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samedi 15 août 2020

Le baiser de la déesse - Aprilynne Pike



Infos sur le livre

éditions : Pocket Jeunesse
date de publication : 16-02-2017
pages : 336
prix : 17,90€

Résumé éditeur

Quand pour sauver l'humanité, la seule chose à faire est de trahir la personne qu'on a de plus chère... Tavia Michaels a miraculeusement survécu à un terrible crash qui a emporté ses parents. Mais peu de temps après l'accident, d'étranges événements se produisent... Qui est ce jeune homme d'un autre temps qui lui apparaît en rêve ? Et pourquoi peut-elle tout à coup faire surgir des objet comme par magie ? L'accident l'a-t-il transformée plus qu'elle ne l'aurait imaginé ? En cherchant des réponses à ces questions, Tavia va découvrir que son passé cachait des mystères aussi incroyables qu'inquiétants...

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions PKJ pour la découverte de ce roman à la couverture très attractive et au résumé plutôt tentant m'ayant permis de me replonger dans un univers young adult.

De quoi est-il question ?

Il y a quelques mois, la jeune Tavia qui, jusque là menait une vie sans histoire, a été victime d'un accident d'avion avec ses parents et des dizaines d'autres passagers. Elle seule a survécu au crash. Alors bien sûr, depuis, elle a dû déménager et doit suivre quotidiennement des séances avec sa psy, Elizabeth. Elle a aussi interdiction de parler de l'accident avec qui que ce soit.

Le seul en qui elle a confiance, c'est Benson, un garçon rencontré à la bibliothèque et qui ne la laisse pas insensible, qui en tout cas ne la regarde pas comme une bête curieuse. Avec ce garçon, Tavia se sent bien et commence à renouer avec la vie. Mais voilà que bientôt, la jeune fille commence à se sentir observée et découvre qu'elle peut, le temps de quelques secondes, faire apparaître des objets.

Devient-elle folle ? Tout est-il lié à l'accident d'avion ? Tavia va alors se lancer dans une véritable quête de la vérité d'autant que Jay et Reese, ses tuteurs, ont un comportement de plus en plus étrange vis-à-vis d'elle et commencent à avoir des conversations très énigmatiques avec Elisabeth. Plus l'enquête de Tavia avance et plus des énigmes se posent à elle pour découvrir qui elle est vraiment...

Du côté de la forme...

Il y a des couvertures comme ça qui vous attirent le regard dès que vous les voyez. Vous savez alors qu'il vous faudra tôt ou tard savoir de quoi il retourne. Alors quand le titre réfère à des sujets que vous affectionnez, vous n'hésitez plus.

Tout commence par un accident d'avion auquel nous allons assister en direct. Pas à lire avant d'entreprendre un voyage à l'autre bout du monde... Car l'auteur parvient parfaitement à nous faire ressentir dans son prologue toute l'horreur d'un tel accident. Plus efficace que si nous avions découvert Tavia directement des mois plus tard. Ici, nous savons.

Tout était prometteur dans ce roman : une jeune fille se découvrant des pouvoir magiques, des secrets bien cachés sur son histoire, des événements étranges se produisant. Et en effet, toute la première partie de ce roman est plutôt efficace avec un attachement que le lecteur éprouve pour le personnage et pas mal de questions auxquelles, à l'instar de l'héroïne, il va chercher des réponses.

De même, la relation entre Tavia et Benson m'a beaucoup touchée en ce que, bien qu'archétypale, elle apporte un peu de douceur et de stabilité dans le foisonnement d'informations. Et puis, même si cela répond à certains codes également, les questionnements que l'on peut avoir sur les autres personnages du roman fonctionnent aussi assez bien.

Le problème, c'est que ce roman était certes plein de bonnes idées, certes très intrigant au début et certes assez addictif mais l'auteure semble ne pas avoir su exploiter au mieux les idées qu'elle avait. Du coup, tout au long de ce roman, nous restons très en surface du sujet et même les personnages apparaissent finalement comme assez artificiels. C'est donc sans vraiment avoir l'impression de découvrir une histoire que nous lisons.

Question style, si l'auteur a su rendre attachante son héroïne, c'est surtout avec un sentiment de déjà vu que nous sortons de cette lecture. L'inspiration des autres est maîtresse quelque soit l'auteur mais ceci se sent-il peut-être un peu trop ici. Du coup, le roman se laisse bien lire mais sans plus, le style ne nous offre pas plus que ce que l'on peut déjà connaître.

En conclusion...

Pour un roman plutôt tentant, l'intrigue de celui-ci est assez bien menée et les idées étaient bonnes mais l'ensemble semble ne pas avoir été assez fouillée ce qui laisse un arrière-goût d'inachevé au roman et c'est dommage. Si les plus jeunes sauront apprécier la portée mythologique et l'héroïne, force est de constater que pour le lecteur averti, cela ne suffira sans doute pas.
Une suite à ce roman est sortie. Nous pourrons donc mettre les problèmes de ce roman sur le compte d'un premier tome. A voir donc...

jeudi 23 avril 2020

Au-delà de la lumière - Daniel Mat



Infos sur le livre

éditions : Scrineo
date de publication : 24-10-2019
pages : 480
prix : 17,90€

Résumé éditeur

Dans le futur, la réalité virtuelle a fait place aux rêves lucides partagés. Une version extrême de cette technologie, basée sur des expériences de mort imminente contrôlées, a donné naissance à la métamachie : un sport de combat opposant deux compétiteurs dans des arènes subconscientes, armés de leurs souvenirs manipulables à volonté. À dix-sept ans, David redoute cette discipline dont l'étoile montante n'est autre que Théa, sa petite amie. Plus sa carrière progresse, plus elle s'éloigne de lui. Tout bascule le jour où elle ne se réveille pas à la fin d'un combat. Alors que l'organisation étouffe l'affaire, David se retrouve seul et sans réponses. Lorsque l'opportunité de participer à un tournoi amateur s'offre à lui, il y voit une chance de mener l'enquête de l'intérieur. Mais ses propres souvenirs semblent se mettre en travers de son chemin. Jusqu'où est-il prêt à aller pour découvrir la vérité ?

Pourquoi ce livre ?

C'est lors du dernier salon de Montreuil  que je me suis laissée tenter par ce roman sous les conseils d'une autrice dont j'apprécie beaucoup le travail : Aurélie Wellenstein.

De quoi est-il question ?

Le monde a bien changé. Après avoir bien failli disparaître l'humanité s'est pourtant relevée et vit aujourd'hui au coeur de technologies démultipliées. L'une de ces technologies a mené à l'organisation de combats en réalité virtuelle : les rêves lucides partagés. Les participants s'y livrent donc des combats sans merci guidés par leurs souvenirs les plus forts.

Chaque jour, David, craint pour Théa. Fou amoureux de cette dernière, il la soutient autant qu'il voudrait la retenir. Jusqu'au jour où l'expérience de mort imminente dérape : Théa ne se réveille pas après son combat. David apprend alors à vivre avec les parents de son aimée, les aidant du mieux qu'il le peut. Mais Théa reste cachée quelque part et David est prêt à tout pour avoir des réponses.

