mercredi 12 décembre 2018

Les amandes vertes - Anaële et Delphine Hermans



Infos sur le livre

éditions : Warum
date de publication : 19-01-2011
pages : 120
prix : 18€

Résumé éditeur

Au printemps 2008, Anaële Hermans quitte la Belgique pour s'installer à Bethléem. Elle part y travailler comme volontaire auprès de jeunes Palestiniens. Pendant ce séjour, elle échange de nombreuses lettres avec sa soeur, Delphine, restée à Liège. Les deux soeurs se disent complémentaires : Anaële aime raconter des histoires, et Delphine dessine. Douze lettres composent cet album, au long duquel nous suivons Anaële de check-point en mariages, sur les plages d'Israël et sous les miradors, explorant ces deux mondes si proches et si lointains. Un témoignage intime, atypique et rafraîchissant. Format : 185 x 240, 120 pages noir & blanc, couverture souple 

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions Warum grâce auxquelles j'ai pu découvrir cet ouvrage ayant reçu le prix Médecins sans frontière et qui m'intriguait beaucoup.

De quoi est-il question ?

Tout commence en 2008 lorsque Anaële Hermans quitte son pays, la Belgique, pour aller quérir du travail en Palestine. L'occasion pour elle de se tourner vers de nouveaux horizons malgré la douleur qu'est pour elle la séparation avec sa soeur Delphine restée à Bruxelle. Mais en s'engageant pour les jeunes de ce pays, Anaële sait que les découvertes humaines seront fortes et vaudront le coup.

 Dès lors, c'est une nouvelle vie qui s'ouvre devant elle, de nouvelles coutumes, de nouvelles manières d'appréhender le quotidien, de nouvelles craintes aussi dues à un pays où règne de profondes divergences d'opinion et de nombreux conflits. Pourtant, au milieu de tout ça, Anaële trouvera peu à peu un équilibre.

L'histoire de ces quelques mois, c'est à travers de longues lettres qu'elle la conte à sa soeur Delphine qui, en retard, lui envoie des cartes sur le quotidien en Belgique qu'elle a quitté. Ces lettres, dans le même temps, Delphine va s'en servir pour raconter en images le quotidien de sa soeur. Sans avoir mis un jour les pieds en Palestine elle raconte par le dessin le quotidien de sa soeur.

Du côté de la forme...

Cet ouvrage, je l'avais déjà repéré l'année dernière, déjà aux Carnets de Voyage, et déjà il m'avait beaucoup intriguée non seulement de par son sujet mais aussi de par l'originalité du travail accompli pour l'ouvrage même.

Toute la force de l'ouvrage réside dans ce travail des deux soeurs : l'une écrit ce qu'elle voit, ce qu'elle vit dans un pays inconnu et l'autre dessine à partir de ces lettres. Une très belle idée qui, certes, met de la distance entre la réalité et ce qu'on lit (le lecteur découvre en effet la Palestine à travers deux regard interposés) mais qui apporte la force du ressenti de part et d'autre.

Car c'est bien là toute la force de cette ouvrage : le ressenti. Jamais il n'est question d'être exhaustive pour Anaële et encore moins de faire un reportage documenté de son expérience. Ce qu'elle veut, c'est raconter son quotidien en Palestine et le partager avec sa soeur. A terme, le partager avec le lecteur avec beaucoup d'émotion, des émotions qui vont évoluer au fil de l'album.

Ce que qui m'a beaucoup touchée ici, c'est le lien qui unit ces deux soeurs que l'on sent très attachées l'une à l'autre. Un lien qui va se décuplé avec l'éloignement physique et ce qui donne une belle sensibilité à l'ouvrage : sans doute le trait de Delphine aurait-il été différent si elle n'avait pas eu, derrière la volonté de coller aux lettre, cet amour pour sa soeur.

Souvent, nous avons beaucoup d'a priori sur les pays que nous ne connaissons pas ou que nous connaissons uniquement par le biais des médias. Ici, le lecteur est invité à porter un regard neuf sur un pays dont il va découvrir, certes, les difficultés, mais aussi les richesses, les traditions et les forces. Tout cela arrosé de relations humaines parfois complexes mais qui souvent paraissent bien plus simples que ce que l'on connaît en occident.

Question style, nous sommes bien sûr dans l'épistolaire sans fioriture, juste une correspondance entre deux soeurs séparées par des centaines de kilomètres. Du coup, nous sommes dans quelque chose où chacun peut se reconnaître et ça, ça fait du bien. Concernant le trait de l'illustratrice, si j'ai eu un peu de mal avec son côté plutôt simple au départ, je me suis finalement laissée embarquer.

En conclusion... 

Entre le sujet qu'il traite et le prix qu'il a reçu, cet album m'intriguait beaucoup et je suis ravie d'avoir enfin pu le découvrir. Le sujet traité est un sujet fort et présenté ici de manière très originale entre regard vers l'ailleurs et émotion entre les deux soeurs. Il ouvre le regard du lecteur vers des traditions et un quotidien dont il ignore tout et dont il ne ressort pas tout à fait pareil.
Voici une nouvelle fois un ouvrage que je vous conseille vivement pour élargir vos horizons. 

mardi 11 décembre 2018

Désirée la forteresse et son char d'assaut - Erick George-Egret



Infos sur le livre

éditions : Le léopard masqué
date de publication : 22-08-2018
pages : 250
prix : 18€

Résumé éditeur

Un road movie loufoque et baroque sur les traces d’un grand-père disparu, empreint d’hommage au cinéma.

Pourquoi ce livre ?

C'est lors de la dernière foire du livre de Brive la Gaillarde que je me suis offert ce roman d'un auteur que j'aime beaucoup suivre.

De quoi est-il question ?

Le narrateur est adulte lorsqu'il découvre dans une vieille malle des photos anciennes et de vieilles affiches de cinéma. L'occasion pour lui de redécouvrir ce qui fut la passion de son grand-père : les grands classique du 7ème. Ce grand-père, le narrateur n'en savait rien mais d'un coup, le flux de souvenir surgit d'une drôle d'aventure survenue des années plus tôt.

Trente ans plus tôt, en effet, c'est pour partir à la recherche de ce grand-père dont il ne savait rien que Rico, entretenant une relation privilégiée avec sa grand-mère, est parti sur les routes dans un road movie digne des plus grands films du cinéma français. L'occasion pour eux de faire d'extraordinaire rencontres et de vivre l'impensable.

C'est alors une horde de souvenirs qui remonte à l'esprit de l'homme qui va se remémorer ce moment d'adolescence qui bouleversa sa vie. L'occasion pour lui de se remémorer toute cette aventure vécue avec une grand-mère hors du commun. L'occasion de refaire sienne l'histoire étonnante de ce grand-père dans l'histoire familiale.

Du côté de la forme...

C'est sous la plume de Gordon Zola que je lis le plus souvent cet auteur et il est vrai que découvrir un roman sous son vrai nom m'intriguait pas mal. D'autant que cette histoire de road movie sur les traces du grand-père me touchait d'emblée.

C'était là ce qui m'attirait le plus et c'est ce que j'ai eu, avec brio je dois dire. Car ce roman est bien un roman d'aventure sur les routes, des routes qui vont conduire le narrateur et sa grand-mère jusqu'en Espagne. Des routes sur lesquels ils vont croiser des personnages hauts en couleurs qui font du bien dans un monde trop triste.

Alors, en effet, nous retrouvons ici les codes du cinéma américain sur lequel l'auteur bascule cette histoire en partie vraie. Une belle manière de faire honneur au 7ème art qui transpire de ce roman et d'offrir au personnage, et au lecteur, le sentiment que ces aventures que l'on voit sur l'écran peuvent bien survenir à tout moment dans une vie.

Mais il ne faut pas oublier que ce roman est une rétrospection due aux découvertes de la malle. Son adolescence saute à la gorge du narrateur et au-delà de l'aventure de façade, c'est aussi une histoire pleine de tendresse et d'émotion qui nous est offerte ici à travers la relation qui unit cet adolescent à sa grand-mère.

