dimanche 23 septembre 2018

Princesse Kilala 1 - Rika Tanaka et Nao Kodaka

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Infos sur le livre

éditions : Pika
date de publication
pages : 192
prix : 6,95€

Résumé éditeur

Kilala rencontre Rei, un garçon qui possède une couronne magique. Grâce à celle-ci, ils se retrouvent dans le monde de Blanche-Neige, le film des studios Disney.

Pourquoi ce livre ?

Merci à ma coupine Sylvie de m'avoir prêté le 1er tome de ce manga que je n'aurais sans doute pas pris le temps de lire autrement.

De quoi est-il question ?

Depuis toujours, Kilala est une fan absolue de l'univers Disney. Les films n'ont aucun secret pour elle et son plus grand rêve est de pouvoir vivre la vie de toutes ces princesses qu'elle chérit tant. Mais en attendant, aujourd'hui, c'est son amie Erica qui s'apprête à devenir princesse d'un jour et si Kilala est un peu jalouse, elle se réjouit aussi pour son amie.

Jusqu'à qu'une étrange porte fasse son apparition. Si un voeu profond y est établit, celui-ci se réalisera. Peu de temps après, apparaît Kei, un garçon étrange ayant avec lui une couronne étrange. Il a le devoir de retrouver une princesse pour sauver son propre monde. C'est alors qu'Erica et enlevée et que Kilala, n'écoutant que son courage, décide de la sauver.

C'est alors que Kilala se retrouve dans un monde qu'elle ne connaît que trop : celui de Blanche-Neige. Dans ce nouveau monde, Kilala va devoir se battre aux côté de sa nouvelle amie contre une méchante reine revenue d'entre les morts. Il s'agira aussi dans ce monde de trouver l'une des clés qui aideront Kei à retrouver sa princesse.

Du côté de la forme...

Non mais c'est quoi ce truc ? Depuis quelques temps maintenant, je tente dans la mesure du possible d'élargir ma culture sur les mangas. En tant que grande fan de Disney j'étais donc plutôt contente de découvrir celui-ci mais euuuuuh.... comment dire ?

Bon, je me doutais bien que l'histoire d'une petite fille fan des princesses Disney qui va aller à la rencontre de ces dernières, ça n'allait pas être de la haute philosophie. Mais quand même ! Là, dès les premières pages, je me suis demandée dans quoi je m'étais embarquée et pas dans le bon sens du terme. Stéréotype du personnage principal, côté cul-cul la praline à souhait, dessins franchement moches, rien n'est épargné.

Alors bien sûr ce manga est pour les petites filles mais ce n'est pas une raison pour les prendre pour des idiotes et là c'est tout de même un peu le cas avec une intrigue qui se tient mais une façon de procéder à laquelle on ne croit pas une seconde et c'est vraiment dommage. De plus, tout va beaucoup trop vite ce qui donne un côté complètement caricatural à l'ensemble.

Pourtant, il y aurait tellement eu à faire avec une telle idée... Le risque de changer les "vraies" histoires avec l'apparition de Kilala, une intrigue forte reprenant les points principaux du film... Mais non, là, nous restons dans le superficiel absolu. Et pourtant, ce n'est pas un secret que l'univers Disney, c'est toute ma vie ! Bref, quelque chose manque ici ce qui rend ce tome 1 bien moyen.

Le point positif, c'est que si nous partons du principe que cette série est pour les petites filles, celles-ci seront sensibilisées ici au principe de réécriture qui peut être bien abstrait à 8-10ans. Car les auteures sont tout aussi fan des princesses Disney que leur personnage principal, cela se sent et la série en devient donc touchante de ce point de vue.

Je ne m'étendrai pas trop sur les dessins auxquels je n'ai pas vraiment accroché. Ceux-ci ceux sont dans l'esprit manga mais sans cette patte d'artiste qui fait que j'aime certaines séries. Quant aux dialogues, nous sommes là dans quelque chose pour les enfants et, en tant qu'adulte, je n'y ai pas été sensible. Je reconnais toutefois le travail des auteurs qui se sent fait plaisir.

En conclusion...

Une série prometteuse mais qui, avec moi, a très mal débuté avec de trop gros clichés, un personnage principal qui m'a plus agacée qu'autre chose et une exploitation moyenne de l'idée "passage dans le monde de Disney". Cette série est pour les petites filles et cela se sent avec ce côté cul-cul la praline dont je ne me remets pas. 
Cet avis n'engage que moi et je vous dirais de ne pas hésiter à vous faire votre propre avis. De mon côté, maintenant que je connais le ton, peut-être serai-je plus indulgente avec la suite.

vendredi 21 septembre 2018

Bride stories 1 - Kaoro Mori



Infos sur le livre

éditions : Ki-oon
date de publication : 09-06-2011
pages : 192
prix : 7,65€

Résumé éditeur

La vie d’Amir, 20 ans, est bouleversée le jour où elle est envoyée dans le clan voisin pour y être mariée. Elle y rencontre Karluk, son futur époux… un garçon de huit ans son cadet ! Autre village, autres mœurs… La jeune fille, chasseuse accomplie, découvre une existence différente, entre l’aïeule acariâtre, une ribambelle d’enfants et Smith, l’explorateur anglais venu étudier leurs traditions.

Pourquoi ce livre ?

Suite aux conseils de ma collègue Eloïse, j'ai décidé de me lancer dans cette série de mangas après avoir totalement flashé sur la couverture du tome 1.

De quoi est-il question ?

Amir a 20 ans. Selon la tradition, elle a été mariée par sa famille au fils du clan voisin, un jeune garçon âgé d'à peine 12 ans. Amir devient donc membre de cette nouvelle famille et doit faire avec de nouvelles règles et de jeunes enfants pas toujours simples à gérer. Mais très vite, Amir parvient à se faire aimer et à devenir un membre à part entière de cette nouvelle famille.

Avec son époux, Amir apprend sa nouvelle vie et si l'amour qu'elle porte à son époux est plus celui d'une grande soeur pour un petit frère, la jeune fille n'hésite pas ni à l'accompagner pour rendre visite à d'autres membres de la famille, ni à conserver certaines de ses traditions comme ses techniques de chasse qui ne sont pas sans impressionner.

Mais dans la famille d'Amir, bientôt les choses se compliquent car son frère voudrait bien la reprendre afin de la marier au chef d'un autre clan. Amir doit obéir, malgré la tendresse qu'elle éprouve pour sa nouvelle famille. Une seule solution pour elle pour ne pas y être arracher, être devenue mère et avoir en route l'héritier du clan...