Ces réponses, nul ne semble vouloir les lui donner jusq'au jour où une chance d'intégrer l'organisation des combats s'offre à David. Et s'il n'a jamais combattu, s'il n'est que très peu motivé par les défis eux-mêmes, il voit enfin là l'occasion d'avoir des réponses à ses questions au risque de mettre à mal toute l'organisation.

Du côté de la forme...

Je l'avoue, je ne me serais peut-être pas de moi-même retournée sur ce roman. Mais je suis une faible femme et je ne recule jamais devant un conseil livresque, surtout lorsque le conseil vise à découvrir un jeune auteur en train de percer.

Si je me suis tout de suite attachée à David et à l'amour qu'il porte à Théa, je dois bien dire qu'au début du roman je me suis demandée dans quel genre d'univers l'auteur voulait m'entraîner. Et je dois dire qu'entre les combats, les souvenirs et les morts contrôlées, j'ai eu départ eu un peu de mal à entrer dans l'histoire. Mais une fois tous ces éléments posés, l'histoire glisse toute seule.

Il est vrai que nous sommes là face à un roman très complet et assez complexe avec un univers très réfléchi et des codes un peu éloignés de ce dont on a l'habitude. Ici, il est question de technologies poussées à l'extrême. De quoi jouer avec notre monde d'aujourd'hui mais poussé à l'extrême dans un monde futuriste tellement plausible.

Au milieu de tout ça, David est un adolescent sans histoire, un adolescent qui va devenir exceptionnel non pas par la force du destin mais par amour pour Théa. De quoi refonder les codes du genre car rien ne prédestine David à sortir du lot si ce n'est son envie folle de découvrir les secrets de l'organisation, l'occasion pour l'auteur de basculer aux limites du thriller politique.

Et des secrets, autant dire qu'il y en a beaucoup et que l'auteur n'épargne pas ses personnages qui vont devoir faire preuve de courage, de patience et de force pour combattre une société battie autour de manipulations. Pourtant, David est aussi un personnage qui m'a agacée en ce qu'il est l'adolescent dans toute sa splendeur : égoïste, instinctif et impulsif. Réel mais agaçant pour moi.

Voici là un premier roman et le fait est que pour un premier roman l'auteur a travaillé son style avec soin pour aller vers un univers original et une intrigue troublante. Les codes sont là mais avec quelque chose de nouveau et dans une écriture où l'hypotypose est reine. Le style est complet et construit pour nous offrir un imaginaire frappant qui reste gravé en nous après la fin du roman.

En conclusion... 

Voici un roman que je me suis laissée conseiller et dont je ne savais trop qu'attendre mais qui, au final, a été une très belle surprise. Voici un roman qui reprend les codes de la dystopie avec un imaginaire fort et une intrigue prenante. Voici un roman qui fonctionne malgré quelques longueurs et réflexion politique originale et plus actuelle qu'on ne le croit.
Un nouvel auteur à découvrir et qui gagnera à être connu...

samedi 4 avril 2020

Phobos 4 - Victor Dixen



Infos sur le livre

éditions : Collection R
date de publication : 23-11-2017
pages : 656
prix : 18,90€

Résumé éditeur

Lancement des chaînes des pionniers dans 3 secondes... 2 secondes... 1 seconde... Ils peinent à reprendre leurs marques. Ils sont les derniers survivants du programme Genesis. Après avoir traversé un désert de solitude, ils sont emportés par un tourbillon de célébrité. Elle peine à reprendre son souffle. Obsédée par des questions sans réponse, Léonor refuse les honneurs et les caméras. Le danger planant sur la planète bleue est-il vaincu pour toujours ? Les secrets hantant la planète rouge sont-ils enfouis à jamais ? Et si, d'un bout à l'autre du système solaire, tout pouvait basculer à nouveau ? Même si l'angoisse mène au bord de l'asphyxie, il est trop tôt pour respirer. 

Pourquoi ce livre ?

Acheté à Montreuil au moment de sa sortie, j'attendais le bon moment pour sortir la fin de cette saga tant appréciée de ma pal. Le temps est enfin venu.

De quoi est-il question ?

Ayant pu mettre à jour la manipulation orchestrée par le programme Génésis, Léonor et ses compagnons de Mars vont enfin pouvoir rentrer sur Terre et retrouver leurs familles. L'occasion aussi pour eux de retrouver une vie "normale" malgré l'engoûment des téléspectateurs. Pourtant, l'idée de chaînes personnelles des participants commence à faire son chemin, au grand damne de Léonor.

Car depuis que Serena a disparu, la jeune fille se méfie. Et la détracteur qui fleurissent un peu partout sur la toile ne sont pas pour la rassurer. Et si l'ancienne directrice du programme était en train de manipuler son monde pour remettre en cause l'histoire ? D'autant que les secrets liés à Mars sont nombreux, que les gens attendent des réponses et que beaucoup veulent leur faire payer.

Et alors que le petit groupe aspirait enfin à reprendre les rennes de sa vie, c'est une épreuve plus dure encore qui semble les attendre. Une épreuve pour dévoiler à la face du monde leur passé parfois obscure. Une épreuve pour Léonor qui va devoir faire face à son histoire personnelle, une histoire oubliée depuis des années...

Du côté de la forme...

Phobos est sans doute l'une des séries young adult qui m'aura le plus tenue en haleine et dont j'attendais la fin autant que je la redoutais. Je suis donc à la fois heureuse et triste d'avoir mis un point final à cette aventure hors du commun.

De base, ce tome 4 n'était pas prévu. Pourtant, comme tant d'autres lecteurs, je me posais encore de nombreuses questions sur cette histoire qui me donnait un goût d'inachevé. Des questions sur une possiblité de retour à une vie normale, des questions sur Léonor, des questions sur la politique pouvait être menée suite à un tel fiasco. Des réponses que j'ai eu ici.

Avec le talent qu'on lui connaît, Victor Dixen s'emploie en effet ici à couvrir les zones d'ombre que sa trilogie avait laissé mais dans une continuité qui semble facile. Car les héros étant revenu sur Terre, c'est un univers bien plus proche du nôtre que nous retrouvons. Un univers fait de médias et de réseaux sociaux, l'occasion d'en faire une critique acerbe destiné aux trolls du net.

Si la trilogie était plutôt un roman d'aventures où il s'agissait de dévoiler un lourd secret politique, le secret change ici de camp et le lecteur va être invité à découvrir des histoires passées aussi terribles qu'émouvantes, aussi violentes que préservées. De quoi mieux comprendre les personnages tout en plongeant au sein d'un système judiciaire régit par le pouvoir.

Malgré ce retour sur Terre, l'univers de la série est malgré tout préservé et les retours en arrière sur les autres romans pallie le temps passé depuis la fin du tome 3. Et une nouvelle fois, bien difficile pour le lecteur de savoir à qui il peut faire confiance et qui sont les ennemis de Léonor et des autres. Un jeu d'intrigue parfait qui sait nous révéler des surprises.

Côté style, l'auteur a une nouvelle fois su jouer sur les angles de vue et sur les points de vue dans un travail d'orfèvre percutant et efficace. Un véritable jeu de style qui fait du bien et impose un travail du cerveau. Et si les personnages sont finalement moins atypiques dans ce dernier volet, ils servent une réflexion sur notre monde actuel bien effrayante.

En conclusion... 