 Et puis, ce roman, à l'image de ce qu'il conte, est une véritable déclaration au cinéma, une passion dévorante dans laquelle est entraîné le lecteur. Car en effet, au fil de ma lecture, j'ai eu envie de revoir plein de films et d'aller découvrir ceux que je ne connaissais pas. Au final, ce livre, je l'ai un peu vécu comme un guide de films à voir ou à revoir.

Sur le style, j'ai retrouvé le style de l'auteur tel que je l'apprécie, son amour pour la langue et toute la force qu'il met à choisir ses mots. Mais ici, j'ai éré d'autant plus touchée que l'auteur réduit les jeux de mots auxquels il m'avait habitué. Une réduction qui permet à l'émotion et à la tendresse de prendre le pas ce qui est une belle découverte.

En conclusion... 

Voici un roman qui m'intrigait pas mal et dans lequel j'ai eu envie de me plonger afin de découvrir l'auteur dans autre chose. Un risque à prendre mais qui m'a convaincue. Car l'auteur a su m'entraîner avec lui dans son road movie tout en me touchant au coeur dans cette relation adolescent-grand-mère dans laquel nous pouvons tous nous reconnaître à différents niveaux. 
Une très belle redécouverte de l'univers de l'auteur que je vous invite vivement à découvrir. 

lundi 10 décembre 2018

Speakerines - Olivier Minne



Infos sur le livre

éditions : Editions du Rocher
date de publication : 31-10-2018
pages : 376
prix : 19,90€

Résumé éditeur

Bien avant les bandes-annonces, quand la télévision prenait le temps d'accueillir ses téléspectateurs par des mots doux, les speakerines ont été pendant plus de quarante ans des hôtesses aimables et jolies, qui présentaient les programmes à venir et comblaient les coupures à l'antenne. Dernier « speakerin » à avoir fait une annonce de programme sur France 2, Olivier Minne a été formé et mis à l'antenne par la première speakerine, Jacqueline Joubert. Il nous raconte l'âge d'or de la télévision et l'histoire de ces femmes qui ont séduit des générations de téléspectateurs. Jacqueline Joubert, Catherine Langeais, Jacqueline Caurat, Jacqueline Huet, Denise Fabre, Évelyne Leclercq, Dorothée, Évelyne Dhéliat... les speakerines, loin d'être de simples potiches, se sont battues pour l'égalité des droits dans un monde dirigé alors par les hommes. Les femmes actuellement à la télévision, animatrices ou journalistes, doivent beaucoup à celles qui les ont précédées, audacieuses et volontaires, qui ne pouvaient compter que sur elles-mêmes. Dans ce livre tendre, nostalgique et souvent drôle, qui retrace l'histoire d'un métier disparu, Olivier Minne nous fait découvrir l'envers du décor et les origines de la télévision.

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions du Rocher grâce auxquelles j'ai pu découvrir cet ouvrage qui m'intriguait pas mal même si, de base, les ouvrages de célébrités ce n'est pas ce qui m'attire le plus.

De quoi est-il question ?

Il fut un temps où, à la télévision, il n'y avait pas de publicités, où les programmes s'arrêtaient à une heure donnée de la soirée, où les salaires étaient misérables. Il fut un temps loin du monde de la surrenchère, du marketting et de l'efficacité au sens large. Il fut un temps où la télévision était là pour faire du bien et pas seulement de la consommation.

Ce temps, ce fut celui des années 50 à 80, voire début 90. Ce temps, ce fut celui où des jeunes femmes accueillaient le téléspectateur pour lui présenter les programmes avant l'ère d'internet, avant même l'ère des programmes télé du buraliste. Ce temps, ce fut celui des speakerines où des femmes gagnèrent leur gallons.

Olivier Minne fut le dernier, et le seul homme, a être engagé pour ce rôle. Il a connu les entretiens pour passer à la télé, il a connu les coulisses de ces fonctions pas toujours aussi roses que l'on l'imaginer. Il a surtout connu la déchéance des speakerines après une apogée admirable de ce rôle qui bientôt sombrera dans l'oubli si rien n'est fait.

Du côté de la forme...

Vous le savez, j'ai toujours quelques réticences à me plonger dans l'ouvrage d'un auteur "célébrité" : crainte qu'il ne soit pas le vrai auteur, refus de me laisser prendre par une volonté marketting. Pourtant, là, je me suis laissée tentée et j'ai bien fait.

Etant née dans les années où les speakerines ont connu leur déchéance, il est vrai que je n'ai jamais connu en temps que téléspectatrice ces annonces qui ont pourtant marqué toute une génération. J'ai pourtant des gens qui m'en ont parlé. Mais je me dis : si personne n'en parle, bientôt, on ne s'en souviendra plus et c'est dommage.

Car que l'on aime ou non la télévision, que l'on adhère ou pas à ce principe que fut celui des speakerines, le fait est que cette histoire fait partie de l'histoire de la télévision et mérite de ne pas être oubliée. C'est ce à quoi s'applique l'auteur et il le fait très bien entre principe du document d'archives et expérience personnelle.

Concernant le travail sur les archives, je dis bravo ! Car dans la masse existante, l'auteur a su retiré le meilleur, proposer des citations à la fois forte et qui touchent au coeur tout en mettant très en valeur l'émancipation des femmes, à travers celles de la télévision, sur moins d'un demi-siècle. Cette évolution nous n'en avons plus conscience et pourtant elle est incroyable.

Et puis, comme il se doit, l'auteur nous parle de sa propre expérience. Mais aucune condescendence ni étalage dans ce récit. Juste les morceaux d'une aventure de vie nourris d'anecdotes drôles ou émouvantes qui m'ont touchée. Un récit d'expérience, surtout, destiné à offrir au lecteur le récit de rencontres, ces rencontres de celles qui vous changent.

Car c'est là toute la force de ce livre : mêler une volonté d'exhaustivité et de document à un attachement fort pour ce qui est raconté, un attachement lié à l'expérience personnelle. Et le style s'en ressent car il est aisé de ressentir à travers l'écriture la passion et la tendresse de l'auteur pour ce qu'il nous raconte, son avis de partager cette histoire avec le lecteur.

En conclusion... 

Cela peut sembler étrange de dire ça mais je définierais ce livre comme un "essentiel", un de ces livres importants pour garder une trâce d'un morceau de passé. N'ayant pas connu cette époque, j'ai beaucoup appris à travers cet ouvrage tout en me laissant porter et toucher par l'émotion qui en ressort très régulièrement.
Ce livre aurait pu être une entreprise commerciale mais il n'en est rien et si vous vous intéressez ne serait-ce qu'un peu à l'histoire de la télévision, n'hésitez pas. 

dimanche 9 décembre 2018

Les fées d'Arverne, Pont du Château 2018

Salut à tous,

Hier, je me suis rendue à Pont-du-Château, à quelques kilomètres de Clermont-Ferrand pour un petit salon en faveur du Téléthon qui semblait être une bonne petite façon de passer l'après-midi. 
Une bonne après-midi, sans le moindre doute. Mais qué galère pour y aller et en revenir !

Dans la série
"Pampoune se rend contre vents et marées sur un salon et se fout toute seule dans la merde"


Tout à démarré quand Maryssa Rachel a publié l'annonce de cet événement sur sa page Facebook. Et parce que j'avais adoré son roman Outrage, je dois dire que j'avais très très envie de la rencontrer "en vrai".
Quand, en prime, j'ai vu qu'Emma Daumas serait également présente, la question n'était même plus à poser, je devais m'y rendre !

https://leslecturesdepampoune.blogspot.com/2017/08/outrage-maryssa-rachel.htmlhttps://leslecturesdepampoune.blogspot.com/2016/04/supernova-emma-daumas.html 
Cliquez sur les couvertures pour retrouver mes articles

Bref, pour deux auteures que je rêvais de rencontrer et à quelques kilomètres de chez moi, je ne faisais pas trop de souci. Et pourtant !