Du côté de la forme...

S'établir une culture manga, quand on ne s'y est jamais vraiment intéressé, ce n'est pas si simple. Alors on marche au coup de coeur et avec cette série, j'ai eu la certitude que j'allais passer un bon moment, d'autant que j'avais adoré le tome 1 de Emma.

Nous sommes ici dans le premier volet d'une série qui comprend déjà un certain nombres de tomes donc, ce tome, est essentiellement un tome de mise en place : découverte des personnages, découvertes du cadre, mise en place de l'intrigue. Pourtant, dès le départ, on s'y laisse prendre avec l'intime conviction de découvrir une pure merveille.

Pour moi qui ne connait sensiblement rien à la culture asiatique, j'ai été touchée par la force que met l'auteur à nous faire découvrir des traditions que nous sommes bien loin d'imaginer. Il est vrai que le côté "jeune femme de 20 ans qui épouse un garçon de 12" peut paraître choquant de prime abord mais, peu à peu, le lecteur se fait à l'idée et cesse de juger sur des traditions bien éloignées des siennes.

Nous allons donc découvrir au fil des pages une histoire pleine de tendresse entre un mari et une femme que tout oppose mais qui vont finalement se trouver, s'apprécier. Quant aux autres membre de la famille qui vont graviter autour d'Amir, ils seront parfois difficiles à cerner mais finiront par se livrer au lecteur qui apprendra, à l'instar d'Amir, à les aimer.

L'intrigue pourrait s'arrêter là mais le frère d'Amir va vouloir la retirer à ce clan pour la marier à un autre, formalités de pouvoir obligent. Au-delà du mariage et de l'apprentissage, va alors se jouer une question d'honneur, de fidélité et de tendresse avec cette interrogation pour le lecteur : Amir parviendra-t-elle a être heureuse dans sa nouvelle famille ou devra-t-elle y renoncer ?

Mais plus que tout, ce qui fait la force et la beauté de ce roman, c'est le talent de de sa mangaka qui sait manier son coup de crayon pour nous offrir des dessins de toute beauté et qui sait manier la plume pour nous offrir des textes qui valent vraiment le déplacement. Car avec ce premier volet, on sent venir le chef d'oeuvre tant sur le fond que sur la forme...

En conclusion...

Voici un manga qui m'intriguait et dans lequel je me suis plongée à corps perdu sans pouvoir m'en détacher tant j'ai été bluffée par sa qualité. Voici un manga qui m'a fait comprendre pourquoi on peut être fan du genre et qui m'a déjà rendue accro. Voici un manga qui raconte une histoire et l'histoire avec beaucoup de finesse et de précision.
Si vous ne connaissez pas encore cette série, fan de mangas ou non, n'hésitez pas. Pour ma part j'ai hâte de lire le tome 2.

mercredi 19 septembre 2018

Les arbres ont aussi leur histoire - Alysa Morgon



Infos sur le livre

éditions : Souny
date de publication : 24-08-2018
pages : 208
prix : 16,50€

Résumé éditeur

Au cœur de la Provence, on se souviendra toujours de cette famille venue d’Italie. À peine arrivé, le père avait planté trois branches de peuplier rapportées de son pays dans son maigre balluchon. Des années plus tard, lorsque le fils Cesario, à la naissance de sa fille, veut perpétuer la tradition, il déclenche cette fois-ci une véritable révolution. L’arbre pousse si bien qu’il devient rapidement envahissant. Un véritable phénomène qui attire les foules ! Parfois, on entend le tremble chanter, même parler. Certains lui prêtent des pouvoirs, d’autres assurent qu’il les a guéris… Alors que les plus sages grondent et que les plus vindicatifs sont interloqués, les imaginations s’enflamment. Faudra-t-il abattre l’arbre pour retrouver la tranquillité ? Dans une ambiance des plus méridionales, au parler excessif et imagé, voilà une histoire aussi curieuse que mystérieuse, aussi amusante qu’émouvante, avec une pincée de fantaisie, ce petit grain de sel qui fait toujours rêver ! 

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions Souny grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau roman d'une auteure que j'affectionne beaucoup et dont les romans sont toujours pour moi un très beau moment.

De quoi est-il question ?

Tout commence en Italie à la fin du XIXème siècle. Parce qu'il n'y a ni travail ni argent, un homme décide de partir pour la France avec son épouse. Il rêve d'une vie meilleure pour sa famille, pour les enfants qu'il aura un jour. Mais les malheurs se succèdent et la mort ne cesse de sonner à la porte. C'est ainsi qu'il perdra son épouse notamment.

Les années passent et le fils de cet homme, Cesario, grandit. Si la famille n'est pas très riche et un peu perdue, la vie est tout de même agréable. Jusqu'au jour où l'enfant, en mémoire de sa mère, décide de planter dans un pré appartenant à la famille un arbre en souvenir de sa mère. L'arbre prendra bien, trop bien même. Et ce même s'il pousse un peu tordu.

Et puis, un matin, l'arbre s'est mystérieusement redressé. Acte de Dieu ou magie noire ? Les langues sont déliées. Des conflits commencent à apparaître car entre ceux qui rêvent d'un lieu de miracles et ceux qui crient au diable, l'arbre pourrait bien être en danger. A moins qu'il n'éveille des espoirs et surtout le souvenir d'une vie passée.

Du côté de la forme...

Chaque année, lorsque j'ai le nouveau roman d'Alysa Morgon entre les mains, j'ai la certitude que je vais passer un agréable moment. Lorsque j'ai vu ce nouveau titre, j'ai été immédiatement intriguée et c'est une nouvelle fois toute retournée que je ressors de cette histoire.

Ce roman a pour thème l'immigration italienne à la fin du XIXème siècle. Un thème à la fois ancien et pourtant brûlant d'actualité. Car l'axe historique mis à part, les circonstances, les sentiments et les peurs restent les mêmes. De même, ce roman pose la question de la place des enfants dans ces épreuves et l'auteure parvient fort bien à nous faire réfléchir à ces questions.

Il est vrai que j'ai trouvé le début peut-être un peu rapide. L'évolution dans le temps se fait très vite mais cela n'empêche pas le lecteur de s'attacher en quelques mots seulement aux personnages. En voir certains mourir vite, trop vite, reste donc un déchirement. Car cette famille italienne devant subir de lourdes pertes m'a touchée. Quand le sort s'acharne, chaque instant de joie compte.