Cela faisait longtemps que je souhaitais enfin découvrir ce grand final et suis ravie d'avoir pu replonger, pour un temps, dans cet univers si particulier imaginé par l'auteur. J'ai été ravie de retrouver son travail d'écriture et de combler les blancs laissés par la trilogie première. Et si le final manque de puissance selon moi, le caractère social du roman mérite que l'on s'y arrête.
Si vous n'avez pas encore eu l'occasion de découvrir cette fameuse série, il est temps de vous y mettre ! 

lundi 13 janvier 2020

Sueurs froides - Nadia Coste



Infos sur le livre

éditions : Gulfstream
date de publication : 19-03-2020
pages : 304
prix : 16€

Résumé éditeur

Des ricanements dans les conduits d'aération, des empreintes de mains ensanglantées, des objets qui changent de place... Les jeunes hockeyeurs en son persuadés : la patinoire de Greilles est hantée par le fantôme de Thomas Grimbert, mort sur la glace 30 ans plus tôt. Moins superstitieux, plus concentrés, les patineurs artistiques décrochent la place très convoitée de l'ouverture au gala du club. La rivalité coutumière entre les athlètes s'accentue : coups bas, insultes, intimidations... Et lorsqu'un lycéen est retrouvé pendu dans les vestiaires, les accusations se multiplient. Suicide ? Règlement de compte ? Et si Thomas était de retour pour se venger ?

Pourquoi ce livre ?

Appréciant beaucoup le travail de l'autrice, c'est sans hésiter bien longtemps que je me suis laissée tenter par cette avant-première lors du dernier salon de Montreuil.

De quoi est-il question ?

À la patinoire de Greilles, la rivalité entre les patineurs et les hockeyeurs fait rage et peut parfois aller très loin. Les uns ne supportent pas l'arrogance des autres, les autres ne voient pas l'intérêt porté aux uns. Alors, lorsqu'il est annoncé pour le prochain gala que les patineurs seront le clou du spectacle et que l'équipe de hockey ne sera qu'en première partie, la bande de machos a du mal à l'encaisser.

Alors pour remettre les patineurs à leur place, il convient d'agir. Et pour les effrayer, quoi de mieux que de s'inspirer du fantôme de Thomas Grimbert, un ado mort dans des circonstances tragiques dans les années 1990 et qui, aujourd'hui, hanterait la patinoire. Une belle manière de remettre chacun à sa place avec des idées bien ancrées chez certains.

Mais le lendemain d'une altercation plutôt violente, le corps de l'un des jeunes hockeyeurs est retrouvé pendu dans les vestiaires des garçons. La peine et la terreur sont immenses mais il faut continuer. Le gala doit bientôt avoir lieu et en mémoire de ce camarade parti trop tôt le spectacle doit être beau. À moins que le fantôme n'ait pas encore assouvi sa vengeance...

Du côté de la forme...

Nadia Coste fait partie de ces autrices que j'ai découvert il y a quelques romans déjà et pour laquelle lire un roman en avant-première était une chance immense. Quand, en plus, il s'agit d'un roman particulièrement tentant chez un éditeur où tout vous tente, l'affaire est pliée.

En cette période hivernale, une lecture mettant en avant les sports de patins à glace, voilà qui était une bonne idée pour se familiariser avec le froid. D'autant que s'il y a bien des sports auxquels je ne connais rien, ce sont bien ceux-là. Et c'est avec beaucoup de finesse que l'autrice parvient à nous y initier et même à nous les faire apprécier.

Difficile de définir au début de cette lecture de quel genre il s'agit et c'est très bien ainsi. Polar ? Roman adolescent ? Roman fantastique ? Que croire et que penser ? Et c'est avec brio que l'autrice en joue pour embrouiller son lecteur, l'inviter à ne plus savoir que penser et l'induire en erreur avant de lui imposer mille retournements de situations qui savent toujours le surprendre.

Une fois le roman commencé, impossible de le lâcher. L'intrigue est palpitante et addictive, les personnages incroyables. Mieux encore, l'autrice fait de ses êtres de papier des adolescents auxquels on croit, qui ne sont pas parfaits mais qui tous nous touchent d'une certaine manière. Et le rythme s'accélérant, le roman devient un véritable thriller digne des plus grands maîtres.

Mais ce roman est aussi un roman sur l'âme humaine, sur nos peurs enfouies (rationnelles ou non), sur nos caractères et sur la manière de chacun de gérer quand un drame ou une épreuve se produisent. De quoi nous permettre de porter un regard sur nous-même. De quoi nous faire réfléchir aussi sur nos propres préjugés et sur ce que nos comportements peuvent engendrer.

Côté style, c'est avec bonheur que j'ai retrouvé celui d'une autrice qui sait nous embarquer, nous faire réfléchir et nous offrir un grand moment de lecture. L'émotion est au rendez-vous et le frémissement aussi. Et le turn over final est d'une force qui fait du bien et qui donne à ce roman un goût d'inoubliable. Un immense bravo à l'autrice !

En conclusion...

Vous proposer cette chronique sans vous spoiler mais en vous en disant assez pour vous tenter était un vrai défi. Je me devais de vous garder la surprise mais c'est dans le spoil que ce roman est incroyable. Car c'est dans les secrets enfouis que l'intrigue se joue, une intrigue qui fait frémir et qui joue avec brio sur des problématiques très actuelles.
Un roman sur lequel vous devrez vous jeter lors de sa sortie et qui est pour moi un énorme coup de coeur.

dimanche 29 décembre 2019

Là où tombent les anges - Charlotte Bousquet



Infos sur le livre

éditions : Gulf Stream
date de publication : 03-09-2015
pages : 400
prix : 17€

Résumé éditeur 

Solange, dix-sept ans, court les bals parisiens en compagnie de Clémence et Lili. Naïve, la tête pleine de rêve, elle se laisse séduire par Robert Maximilien et accepte de l'épouser. Mais son prince est un tyran jaloux, qui ne la sort que pour l'exhiber lors de dîners mondains. Coincée entre Robert et Emma, sa vieille tante aigrie, Solange étouffe à petit feu. Heureusement Lili la délurée et la douce Clémence sont là pour la soutenir. Quand la première guerre mondiale éclate, Robert est envoyé sur le front. C'est l'occasion pour Solange de s'affranchir de la domination de son mari et de commencer enfin à vivre, dans une ville où les femmes s'organisent peu à peu sans les hommes. 

Pourquoi ce livre ?

Acheté à Montreuil il y a quelques années, j'ai enfin pris le temps de sortir de ce roman de ma pal pour, enfin, savoir de quoi il retournait.

De quoi est-il question ?

Solange, Clémence et Lili, trois jeunes filles, presque femmes, qui profitent dela vie parisienne dans l'alégresse de l'avant-guerre. Solange s'est enfuie de chez elle pour échapper à un père violent et commence à voir la vie plus joyeuse avec ses deux amies jusqu'à sa rencontre avec Robert, un homme violent qui ne tarde pas à le tenir sous sa coupe.

Dès lors, Solange ne devient rien d'autre qu'un objet à exhiber et qu'une garde-malade pour la vieille tante de Robert, une femme de plus en plus dépendante. Mais Solange ne veut pas voir l'enfer dans lequel elle a mis les pieds, jusqu'à ce que la guerre éclate et que la vie commence à s'organiser autrement, à l'heure où tant d'hommes meurent sur le front.

