s'occupe pas assez de lui. Alors, ce matin-là, armé de son skate, Louis se sauve une nouvelle fois, bien décidé à attendre sa mère à l'angle de la rue. Mais un dérapage incontrôlé, un camion et c'est l'accident. Un accident qui bascule Louis dans le coma.

Pour Thelma, son monde s'écroule. D'autant que les médecins sont formels : si l'état de Louis ne bouge pas, l'option de le débrancher surviendra dans trente jours, à peine un mois. Pendant quelques jours, Thelma va sombrer dans tous les excès pour se sentir vivre, pour ne pas mourir. Jusqu'à ce jour où elle découvre le cahier de rêves de son fils. Des rêves qu'elle va s'employer à réaliser et à lui raconter pour le stimuler.

Du côté de la forme...


Il est vrai que, sans avoir la surprise de recevoir ce roman, sans doute ne me serais-je pas retournée dessus et serais-je passée à côté d'une vraie pépite. Le genre de roman qui se déguste comme un bonbon et qui remet en perspective bien des choses.

A chaque heure, chaque minute, chaque seconde, le monde tel qu'on le connait peut basculer, notre petit monde que l'on croit inébranlable peut se transformer en rêve ou en cauchemar. Un cauchemar, voilà ce qui attend Thelma, le matin où commence ce roman, à 10h32 très exactement : son fils s'échappe à sa vue, il contrôle mal son skate et un camion le renverse. Une banalité qu'il pourrait arriver à n'importe qui.

Et c'est bien cela qui bouleverse dans ce roman : Thelma, ce pourrait être vous, ce pourrait être moi. Louis, ce pourrait être votre, ce pourrait être cet ado que vous gardez de temps en temps, ce pourrait être celui que je rencontre de temps en temps à l'angle de ma rue. En cela le roman devient universel et Thelma devient une femme qui ne peut ne pas nous émouvoir même si, parfois, elle se révèle un brin agaçante.

Durant ce roman, nous allons donc suivre cette mère aux portes du désespoir qui va retrouver le goût de vivre en réalisant les rêves de son fils. Un hymne à l'amour et à la vie en somme qui fait du bien malgré l'effroi du sujet traité. Dans ce roman, le sourire se mêle aux larmes et l'auteur parvient avec beaucoup de talent à nous faire rire et pleurer en même temps.

Car au-delà de cet hymne, ce roman est aussi un roman profond sur un sujet grave : la situation des personnes, et plus encore des enfants, dans le coma. Comment réagir quand notre vie bascule à ce point et comment peut-on être sûr de ce que nous devons faire. Car si tout indique que l'état de Louis est irrémédiable, le lecteur, lui sait que Louis entend tout, sait tout de la nouvelle vie de sa mère.

Ce roman est un premier roman et là, chapeau ! Dans un roman somme toute assez court l'auteur parvient à nous faire passer par toutes les émotions, parvient à nous faire voyager, parvient à nous faire réfléchir sur de terribles sujets d'actualité et sur nous-même. Et puis, l'auteur parvient à adapter son langage entre la voix de Thelma et celle de Louis avec toujours cet espoir lié à cette omniprésence du rêve.

En conclusion...


Voici un roman que je n'aurais probablement jamais lu si l'éditeur ne m'avait pas fait la surprise de me le faire découvrir et je serais franchement passée à côté d'une pure merveille (sans jeu de mots) pleine de tendresse, de courage et de frissons. Tous les mots de la terre ne suffiront pas à vous laisser entendre tout ce qui ressort de cette histoire alors pour en savoir plus, n'hésitez plus.
C'est avec impatience que j'attendrai le prochain roman de cet auteur car, pour moi, ce premier roman n'est rien d'autre qu'un coup de coeur.

vendredi 9 mars 2018

Les rubans de la vengeance - Alain Delage



Infos sur le livre

éditions : De Borée
date de publication : 24-08-2017
pages : 395
prix : 19,90€

Résumé éditeur


A la mort de son père, Marie-Louise se retrouve seule pour gérer l'auberge familiale. Auprès d'elle demeure Gustave, son mari, mais l'ancien compagnon du Devoir travaille dans le milieu de la passementerie et ne compte pas abandonner son métier pour aider sa femme. Pourtant, un soir, elle est inquiétée par un client, Gustave reçoit également des menaces et ses clients lui tournent le dos un à un... Son passé, resté mystérieux même pour sa bien-aimée, serait-il en train de le rattraper ?