Cette histoire pourrait sembler semblable à nombre d'autres histoires de genre et pourtant l'auteure a su mettre la touche de poésie qui la caractérise avec un personnage inattendu, celui de l'arbre. Car ce dernier, planté en mémoire de la mère, devient au fil des pages un personnage à part entière causant discussions, disputes et émotions en tous genres.

J'ai beaucoup la manière dont l'auteur intègre à son récit des croyances, soit religieuses soit païennes, sans jamais juger l'une ou l'autre. Elle en fait le tableau, tout simplement, dans le seul but de dire avec beaucoup de tendresse et d'empathie les manières de réagir d'une époque qui nous est bien lointaine et que l'on ne comprend plus tout à fait.

Quel bonheur que de retrouver une fois encore la plume si gracieuse d'une auteure dont chaque mot est réfléchi, dont l'intrigue est porteuse de sens, dont les personnages se font aimer du lecteur sans rechercher à tout prix cet amour. Et si j'aurais souhaité certains passages peut-être un peu plus long, cela n'aurait été que pour profiter davantage de l'écriture de l'auteure.

En conclusion...

Voici un roman que je n'attendais pas forcément mais que j'ai eu envie de découvrir dès que je l'ai eu entre les mains. Voici un roman qui m'a une fois de plus touchée par sa poésie et ses personnages plein de tendresse. Voici un personnage au sein duquel le pouvoir de la nature a toute sa place et n'est pas sans nous faire réfléchir à notre monde moderne.
Si vous ne connaissez pas encore les romans régionaux et voulez en découvrir un plein de poésie, n'hésitez plus.

jeudi 6 septembre 2018

Debout - Rose McGowan



Infos sur le livre

éditions : Harper Collins
date de publication : 28-02-2018
pages : 256
prix : 18€

Résumé éditeur


«  Au cours de ma vie, j’ai fui une secte toxique pour mieux tomber dans une autre, la plus puissante de toutes  : Hollywood. » Rose McGowan est une survivante. Repérée dans la rue après des années d’errance puis propulsée au rang de star, elle est rattrapée par le rouleau compresseur d’un système intrinsèquement sexiste et violent. À chaque rôle, chaque apparition publique, chaque couverture de magazine, elle est marketée comme un produit destiné à faire vendre. Devenue le rouage d’une machine qui engrange des milliards de dollars chaque année, elle a le sentiment qu’on lui pirate son identité. Hollywood attendait de Rose qu’elle soit docile. Au lieu de cela, elle s’est rebellée. Et elle a parlé. DEBOUT est une autobiographie qui se lit comme un manifeste. Le récit cru, sincère et poignant d’une activiste déterminée à dévoiler la vérité sur l’industrie de l’entertainment.

Pourquoi ce livre ?


A la parution de ce témoignage, l'actrice faisant partie de ces actrices qui ont marqué mon enfance et suite aux polémiques sur les actrices abusées, je n'ai pas hésité très longtemps.

De quoi est-il question ?


Née en Italie, Rose McGowan a sur, dès sa plus tendre enfance, ce qu'obéir voulait dire. Parce que ses parents étaient membres des Enfants de Dieu, la jeune Rose a très vite eu affaire au pouvoir des hommes et à l'impossibilité pour les femmes de parler. Dès son plus jeune âge, elle a connu les humiliations et a vu ses parents se faire dévorer par une secte.

Et puis, un jour, Rose trouve le courage de fuir. Parce qu'elle a besoin d'argent, qu'elle ne sait pas faire grand-chose et qu'elle est jolie, elle devient figurante pour le cinéma. Très vite, elle doit subir les avances et même un viol de la part des producteurs. Et ces hommes de pouvoir parviennent très bien à lui faire comprendre qu'elle doit subir ou disparaître.

C'est ainsi que l'actrice Rose McGowan, derrière sa beauté, va très vite devenir une femme brisée, sous le joug des hommes, dans sa vie professionnelle et dans sa vie privée. Jusqu'au jour où elle trouvera le courage de parler, de dénoncer le monde de Hollywood, ce monde sans pitié destiné à rendre ceux qui y parviennent au summum de la docilité.

Du côté de la forme...


Je l'avoue, c'est bien parce que j'ai de nombreuses années été fan de Charmed que j'ai eu envie de découvrir ce témoignage. Le combat de l'actrice me touchant tout particulièrement, j'avais donc très envie de la soutenir avec mes maigres moyens qu'étaient notamment la lecture de ce livre.

Il est vrai que lorsque nous voyons des personnages à l'écran, il est plutôt rare de se demander quelle peut être la vie de l'acteur ou de l'actrice derrière. Plus encore quand on est jeune. Alors, oui, lorsque je me faisais plaisir devant Charmed, jamais je n'aurais pu imaginer ce que vivait Rose McGowan derrière l'écran et, moins encore, les troubles de son passé.

Car la vie de Rose McGowan est loin d'être un fil paisible. Bien au contraire. Grandir dans une secte, se faire violer à l'adolescence, se retrouver coincée dans un monde machiste à souhait... La plupart des gens perdrait pied à moins ! Au fil de ma lecture, je n'ai donc pu m'empêcher de me demander comment cette femme avait pu résister à tout cela.

Mais elle a survécu et dans son témoignage se fait le porte-parole de toutes ces femmes de Hollywood, brisées pour subvenir à un idéal sur les écrans. Rose McGowan dénonce la machine Hollywood, cette même machine dont de nombreuses jeunes filles rêvent, et tous ceux qui, de près ou de loin, font que rien de change, font que la machine fonctionne.

Le lecteur lui-même est pris à parti car en regardant les films hollywoodiens, il intègre les valeurs que le système véhicule. Rose McGowan ne mâche pas ses mots et attaque. Son combat, c'est celui de toutes les femmes. Son combat, elle le mène pour qu'un jour plus de femmes puissent donner de la voix dans l'entreprise du cinéma.

Pour autant, je dois aussi dire que j'émets une petite réserve sur l'angle d'attaque de l'auteure. Car si je conçois que la machine hollywoodienne soit masculine et machiste, je me demande si le problème n'est pas plus une question de statut que de sexe. L'auteure accuse les hommes de jouer avec l'image de la femme objet mais nul besoin de chercher longtemps pour voir que l'homme aussi doit être beau et musclé au cinéma.

Ce qui m'a plu dans ce témoignage, c'est le caractère incisif de l'écriture qui ne peut nous laisser indifférent et fait réfléchir sur les réalités derrière les apparences. Pour autant, le caractère parfois dur des mots employés par l'auteure semble laisser entendre que tous les hommes sont des bêtes assoiffées de sexe. Jamais il n'est question de ces jeunes hommes utilisés pour être juste des "beaux mâles" et c'est dommage.