Restées seules, les femmes tentent de survivre aux privations et à la douleurs. Certaines commencent à travailler, d'autres tentent de maintenir leur famille à flot, certaines enfin s'engagent pour venir au secours des soldats. Pour Solange, c'est enfin l'occasion de vivre un peu pour elle malgré la tante au caractère parfois difficile. L'occasion de rêver d'une vie meilleure aussi...

Du côté de la forme...

Il n'est pas rare que je lise des romans ayant pour sujet les guerres mondiales ne serait-ce que parce que ce son là les thématiques récurentes des romans régionaux que j'affectionne tant. Mais ce roman était l'occasion de me plonger dans cette thématique autrement et le résultat a été là.

Solange est un personnage qui ne peut que nous toucher et ce dès les premières pages du roman. Car Solange est une jeune femme contrainte de subir chaque jour les coups de son père dans une époque où les femmes n'avaient guère d'autre choix que celui de se taire et de subir. Et parce qu'on attire toujours le même type de personnages, on sait que la vie de Solange ne sera faite que d'épreuves.

Entre vie parisienne frivole et souffrances dues à la première guerre mondiale, l'autrice nous fait ici le tableau d'une époque. Un tableau qui fonctionne et auquel on croit sans difficulté. Un tableau qui nous donne à voir d'autres modes de vies et d'autres passions culturelles : la littérature dite aujourd'hui classique, l'opéra, la musique...

Une douceur qui s'oppose au comportement de Robert mais aussi à la vie éprouvante que la guerre impose. De même la force des hommes et la situation des femmes s'oppose à l'amour et à l'amitié qui, parfois, parviennent à faire leur trou dans un monde en perdition. Et ainsi, les relations humaines sont au centre de tout avec, le plus souvent, l'espoir qui n'est jamais loin.

Et parce que ce roman est un roman où chacun est finalement seul, l'autrice nous offre des chapitres de relations épistolaires qu'elle maîtrise avec brio. Des chapitres qui permettent de ressentir les émotions des autres personnages et de survoler l'angoisse et la terreur des hommes sur le front tout en dévoilant en filigrane un aspect historique qu'il ne faudra jamais oublier.

Côté style, Charlotte Bousquet est une artiste qui tisse les mots avec finesse pour nous offrir un ensemble complet et une réflexion sur une époque qui n'est pas sans se répercuter sur des questionnements d'aujourd'hui tels que celui des femmes battues. De quoi présenter, par le biais de la fiction, une pensée sur un monde qui a encore beaucoup à apprendre.

En conclusion... 

Voici un roman que j'attendais de pouvoir lire depuis de longues années et que je suis ravie d'avoir enfin pu découvrir. Voici un roman qui m'a replongée dans des thématiques qui fonctionnent toujours avec moi mais avec une part féministe qui fait du bien et qui invite les jeunes à se poser des questions sur l'histoire et sur notre monde actuel.
Un roman pour tous les âges qui rend compte de tout le talent de l'autrice. 

dimanche 15 décembre 2019

Ce qui coule dans nos veine - Sophie Adriansen

 

Infos sur le livre

éditions : Gulf Stream
date de publication : 22-08-2019
pages : 272
prix : 17€

Résumé éditeur

Adam est tombé malade. Gravement. Tout avait pourtant si bien commencé. Leur rencontre, avait-il dit en début d'année à Garance, c'était le destin. Leur avenir, ils l'écrivaient déjà : prépa, grandes écoles, carrière internationale, et bien sûr mariage. Mais cette foutue maladie est venue tout bouleverser. Alors, quand Adam lui annonce que sa foi lui interdit de suivre le seul traitement efficace contre le mal qui le ronge, Garance ne comprend pas. Est-il vraiment prêt à risquer sa vie pour être en accord avec ses convictions ? L'amour qu'ils se portent mutuellement convaincra-t-il Adam de faire le bon choix ?

Pourquoi ce livre ?

Ayant déjà eu l'occasion de lire des romans plus jeunesse de l'auteure, c'est sans hésiter que je me suis plongée dans ce roman à la thématique très forte.

De quoi est-il question ?

Depuis toujours, Garance aime les études et aime apprendre. Alors, le bac en poche, c'est tout naturellement qu'elle se dirige vers une classe préparatoire en vue de devenue ingénieure. C'est alors qu'elle rencontre Jules, un jeune homme qui ne la laisse pas insensible mais qui va s'effacer pour que son ami de toujours, Adam, puisse sortir avec la jeune femme.

Et si l'amour est une vraie respiration pour les deux jeunes gens, les études sont primordiales entre contrôles permanents, fortes solicitations intellectuelles et apprentissages continuels. Jusqu'au jour où Adam apprend qu'il est atteint d'une leucémie aïgue. Seule solution pour lui, entreprendre une chimiothérapie qui doit s'engager par une transfusion sanguine.

En théorie, tout devrait bien se passer. Mais bientôt, Garance apprend que l'homme qu'elle aime est animé par des croyances très contreversées, il est Témoin de Jéhovah. Pour lui, toute transfusion est donc proscrite et ce même si c'est là le seul moyen de lui sauver la vie. Dès lors, Garance décide de mener le combat pour faire changer Adam d'avis.

Du côté de la forme...

Gulfstream commence à faire définitivement partie de mes maisons d'édition chouchoutes. Alors entre une auteure que j'apprécie tout particulièrement et une thématique bien peu souvent évoquée en littérature, le doute n'était pas permis.

Dès les premières pages de ce roman, Garance est un personnage qui m'a beaucoup touchée et qui n'est pas sans mettre innover dans le monde de la littérature jeunesse. Ici, il est question d'une jeune femme surdouée, inscrite en prépa et très touchante. Un personnage idéal pour permettre aux jeunes d'en apprendre un peu plus sur cet univers parfois comme dans un monde parallèle.

Bien sûr, il va être question ici d'une histoire d'amour comme souvent dans ce type de romans, une thématique qui fonctionne toujours. Pour autant, si l'amour est beau et poétique au début, ce n'est pas là l'essentiel du roman. Et si la maladie va être très présente au fil des pages face à un amour fidèle, ce n'est pas là le plus important non plus.

Ici, le sujet que souhaite traiter l'auteure est le sujet des croyances religieuses et tout particulièrement celles des Témoins de Jéhovah. Un moyen pour elle de dénoncer certains aspects de ces croyances à travers le regard de Garance mais aussi d'expliquer un peu plus dans le détail les principes de cette religion contreversés dont ne savons souvent finalement pas grand chose dans le détail.

Ce roman va être celui d'un combat, d'un combat pour l'amour, d'un combat par le biais des médias et de l'opinion publique non sans prendre en compte les lois. Ce roman va alors poser nombre de questions et surtout des questions sur la liberté de chacun, sur les libertés de cultes et surtout la suivante : "jusqu'où peut-on aller pour sauver quelqu'un ou le convaincre de se rallier à nous ?".

Question style, je ne connaissais l'auteure que pour ses romans très jeunesse et c'est donc le sentiment de découvrir une nouvelle écriture que j'ai eu ici. Et quelle écriture ! Question philo et psycho, l'auteure se défend tout en nous plongeant entièrement dans l'histoire et en nous invitant à avoir notre propre réflexion sur le sujet traité. Bravo !