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions De Borée grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau roman de l'auteur à la couverture très attirante et au résumé très tentant.

De quoi est-il question ?


Nous voici à la fin des années 1850. Après avoir voulu porter secours à des mariniers, Joseph Grange décède, laissant sa fille seule à la tête de leur auberge du sud de la Loire, dans le Forez. A une époque où la place de la femme n'est guère enviable, la jeune Marie-Louise doit apprendre à gérer son affaire. Elle ne peut même pas compter sur Gustave, son mari, qui travaille dans la passementerie.

Mais un soir, alors qu'elle sert le repas à ses clients, la jeune femme est agressée par un homme qu'elle n'a pourtant jamais vu auparavant. Et cet homme n'hésite pas à la menacer physiquement comme verbalement tendis que, à son travail, Gustave découvre horrifié que son cheval a été blessé dans le seul but de lui nuire, de le tuer.

Marcelline, une cousine de la famille accepte de venir aider Marie-Louise à l'auberge mais fait également comprendre à la jeune femme qu'elle doit agir. Et si l'on en croit l'agresseur, tout a à voir avec le passé de Gustave, un passé dont son épouse ne sait finalement pas grand-chose. Pour retrouver la paix, la jeune femme ira jusqu'à Lyon où ce qu'elle découvrira changera tout ce qu'elle croyait savoir.

Du côté de la forme...


Un nom d'auteur dont j'apprécie beaucoup le travail, une couverture plus qu'attractive, un résumé intrigant et, bien sûr, une maison d'édition que j'adore, il ne m'en fallait pas plus pour avoir envie de me plonger dans ce roman et quel bon moment j'ai passé !

Le premier point qui m'a fait du bien avec ce roman, c'est son cadre géographique : la Loire. Car si de fait je ne suis pas du Forez, je suis ligérienne et je le resterai. Me plonger dans un roman me racontant Saint-Etienne ne pouvait donc que me faire du bien, à moi qui ai quitté mon département il y a peu. Et pour un auteur qui, de base, n'est pas du coin, chapeau pour la qualité descriptive.

L'histoire se déroule donc dans un petit village du Forez (mention spéciale à la préface du roman et aux consonnes inutiles des appellations dans la Loire) et commence par un décès, le décès d'un père, le décès d'un homme bien. Et découvrir des personnages à l'heure où eux-mêmes perdent ce qu'ils ont toujours connu, cela porte toujours une charge émotionnelle très forte.

Mais cette émotion va très vite être dépassée par une angoisse omniprésente due aux attaques dont Marie-Louise et son mari vont être victimes. Nous passons donc de la peine à l'inquiétude pour les personnages et commençons à nous poser pas mal de questions sur tout. Et je dois dire que l'auteur a su rondement mener son intrigue, me perdre, pour m'amener à une révélation qui ne laisse pas sans réflexion.

Au sein de ce roman, nous allons découvrir tout un pan de l'époque choisie. De prime abord, j'aurais pensé que l'auteur traitait de trop sujets distincts et pourtant le tout s'imbrique très bien et offre au lecteur un bel apprentissage d'une région et d'une époque. Nous passons ainsi avec passion de la vie à l'auberge au théâtre de Guignol en passant par les chapeaux de Chazelle-sur-Lyon et, bien sûr, la passementerie. 

C'est avec plaisir que j'ai retrouvé l'écriture d'un auteur que je suis maintenant depuis quelques romans et ai apprécié le fait que les notes de bas de page aient été réduites depuis le roman précédant. Ces romans sont compensées par un gros dossier en fin de roman ce qui laisse la liberté au lecteur de le lire ou non et j'ai trouvé cela appréciable.

En conclusion...