En conclusion...


Voici un témoignage que j'étais très curieuse de pouvoir découvrir et qui ne m'a pas laissée indifférente en ce qu'il m'a imposé une réalité que j'étais bien loin d'imaginer. Grâce à ce texte j'ai découvert l'incroyable personnalité d'une actrice que je ne connaissais que pour le rôle majeur de sa carrière. Et même si j'éprouve quelques réserves par rapport à l'angle de vue choisi par l'auteure, je dis chapeau !
Dans son livre, Rose McGowan explique sa volonté de faire entendre sa voix dans la chanson et je serai curieuse de découvrir.

mercredi 5 septembre 2018

Les murmures du lac - Karine Lebert



Infos sur le livre

éditions : France Loisirs
date de publication : 15-07-2018
pages : 312
prix : 16,99€

Résumé éditeur


20 ans après son départ soudain, Isaure est de retour en Vendée. Mais au moment de retrouver sa sœur jumelle Lucille, elle assiste impuissante à l'accident de moto qui propulse celle-ci dans le lac du Jaunay. Incapable de la sauver, Isaure prend une folle décision : prendre la place de sa sœur, le temps de récupérer sa fortune. Mais une surprise attend Isaure dans la demeure familiale de l'île d'Yeu : Lucille laisse derrière elle Noé, un nourrisson... Malgré la crainte d'être à tout moment démasquée, Isaure se fond dans la vie de sa jumelle. Le destin n'a pas toujours été tendre avec elle, lui offrirait-il une seconde chance ?

Pourquoi ce livre ?


Il y a des auteurs comme Karine Lebert dont je ne peux ne pas lire le nouveau roman dès que ce dernier sort et c'est donc avec envie que j'ai acquis cette avant-première.

De quoi est-il question ?


Depuis des années, Isaure a tout quitté pour mener une vie loin de sa famille et des tourments de son passé. Car Isaure est loin de porter un passé facile entre une soeur jumelle qui, toujours, a su se montrer supérieure à elle dans le coeur des autres et même de leurs parents. Mais aujourd'hui Isaure est de retour sans trop ce savoir ce qu'elle en espère.

Or, à peine arrivée, Isaure assiste impuissante à la mort de sa soeur qui, à cheval sur sa moto, tombe dans l'étang tout proche. Isaure le sait alors, elle devrait avertir les autorités. Mais, pour la première fois, elle voit aussi là l'occasion de remettre enfin un peu d'ordre dans sa vie. Prendre la place de sa soeur lui apparaît donc comme la solution rêver.

Mais très vite, Isaure découvre que depuis bien longtemps elle ne savait plus rien de Lucille et notamment que celle-ci avait eu un enfant, un bébé qui demande de l'amour et des soins. Et alors qu'Isaure commence à réfléchir au meilleur moyen pour récupérer la fortune de sa soeur, elle s'aperçoit que la vie de celle-ci pourrait bien lui convenir...

Du côté de la forme...


Avec les difficultés actuelles de France Loisirs, il faut bien reconnaître que ce roman s'est fait désiré mais, dès que j'ai pu l'avoir entre les mains, je dois dire que j'ai pris le temps de le déguster malgré une période sans trop de lectures pour moi.

La question des jumeaux dans la littérature, voilà un sujet qui a été souvent traité mais qui fonctionne toujours car il intrigue. Ici, j'étais donc curieuse de voir comment l'auteure allait traité cette thématique avec, d'une part, une intrigue douloureuse par l'échange d'identité et, d'autre part, la tendresse que l'on connait de l'auteure dans ses histoires.

Dès le début du roman, le sentiment du lecteur à l'égard d'Isaure est très ambivalent. Car s'il a beaucoup de mal à tolérer l'idée de l'échange et la manière dont Isaure va tromper tout le monde, il la comprend et a envie, page après page, qu'elle s'en sorte et parvienne enfin à donner un sens à sa vie. De même, le lecteur ignore s'il doit haïr ou regretter Lucille.

Mais ce que j'ai aimé dans ce roman, c'est cet art qui caractérise l'auteur : sa tendresse envers ses personnages et, plus encore, sa bienveillance. Car ce roman n'est pas un thriller mais plutôt l'histoire d'une femme comme il pourrait y en avoir tant d'autres où aucun manichéisme ne peut donner l'impression d'avoir toutes les réponses.

Au niveau de l'intrigue, nous sommes ici dans une histoire de femmes comme on les aime avec, en prime, une belle découverte de l'île d'Yeu. La région est suffisamment peu vue en littérature régionale pour que cela soit noté. Et si l'intrigue n'est pas pleine de rebondissements, on s'y laisse prendre avec une belle plongée dans l'histoire d'Isaure qui porte émotions et tendresse.

Quel bonheur que de retrouver le style de Karine Lebert dans ce nouveau roman avec ses personnages féminins et sa capacité à nous offrir des cadres plein de vie. Quelle joie que de pouvoir s'identifier à un personnage tel que celui d'Isaure avec, malgré tout, une intrigue qui nous tient en haleine jusqu'au bout avec son lot de surprises.

En conclusion...


Niveau lectures, j'ai eu une période sans et je suis ravie de reprendre le rythme avec une telle lecture, avec une auteure que j'apprécie et avec un roman qui nous démontre une fois encore le talent de la dame. Isaure fait partie de ces personnages qui resteront dans ma tête et dans mon coeur. Je dois cependant avouer que j'apprécierais un autre tome pour découvrir plus exactement l'histoire de Lucille.
Un roman à découvrir pour tous les amoureux de belles histoires.