En conclusion... 

Difficile de parler de ce roman et d'en dire ce qu'il y aurait à en dire car ce roman est un roman complet où l'émotion rejoint la réflexion, où les personnages sont forts et poignants, où de vraies questions sont posées avec un parti pris, certes, mais pas que. Car la question du choix reste essentielle ici et invite le lecteur à comprendre une pensée qui lui est bien étrangère.
Un grand bravo à l'auteure pour ce roman magistrale qui est pour moi un énorme coup de coeur à découvrir sans hésiter. 

mardi 10 décembre 2019

Les noces de la renarde - Floriane Soulas



Infos sur le livre

éditions : Scrineo
date de publication : 02-05-2019
pages : 592
prix : 18,90€

Résumé éditeur

1461, Japon. Hikari, une mystérieuse jeune femme, vit avec ses sœurs dans une forêt peuplée de petits Dieux de la province d'Izumi. Fascinée depuis toujours par les humains, elle s'intéresse de près aux villageois installés au pied de la montagne, et plus particulièrement à Jun, l'un des bûcherons. Mais le contact avec les hommes est formellement interdit par son clan... 2016, Tokyo. Depuis toujours, Mina a le pouvoir de voir et de côtoyer les yokaï, esprits et monstres du folkore japonais. Solitaire à cause de ce don qu'elle doit cacher à tous, la jeune fille ne se sent pas à sa place dans la société. Jusqu'au jour où un esprit tente de s'introduire dans ses rêves et que Natsume, une fille de sa classe, l'entraîne dans une chasse au démon à travers la capitale... Deux univers qui se croisent, deux destins qui s'entremêlent, entre quête d'identité et désir d'émancipation.

Pourquoi ce livre ?

Depuis sa sortie, ce roman me tentait. Et de par sa couverture et de par sa thématique changeant de l'ordinaire. Merci à ma super coupine Sylvie de me l'avoir offert pour mon anniversaire.

De quoi est-il question ?

Au coeur du Japon traditionnel, en 1461, Hikari est une des déesses de la forêt. Une vie toute tracée s'annonce à elle parmi ses soeurs et face aux règles très strictes de sa communauté. Jusqu'au jour où le hasard lui permet de rencontrer Jun, un jeune homme, humain, qui ne la laisse pas insensible. Il est bûcheron mais la règle est formelle : aucun contact avec les hommes.

En 2016, Mina est une adolescente comme les autres à ceci prêt que, depuis toujours, elle est douée de la faculté de voir les esprits. Un don diraient certains, une malédiction pour elle qui s'évertue à faire comme s'ils n'existaient pas.  Jusqu'à ce que Natsume, la déléguée de classe, la contraigne à lui venir en aide et se servir de ce don.

Dès lors, tendis que dans le passé Hikari tente de trouver sa propre voie et de mener sa propre vie, Mina se trouve confrontée à une chasse au démon dans les rues et ruelles du Japon moderne. Car il n'est plus seulement question d'esprits mais de meurtres qui sont commis aux quatre coins de la ville, des meurtres qu'il convient de faire cesser.

Du côté de la forme...

Je l'avoue, c'est d'abord bien sur la couverture de ce roman que j'ai complètement craqué. Quant au sujet, il me semblait assez original et prometteur pour que je m'y intéresse : le folklore japonais. Quant au fait de m'attaquer à un gros pavé... Sans peur !

Si beaucoup d'avis ont pu dire que le roman était long à démarrer et qu'il fallait s'accrocher, ça n'a en aucun cas été mon ressenti. Au contraire, j'ai aimé le fait que l'auteure prenne le temps de mettre en place son univers et ses personnages, d'autant qu'il s'agit là de thématiques que nous ne connaissons que peu et il convenait d'imprégner le lecteur de cette autre culture et ces autres traditions.

Au niveau culturel, le lecteur est donc invité autant à en apprendre plus sur les coutumes actuelles du Japon, tels que le rôle des délégués de classe, qu'à se former à un folklore bien différent du nôtre. Et si je ne retiendrai sans doute pas tout ce que ce roman a voulu m'apprendre, j'ai aimé découvrir ce qui nourri les légendes traditionnelles du Japon. Des légendes que l'auteure fait vivre avec brio.

Car ce sont bien deux histoires en parallèle que le lecteur est invité à découvrir, une dans le passé et une dans le présent. Deux histoires au sein desquelles les légendes ont toute leur place et ne sont plus des légendes tant elles existent avec force. Ainsi, la part fantastique existe dans ce roman mais de manière toute autre que ce que l'on peut voir d'ordinaire.

Et puis, il y a dans ce roman une part part "polar" qui va porter l'ensemble puisqu'il s'agira pour Mina et Natsume de comprendre les crimes qui sont commis tendis que le lecteur sera mis à contribution pour tenter de savoir ce qui peut relier ces deux histoires. Je l'avoue, la fin, je ne l'avais pas vue venir et cette fin en apothéose non plus.

Côté écriture, l'auteure maîtrise son sujet et sait y guider le lecteur avec beaucoup de pédagogie pour peu à peu faire monter en puissance son intrigue qui devient très vite totalement addictive. Elle sait aussi nous offrir des personnages qui surprennent, qui troublent et qui se révèlent souvent étonnants. L'émotion est bien présente et l'action est menée de main de maître.

En conclusion...

Voici un roman qui me faisait incroyablement envie et dont j'attendais beaucoup. Un risque... Mais que je suis ravie d'avoir pris car si j'espérais apprécier ce roman je ne m'attendais pas à passer un tel moment de culture, d'aventure, d'amitié et de sentiments en tous genres. L'auteure a su m'entraîner avec elle et me faire frémir.
Ce roman n'est rien de moins qu'un énorme coup de coeur que je vous invite à découvrir !

dimanche 8 décembre 2019

Le cirque interdit - Célia Flaux

 

Infos sur le livre

éditions : Scrineo
date de publication : 21-02-2019
pages : 256
prix : 16,90€

Résumé éditeur

Dans un univers dystopique où tout est désormais sous contrôle, une jeune fille enquête sur le meurtre de ses parents au cœur du dernier cirque de France. Approchez sans crainte, venez rire avec nos clowns et nos acrobates ! Le dernier cirque de France vous ouvre ses portes pour un spectacle envoûtant... Dans un pays gouverné par le Parti Zéro Risque, qui a banni toutes les pratiques jugées dangereuses, Maria décide d'infilter la troupe Vazatta. Sa rencontre avec les artistes et surtout avec Mathieu, acrobate et clown apprenti, va bouleverser ses certitudes... Jusqu'où faut-il aller au nom de la sécurité ?

Pourquoi ce livre ?

Depuis sa sortie, ce roman me faisait de l'oeil. La présence de l'auteure lors des Aventuriales de Ménétrol a été pour moi l'occasion de me le procurer et Montreuil l'occasion de le lire.

De quoi est-il question ?

Imaginez un monde où la notion même de danger aurait disparu. Un monde où le gouvernement contrôle vos faits et gestes pour être bien certain qu'il ne vous arrive rien. Un monde où toute activité jugée dangereuse serait interdite. Un monde où un dernier cirque fait de la résistance pour garder une force de vivre malgré les risques.