Etant entrée en contact avec Eric Courtial, organisateur de l'événement, je me suis intéressée de près aux auteures présentes (et oui, que des femmes, ou presque !)
J'ai planifié ma journée, bien étudié le réseau de transports en commun pour m'y rendre et tout bien prévu. Sauf que, ça a foiré. Et même bien comme il faut foiré.

Un aller épique

D'abord, il y a eu l'effet Gilets Jaunes avec l'annonce de la suppression de tous les bus de réseau. Et merde ! Comme je suis un brin têtue, j'ai quand même tenté le coup. Ouf, un bus est quand même passé.
On démarre et j'attends mon arrêt sauf que, bim, voilà pas que le site m'avait dit un peu n'importe quoi et que l'arrêt que j'attendais n'existait bien sûr pas !
Me voilà donc à devoir traverser Pont-du-Château pour rejoindre la salle du Caméléon. J'y arriverai finalement, c'était pas dommage !

Photo prise de nuit parce que j'ai oublié en arrivant


 Une après-midi magique

Les salons, vous le savez, c'est toujours pour moi de grands moments de rencontres, de découvertes, de rigolades. Et celui-ci n'a pas fait exception à la règle.

Tout d'abord, j'ai rencontré les deux auteurs pour lesquelles j'étais venue et j'en suis totalement ravie au point d'avoir oublié mes galères pour y arriver.

Maryssa Rachel

Emma Daumas

Ce salon a aussi été pour moi l'occasion de retrouver des auteures que je vois de temps en temps sur les salons et avec qui j'ai été très heureuse de pouvoir échanger quelques mots.

 Evelyne Dress

 Odile Robert

Ce salon a aussi été pour moi l'occasion, comme j'essaye toujours de la faire, de faire des découvertes livresques et d'échanger, si possible, quelques mots avec des éditeurs.

 Lilan Ronchaud et son auteure Marielle Ranzini

 
 Emilie Gandois
qui était avec son éditrice Mary Smith

 Héran

J'ai enfin eu l'opportunité d'échanger avec des auteures dont je m'occuperai plus tard d'acquérir les ouvrages (ayant oublié comme une nouille que je peux être espèces et chéquier).
 Séverine de Possel-Deydier

Virginie Bonnier et Steff S.

Un retour pas gagné...

Après un dernier tour du salon, il est temps pour moi de regagner mes quartiers. Mais, comme cela était prévisible, j'ai trouvé le moyen de me paumer au retour ! (sinon c'est pas drôle)
J'ai donc traversé Pont-du-Château, de nuit, sous la pluie, et sans savoir par où je devais passer pour retrouver mon arrêt de bus.

Sans trop savoir comment j'ai finalement réussi à en retrouver un (pas le même qu'à l'aller) mais comme j'avais mis du temps, moment de panique : le dernier n'était-il pas déjà passé ? Heureusement, non ! Et même si j'ai attendu plus d'une demi-heure qu'il arrive, il est finalement arrivé et je dois avouer qu'une fois dedans, j'ai fait "ouf".


Bref, encore un superbe salon auquel je retournerai très probablement l'année prochaine !

samedi 8 décembre 2018

Etre vie, vent - Emilie Gandois



Infos sur le livre

éditions : Prolégomènes
date de publication : 02-07-2018
pages : 102
prix : 12€

Résumé éditeur

 "Etre vie, vent ; nous, rire les lents demain" est un recueil incisif et sensible, une somme raisonnée de poèmes à rimes, de vers à rythmes réguliers ou libres, de chansons, de dialogue ou textes poétiques en prose, un florilège prélevé dans la production hétéroclite et prolifique d'une artiste aux multiples facettes et ordonné en cinq chapitres, aux titres-valises, qui figurent les cinq grands thèmes de prédilection de Emilie Gandois. La poétesse, autrice, comédienne et chanteuse, s'approprie le quotidien pour nous toucher là où ça fait du mal et du bien, entre la rage et la tendresse. Elle nous assène des vérités sur le monde, dépeint des possibles exploits issus de nos faiblesses, se penche sur les relations hommes-femmes, mères-enfants, sur l'amour, la solitude, la violence et l'espérance... Illustré par les créations de Syrano, ami artiste, pluriel lui aussi, auteur-compositeur-interprète-réalisateur et graphiste, ce recueil manifeste la vision aiguë d'une génération et l'urgence de dire, de traduire et de partager. 

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions Prolégomènes grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce recueil en vue de la présence de l'auteure au festival des Fées d'Arverne.

Mon avis...

Parce que cette lecture n'a rien à voir avec celles que je vous propose habituellement, c'est aussi une chronique un peu différente que je m'apprête à vous proposer. Car ici, nul possibilité de vous faire un résumé comme je vous fais d'ordinaire. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, je vous propose de parler poésie.

Deux raisons majeures m'ont poussée vers ce titre. Une raison pragmatique tout d'abord : la présence de l'auteure aux Fées d'Arverne. Une raison symbolique d'autre part : le besoin en nos temps troublés par l'actualité de me faire du bien par les mots.

Il est relativement rare d'avoir l'occasion de parler poésie avec des auteurs qui savent de quoi ils parlent. Il est vrai que la poésie est un genre qui se vend peu et, en tant que blogueuse, j'ai trop souvent été confrontée aux poètes du dimanche. Pouvoir parler de la richesse des mots avec une poétesse publiée était donc important pour moi.

D'autant qu'avec son recueil, l'auteure m'avait déjà convaincue de son amour pour les mots, un amour pour les mots que je partage et qui fait du bien d'être exprimé. Un amour pour les mots duquel transpire un amour pour la vie, pour ceux qui nous entoure et pour tout ce dont nous ne nous préoccupons plus, par habitude du quotidien.

Et c'est là toute la symbolique qui m'a fait du bien au cours de cette lecture : un attachement à la vie dans des temps où l'on semble avoir oublié à quel point être juste là est d'une valeur sans nom et qu'il faudrait juste le voir pour le comprendre. Et pour le voir vraiment, quoi de plus beau que les mots et des phrases hors du temps.

Au sein de ce recueil, la poétesse sait nous aussi rendre compte de sa capacité à écrire sous des formes qu'il est agréable d'alterner : le vers et la prose. Car même si les deux sont poésie, nous ne pouvons lire les deux de la même manière. La prose étant comme une main qui vous caresse et le vers comme un chant qui résonne à vos oreilles.

Vous l'aurez compris, j'ai été très sensible au style de l'auteure, de la poétesse, qui nous invite à une redécouverte de la vie. Moi-même, au sortir de cette lecture, j'ai envie de profiter de chaque instant, de profiter des miens et d'oublier un instant ou un peu plus tous ces nuages noirs qui semblent vous pourrir l'existance mais qui ne sont finalement que bien peu de choses.

En conclusion... 

Il n'est pas évident de parler poésie tout comme il n'est pas si évident de parler de la richesse de la vie. Pourtant, dans son recueil, Emilie Gandois s'emploie aussi bien à l'un qu'à l'autre et nous fait vivre les mots de notre quotidien comme nous ne les entendons plus. De quoi oublier ce qui nous ronge et nous laisser prendre par la main.
Il est très rare que je vous parle poésie mais j'espère bien recommencer bientôt.

vendredi 7 décembre 2018

L'hôtelière du Gallia-Londres - Bernadette Pécassou



Infos sur le livre

éditions : Flammarion
date de publication : 06-06-2018
pages : 320
prix : 20€

Résumé éditeur

«Inès avait l air de l ange qu elle n était pas. Marie l avait compris. Fille unique, elle était la future héritière de l hôtel le plus prestigieux de Lourdes situé au pied des sanctuaires, là où se pressaient les foules de pèlerins et où vivaient les propriétaires des affaires les plus florissantes, ceux de la haute.» Sur fond d intrigues au c ur d un palace luxueux, dans une ville mystique jusque dans sa pierre de granit et ses brumes hivernales, L hôtelière du Gallia-Londres brosse le portrait de destins individuels dans une société en pleine mutation. Des années 1950 à nos jours, entre essor de l hôtellerie moderne et déchirements de la société, la rivalité de Marie et d Inès est une histoire de pouvoir, de foi et de courage. 