jeudi 26 juillet 2018

La conspiration Jeanne d'Arc - Gérald Messadié



Infos sur le livre

éditions : De Borée
date de publication : 17-05-2018
pages : 397
prix : 19,90€

Résumé éditeur


La réalité est pourtant tout autre que celle enseignée dans les livres scolaires. Seuls les amateurs de l'imagerie d'Epinal pourraient croire encore que "la petite bergère" qui entendit des voix sut revêtir une armure le jour même de son arrivée à Chinon, chez le Dauphin Charles, et défaire le duc d'Alençon en tournoi singulier. Elle était en réalité la demi-soeur de Charles VII. La falsification des documents officiels a été démontrée. Gerald Messadié, réputé pour son esprit iconoclaste, a reconstitué la véritable histoire de ce personnage hors du commun, car l'admiration pour l'héroïne n'exclut aucunement la recherche historique. Dans ce premier tome, tout en faisant revivre le quotidien de l'époque, l'auteur démontre que Jeanne ne fut jamais bergère, mais très tôt préparée à sa mission par les héritiers des Templiers, les Chevaliers de Sion. Ainsi s'expliquent, par exemple, sa maîtrise de la langue et l'assurance avec laquelle elle interpelle maints grands personnages, dont le duc de Bourgogne lui-même. La femme la plus puissante de France, Yolande d'Aragon, future belle-mère du roi Charles VII, la fit enlever au berceau afin de préserver la dynastie des Valois, que menaçait d'exterminer le redoutable Jean sans Peur, duc de Bourgogne. Jeanne parvint à rendre son courage au Dauphin que ses parents, un roi atteint de démence et une reine notoirement dévergondée, avaient désavoué au profit des Anglais pour prétendue "bâtardise". Car la puissante organisation financière bâtie par les Templiers trois siècles plus tôt, et dont Yolande d'Aragon était la cheville centrale, exerçait toujours son influence... Un récit haletant, riche en révélations historiques inattendues, qui va à l'encontre des idées reçues.

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions De Borée grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce roman d'un auteur que je n'avais encore jamais eu l'occasion de lire.

De quoi est-il question ?


Nous sommes le 10 novembre 1407. Dans la plus haute sphère de la société une femme accouche d'une petite fille, la fille du roi de France. On la nommera Jeanne. Mais qui pourrait tolérer qu'une fille soit en phase de régner ? Qui plus est une enfant illégitime... Alors, au grand damne de sa mère, la fillette est conduite dans un petit village où elle sera cachée, élevée par des paysans.

Telles sont les véritable origines de celle qui deviendra Jeanne d'Arc. Loin d'être une paysanne sans histoire, elle est en réalité la demi-soeur du roi de France et tout à été orchestré autour d'elle. Lorsque dans l'enfance elle retrouvera un temps sa mère, elle n'aura en tête que son identité usurpée mais tout dénoncera en elle le fait qu'elle est issue d'une lignée royale.

C'est à peine adolescente que la jeune Jeanne se lancera en armées pour protéger le roi de France et faire front contre les anglais. Se faisant de nombreux ennemis, la jeune fille de royale lignée qui ignore tout de sa véritable identité n'aura de cesse d'aller au combat et d'aller contre ses propres peurs pour tout ce en quoi elle croit.

Du côté de la forme...


Nul n'ignore l'histoire de Jeanne d'Arc, la pucelle de Domrémy qui entendit la voix de Dieux et partit au combat parce que les voix divines lui avait dit de le faire. Pourtant, il est une autre théorie selon laquelle Jeanne aurait été de lignée royale ce qui remettrait tout en cause et c'est ce que l'auteur montre ici.

Si au départ, j'ai été un peu perturbée par la manière de l'auteur à raconter les choses, je me suis très vite laissée embarquée dans cette version "différente" d'une histoire que l'on peut tous raconter sans hésiter. Car l'époque, les textes et ce que l'on veut bien nous dire porte un regard que l'on veut unique sur une histoire si lointaine qu'elle pourrait bien être totalement autre.

Il est vrai que, croyants ou non, nous sommes tous ancrés dans cette même de ce que fut l'histoire de Jeanne d'Arc et c'est avec brio que l'auteur nous montre ici combien l'histoire et la tradition orale peuvent nous faire avaler ce qu'elles veulent. Je n'avais jamais entendu parler de cette théorie d'une Jeanne de sang royale et pourtant, l'histoire telle qu'elle est présentée ici, est on ne peut plus crédible.

J'ai adoré la manière dont l'auteur mêle une écriture très historique et documentée aux codes du roman ce qui rend la lecture à la fois accessible et passionnante même pour les personnes non férues d'histoire. Jeanne d'Arc reste alors à la fois le personnage historique que l'on connait mais se présente également à nous comme la femme que l'on n'entrevoit que si peu souvent.

L'auteur connaît son sujet et cela se sent. D'ailleurs, il n'est parfois pas tout à fait aisé de le suivre sans un minimum de connaissances car l'écriture elle-même, bien que réfléchie et agréable, reste assez pointue. J'ai toutefois beaucoup apprécié l'idée d'en apprendre un peu plus sur la Jeanne enfant, sur les amonts qui ont poussé à la faire devenir celle qu'elle est devenue.

Enfin, ce roman est un roman historique au sens large car l'auteur a à coeur de ne pas se fixer uniquement sur l'histoire de Jeanne mais aussi à nous immerger dans les conflits de l'époque, dans les circonstances politiques et sociale de la période tout en nous en dévoilant beaucoup sur les conditions de vies des hommes et des femmes, des riches et des pauvres d'un autre temps.

En conclusion...


Voici un roman que j'attendais avec hâte de pouvoir lire et que j'ai découvert avec beaucoup de plaisir même si roman n'est pas à lire n'importe quand. Il faut tout de même avoir la tête reposée pour s'y plonger. C'est avec plaisir que j'ai redécouvert un pan de l'histoire sous un angle neuf et que je me suis attachée à une femme plus qu'à un personnage d'histoire.
L'auteur nous a malheureusement quittés au début du mois de juillet (2018) et c'est à regret que je songe à la perte de ce grand homme dont j'aurais espéré la suite de ce roman avec impatience.

mercredi 25 juillet 2018

Maria de la lande - Bernard Duporge



Infos sur le livre

éditions : De Borée
date de publication : 12-07-2018
pages : 313
prix : 18,90€

Résumé éditeur

À la fin du XIXe siècle, la jeune Maria est fiancée de force à Jacques, fils de notable, tandis qu'elle est amoureuse de François, berger. Envoyée en pension en attendant le mariage, elle se concentre sur ses études et devient institutrice. Jacques, quant à lui, part sur les chemins de Compostelle et ignore si le destin les réunira.

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions De Borée grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau roman très tentant d'une collection dont je lis chaque nouveauté avec plaisir.

De quoi est-il question ?

Nous sommes au coeur du XIX° siècle, dans la lande. Le père de Maria, un homme bien ancré dans ses idées, a décidé de marier sa fille Maria à un bon parti du village. Et si cette dernière ne parvient pas aimer l'homme qui lui est promis, elle est toutefois prête à obéir, à faire un beau mariage et à devenir une parfaite maîtresse de maison et mère de famille.