C'est dans cet univers que Maria va décider de braver à son tour le danger et de pénétrer le dernier cirque de France, non pas pour goût du cirque ou par envie d'accrobaties. Pas que en tout cas. Car ce qui motive Maria, c'est une volonté toute autre : celle de faire la lumière sur la mort de ses parents qui appartenaient à ce même cirque des années plus tôt.

Mais alors qu'elle mène son enquête, Maria se laisse peu à peu envoûter par la noblesse des lieux et par la pleinitude qu'inspire la vie du cirque. Envoûtée aussi par la présence de Mathieu qui n'hésite pas à réaliser des accrobaties pleines de danger pour se sentir vivre, tout simplement. C'est alors bien plus que la vérité que Maria s'apprêtera à trouver.

Du côté de la forme...

Je l'avoue, c'est tout d'abord la couverture de ce roman qui m'a attirée. La couverture et la maison d'édition qui ne m'a jamais dessus. L'idée de découvrir une nouvelle auteure était en outre un plus non négligeable que je ne pouvais pas laisser passer.
Comment débuter ce roman sans songer à une référence en la matière, 1984. Un monde où toute notion de danger aurait disparu, voilà qui, dans un sens, n'est pas sans faire rêver. Pourtant, dès le début du roman, la question est posée : dans un monde où le danger ne serait plus, quelle place reste-t-il a l'imprévu et à l'adrénaline ?

C'est dans ces questionnements que le cirque Vazatta résiste et continue à offrir du rêve à des spectacteurs tout en rêvant encore à une liberté possible. Mais j'ai été touchée par cette forme de "résistance passive". Oui le cirque est là en résistance mais la résistance n'est pas leur raison d'être ni la raison d'être du roman. C'est là, tout simplement, au-delà de la seule envie de vivre.

On pourrait alors croire que l'enquête de Maria sur la mort de ses parents va alors prendre le dessus mais non. L'enquête est là, oui, des réponses vont venir peu à peu, certes, mais en filigrane contre une véritable découverte de la vie du cirque, contre la naissance d'amitiés. Car ce roman est celui de la bienveillance et de la force de vivre, de la poésie du quotidien dans un monde à part.

Malgré un genre rabattu et des thématiques souvent traitées, ce roman est complètement différent de tout ce que l'on peut connaître avec une pleinitude qui coule et le sentiment pour le lecteur d'échapper au temps alors même que les personnages semblent tout tenter pour vivre justement ce temps. Ce qui rend les rebondissements à la fois troublants et comme hors de propos dans la poésie de l'ensemble.

Ce roman est le premier de l'auteure et il est assez beau de voir combien, dès un premier livre, Célia Flaux a su maîtriser son propre style, sa propre écriture, et dans un style bien différent de ce dont on peut avoir l'habitude. Elle sait jouer avec les émotions de son lecteur et de ses personnages pour un ensemble qui change et qui fait beaucoup de bien.

En conclusion... 

Voici un roman qui me tentait depuis sa sortie et que je suis absolument ravie d'avoir enfin pu découvrir. Voici un roman qui a su m'apporter ce que j'attendais mais dans un style novateur et complètement à part prônant la poésie de la vie et un moment hors du temps. Voici un roman qui offre une intrigue prenante dont on se détâche pour juste se laisser porter par une ambiance parfaite.
Un roman qui fait du bien et qui mérite d'être largement connu et reconnu. 

Les petites reines - Clémentine Beauvais



Infos sur le livre

éditions : J'ai lu
date de publication : 04-09-2019
pages : 315
prix : 7,40€

Résumé éditeur

A cause de leur physique ingrat, Mireille, Astrid et Hakima ont le malheur d'avoir gagné le "concours de Boudins"de leur collège de Bourg-en-Bresse, terminant respectivement Boudin d'Or, d'Argent et de Bronze. Comme elles n'ont pas l'intention de se lamenter sur leur sort, elles décident d'organiser un grand voyage à vélo, direction Paris, l'Elysée. L'idée ? Torpiller la garden-party du 14 Juillet ! Ce qu'elles n'avaient pas prévu, c'est que leur périple attirerait l'attention des médias... Un road-trip déjanté et comique, 100 % made in France, avec de la vraie cuisine du terroir et des colorants naturels.

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions J'ai lu grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce fameux roman dont j'entendais tellement de bien depuis si longtemps.

De quoi est-il question ?

Mireille, Hakima et Astrid ne sont pas ce que l'on aurait coutume d'appeler des canons de beauté, bien au contraire. D'ailleurs, les collégiens n'ont pas hésité à leur faire remporter le "concours de boudins". Et si Mireille le prend avec détâchement, si Hakima a bien d'autres ennuis, Astrid, elle, souffre de cette élection sordide.

Contre toute attente, cette élection va pourtant rapprocher les trois adolescentes. Car si les adultes sont incapables de mettre un terme à ce genre de "jeux", autant en prendre son pari. C'est ainsi que Mireille, Astrid et Hakima vont se trouver un autre point commun : une raison indéniable d'être à l'Elysée le 14 juillet pour faire entendre leur voix.

L'idée est lancée, direction Paris. Et pour financer le voyager quelle meilleure idée que de vendre... des boudins ? Et comme les adolescentes n'ont pas les moyens, c'est à vélo qu'elles feront le voyage depuis Bourg-en-Bresse. Ce qui n'était pas prévu, c'est que les médias s'en mêlent et qu'elles deviendraient un symbôle pour la France entière...

Du côté de la forme...

Depuis la publication de ce roman, ce n'était que du bien que j'en entendais. Et pourtant, pour une raison obscure, je n'arrivais pas à franchir le pas. La parution en poche a été pour l'occasion rêvée de me faire enfin mon propre avis et force est de constater que je me range à l'avis général.

Que les héroïnes de ce roman soient des adolescentes rondes, avec de l'acnée et même pas forcément brillantes au collège, voilà qui était déjà original et en opposition avec tous ces romans et ces films où les héroïnes ont toujours quelque chose pour elles. Ici, Mireille, Hakima et Astrid n'ont rien, pas même un peu de courage au début. De quoi interroger.

Et pourtant, très vite, ce point de départ, on l'oublie. On l'oublie pour ne plus voir que trois jeunes filles qui vont décider d'aller en vélo jusqu'à l'Elysée, chacune pour une raison très personnelle. Dès lors, le courage transperce non sans laisser, en filigrane, l'idée qu'il s'agit là de jeunes filles qui n'ont bien sûr pas toutes les clés.

Ce roman est un road trip, genre assez en vogue mais que je ne lis pas très souvent, faute de trouver les titres qui pourraient me toucher. Mais je dois bien avouer qu'ici j'ai compléter adhéré au genre d'autant que l'humour est au rendez-vous à chaque page et que nous sommes loin des road trip à travers le monde tel qu'on les imagine souvent.

Et puis, à l'image des adolescentes, le lecteur va passer de la seule envie de découvrir une jolie histoire à la vision d'un symbôle. Un symbôle de courage, un symbôle féministe mais aussi un symbôle d'espoir non sans poser la question du harcèlement scolaire et des manières de se reconstruire quand la vie ne vous fait pas de cadeaux.

Question style, celui de Clémentaine Beauvais est particulièrement fort et poétique. L'autrice sait conter une histoire tout en posant de vraies questions et sans omettre d'offrir une véritable originalité qui fait du bien dans un monde livresque où il n'est plus si évident de se démarquer. Un style que l'on n'oublie pas pour amener avec douceur le lecteur vers une fin des plus justes.