Voici un roman qui va nous plonger dans les secrets d'un homme et dans une ambiance très prenante par laquelle le lecteur va sans cesse se demander ce qui l'attend. Et si nous sommes bien ici dans un roman de terroir avec ses codes, ce roman est aussi un véritable voyage dans le temps qui en apprendra beaucoup au lecteur non averti sur ce qui fait la force de Saint-Etienne, de ses environs et jusqu'à Lyon.
Un beau roman du genre à découvrir tendis que, de mon côté, j'attendrai avec impatience le prochain roman de l'auteur.

jeudi 8 mars 2018

La femme à la fenêtre - A.J. Finn



Infos sur le livre

éditions : Presses de la cité
date de publication : 08-02-2018
pages : 421
prix : 21,90€

Résumé éditeur


Elle a tout vu, mais faut-il la croire ? Séparée de son mari et de leur fille, Anna vit recluse dans sa maison de Harlem, abreuvée de merlot, de bêtabloquants et de vieux polars en noir et blanc. Quand elle ne joue pas aux échecs sur internet, elle espionne ses voisins. Surtout la famille Russell – un père, une mère et un adorable ado –, qui vient d'emménager en face. Un soir, Anna est témoin d'un crime. Mais comment convaincre la police quand on doute soi-même de sa raison ? 

Pourquoi ce livre ?


Merci aux Presses de la cité pour la découverte de ce roman très intrigant, livre fard de leur programme de ce début d'année.

De quoi est-il question ?


Depuis des mois, Anna est atteinte d'agoraphobie sévère. Sa fille et son mari loin d'elle, c'est seule dans sa grande maison qu'elle passe ses journées. Alors, pour tuer le temps, tromper l'ennui et pour se donner l'impression de vivre, Anna espionne ses voisins, les prends en photo à leur insu, tente d'imaginer ce qu'est leur vie derrière les murs.

Bientôt, emménage en face de chez elle une charmante famille : le père, la mère et leur ado. Une famille sans histoire. Anna, ancienne psy, s'attache d'ailleurs très vite au fils, Ethan, et par un concours de circonstance commence à nouer des liens avec la mère, Jane. Jusqu'au soir où elle assiste impuissante, dans la maison d'en face, à l'assassinat de cette femme.

Le lendemain, pourtant, Jane est bien vivante et personne, pas même la police, ne veut croire à la version d'Anna. Il faut dire que le soir de l'agression, Anna avait mélangé alcool et médicaments. Qui pourrait croire une femme à la raison dérangée ? Anna n'aura alors de cesse de prouver qu'elle dit vrai, au risque de mettre sa raison et sa vie en danger.

Du côté de la forme...


Cela faisait un petit moment que je n'avais pas lu de thriller et je dois dire que cela me manquait : le coeur qui s'emballe, l'esprit qui s'échauffe... J'avais envie de retrouver ses conséquences de lecture dans corps et ce roman m'a semblé idéal pour cela. Bingo !

Si je n'avais dû m'en tenir qu'à la première partie de ce roman, sans doute mon avis aurait-il été mitigé. Car si j'ai tout de suite su me laisser prendre dans l'ambiance, me laisser toucher par Anna et me laisser intriguer par le côté fantasmagorique de l'ensemble, j'ai trouvé ce début un peu long à se mettre en place même si je conçois que ce temps était nécessaire pour que le lecteur se sente au plus proche d'Anna.

Car avec Anna, le lecteur va être amené à découvrir un personnage hors norme et dérangeant. On a envie d'aimer cette femme perdue et de lui accorder du crédit, on aimerait la prendre dans nos bras et l'aider mais le roman laisse parfaitement ressentir le flou qu'est sa vie et sans dire qu'il s'agit là d'une anti-héroïne parce que ce n'est pas le cas, il est parfois difficile de la suivre vraiment.

Bref, en première partie de roman l'auteur nous plonge dans un flou artistique assez étrange mais qui change de ce dont on peut avoir l'habitude. Et puis, vient le moment où tout bascule et là le roman devient totalement addictif. Car entre les dires d'Anna auxquels on souhaite croire et les comportement de tous ceux qui l'entourent, ce roman énerve et interroge en même temps.

Viens alors la seconde partie du roman et là, c'est une véritable montée en puissance que nous offre l'auteur et ce jusqu'à l'aboutissement du roman. L'angoisse monte progressivement, tout le monde se met à douter de tout, les indices s'égrainent sans que le lecteur ne parvienne à mettre le doigt dessus et malgré les quelques solutions qu'il envisage, il ne saura jamais imaginer l'ensemble des réponses.