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions Flammarion grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce roman d'une auteure que je n'avais encore jamais lu et dont ma rencontre à Royat reste un très beau souvenir.

De quoi est-il question ?

Nous sommes dans les années 50, à Lourdes, au coeur des Pyrénées là où, près d'une siècle plus tôt, une jeune bergère a tout fait basculer pour la petite bourgade. A l'heure de ce roman, la ville de Lourdes est à son apogée et les hôtels qui ont fleuri un peu partout sont des entreprises familiales où voyageurs et pèlerins aiment se reposer.

Marie et Inès sont nées, ont grandi et sont allée à l'école à Lourdes. Mais tout les oppose. L'une est la fille du boulanger, l'autre la future héritière de l'hôtel le plus prestigieux de la ville : le Gallia-Londres. L'une est discrète et réservée, l'autre entend bien régenter son petit monde et imposer sa loi auprès de ses camarades.

Grandissant, les deux fillettes devront bientôt faire des choix au nom de leur familles, au nom de leurs convictions mais au nom aussi d'un monde en pleine évolution qui pourrait bien contraindre la ville de Lourdes à changer irrémédiablement de visage. L'occasion pour elle de faire valoir leur force de caractère et leur volonté.

Du côté de la forme...

Si j'aime les romans régionaux et si Bernadette Pécassou est une auteure que je n'avais jamais lu, ce ne sont pas là les seules raisons pour lesquelles j'ai voulu lire ce roman. Car, je n'ai pas honte de le dire, Lourdes est une ville qui m 'est chère et j'étais très curieuse de la découvrir autrement.

Sachant que ce genre de terrain peut être glissant, je tiens tout de suite à vous préciser que ce roman ne fait ni l'apologie du christianisme et des croyances liées à Lourdes ni une critique acerbe de ceux qui y croit. L'auteure nous conte simplement ce qui est, ce pourquoi Lourdes existe sans nous imposer une vision des choses, avec un seul regard historique.

Alors certes, pour que roman il y ait, il convient de poser les bases d'une intrigue et c'est ce que l'auteure nous propose à travers les figures de Marie et Inès. Deux fillettes, puis femmes, opposées par des rivalités matérielles, amoureuses, familiales et sans oublier les secrets qui régentent les vies des villages et des villes.

Pour autant, l'intrigue elle-même n'est sans doute pas ce qui compte le plus ici. Ce qui compte dans ce roman, c'est la figure des grands hôtels et des pensions de familles qui font la vie de Lourdes encore aujourd'hui mais surtout dans les années 50. Moi qui connaît bien les lieux, je dois avouer que j'ai tout redécouvert avec un oeil neuf.

Car les vrais personnages de ce roman, ce sont eux, les hôtels. Des hôtels où il s'agit de vivre, oui, mais surtout où il s'agit de rester dans un esprit très familial qui fait du bien. Un esprit familial grâce aux femmes que nous allons voir, à travers la fiction de ce roman, s'émanciper à une époque où ce n'était encore pas si évident.

Le style de l'auteure est un style journalistique où le document se mêle à la fiction et qui nous permet de porter un regard neuf sur ce que nous croyons connaître. Il est vrai que l'auteure aime la ville de Lourdes et ce qu'elle porte et même si nous en avions longuement parlé à Royat, il est clair que cette passion pour ce qu'elle raconte transpire de ses mots avec brio.

En conclusion... 

Ce roman, j'avais extrêmement envie de pouvoir le découvrir et, une fois que j'ai pu le commencer, je l'ai simplement dévoré. J'ai beaucoup appris avec ma lecture sur une époque que je n'ai pas connu d'un lieu qui m'est cher et ai été très sensible à cette question des femmes sans qui Lourdes ne serait peut-être pas restée la même. 
Ce roman était ma première lecture de l'auteure mais certainement pas la dernière. 

jeudi 6 décembre 2018

J'ai encore menti - Gilles Legardinier



Infos sur le livre

éditions : Flammarion
date de publication : 10-10-2018
pages : 400
prix : 19,90€

Résumé éditeur

Laura se pose beaucoup de questions. Comment réussir sa vie ? Est-il possible de manger tout ce que l'on aime sans prendre dix kilos ? Comment trouver l'amour ? Trop de doutes pour être heureuse, trop d'envies pour se contenter du banal... Jusqu'au jour où un accident va complètement effacer sa mémoire. La voilà à nouveau débutante face à la vie, obligée de tout redécouvrir : les bonbons, les soutiens-gorges, les garçons, l'électricité et les lois qui gouvernent l'Univers... Libérée des a priori, portée par un coeur affamé et un cerveau qui se cherche, Laura entame une aventure unique et hilarante. En ne sachant plus rien, elle a peut-être enfin une chance de devenir elle-même... Gilles Legardinier confirme brillamment qu il n'a pas son pareil pour allier le rire à l'émotion. Qui n'a jamais rêvé de tout oublier pour recommencer ? Attention : les scènes de cette comédie sont vécues par des non-professionnels, il est vivement conseillé de les reproduire chez vous ! 

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions Flammarion grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau roman d'un auteur que j'aime beaucoup lire pour me faire du bien.

De quoi est-il question ?

Laura, c'est un caractère. Bien décidée à profiter de la vie elle passe son temps entre recherche de l'amour et quatre cent coups avec ses amies. Alors bien sûr, trouver le bonheur n'est pas si évident quand on se pose mille questions sur la vie et quand on est en recherche constante de ce petit plus qui donne du piquant à la vie.

Mais voilà qu'un jour c'est l'accident. L'idée folle de monter sur un poney quand on n'y connaît rien, un petit coup de caractère de l'animal et voilà Laura qui part dans le décors. Lorsqu'elle s'éveille, la jeune femme est à l'hôpital avec la certitude absolue d'être une reine de l'Antiquité. De là, Laura est désormais dépendante dans un monde qu'elle ne maîtrise plus.

Heureusement pour elle, Laura pour compter sur sa meilleure amie qui fera tout pour lui rappeler sa vie et faire remonter les souvenirs de toutes une vie. Mais quand cette amie est un peu dégentée, l'apprentissage des bases n'est pas des plus simples. Surtout quand la dite amie est bien décidée à vous faire retrouver toutes les subtilités de votre vie...

Du côté de la forme...

Gilles Legardinier fait partie de ces auteurs que j'aime bien suivre de roman en roman et dont j'ai toujours grand plaisir à découvrir la nouveauté dans le seul but de passer un agréable moment de détente. Bingo, une fois de plus.

Ce qui est toujours impressionnant avec cet auteur, c'est sa capacité à se glisser dans la peau d'une femme. A sa manière de connaître la gente féminine nous pourrions d'ailleurs bien croire que c'est une femme qui écrit. Alors, ok, nous sommes dans la vision de la femme telle qu'elle est en chick lit mais peu importe, le résultat est là.

Cette fois, l'auteur nous propose de découvrir une héroïne, une nouvelle fois au caractère bien trempé, mais qui va devoir réapprendre à vivre suite à une amnésie totale. De quoi offrir au lecteur un regard neuf sur le monde qui nous entoure et nous paraît bien banal, de quoi entrevoir en quoi nos vies sont régentées par une modernité en tous points qui fait partie de nos codes.

Car toute la force de l'auteur est là. Il sait nous faire rire, il sait nous offrir un incroyable moment de détente. Il sait aussi déployer des situations caucasses et des personnages hauts en couleurs. Pour autant, il sait aussi nous faire réfléchir sur le monde qui nous entoure et nous en offrir un portrait qui fait simplement du bien.

Et, plus important encore, c'est une véritable leçon de vie que le lecteur découvre ici par le biais de la force de l'amitié. Car bien que décalée, l'amitié est au coeur de ce roman qui nous rappelle combien nous avons besoin de ceux qui nous sont proches. Et en cela, l'auteur nous montre une autre de ses capacités : celle de nous émouvoir et parfois de nous faire pleurer.