Mais la donne change le jour où elle rencontre François, le fils du bossu du village. Un garçon gentil et sincère mais dont on redoute la famille. Car si son père est bossu, c'est bien que la famille a été touchée par le diable et que les enfants de François seront eux aussi difformes...Alors les jeunes gens vivent leur amour en cachette jusqu'à ce que le promis de Maria les découvre...

Pour le père de Maria, hors de question que sa fille épouse un garçon touché par le diable et, qui plus est, sans fortune. Seul, François décide de partir sur les chemins de Compostelle à une époque où ces chemins étaient bien dangereux. Dans le même temps, un prêtre va aider Maria à s'émanciper en lui permettant de partir faire des études et se forger son opinion sur le monde...

Du côté de la forme...

Vous le savez, j'aime ce type de roman. Une ambiance terroir, des personnages vrais, des questionnements sur le quotidien d'un autre temps... Alors profiter de l'occasion pour lire dans le même temps un auteur que je ne connais pas si bien, c'était là une chance en or.

Dès le début de ma lecture, je me suis laissée portée par cette histoire, certes dans l'esprit du genre, mais aussi très frappante. Bien sûr, nous allons avoir le mariage arrangé, l'amour impossible, le combat pour faire valoir les sentiments et les obstacles divers et variés mais l'auteur parvient ici à nous offrir tout cela comme si c'était la première fois que l'on en lisait.

Nous sommes dans un petit village et j'ai beaucoup aimé la manière dont l'auteur dénonce les superstitions et croyances absurdes dues à la différence. Ce que l'on ne connait pas a forcément trait au diable mais l'auteur sait dénoncer ces convictions sans forcer le trait et sans focaliser son roman uniquement là-dessus. Car les croyances aveugles se frottent au pouvoir intemporel de l'argent.

Lorsque les amoureux seront séparés, l'auteur va nous inviter à découvrir en parallèle la vie dans les pensions de jeunes fille où Maria va s'émanciper et la vie sur les chemins de Compostelle où François va beaucoup apprendre sur le vie et sur les relations humaines. Ce dernier thème n'est que peu vu dans ce type de roman et je dois dire que j'ai pris beaucoup de plaisir à m'y plonger.

Et puis, bien sûr, nous avons l'histoire d'amour qui fait du bien, l'histoire d'un combat pour avoir le droit de s'aimer, l'histoire d'une lutte contre les préjugés et contre la loi patriarcale. Et par tout cela, le jeune couple de ce roman m'a touchée tendis que le village dans ses certitudes m'a parfois fortement agacée. Happy end oblige, nous n'avons que peu de doute sur l'issue de ce roman mais l'important est le "comment".

Le style de l'auteur est plutôt agréable à suivre et est source d'une foule d'émotions qui font toujours du bien au cours d'une lecture. Si j'aurais aimé passer encore un peu plus de temps sur les chemins de Compostelle et au sein de la pension de Maria, il est vrai que l'auteur sait mettre le doigt sur l'essentiel pour nous offrir un ensemble qui donne à réfléchir sur nos préjugés et leurs conséquences.

En conclusion...

Voici un roman que j'avais hâte de pouvoir découvrir et avec lequel j'ai passé un très agréable moment plein de force et de tendresse mais aussi très instructif sur une autre époque. Voici un roman qui se dévore et que l'on pourrait souhaiter encore plus développé car même s'il l'est déjà le lecteur a envie d'en savoir toujours plus sur les personnages de ce roman qu'il aime comme s'ils n'étaient plus fiction.
C'est avec plaisir que je lirai un prochain roman de l'auteur si j'en ai l'occasion.

mardi 24 juillet 2018

Piège conjugal - Michelle Richmond



Infos sur le livre

éditions : Presses de la cité
date de publication : 03-05-2018
pages : 478
prix : 21€

Résumé éditeur


Seriez-vous prêt à tout pour que seule la mort vous sépare ? Alice, ancienne rockeuse reconvertie en avocate, et Jake, psychologue, s'aiment, l'avenir leur appartient. Pour leur mariage, un riche client d'Alice leur offre un présent singulier : l'adhésion au " Pacte ". Le rôle de ce club très select ? Garantir à ses membres un mariage heureux et pérenne, moyennant quelques règles de conduite : décrocher systématiquement quand le conjoint appelle, s'offrir un cadeau tous les mois, prévoir une escapade trois fois par an... mais surtout, ne parler du Pacte à personne. Alice et Jake sont d'abord séduits par l'éthique, les cocktails glamour et la camaraderie que fait régner le Pacte sur leur vie... Jusqu'au jour où l'un d'eux contrevient au règlement. Le rêve vire au cauchemar. Mais, l'adhésion au Pacte, c'est comme le mariage : pour le meilleur... et pour le pire. 

Pourquoi ce livre ?


Merci aux Presses de la cité grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce roman très tentant d'une auteure que je n'avais encore jamais lue.

De quoi est-il question ?


Alice et Jake viennent de se marier. Elle est avocate, lui est psychologue. Entre amour tout neuf et vies professionnelles leur offrant une situation confortable, rien ne semble pouvoir nuire à leur bonheur. Alors lorsque, en cadeau de mariage, ils reçoivent une capsule, un pacte, destiné à rendre leur mariage plus fort encore, le jeune couple n'hésite pas.

En apparence, tout dans le Pacte semble vouloir offrir aux couples qui en bénéficient stabilité et force dans leur amour. Offrir un cadeau à son conjoint chaque mois, partir régulièrement en weekend à deux, répondre à celui ou celle qu'on aime à chaque fois qu'il/elle téléphone. Rien de sorcier en soi qui, si cela peut sauver un mariage, vaut peut-être le coup.

Pourtant, très vite, Jake commence à s'interroger et à se dire qu'Alice et lui ont peut-être commis une erreur car quelles sont ces sanctions s'il y a un manquement aux règles du Pacte ? Parce qu'ils ont tous deux des vies bien remplies, Jake et Alice vont bientôt le découvrir, découvrir l'horreur absolue. Et si JoAnne, l'ancienne collègue de Jake avait raison et qu'ils étaient en réel danger ?

Du côté de la forme...


A la lecture du titre et du résumé de ce roman, je n'ai pas hésité très longtemps avant d'avoir envie de m'y plonger. Tout semblait très prometteur et en effet j'ai dévoré ce livre en un rien de temps. Pourtant, ce ne fut pas le coup de coeur que j'espérais.