Un premier roman, c'est toujours quelque chose. Et là, c'est un véritable style que j'ai pu découvrir avec une belle influence du journalisme dont l'auteur est issu. Le cadre est posé avec brio, les personnages sont présentés sans tendresse et l'intrigue elle-même est habilement menée. L'auteur sait nous embarquer dans son roman mais aussi nous interroger sur des sujets d'actualité brûlante.

En conclusion...


Lorsque ce roman a été annoncé, j'ai su qu'il me faudrait le lire et qu'il s'agirait là d'une belle occasion de me replonger dans un genre que j'ai un peu laisser tomber. Autant dire que replonger dans ce genre avec une telle force m'a fait du bien avec toutes les émotions qui y sont liées. Voici un roman dérangeant à souhait qui retourne le cerveau et qui devrait séduire les amoureux du genre.
Ceci est un premier roman mais je fais le pari qu'il y en aura bientôt d'autres. Je serai là tout comme je serai là pour découvrir l'adaptation cinématographique du roman.

mercredi 7 mars 2018

L'homme de la grue - Eric Sanvoisin



Infos sur le livre

éditions : Slalom
date de publication : 26-01-2017
pages : 160
prix : 10,90€

Résumé éditeur


Inspiré d'un fait divers dont tout le monde se souvient, ce récit alterne le témoignage direct d'un père privé de sa fille et les sentiments de la jeune fille, qu'elle exprime dans son Journal tenu au fil des événements. Un homme s'enferme dans une grue, à plusieurs mètres de haut, avec le strict nécessaire pour tenir un " siège " dont il ignore la durée. Est-ce un fou, un homme suicidaire, un dangereux activiste ? Non, cet homme est un papa désespéré, privé de la garde de sa fille, Camille, depuis un an. C'est pour marquer cet insupportable anniversaire que " l'homme de la grue " comme les médias vont le surnommer, a pris cette terrible décision et est prêt à aller jusqu'au bout de son combat. Camille de son côté, est tiraillée entre sa vie de collégienne, sa mère qui semble déterminée à éloigner à tout jamais l'adolescente de son père, et les infos qu'elle reçoit, comme la France entière, sur le geste de son père, au Journal de 20 heures.

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions Slalom grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce roman d'un auteur dont j'avais beaucoup aimé le roman précédant.

De quoi est-il question ?


Une nuit, sur un chantier, un homme avance, affronte son vertige et monte tout en haut d'une grue avec quelques vivres et des couvertures. Au programme, un siège et une grève de la faim face auxquelles les autorités ne peuvent rien. Bientôt, les journalistes s'emparent de l'affaire et celui qu'ils ont déjà nommé "l'homme de la grue" fait la une des informations.

A des kilomètres de là, une adolescente de 13 ans, Camille, n'a plus de nouvelle de son papa depuis plus d'un an alors qu'il l'avait enlever pendant plus d'un mois. Jusqu'à ce soir où elle découvre aux informations que son père s'est enfermé dans une grue, désespéré d'être sans nouvelle d'elle. Camille se retrouve alors coincée entre l'envie de revoir cet homme et la rancoeur de sa mère.

Car pour la mère de Camille, rien ne peut apaiser la rage qu'elle éprouve envers cet homme et il est hors de question que Camille, de son côté, n'émette l'hypothèse de le revoir. Alors, tendis qu'un homme hurle son désir de retrouver sa fille, une adolescente, elle, va se retrouver confrontée à un monde d'adultes qui l'amènera elle aussi à grandir.

Du côté de la forme...


Cela faisait un petit moment que j'avais envie de lire un autre roman de cet auteur et tout particulièrement celui-ci. Tiré d'un fait réel, ce petit roman ne pouvait que m'attirer en ce qu'il promettait de belles émotions et une belle réflexion sur les enfants de divorcés.

Il est vrai qu'au début, nous avons un peu de mal à comprendre ce qu'il se passe avec cet homme apparemment sans histoire qui va monter en haut d'une grue et hurler son désespoir. D'autant qu'entre une écriture très journalistique ne faisant que décrire des faits et des préjugés de ma part concernant le comportement de cet homme, mon rapport à ce livre aurait pu ne pas être évident.