Alors bien sûr, un tel ensemble est dû à un style hors du commun qui, simplement, fait du bien. Un style travaillé qui prend le lecteur par la main et le touche au coeur. Certes, l'humour peut sembler parfois un peu forcé mais ça marche et que demander de plus. Il est toujours plus dur de faire rire que de faire pleurer mais l'auteur, lui, sait faire les deux.

En conclusion... 

Voici un roman que j'étais très curieuse de pouvoir découvrir et que j'ai pris un peu de temps pour savourer. Voici un roman qui a su me faire ressentir mille émotions grâce à des personnages qui valent vraiment le déplacement. Voici un roman comme seul Gilles Legardinier sait nous en offrir et qui, au moment des fêtes, sait nous rappeler ce qui est vraiment important.
Vivement le prochain ! 

mercredi 5 décembre 2018

Le Ksar - Hélène Balcer



Infos sur le livre

éditions : Warum
date de publication : 31-10-2018
pages : 200
prix : 26€

Résumé éditeur 

Le Ksar, c'est le bateau de Jean-Paul Bassaget, capitaine au long cours. Un navire sur lequel il bourlinguera pendant plus de 40 ans. Avant le Ksar, il fut capitaine au long cours et notamment celui du navire mythique du Commandant Cousteau, la Calpypso. Toujours animé par sa curiosité aventureuse, son goût irrépressible des grands espaces, il a traversé l'Afrique, l'Amérique du Sud, mené des expéditions en Antarctique... Aujourd'hui, à 78 ans, il a revendu son bateau et construit sa maison, quelque part en terre méditerranéenne. Cet aventurier des temps modernes a eu mille vies, toujours en quête de liberté et d'expériences puissantes. Sa vie est riche d'histoires, il aime les raconter avec une force narrative qui captive son auditoire. Hélène Balcer peint dans ce grand livre différentes époques de la vie d'aventure d'un baroudeur qui a connu Pablo Neruda ou le commandant Cousteau, vu la guerre et la mort de près, en sillonnant les déserts d'eau et de sable. Un fabuleux récit de vie et d'aventure, tout à la peinture, par une immense illustratrice !

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions Warum grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce superbe album bien différent de ce que j'ai l'habitude de lire.

De quoi est-il question ?

Jean-Paul Bassaget n'est qu'un jeune adolescent lorsqu'il comprend que sa vie, il veut la passer su les mers en tant que capitaine au long cours. Et malgré son aversion pour l'autoritarisme professoral, il suivra les études nécessaires pour accomplir son rêve. Bien que loupant le diplôme, il sera engagé sur La Calypso, le célèbre navire du commandant Cousteau.

Car l'homme est avant tout un aventurier, un homme qui aime le monde et qui rêve de le découvrir en profondeur. Ainsi, de l'amérique du sud à l'afrique en passant par les pôles et les déserts en tous genres, Jean-Paul Bassaget nous fait le récit de sa vie, une vie riche en rebondissements jusqu'à l'obtention du Ksar, un navire pour vivre ses propres aventures.

A l'âge de 78 ans, l'aventurier se confie pour la première fois à une carnetiste, Hélène Balcer, et lui fait le récit de sa vie. Il lui conte alors ses rêves de gosses, ses doutes parfois, ses découvertes au fil des années et son émancipation par le biais de ses voyages qui lui feront connaître les joies, les peines, l'amitié, l'amour aussi.
 
Du côté de la forme...

Il est vrai que ce type de lecture, ce n'est pas là ce qui, de prime abord, m'attire le plus. Mais le hasard a fait que ce livre est finalement arrivé jusqu'à moi. Il est vrai que je crois au destin car, une fois encore, je me suis retrouvée face à une lecture magistrale !

Nous sommes ici dans un récit de vie et découvrir des expériences telles que celle du conteur ici a toujours quelque chose de très fort et de très frappant qui ne peut laisser insensible. Il est toujours magnifique de suivre ce genre d'aventures et de réaliser que des hommes et des femmes ont un passé que nous sommes bien en peine d'imaginer.

Si je dis "conteur" c'est parce que c'est bien comme un conte que j'ai eu le sentiment de vivre cet ouvrage à l'instar de l'auteure, qui retrace, le plus fidèlement possible, l'histoire de Jean-Paul Bassaget. Elle parvient d'ailleurs fort bien à guider le lecteur pour lui donner le sentiment qu'il découvre en même temps qu'elle cette histoire de vie.

Pour ce faire, Hélène Balcer se met en scène dans son propre ouvrage, met en scène ses conversations avec l'aventurier, leurs disputes aussi et, plus fort encore, l'évolution de leur travail collaboratif en mettant en valeur les ratures, les reprises, les pistes de réflexions. L'ouvrage semble alors prendre vie sous nos yeux ce qui lui offre un capital émotionnel énorme.

Mais cet ouvrage est surtout un magnifique ouvrage de voyage nous faisant visiter le monde, nous faisant découvrir le monde de la marine et un univers bien lointain de tout ce que nous connaissons. Nous y découvrons ainsi des lieux, des civilisations, des modes de vies... Nous y découvrons aussi différentes facettes du monde qui donnent envie de voyager autrement.

Si le style d'écriture est le style de récit et fonctionne en tant que tel, c'est surtout le trait de l'illustratrice que je retiendrai. Car ce trait est de talent, avec une pointe d'onirisme non sans conserver tout le réalisme des voyages et des rencontres faites par Jean-Paul Bassaget au fil de ses voyages. Quand aux planches, elles rendent compte du dialogue, de l'aventure et de tous ces contenus. Bravo !

En conclusion... 

Il est des livres que vous ne prévoyez pas vraiment de lire et qui, finalement, vous offre un moment totalement étonnant dont vous ne ressotez pas tout à fait indemne. Ici, je me suis plongée dans une aventure moderne et réelle comme on n'en fait plus vraiment, dans des relations humaines qui vous changent et dans une découverte du monde qui vous bouleverse. Et le tout par le trait magistral d'une carnetiste qui gagne a être connue. 
Je ne connaissais pas cette artiste mais je la suivrai désormais avec le plus vif intérêt et ne saurais trop vous conseiller d'inscrire au plus vite cet ouvrage sur votre liste de Noël. 

mardi 4 décembre 2018

Le fabriquant de poupées de Cracovie - R.M. Romero



Infos sur le livre

éditions : Gallimard Jeunesse
date de publication : 20-09-2018
pages : 384
prix : 16€

Résumé éditeur

 Pologne, 1939. Un soir, une poupée du nom de Karolina prend vie dans l'atelier de Cyril, le fabricant de jouets. La joie et le courage de la petite poupée enchantent le quotidien de l'homme solitaire. Karolina lui apprend que le monde des poupées d'où elle vient est en guerre, tout comme celui des hommes. En ces temps sombres et tourmentés, la magie de karolina et de Cyril suffira-t-elle à protéger ceux qu'ils aiment ? 

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions Gallimard Jeunesse grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce roman à la couverture très attirante et au résumé bien en lien avec mes centres d'intérêt.

De quoi est-il question ?

Jusqu'alors, Karolina vivait au royaume des poupées. Un royaume en apparence féérique mais au sein duquel celle qui était couturière a dû vivre de nombreuses épreuves. Mais aujourd'hui, l'âme de Karolina a été appelé dans le corps d'une petite poupée de bois fabriquée par un passionné de jouets, au coeur de Cracovie.

Nous sommes en 1939 et malgré les drames qui s'annoncent une très belle histoire d'amitié débute entre ces deux êtres qui, sans en avoir conscience, avaient désespéremment besoin l'un de l'autre. Car le fabriquant de jouets n'est pas un fabriquant comme les autres. Il possède un don : celui de donner la vie, celui d'animer l'inanimé.

Pourtant, bientôt, Karolina et Cyryl ne pourront plus nier ce qui est en train de se jouer. Et parce qu'il est ami avec Jozeph et la jeune Rena, le pouvoir en place va commencer à voir d'un très mauvais oeil cet homme dont les seules préoccupations sont l'harmonie, l'amitié et la justice. Du haut de sa taille de poupée, Karolina fera alors tout pour redonner confiance et courage à son ami.

Du côté de la forme...