En conclusion... 

Voici un roman dont j'entendais parler depuis longtemps et dont j'étais finalement assez curieuse de me faire mon propre avis. Voici un roman qui a dès les premières pages su me séduire et me garder captive jusqu'à la dernière ligne. Voici un roman qui pose de vraies questions avec tendresse et humour. Voici un roman à lire sans attendre.
Ce n'était pas attendu mais pour moi aussi ce roman est un coup de coeur. 

mardi 8 octobre 2019

Désaccordée - Joanne Richoux



Infos sur le livre

éditions : Gulf Stream
date de publication : 05-09-2019
pages : 288
prix : 16€

Résumé éditeur

Violette, 17 ans, part en virée avec Maëva, Lucas et Alexis. Direction le château d'eau désaffecté de Saint-Crépin-l'Hermite, un endroit à la mauvaise réputation. Quelques heures plus tard, elle ouvre les yeux. Elle est couchée face contre terre, au milieu d'une forêt sauvage.  Ceux qu'elle rencontre portent des noms bizarres : Dièse, Trille, Sonate...  Telle Alice tombée de l'autre côté du miroir, la jeune fille aurait-elle atterri dans un univers à part ? Pourquoi tout le monde la confond avec une certaine Princesse Croche, disparue trois ans plus tôt ? Et qui est Arpège, ce garçon casse-coeur qui la dévisage ? Violette le sent, l'envers de ce décor féérique, c'est un danger de mort. Mais comment retrouver le chemin de la maison ?

Pourquoi ce livre ?

Merci aux beau concours organisé par les éditions Gulf Stream par lequel j'ai remporté ce roman qui me tentait tant.

De quoi est-il question ?

Afin de passer une soirée entre copains, Violette, 17 ans, se rend un soir au château abandonné de Saint-Crépin, petite ville d'Auvergne où elle habite avec ses parents. L'occasion de se faire peur et l'occasion, aussi, de se rapprocher d'Alexis qui ne la laisse pas indifférente. Jusqu'à ce que ce dernier tente d'abuser d'elle.

Dévastée, l'adolescente rentre chez elle avec le seul désir d'oublier. C'est alors qu'elle ouvre une vieille boîte à musique, restée dans le grenier depuis des décennies. La douce musique l'envahit mais lorsqu'elle ouvre de nouveau les yeux, Violette est au coeur de la forêt sans nul point de repère et sans nul souvenir de comment elle est arrivée là.

Arpège, un jeune homme étrange, la conforte dans l'idée qu'elle vient d'atterrir dans un autre monde, loin de Saint-Crépin. Pour survivre dans cet univers, elle va devoir se faire passer pour la princesse Croche, à qui elle ressemble étrangement, au risque de découvrir que ce monde tout en musique n'est pas voluptueux qu'il y paraît...

Du côté de la forme...

Avec sa couverture grandiose, sa thématique musicale et son côté "réécriture" d'Alice au pays des merveilles, tout était là pour me séduire et me donner envie de découvrir ce roman. Apprendre à connaître une nouvelle auteure était d'ailleurs un plus non négligeable.

Nous sommes dans un roman young adult, cela ne fait aucun doute. Les codes sont là, l'imaginaire aussi. Mais il faut bien avouer qu'un univers fantastique tout orné de musique, c'est de l'inédit et l'auteure maîtrise le sujet : Trille, Croche, Arpège... Autant de noms de personnages qui parleront aux amateurs. Les clans de l'histoires se retrouvant par l'acte musical auquel se raccroche chaque nom.

Rassurez-vous, ne pas être musicologue ne vous empêchera pas de vous plonger dans cette histoire pleine de charme. Mais connaître le jargon technique vous permettra de voir quelques subtilités qui apportent de vraies subtilités et une entente forte avec l'auteure. D'ailleurs, les termes techniques se mêlent à la variété pour qu'il y en ait pour tous les goûts.

Au niveau de l'histoire, certes, nous retrouvons les codes de mise avec un univers à découvrir pour une adolescente sans histoire (quoique) et le fait est que cela fonctionne toujours. D'autant que derrière la thématique légère de la musique, des sujets plus importants sont traités avec beaucoup d'élégance et de subtilité.

En effet, que ce soit la perte d'un enfant (le frère de Violette a disparu depuis de longues années), le traitement des personnes âgées (avec le grand-père de Violette) ou encore les agissements parfois plus que limite des garçons qui se croient en droit de tout face à une fille (comme Alexis au début du roman), des sujets lourds sont traités pour amener le lecteur à de fortes réflexions.

Je ne connaissais pas l'écriture de l'auteure et je ne la définirais que par un seul mot : délicatesse. Tout passe par la douceur avec malgré tout de vrais moments de tensions au fil du roman. Violette est un personnage touchant que l'on suit sans se poser de question. Quant à l'univers imaginé par l'auteur, je l'ai découvert comme je découvre un tableau.

En conclusion...

Quelle joie d'avoir pu me plonger dans ce roman à la fois proche de ce que l'on connaît et à la fois dans un univers totalement inédit jouant de références et de subtilités. Quel plaisir que d'avoir pu savourer cette histoire et cet univers à travers une poésie de description qui fait du bien et du traitement de thématiques plus lourdes qu'il convient de mettre en avant.
Un roman que je conseille vivement et qui n'a pas été loin du coup de coeur.

samedi 5 octobre 2019

Dead lines - Arthur Ténor



Infos sur le livre

éditions : Gulf Stream
date de publication : 03-10-2019
pages : 208
prix : 15€

Résumé éditeur

Aurélien est convaincu d'être suffisamment averti pour ne pas se laisser prendre aux pièges du darkweb. Intrigué par l'ego et les mises en garde de l'auteur d'un " livre stupéfiant " en ligne, Aurélien valide l'achat du premier chapitre. À seulement 0,12 €, le risque est maîtrisé. Commence alors une lecture pour le moins immersive. Car s'il peut être captivant de suivre les meurtres dans un roman d'horreur, cela devient plus effrayant lorsque la mort frappe simultanément dans la réalité. Un compte à rebours commence pour Aurélien, devenu malgré lui le héros d'un engrenage macabre. Mais pour sauver les personnages et ses proches, l'auteur n'a pas menti, le prix à payer promet d'être très élevé.

Pourquoi ce  livre ?

Dès son annonce, ce nouveau roman d'Arthur Ténor m'a fait de l'oeil. Dès sa sortie en librairies, je me suis donc précipitée pour l'acquérir... et pour le dévorer !


De quoi est-il question ?

Aurélien est un adolescent comme tant d'autres... Vivant avec son frère aîné et ses parents il se rend chaque matin au collège et retrouve son meilleur copain pour des parties de jeux vidéos. Jusqu'au jour où, en toute conscience, il décide d'aller faire un tour sur le darkweb. Bien décidé à ne pas se laisser aller aux tentations, bien conscient du danger.

Mais la tentation est parfois la plus forte et lorque Aurélien tombe sur le site internet d'un éditeur proposant le premier chapitre d'un roman à 0,12€, l'adolescent se laisse séduire, se disant qu'après tout le risque n'est que faible. Pourtant, très vite, Aurélien tombe accro à cet étrange roman dont les coïncidences avec sa propre famille sont trop grosses pour êtres anodines...