Dans ce roman nous allons donc tour à tour suivre ce père prêt à tout pour retrouver sa fille et la fille en question à travers son journal intime. L'aspect journalistique se frotte alors à toutes les émotions d'une adolescente perdue et ce décalage apporte une émotion très forte au roman. Et l'auteur a fait selon mois le choix juste en mettant plus en valeur les émotions de Camille.

Le lecteur est alors confronté ici à une banale histoire liée à un divorce compliqué mais une histoire qui va aller très loin et qui n'est pas sans faire poser pas mal de questions sur ces situations difficiles. D'autant que, rappelons-le, le roman est issu de faits réels ce qui offre une toute autre perspective à cette histoire. Une histoire qui va aller encore plus loin en posant également la question de situations pire encore par Violetta.

Et peut-être, malgré leur pertinence, trop de questions se trouvent être posées ici. Car il est vrai que, cependant, j'ai trouvé ce roman un brin trop court. J'ai conscience qu'il s'agit là d'un roman pour la jeunesse mais, pour autant, il m'a semblé qu'après une mise en place intéressante, tout allait un peu trop vite. Dommage.

C'est avec un réel bonheur que j'ai retrouvé la plume si caractéristique de l'auteur qui manie avec beaucoup de talent le travail sur les points de vue, l'émotion et surtout la fibre poétique. Chaque mot semble être choisi avec soin et même si nous ressentons bien l'écriture pour les jeunes ados, certaines réflexions sont à être mise sous le regard des adultes.

En conclusion...


Voici un roman qui m'intriguait beaucoup et que je suis ravie d'avoir pu découvrir même si j'aurais aimé qu'il me dure un peu plus longtemps. Lu en un temps recors, j'ai eu le sentiment que l'auteur n'allait peut-être pas assez loin dans une réflexion pourtant rondement menée autour du divorce, du comportement des pères et des actes de désespoir.
Il va de soi que je lirai avec plaisir le prochain roman de l'auteur et, malgré mes réserves, vous engage vivement à découvrir celui-ci.

mardi 6 mars 2018

L'honneur de Preston - Mia Sheridan

L'honneur de Preston par [Sheridan, Mia]

Infos sur le livre

éditions : Hugo Roman
date de publication : 09-09-2017
pages : 425
prix : 17€

Résumé éditeur


Ils étaient deux frères –des jumeaux– je les aimais tous les deux, mais mon âme n'appartenait qu'à l'un d'entre eux. Toute sa vie durant, Annalia Del Valle a aimé Preston Sawyer. Elle a grandi dans une cabane dans Central Valley en Californie, mais a découvert la liberté, dans la ferme Sawyer vosine et auprès des garçons qui étaient ses seuls amis. Preston est amoureux de Annalia depuis son enfance. Il a réussi à le lui cacher jusqu' à ce que leurs mondes – comme leurs corps– sont entrés en collision par une chaude nuit d'été. Une nuit qui va bouleverser leur vie pour toujours. Après avoir disparu corps et âme pendant six mois Annalia est de retour en ville. Si Preston a échappé à son désespoir amoureux, son sens de l'honneur et sa fierté parviendront-t-ils à le retenir à nouveau, lorsque, l'objet de son désir de toujours, est de retour. Comment fait-on pour dépasser les blessures du passé ? Réparer L'irréparable ?

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions Hugo Roman grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau roman d'une auteur que j'apprécie beaucoup dans le genre de la new romance.

De quoi est-il question ?


Lorsqu'ils étaient enfants, Mia, Preston et Cole jouaient ensemble, contre l'avis de la mère des garçons tendis que la mère de Mia travaillait pour cette riche famille de la ville. Déjà, la fillette ne laissait pas insensibles les jumeaux même si elle, de son côté, savait pertinemment qu'ils n'étaient pas du même monde et que leur amitié ne saurait être durable.

En grandissant, pourtant, Preston s'est très vite aperçu qu'il ne saurait jamais vivre sans Annalia tendis qu'elle, de son côté, se sentait de plus en plus amoureuse de ce garçon qui, d'aussi loin qu'elle s'en souvienne, a toujours été là pour la protéger des brimades et de ses propres bêtises. Mais un pari idiot les éloignent, jusqu'à cette nuit-là où tout fut bouleversé.