Des romans sur la seconde guerre mondiale et même sur le ghetto de Varsovie, voilà qui a été vu et revu. Pourtant, il s'agit toujours de sujets puissants et j'étais donc curieuse de voir comment l'auteure allait innover sur le sujet. Je n'ai pas été déçue.

Au début de ce roman, nous découvrons donc Karolina qui, par un peu de magie, va voir son âme être basculée du monde des poupées au monde des humains. Une manière très poétique de rendre les jouets vivants et de faire culpabiliser les adultes qui, en grandissant, ont oublié leurs jouets d'enfants. Nous assistons donc à la découverte de tout un monde par son regard.

Ce qui est alors très beau dans ce roman, c'est la relation d'amitié qui va se mettre en place entre le fabriquant de jouets et la petite poupée. Cette relation qui va naître, s'accroître et leur devenir vitale, qui ne pourrait pas en rêver ? D'autant que leur amitié va devenir très vite un véritable souffle d'espoir dans un monde en perdition.

Car il ne faut pas oublier que nous sommes ici dans un roman qui traite des prémices de la seconde guerre, du ghetto de Varsovie, de la persécution des juifs, d'assassinats commis impunément et de toutes les horreurs que nous connaissons. De quoi faire entrer les jeunes dans cette facette de l'histoire mais avec ce petit air de magie qui joue d'une dualité étonnante.

Il est vrai que ce roman est aussi un retour aux sources. Dans notre monde trop numérique, l'auteure redonne aux enfants le goût des "vrais" jouets à qui l'on peut donner vie. Un retour aux sources également dans le fondement même du bien et du mal, de ce que chacun de nous peut faire pour rendre le monde un peu meilleur.

Concernant le style de l'auteure, j'ai été étonnée de voir à quelle point elle maîtrisait sa dualité. Car à la fois elle retrace des faits historiques, violents, de manière très documentée et à la fois elle nous plonge dans un onirisme total et original dont on ne ressort pas tout à fait indemne. De plus, elle sait nous offrir des personnages forts qui savent nous marquer.

En conclusion... 

Voici un roman qui m'intriguait beaucoup et que j'ai dévoré. S'il traite d'un sujet déjà très largement exploité, l'auteure sait proposer ici quelque chose d'original nous permettant de voir le ghetto de Varsovie de manière bien différente. Car son originalité, c'est sa magie et son onirisme par le personnage de Karolina, une petite poupée au rôle magistral.
Il ne fait aucun doute que je suivrai avec plaisir cette auteure à l'avenir. 

lundi 3 décembre 2018

Clafoutu - Christine Naumann-Villemin et Stéphane Henrich



Infos sur le livre

éditions : Kaléidoscope
date de publication : 10-10-2018
pages : 40
prix : 13€

Résumé éditeur

Son bon vieux chaudron magique confirme ce que la sorcière Clafoutu sait déjà : elle est l’être le plus vilain, le plus affreux, le plus repoussant de la Terre. Et c’est exactement ce qu’elle recherche ! Alors quand son nouveau chaudron connecté affirme qu’il y a plus laid qu’elle, Clafoutu est désespérée. Vite ! Il faut qu’elle rétablisse l’ordre ! 

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions du Kaléidoscope grâce auxquelles j'ai pu découvrir cet album à la couverture très attractive et au résumé plutôt tentant.

De quoi est-il question ?

Clafoutu est une sorcière, une méchante sorcière. Et parce qu'elle est méchante, elle se doit d'être laide, la plus laide possible, la plus laide du monde. Et pour y parvenir, Clafoutu travaille dur chaque jour : entretient des points noirs, potions pour jaunir la peau et crèmes pour faire pousser les poils. Rien n'est laissé au hasard.

Et pour être bien sûre que personne ne lui volera sa place de sorcière la plus laide du monde, Clafoutu possède un chaudron magique à qui, chaque matin, sans en oublier un seul, elle demande qui est la plus laide du monde et attendant bien que son chaudron lui réponde qu'elle est la plus laide du monde. Mais un jour, Clafoutu casse son chaudron.

Ne pouvant passer un jour sans être rassurée sur sa laideur, Clafoutu se précipite pour en acquérir un autre. Mais ce nouveau chaudron semble vouloir causer bien des tracas à notre sorcière en lui révélant que d'autres créatures sont plus hideuses qu'elle. Il s'agit alors pour Clafoutu de se débarasser de cet intru, au risque de se perdre elle-même...

Du côté de la forme...

Lorsque j'ai vu cet album, je n'ai pas hésité très longtemps et s'il est bien évident que j'aurais préféré vous en parler en période d'Halloween, je suis malgré tout ravie de vous le faire découvrir aujourd'hui car il vaut vraiment le déplacement.
Nous sommes donc ici dans une histoire de sorcières et ça, déjà, ça me plait d'autant que j'aime toujours les sorcières un peu décalées, drôles à leurs dépends et dont les histoires sont toujours pleine de réflexion pour les plus jeunes. Ici, nous sommes dans l'acceptation de soi et dans l'évolution mentale ce qui est toujours pas mal.

Impossible de découvrir cet album sans prendre en compte le côté "réécriture" de conte puisque nous sommes bien ici dans un Blanche-Neige inversé. Les auteurs s'amusent donc avec les codes de ce conte connu de tous et ça marche. Les plus jeunes comme les adultes sauront s'amuser de cette inversion d'autant que d'autres contes vont venir s'y mêler.

Au fil de l'album, le lecteur va s'apercevoir qu'à partir du moment où la machine est lancée, il y aura toujours quelque chose pour contrer Clafoutu dans ses projets. De quoi faire réfléchir les plus jeunes sur les questions de jalousie et d'acceptation de soi, de confiance en soi. De quoi permettre aussi aux plus jeunes de s'interroger sur leurs propres désirs.

Mais pour autant, nous sommes aussi ici dans un conte comme peuvent l'être les contes traditionnels avec des personnages fantastiques que nous aimerions tous voir exister et une intemporalité qui fait du bien par des codes qui permettent au lecteur de s'évader de son quotidien avec, notamment, l'invention de bestioles bien étranges comme cela fonctionne toujours.

Concernant le style de l'album, j'ai beaucoup aimé la manière dont l'auteure nous raconte cette histoire décalée et comment elle nous fait aimer son personnage. Mais ce que j'ai apprécié, c'est surtout le coup de crayon de l'illustrateur qui n'est pas sans rappeler le style de Quentin Blake, un style que j'affectionne beaucoup.

En conclusion... 

Voici un album qui fait du bien, qui fait rire par son décalage tout en faisant réfléchir le jeune lecteur sur des questions importantes de son quotidien. Voici un album qui joue avec les codes du conte pour porter en dérision des contes trop vus tout en initiant les plus jeunes au principe de réécriture. Voici un album touchant et beau qui mérite d'être découvert.
J'avoue que j'aimerais beaucoup retrouver Clafoutu dans un prochain album. 

dimanche 2 décembre 2018

Rencontres France Loisirs 2018

Salut à tous,

Quel plaisir de vous retrouver aujourd'hui pour le debrif d'un nouveau salon, celui des rencontres du France Loisirs de Lyon Part-Dieu ce samedi 1er décembre.
Après une première opération très concluante l'an dernier, Marion, la gérante de la boutique a remis le couvert et, une nouvelle fois, avec brio.

 

C'est accompagnée de ma môman que je me suis donc rendue à l'événement. Il est donc vrai que je n'ai pas profité du salon autant que je l'avais prévu à la base. J'y suis restée pas mal mais j'avais très envie aussi de profiter de la Part-Dieu en général.

Mais, pour une fois, j'ai aussi eu une photographe toute trouvée pour être en photo avec tous les auteurs !


Certaines rencontres étaient prévues...

 Gilles Caillot

 Gaëlle Perrin-Guillet

 
Cédric Cham

 
Fabio M. Mitchelli

... ainsi que certaines découvertes

 Angelina Delcroix

Charline Rose et Mélanie Gaujon

Mais parce que je suis une faible femme, je me suis aussi laissée tenter par deux romans absolument pas prévus. La capital sympathie des auteurs a joué pour beaucoup dans ma décision...
 Bénédicte Rousset

 Gérard Coquet

Mais les rencontres de France Loisirs, ce sont aussi des événements au sein même du salon pour faire de ces journées quelque chose de plus.
  