La première chose qui m'a frappé dans cette lecture, et pour une fois je vais commencer par là, c'est le style de l'auteure. Nous sommes dans un point de vue interne à Jake, ok, mais j'ai comme eu le sentiment que le personnage était détaché de sa propre histoire, qu'il aimait Alice plus par convention que par véritables sentiments et que tout ce qui lui arrivait était comme en dehors de lui. Etrange...

Tout partait pourtant très bien : un pacte qui de prime abord fait plutôt envie lorsque l'on rêve d'un couple solide et qui va vite se transformer en cauchemar : impossibilité d'en sortir, dirigeant qui ressemblent de plus en plus à des dirigeants de secte, copies conformes entre les membres, pression pour laisser tomber son travail même si ce n'est jamais dit clairement.

Mais tout cela n'est rien à côté de ce que subissent ceux qui désobéissent aux règles totalement arbitraires du Pacte et c'est là que quelque chose cloche. L'horreur est présente, certes, on s'y laisse prendre, certes mais tout est trop gros. Comment une prison étudiée pour et toutes les autorités du pays peuvent-elles être de mèches ? Du coup, l'auteure semble entrer dans les théories du complot du gouvernement et ça va bien.

D'autant que je n'ai pas m'empêcher de m'agacer après Jake et Alice. Ok ce qu'ils vivent est terrible mais une avocate qui signe comme ça, sans lire, juste parce qu'on lui promet une belle fête, faut quand même pas pousser. Et puis, lorsque le couple voudra partir, autant dire qu'il s'y prendre comme un manche ce qui fait perdre en crédibilité. Et je ne vous parle pas de la fin !

Force est de constater pourtant que ça fonctionne car, une fois le roman commencé, il est impossible d'en sortir sans connaître le fin-mot de cette histoire. Les chapitres donnent envie les uns après les autres de commencer le suivant et l'auteure parvient avec brio à nous faire éprouver ce sentiment d'oppression ressenti par les personnages. De quoi faire oublier les désagréments de l'intrigue elle-même.

En conclusion...


Voici un roman qui me faisait énormément envie et dans lequel je me suis plongée sans trop de doutes mais duquel je ressors finalement mitigée. Si je me suis laissée prendre dans l'intrigue, si j'ai dévoré ce roman et si j'en retiendrai l'efficacité, j'ai malheureusement trouvé que tout était trop gros, que les personnages n'étaient pas très malins et que la fin était pour ainsi dire bâclée. Dommage.
Peut-être lirai-je si j'en ai l'occasion d'autres romans de l'auteure qui a le mérite d'une belle efficacité d'écriture.

samedi 21 juillet 2018

Madame veuve Emilie - Joseph Farnel



Infos sur le livre

éditions : De Borée
date de publication : 16-11-2017
pages : 219
prix : 13,50€

Résumé éditeur


Madame veuve Émilie, c'est Émilie Dumarais, la patronne du café-tabac. Quand elle a quitté son Auvergne pour monter à Paris, en 1936, elle a commencé une de ces vies obscures dont on parle rarement. On entre dans le milieu des « bougnats » des petits quartiers de Paris. Un mariage urgent avec le fils de la patronne, trois filles, dont l'une est de Monsieur Georges le client si distingué. Le veuvage quand son mari meurt à la Seconde Guerre mondiale, un enfant juif qu'on soustrait aux rafles ; et les trois filles qui grandissent, avec les amours vrais et les mauvais mariages. Quand Émilie, remariée sur le tard, regagne l'Auvergne, elle passe le flambeau à Jeannine, la plus jeune, et c'est comme si tout allait recommencer. Un roman où les destins se croisent et rencontrent l'histoire : la Deuxième Guerre mondiale, la déportation, la résistance, la naissance d'Israël, l'Algérie... Un roman pourtant sans fioriture dont les pôles sont Paris et l'Auvergne, et les héros, des gens « ordinaires ». Une belle histoire qui nous touche droit au cœur. Une œuvre originale aux allures de saga, mais une saga des justes.

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions De Borée grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce roman, l'un des premiers de l'auteur, après avoir été assez attirée par le titre.

De quoi est-il question ?


Au coeur des années 1930, Emilie est une jeune femme dont la vie n'est pas aisée. Mère très jeune, elle quitte son Auvergne pour se rendre à Paris et suivre son mari. Très vite, pourtant, elle ne demeure pas insensible à Mr George alors que son mari n'est pas là. Et bientôt, Emilie tombe de nouveau enceinte, sachant qu'elle risque gros.

Mais bientôt, la guerre est là et elle emporte l'époux d'Emilie, la laissant seule et dans des conditions financières précaires. Mais Emilie n'a pas le temps de se lamenter car, peu après, les hasards de la vie, font se croiser les chemins de la jeune femme et d'un jeune garçon juif qu'elle s'emploiera à protéger même si elle doit elle-même risquer sa vie.

Et durant ces années de conflit, la vie ne sera pas tendre avec Emilie qui, pourtant, envers et contre tout, mènera tous ses combats de front et fera tout pour, quoi qu'il en coûte, regarder vers l'avenir et préserver le bonheur possible.

Du côté de la forme...


Joseph Farnel fait partie de ces auteurs que je suis depuis quelques années maintenant et dont je découvre toujours un nouveau roman avec beaucoup de plaisir. L'occasion de me plonger dans l'un de ses premiers textes était donc très intéressante.

Dans ce roman, nous allons donc découvrir une saga familiale comme je peux les aimer au travers du personnage d'Emilie, un personnage qui m'a tout de suite beaucoup touchée. Avec cette femme, nous comprenons le sens du mot "courage" et du mot "vivre". Car c'est bien un hymne au courage et la vie qui nous sont offerts ici.

Nous allons suivre Emilie à travers plusieurs décennies et c'est peut-être là ce que je reprocherais à ce roman : le sentiment pour le lecteur de passer trop vite sur tout sans avoir le temps de s'attacher véritablement à un événement particulier. Et si l'on apprécie le fait de suivre Emilie au long de sa vie, j'aurais aimé en savoir plus sur chaque moment.

Le point fort de ce roman est de raconter des événements tragiques, notamment la traque des juifs, mais sans jamais virer dans le pathos. L'auteur veut offrir un message d'espoir et de bienveillance ce émeut peut-être plus encore que le récit d'événements tragiques. Et c'est toujours avec beaucoup de délicatesse que l'auteur nous conte ces événements.

Et puis, bien sûr, nous avons l'histoire individuelle d'Emilie et peut-être ce roman porte-t-il trop de choses : le départ pour Paris, le veuvage, l'amant, les enfants, la misère, le sauvetage, l'amour... Un peu trop d'informations mais qui portent à merveille un style en construction pour un auteur qui, depuis, a fait ses preuves.