Des mois ont passé depuis que Mia a mystérieusement disparu, laissant à Preston leur fils, fruit de leur nuit d'amour. Alors, aujourd'hui qu'elle est de retour, Preston a bien du mal à pardonner à celle qui les a abandonné. Mia devra alors à nouveau faire ses preuves pour espérer regagner une place dans la vie de son fils. D'autant que, depuis, beaucoup de choses ont changé...

Du côté de la forme...


Cela faisait un petit moment que je n'avais pas lu de la new romance au sens premier du terme. S'agissant là de roman assez vite lus, je me suis dis que l'envie de faire baisser ma pal était l'occasion idéale pour en découvrir un.

Au début de ce roman, nous découvrons donc Mia, une jeune femme dont nous ne savons pas grand chose mais dont nous décelons très vite le mal-être. Nous apprenons qu'elle souhaite retrouver son fils et alors de nombreuses questions se posent. C'est alors par le biais de la rétrospection que l'auteur va nous inviter à découvrir comment les choses en sont arrivées là.

La rétrospection, voilà une manière d'écrire qui m'intéresse toujours en ce qu'elle permet de toujours garder un oeil sur les circonstances du passé. Et elle est particulièrement importante ici en ce qu'elle montre les mécanismes d'une amitié et d'un amour entre deux personnages que tout semble séparer et surtout leur niveau social.

Nous sommes ici dans une romance en bonne et due forme avec toutes les émotions que l'on peut aimer ressentir avec ce genre-là. Pourtant, l'auteure fait ici le choix de traiter d'un sujet ô combien important : celui des classes sociales, intemporel. Ainsi, au-delà de l'amour, elle nous montre combien l'opinion des parents, et surtout chez les familles riches, peut influer sur le destin des enfants.

Ce qui m'a touchée d'ailleurs dans ce roman c'est l'importance que l'auteure accorde aux personnes issues de l'immigration et à la difficulté de leur quotidien, une difficulté qu'ils tentent tant bien que mal de cacher aux yeux du monde. En cela l'auteur pose de vraies questions d'actualité et, par le biais d'une histoire agréable, fait réfléchir le lecteur sur les problèmes de notre monde.

Il est toujours difficile de parler du style d'un auteur étranger et encore plus dans le genre de la new romance où il est difficile de parler d'autre chose que d'un style agréable. C'est bien sûr le cas ici mais ce que j'aimerais pointer là c'est la force avec laquelle l'auteure s'attache à parler de certains thèmes et tout le coeur qu'elle met, une nouvelle fois dans ses personnages.

En conclusion...


Voici un roman que j'étais très curieuse de pouvoir lire et dans lequel je me suis plongée avec la certitude de passer un agréable moment. Cela m'a fait du bien de me replonger dans un roman du genre et de retrouver des personnages émouvants comme je les aime. J'ai aimé l'entreprise de l'auteure à traiter de sujets délicats et toute la diplomatie qu'elle y met.
Les amateurs de new romance devraient apprécier et, de mon côté, je pense vous reparler de ce genre un peu plus souvent.

lundi 5 mars 2018

Baptiste - Jean-Baptiste Renondin



Infos sur le livre

éditions : Marivole
date de publication : 27-10-2017
pages : 140
prix : 20€

Résumé éditeur


Ce nouveau roman de Jean-Baptiste Renondin tient du voyage initiatique. Voyage d'un jeune étudiant français dans les années 1950, un peu comme celui de Bardamu, entre les deux guerres, du Voyage au bout de la nuit de Céline. Baptiste aime la marche, le nez au vent, le rêve en tête. Il aime la nature, qu'il imagine plus qu'il ne la regarde, et les filles qu'il idéalise. Il décide de partir à la découverte de lieux, de pays inconnus, à la recherche de rencontres surprenantes et inattendues. Sortant de son Limousin natal, empli de naïveté, il va découvrir la haine, l'amitié, les femmes, l'amour, le racisme, un monde nouveau, loin de ses repères habituels : les Etats-Unis. Un voyage initiatique, donc, qui va le ravir mais aussi et surtout le métamorphoser. Il y a un peu de Jean-Baptiste dans ce... Baptiste !