Des tables rondes


  Des dictées noires

 Pétronille Rostagnat


Sans oublier la visite de Lyon animée par Nicolas le Breton à laquelle je n'ai encore pas participé cette année mais que j'espère bien faire un jour quand même... 

 
Bref, encore une très belle édition de ce salon qui vaut vraiment le déplacement et que je vous conseille vivement.
Quant à mes lectures à venir, je prévois du bon, du très bon !

samedi 1 décembre 2018

Une forêt obscure - Fabio M. Mitchelli

 

Infos sur le livre

éditions : Robert Laffont
date de publication : 15-09-2016
pages : 416
prix : 20€

Résumé éditeur

" Je n'ai rien d'un monstre. Je suis là uniquement pour nourrir l'esprit de la forêt, en lui offrant la chair de la jeunesse. " Daniel Singleton, alias Robert Christian Hansen (1939-2014), le monstre d'Anchorage. À Montréal, Luka diffuse sur le Web les images des animaux qu'il torture, puis celles de son amant qu'il assassine à coups de pic à glace. Pour enquêter sur une telle affaire, il faut un flic borderline comme Louise Beaulieu. En Alaska, dans la petite ville de Juneau, deux jeunes filles sont découvertes en état de choc. Pour comprendre, il faut un flic comme Carrie Callan, qui va exhumer les vieux secrets et regarder le passé en face. Le point commun à ces deux affaires : Daniel Singleton, un tueur en série. Du fond de sa cellule, il élabore le piège qui va pousser Louise à aller plus loin, toujours plus loin... Jusqu'à la forêt de Tongass, là où le mensonge corrode tout, là où les pistes que suivent les deux enquêtrices vont se rejoindre. Ce roman est librement inspiré du meurtre commis par Luka Rocco Magnotta en 2012, ainsi que des crimes de Robert Christian Hansen, qui a violé et assassiné 17 femmes entre 1971 et 1983

Pourquoi ce livre ?

Avec beaucoup de retard, merci aux éditions Robert Laffont de m'avoir permis de découvrir ce roman d'un auteur qui s'est créé sa place dans le monde du thriller français.

De quoi est-il question ?

Luka, Louise, Carrie. Le premier vit à Montréal et aime partager sur la toile des vidéos de massacres de chatons jusqu'au jour où c'est d'un meurtre qu'il compte gagner sa popularité. La flic Louise est mise sur l'affaire pour arrêter ce psychopathe avant que l'horreur ne se poursuive. En Alaska, Carrie, une autre flic, doit faire avec l'agression de deux jeunes filles traumatisées.

Mais alors que ces deux enquêtes ne semblent en rien pouvoir être rattachées l'une à l'autre, les événements vont se bousculer et pousser Louise et Carrie à se rencontrer. Car ces crimes odieux pourraient bien, bientôt, avoir lien aux histoires personnelles des deux femmes. L'une qui a vu sa famille être détruite, l'autre qui doit faire avec une fille atteinte de la progeria.

Et tendis que l'enquête se poursuit, le danger rôde. Car Daniel Singleton, un criminel sans scrupule, pourrait bien lier les deux affaires entre elles. Pour arrêter ses crimes, Louise et Carrie n'auront d'autre choix que de collaborer et que de faire face à leurs propres histoires avant que celles-ci ne servent l'horreur absolue.

Du côté de la forme...

Depuis le temps que j'avais envie de me faire ma propre idée sur l'univers de cet auteur qui, en quelques années, a su s'offrir une place de choix chez les amateurs du genre... C'est maintenant chose faite et je regrette juste de ne pas m'être bougée plus tôt.

Ce roman est basé sur des faits réels et ça, déjà, j'aime. Mais il faut que ce soit bien fait, que la documentation ne prenne pas le pas sur la fiction, que le tout se mêle habilement et que l'on soit pris dans le thriller comme il se doit. Ici, l'auteur. Autant dire que là tout y est et que l'auteur sait perdre son lecteur entre réalité et fiction.

Il est vrai qu'au début de ma lecture, je me suis un peu demandée dans quoi je m'embarquais avec deux intrigues bien distinctes et le point de vue du psychopathe qui s'ajoute à l'ensemble. J'ai eu un peu de me sentir perdue mais il n'en est rien. D'ailleurs, les deux intrigues étant aussi sordides l'une que l'autre, on se laisse embarquer, simplement, sans se poser plus de questions.

On ne peut passer à côté du fait que les deux enquêtrices soient ici deux femmes et, qui plus est, des femmes courage qui, si elles doivent vivre avec une histoire douloureuse, n'en sont pas moins brillantes dans leur métier. De quoi casser le stéréotype du flic un peu paumé qui doit enquêter et se confronter à ses démons entre dépression et alcool.

Pourtant, au-delà de la documentation sur la part criminelle elle-même, ce roman est aussi beaucoup plus avec une véritable étude sociologique des réseaux sociaux et d'une maladie que nous ne connaissons que peu : la progeria. Un beau moyen que cette fiction pour nous en apprendre un peu plus sur ce sujet et entrevoir le courage de ces familles.

C'est grâce à un style efficace que l'auteur nous plonge à la fois dans une action qui fonctionne et dans une angoisse omniprésente dont on ne parvient pas à ressortir avant d'avoir tourné la dernière page du roman. Un style parfait pour un thriller comme on les aime mais où la part d'émotion est aussi bien présente et nous arrache parfois une larme.

En conclusion... 

Voici un roman qui m'attendait depuis trop longtemps et que je suis ravie d'avoir enfin pu découvrir en vue de revoir l'auteur. Voici un thriller qui m'a embarquée comme je pouvais l'espérer et qui m'a rendue totalement accro. Voici un univers et une écritures frappantes dont on ne ressort pas tout à fait indemnes. 
Je devrais vous reparler très prochainement d'un autre roman de l'auteur qui est sans nul doute un auteur à suivre. 

vendredi 30 novembre 2018

Les fantômes du passé - Gaëlle Perrin-Guillet



Infos sur le livre

éditions : City
date de publication : 22-08-2018
pages : 320
prix : 18,90€

Résumé éditeur

Londres, 1893  : une calèche explose, tuant sur le coup un notable. La police est désemparée, d’autant que le meilleur inspecteur de la ville, Henry Wilkes, a rendu son insigne. Aux prises avec ses démons intérieurs, il dépérit sous le regard inquiet de son fidèle Billy, le gamin des rues qu’il a recueilli. Mais quand le «  meurtre de la calèche  » prend une autre dimension, Henry ne peut rien faire d’autre que reprendre du service. En effet, tous les indices désignent un coupable  : Gareth, le propre frère d’Henry… mort des années plus tôt  ! Est-ce une machination  ? Ou bien son frère serait-il encore vivant  ? L’inspecteur déchu risque fort de réveiller les fantômes du passé dans cette ville où trahison et mensonges sont monnaie courante et où le danger est à chaque coin de rue…

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions City de m'avoir permis de découvrir ce nouveau roman d'une auteur que j'affectionne tout particulièrement.

De quoi est-il question ?

En plein coeur de l'angleterre victorienne, fin XIX° siècle, Henry Wilkes et son jeune protégé Billy tentent de se sauvegarder suite aux épreuves qu'ils ont déjà vécu. Billy, sortit de la misère, grandit et Henry tente de ne pas se noyer totalement dans l'alcool et dans ses douleurs. Jusqu'à ce qu'un calèche explose et que le drôle de duo soit contraint de se mêler à l'affaire.

Car cette explosion n'est pas sans rappeler à Henry la perte de son frère, des années plus tôt, dans les mêmes circonstances. D'autant que, pour les autorités, tout porterait à croire que ce frère pourrait bien être encore en vie. L'occasion pour l'homme d'en raconter à son protéger sur son passé. Car il s'agit maintenant de comprendre ce qui a pu se passer.