Et justement, dans ce roman, j'ai eu le grand plaisir de retrouver un style que j'aime beaucoup et qui a pas mal évolué depuis ce roman-ci. Un style qui parle d'émotions et qui nous émeut, un style qui montre l'affection de l'auteur pour son personnage, une affection qui se répercute aisément sur le lecteur. Un style fort et prometteur pour les romans qui ont suivi.

En conclusion...


Voici un roman que j'étais très curieuse de découvrir et avec lequel j'ai passé un agréable moment notamment grâce à un personnage très fort et touchant. Ce roman étant l'un des premiers de l'auteur c'est ainsi que je l'ai lu et si j'ai parfois eu le sentiment que l'auteur en "mettait trop" ce roman annonce les débuts d'un auteur à suivre. L'avenir l'a prouvé.
J'espère avoir bientôt l'occasion de lire un autre roman de l'auteur que je vous conseille vivement de découvrir si vous ne l'avez encore jamais lu.

vendredi 20 juillet 2018

Résiste - Jeanne Pelat



Infos sur le livre

éditions : Bayard
date de publication : 05-11-2015
pages : 250
prix : 14,50€

Résumé éditeur


Marraine du Téléthon 2004, à huit ans, Jeanne Pelat a touché tous les Français par son courage et son témoignage depuis dix ans. A huit ans, elle espérait qu'un "Docteur Saitout" trouve un remède magique à sa maladie diagnostiquée à l'âge de six ans. Un an après, Jeanne ne marchait plus. Aujourd'hui, la jeune fille de 18 ans est incapable de se débrouiller seule dans la vie quotidienne. Elle se bat contre la souffrance mais aussi et surtout contre l'exclusion du handicap. Elle a ému la France entière et de nombreuses personnalités qui l'ont rejointe dans son combat : Sophie Davant, Sandrine Kiberlain, Nagui... "Je veux que les portes s'ouvrent", écrit-elle dans son témoignage.Elle raconte dans ce livre pour la première fois son long combat contre une maladie qui a pris d'assaut son corps, les multiples opérations, sa vie de famille, amicale, et ses études. Elle donne à tous une formidable leçon d'humanité.

Pourquoi ce livre ?


C'est lors de l'un de mes passages annuel à la Librairie de la Grotte à Lourdes que je suis tombée sur ce témoignage. Achetant toujours au moins un livre dans cette librairie, j'ai donc craqué pour celui-ci.

De quoi est-il question ?


Au départ, Jeanne était une fillette comme les autres. Mais alors qu'elle n'a que quatre ans, elle, ses parents, le personnel de l'école se rendent compte qu'elle tombe souvent. Bien que n'étant qu'une enfant, Jeanne sent bien que, déjà, elle n'est pas comme les autres. Et puis un jour, la fatalité tombe : Jeanne est atteinte de myopathie et, en prime, d'une forme extrêmement rare de la maladie.

Dès lors, la vie de Jeanne et de sa famille se transforme en parcourt du combattant. Il s'agit de trouver des médecins, des kinés et plus tard un fauteuil. Il s'agit de trouver les meilleurs solutions pour que Jeanne continue sa scolarité et pour retarder la maladie. Mais il s'agit aussi, pour ses parents, de remplir des montagnes de dossiers et de trouver des fonds.

Pourtant, Jeanne s'interdit de se laisser abattre et souhaite plus que tout de continuer à se battre pour la vie et pour l'avenir. En quelques années, elle deviendra l'un des plus forts porte-parole du Téléthon et ne cesse de se battre, jour après jour, pour la recherche. Pour la recherche mais aussi pour changer le regard des gens autour ce à quoi elle s'emploie ici encore.

Du côté de la forme...


J'aime les témoignages. J'aime découvrir le courage que je n'aurai jamais chez des personnes incroyables et Jeanne Pelat et sans nul doute l'un des plus forts exemples en la matière. C'est donc avec beaucoup d'émotion que j'ai ouvert ce livre et c'est très émue que j'en suis ressortie.

Il est vrai qu'en débutant ma lecture, je me suis interrogée sur le caractère peut-être commercial de ce livre : un témoignage écrit par celle que l'on ne détache plus de toutes les actions autour du Téléthon... bref... Mais très vite, je me suis dégagée de cette idée préconçue pour m'attacher directement à la voix de Jeanne et j'ai été troublée. Par son combat, certes, mais aussi par sa force de vivre.

Jamais Jeanne ne se plaint. Bien sûr elle souffre et ne s'en cache pas, bien sûr elle peut parfois avoir un sale caractère et bien sûr le quotidien est loin d'être facile mais jamais elle n'écrit pour qu'on la plaigne. Elle écrit pour qu'on la suive dans son combat. Un combat non pas contre SA maladie mais contre TOUTES les maladies. Et une telle force m'a épatée.

Alors bien sûr Jeanne Pelat est la jeune fille à laquelle on pense à chaque fois que l'on dit Téléthon mais à la suite de cette lecture, on ne peut que penser à la jeune fille étonnante qu'elle est au-delà de la maladie : une jeune fille belle, intelligente et ayant la rage de vivre. Une jeune fille qui aime s'amuser et avec qui la vie doit être loin d'être triste.

Mais ce que j'ai surtout aimé dans ce texte, c'est la capacité de l'auteure à remettre les choses à leur place, dénonçant les polémiques autour du Téléthon ou les comportements honteux de certaines personnes. Sans parler de tous ceux, trop nombreux, qui par orgueil ou ignorance pensent tout savoir mieux que tout le monde que ce soit dans le cadre médical ou dans le cadre médiatique.

Au niveau de l'écriture, nous sommes là face à un texte assez ambivalent. D'un côté, nous avons là un texte empreint de maturité et de force mettant des mots des épreuves et une soif de vivre. Un texte écrit par une jeune fille s'apprêtant à devenir journaliste et ça se sent. Mais dans le même temps, ce témoignage est écrit par une toute jeune fille et cela se sent aussi par des expressions et un caractère. Bravo !

En conclusion...


Voici un témoignage qui m'intriguait beaucoup et que je ne peux que vous conseiller de lire. A travers toute la simplicité qui la caractérise Jeanne Pelat nous révèle son histoire, ses doutes mais aussi ses joies. Et à tous ceux qui critiquent le Téléthon parce qu'ils n'ont rien d'autre à faire, lisez ce texte pour voir à travers les yeux de Jeanne ce que nous, devant notre télé, ne verrons jamais.