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions Marivole grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce petit livre sur lequel je ne me serais sans doute pas retournée autrement.

De quoi est-il question ?


En plein coeur du Limousin, au sein des années 1950, le jeune Baptiste s'échappe peu à peu de la campagne dans laquelle il a grandit pour faire des études et gagner peu à peu sa place dans le monde. Il découvre alors l'amitié et met le doigt sur les questions de l'amour. Mais Baptiste rêve de plus même si, au fond de lui, quelque chose le rattache toujours à la région qui l'a vu naître.

Alors, pour découvrir le monde plus encore, Baptiste décide de partir pour les Etats-Unis où il fera la découverte d'un tout autre monde, à des kilomètres au sens propre comme figuré de tout ce qu'il connaissait. A des lieues de tous ceux dont il se souvient. Mais Baptiste est avide de faire ses preuves et, pour grandir, devra comprendre que le monde est bien plus complexe que ce qu'il croyait...

Du côté de la forme...


Ce roman, c'est par surprise qu'il est arrivé à ma maison. Mais comme il promettait du terroir, je n'ai donc pas hésité bien longtemps avant de me dire que je devrais le lire. Etant très court, il pouvait aussi tenir un beau rôle dans mon "vidage de pal".

Un jeune homme grandissant au coeur du Limousin et en partance pour son destin, ce roman avait tout pour me séduire et je dois dire que j'ai plutôt bien aimé le personnage que j'ai eu l'occasion de découvrir ici. Un personnage plein de courage et d'envies qui fait du bien et qui donne envie de suivre son exemple, surtout pour les années 50, non loin de la guerre.

J'ai aussi bien aimé l'idée de l'auteur d'embarquer son personnage et son lecteur jusqu'aux Etats-Unis ce qui m'a permis de porter un regard d'un autre temps sur ce pays que nous croyons tous connaître mais dont nous ne savons finalement pas grand-chose. Placer la moitié du roman dans ce pays était donc une bonne pour présenter un bond du personnage entre la campagne et la grande ville.

Malheureusement, sans doute est-ce dû au fait que ce roman est très court, je n'ai jamais vraiment réussi à rentrer dedans ni à m'attacher au personnage de Baptiste. S'il est bien de rentrer immédiatement dans le vif du sujet, sans doute aurais-je aimé que l'auteur prenne un peu plus de temps pour planter son décors et pour nous conter son personnage.

Et même concernant l'intrigue, j'aurais aimé que l'auteur fouille un peu plus son sujet. Ici nous restons en surface et même si l'ensemble prend alors une part très symbolique intéressante, ce n'est sans doute pas là ce que je cherchais dans ce type de lecture. Pour autant, il est toujours touchant de voir un personnage grandir par l'expérience.

Une comparaison a été faite à Voyage au bout de la nuit. Je n'ai pas lu ce roman mais de ce que j'en sais, à l'image de ce texte, l'auteur parvient en effet à retracer le parcourt initiatique d'un jeune homme dans le temps et dans l'espace. Finalement, c'est un peu un terroir poétique que j'ai découvert ici et même si j'en ressors mitigée l'idée était intéressante.

En conclusion...


Voici un roman que je n'avais pas demandé et que j'ai eu la surprise de recevoir. C'est donc avec curiosité que je m'y suis plongée, curiosité de découvrir un auteur surtout. Malheureusement, je n'ai pas réussi à entrer dans ma lecture et croyez bien que je le regrette. Si j'ai trouvé des points intéressant de style, je reste plutôt mitigée sur l'intrigue. Navrée.
Sans doute essaierai-je de lire un autre roman de l'auteur à l'occasion car, vous le savez, je déteste rester sur un mauvais avis.

dimanche 4 mars 2018

In my mailbox (243)

In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren  et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. Retrouvez l'ensemble des participants francophones chez Lilie.
Le rendez-vous hebdomadaire a été déplacé chez Lire ou Mourir.



Salut mes lapinoux !
Une nouvelle semaine s'achève et il est l'heure pour moi de vous présenter tout ce qui est arrivé à ma maison ces derniers jours avec du roman, de l'album et mon adhésion à Quais du polar.

SP romans


SP albums


- Mais qui épie la pie
- Le grand livre des guilis

Déstockage


Adhésion Quais du Polar