Henry et Billy vont alors partir en quête de la vérité car de nouveaux mystères ne vont pas tarder à s'ajouter comme la disparition mystérieuse d'un cadavre à la morgue, une plongée dans les tréfonds des rues londoniennes et des secrets jalousement gardés. Mais ce que le duo découvrira, il était bien loin de l'imaginer...

Du côté de la forme...

Ayant vraiment beaucoup aimé le premier volet de cette série, très intriguée par le titre et, il faut le reconnaître, parce que l'auteure est quelqu'un que je suis avec attention, c'est sans hésiter que je me suis plongée dans cet opus.

Nous revoilà donc au coeur de l'angleterre victorienne et ce genre de décors, avec moi, cela ne peut que marcher. A l'instar de l'auteure, je suis fan de cette période. Du coup, le temps du roman, j'ai eu le sentiment d'y vivre et cela m'a fait beaucoup de bien même s'il est évident que cette période était loin d'être parfaite en tous points.

Car l'auteure a bossé, mais vraiment bossé, son sujet. Bien sûr ce roman comprend une intrigue mais, surtout, il est un reflet de la société de l'époque. Une véritable analyse sociologique même où l'on découvre les ineractions entre les classes sociales, d'anciennes traditions perdues, la faim, l'alcool et les filles "de mauvaise vie". Un tour de force !

J'avais été très intriguée dans le premier opus par le personnage d'Henry Wilkes et ici l'auteure a eu l'idée de nous en apprendre un peu plus sur lui et sur son passé. De quoi nous le rendre plus humain mais aussi plus attachant. L'homme perd ainsi un peu de son côté grognon et détâché pour devenir quelqu'un de touchant chez qui l'on découvre une profonde souffrance.

Concernant l'intrigue elle-même, il est aisé de s'y laisser prendre et force est de constater que j'ai été incapable de lâcher ma lecture avant de comprendre les tenants et aboutissants de tous les mystères imaginés par l'auteure. Il faut dire que ces mystères sont nombreux, peuvent donner le sentiment d'un trop-plein d'informations, pourtant ça marche et tout finit par parfaitement s'emboîter.

C'est bien sûr avec un plaisir évident que j'ai retrouvé ici l'écriture si significative de l'auteure qui croit en ce qu'elle écrit et nous y faire croire sans mal. Elle aime ses personnages et nous les fait aimer. Elle adore l'époque qu'elle nous conte et ne met pas longtemps à nous donner le virus. Quant à l'intrigue, elle est bien construite et nous offre toutes les surprises que l'on peut espérer.

En conclusion... 

J'avais hâte de découvrir ce roman et je suis absolument ravie de ma découverte. J'ai été touchée par l'histoire d'Henry Wilkes et par l'ambiguité des sentiments de Billy. Je me suis laissée prendre par l'intrigue mais aussi par un décors comme je les aime qui vaut le déplacement et saura convaincre même les plus réfractaires. 
Chapeau à l'auteure dont je lirai sans hésiter le prochain roman et que je vous conseille vivement d'aller lire. 

jeudi 29 novembre 2018

Codex sanguinis - Erick George-Egret et François Mougne


Infos sur le livre

éditions : éditions du Rocher
date de publication : 17-01-2018
pages : 62
prix : 14,50€

Résumé éditeur

Julien de Saint-Volery ne pensait pas recevoir un jour un tel héritage... Fait étrange, le legs de son arrière-grand-père décédé depuis plusieurs années est un antique parchemin contenant la clef pour parvenir au saint calice qui recueillit autrefois le sang du Christ. Archéologue, aventurier et totalement incroyant il décide de remonter la piste et tente de décrypter la série de documents retraçant les recherches de son aïeul. Pour accéder au Graal, il devra entreprendre un cheminement initiatique, mais aussi et surtout affronter un ordre mystérieux qui veut détruire la preuve de la divinité de Jésus depuis 2 000 ans. D'Israël à Rennes-le-Château, en passant par Zurich et l'Écosse, Julien va devoir se battre pour sauver une certaine idée de la chrétienté.

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions du Rocher grâce auxquelles j'ai pu découvrir cette BD d'un auteur que je suis avec intérêt pour ses romans décalés et que j'avais très envie de découvrir dans autre chose.

De quoi est-il question ?

Rien ne semble pouvoir troubler la vie bien paisible de Julien, bien ancré dans un quotidien sans histoire. Jusqu'au jour où il reçoit un étrange héritage plein de mystère, celui d'un arrière grand-père ayant vécu pendant la seconde guerre mondiale et qui aurait eu à confier un secret à une descendance n'existant pas encore.

Ce secret, il est lié à l'Eglise, à la mort du Christ et à un document transmis depuis des générations sur un mystère divin jalousement gardé. Un secet qui a traversé les siècles et qui doit être soit révélé soit préserver. Pour Julien, il s'agira alors de partir en quête d'une histoire et d'un passé qu'il est bien en mal d'imaginer. 

Ce que Julien ignore encore c'est qu'en ouvrant la boîte de Pandore il a aussi éveiller les tensions, les convoitises et les envies de certains à tout tenter pour l'empêcher d'agir. Lui qui est agnostique devra alors faire avec des hommes sans scrupules prêts à tout au nom des secrets de leur religion et aux nom des légendes qu'ils s'évertuent à préserver.

Du côté de la forme...

En BD, je n'y connais pas grand chose. Pourtant, de temps en temps, si l'occasion m'en est donnée, j'aime bien en découvrir une. Et ici, parce que son scénariste est un auteur que j'aime suivre, je n'ai pas mis longtemps à me laisser tenter.

Tout commence à Rome où le lecteur est invité à découvrir le pape face à une décision bien difficile à prendre relative à toute l'histoire de l'Eglise. De quoi bien interroger le lecteur et de quoi l'inviter à un bond dans le temps pour comprendre comment tout à pu en arriver là. Et si j'ai plutôt bien aimé l'idée, il est vrai que cela a aussi quelque chose de perturbant.

Alors, très vite, nous retrouvons dans cette histoire quelque chose du Da Vinci Code : un mystère lié à l'Eglise, un personnage qui n'a rien demandé, un héritage mystérieux... Le genre d'intrigue à laquelle on accroche ou on n'accroche pas. Pour ma part, je suis toujours plutôt friande de ce genre d'histoires où l'on se demande où s'arrête la réalité et où commence la fiction.

Il est vrai qu'au début de ma lecture je me suis bien demandée dans quoi je me laissais entraîner sans vraiment arriver à déterminer où j'allais. Un peu perturbant, certes, mais une belle manière de nous mettre au même niveau que le personnage. Le mystère s'éclaircira peu à peu pour que le lecteur comprenne le lien existant entre Julien et l'histioire du Christ.

Entre histoire biblique, secret de famille, quête du Graal, Justes de la seconde guerre et opposants prêts à tout, nous sommes dans quelque chose pouvant apparaître comme un peu "capilotracté". Pour autant, ce choix est complètement assumé par les auteurs et, de fait, ça marche. Le lecteur y apprend d'ailleurs beaucoup sur l'histoire en général et l'histoire des religions en particulier.

J'ai plutôt bien le graphisme de cette BD qui maîtrise à la fait à la décors et l'action sans parler de la part historique fort bien travaillée. Quant au style de l'auteur, je dois avouer que le connaissant dans d'autres types d'écritures j'ai été ravie de découvrir quelque chose d'autre, toujours aussi érudit mais dans un sérieux qui change.

En conclusion... 

J'étais vraiment très curieuse de découvrir cette BD et si je ne savais pas trop à quoi m'attendre, si le maître mot de cette lecture fut "perturbant", j'ai passé un très bon moment. J'ai su me laisser entraîner dans un univers de mystères religieux qui fonctionnent toujours, dans une part historique instructive et dans une intrigue qui se dévoile peu à peu pour n'être complète qu'en fin de lecture où tout se met en place.
Je pensais connaître l'auteur, certes sous un autre nom, mais en réalité c'est un nouvel auteur que j'ai découvert ici. Un auteur que je n'hésiterai pas à suivre.