D'autant que très vite, la frontière entre le réel et la fiction semble devenir de plus en plus faible au point que les individus perdant la vie dans le roman commencent à perdre la vie dans la vraie vie. Dès lors, il est trop tard pour Aurélien qui a mis le doigt dans l'engrenage et va être embarqué malgré lui dans un roman d'horreur trop réel dont il va devoir reprendre le contrôle.

Du côté de la forme...

Arthur Ténor fait partie, vous le savez sans doute, de ces auteurs que je suis de roman en roman avec toujours la même assurance de passer un incroyable moment. Ce roman-ci, je le sentais bien. Mais jamais je n'aurais cru passer un tel moment !
La prévention des jeunes contre le Darknet, voici une thématique que l'auteur avait déjà exploré. De même que le roman d'horreur. De même que le roman fantastique. Mais jamais il n'avait encore tenté de mêler son écriture de société à son écriture d'imaginaire et force est de constater que c'est avec brio qu'il y parvient !

Les adolescents n'auront aucun mal à se retrouver chez Aurélien, un garçon parmi tant d'autres, attiré par le danger, moyen à l'école sauf en maths où il est franchement mauvais, passionné de jeux vidéos... Et le risque pris par l'adolescent, quel individu en manque de sensation forte ne l'aurait pas pris ? Et ainsi le lecteur se fait avoir autant que le personnage.

Car la mise en abyme est juste parfaite avec un début tout en douceur et une montée de la tension au fil des pages sans que le lecteur ne puisse plus lâcher le roman comme Aurélien ne pourra plus s'empêcher d'acheter des chapitres du livre. Et c'est avec une force incroyable que l'auteur parvient à briser les frontières pour nous faire oublier la limite entre réalité et fiction. Bravo !

Rêve, coïncidences ou univers fantastique ? Toutes les hypothèses sont permises au lecteur et c'est là ce qui fait la force de ce roman où chaque lecteur pourra avoir un ressenti différent et savourer la fin de manière différente. Et si ce genre d'ouverture il faut les maîtriser, l'auteur y parvient avec beaucoup talent.

Autant dire que c'est en un rien de temps que l'auteur parvient à nous rendre accro à son roman ainsi qu'au roman dans le roman. Le style est époustoufflant et nous entraîne dans un tourbillon d'angoisse et d'émotions comme il est toujours plaisant d'en avoir. Les personnages sont portés au plus haut et le travail d'hypotypose (fait de voir l'action) est percutant.

En conclusion... 

Ce roman, je l'attendais avec la plus vive impatience et je suis juste ravie d'avoir enfin pu le dévorer, et ce dès sa sortie. L'auteur a une nouvelle fois su m'embarquer dans un univers de dingue et à rendre ma lecture totalement addictive, à l'image de celle du héros. Ce roman mêle toutes les thématiques chères à l'auteur et ça marche ! On y croit sans faille et sortir du roman est comme s'éveiller d'un rêve de pure folie.
Un roman que je ne peux définir autrement que comme un coup de coeur.

jeudi 13 juin 2019

Miss Peregrine et les enfants particuliers - Ransom Riggs

 RELECTURE

 

Infos sur le livre

éditions : Bayard
date de publication : 2011
pages : 446
prix : 15,90€

Résumé éditeur

Jacob Portman, 16 ans, écoute depuis son enfance les récits fabuleux de son grand-père. Ce dernier, un juif polonais, a passé une partie de sa vie sur une minuscule île du pays de Galles, où ses parents l'avaient envoyé pour le protéger de la menace nazie. Le jeune Abe Portman y a été recueilli par Miss Peregrine Faucon, la directrice d'un orphelinat pour enfants « particuliers ». Selon ses dires, Abe y côtoyait une ribambelle d'enfants doués de capacités surnaturelles, censées les protéger des « Monstres ». Un soir, Jacob trouve son grand-père mortellement blessé par une créature qui s'enfuit sous ses yeux. Bouleversé, Jacob part en quête de vérité sur l'île si chère à son grand-père. En découvrant le pensionnat en ruines, il n'a plus aucun doute : les enfants particuliers ont réellement existé. Mais étaient-ils dangereux ? Pourquoi vivaient-ils ainsi reclus, cachés de tous ? Et s'ils étaient toujours en vie, aussi étrange que cela puisse paraître...

Pourquoi ce livre ?

Avec la sortie du 4ème tome de la série, j'ai eu envie de me replonger dans cette histoire depuis le début avant de la poursuivre.

De quoi est-il question ?

Alors qu'il était tout jeune, Jacob aimait écouter son grand-père lui raconter des histoires, des histoires fabuleuses d'enfants particuliers et d'une directrice d'orphelinat qui pouvait se changer en oiseau. Des histoires qu'il lui racontait preuves à l'appui avec de vieilles photos. Mais grandissant, Jacob n'a plus cru à ces histoires et a su voir les trucages des photos.

Jusqu'au soir où Jacob, devenu un adolescent de 16 ans, retrouve son grand-père mort dans la forêt derrière chez lui. Un choc d'autant plus grand que tout porte à croire qu'il aurait été attaqué par ce monstre que Jacob est certain d'avoir vu. Au grand damne de ses parents qui ne tardent pas à l'envoyer chez un psy.

Bien décidé à faire la lumière sur l'histoire de l'homme qu'il admire, Jacob fait en sorte de pouvoir partir sur l'île qui aurait abrité les enfants particuliers. Une manière pour lui de tirer un trait sur ses angoisses. Mais bientôt, Jacob comprendra que les histoires qu'il n'a jamais oublié était tout sauf des légendes.

Du côté de la forme...

Il est très rare que je relise un livre que j'ai déjà lu. Il y a tant de sorties tout le temps que prendre ce temps-là peu sembler superflu. Pourtant, concernant cette série, j'ai fait le choix de prendre ce temps-là ce qui a été une très bonne idée.

Débuter un roman dont on connait déjà l'aboutissement, c'est assez particulier mais je me suis surprise à redécouvrir ce roman comme si c'était la première fois que je le lisais. Très vite, je me suis donc attachée à Jacob, ai pleuré avec lui à la mort de son grand-père mais ai aussi su m'éverveiller face aux premières photos présentées.

Il est vrai que c'est là le gros point positif de ce roman qui, au-delà d'être un très bel ouvrage, nous offre une impression de réalisme avec des photos anciennes. Des photos rares. Important à notre époque où il est possible de prendre des milliers de photos en un rien de temps. Une manière de retrouver la force de la rareté.

Nous sommes ici face à un roman renouant avec le roman fantastique au sens propre du terme : un cadre on ne peut plus banal qui va peu à peu basculer dans un univers étrange avec du surnaturel qui existe toujours en parallèle d'un monde tout à fait banal. De quoi faire rêver le lecteur qui saura s'imaginer qu'il y a dans le monde des choses qui lui échappent.

Mais si ce roman est un roman d'aventure, il est aussi un magnifique roman d'amitié, d'amour et de courage. Un roman de rencontre et de vivre-ensemble mais qui présente aussi l'histoire de la seconde guerre mondiale d'un manière tout à fait novatrice et originale. D'ailleurs, ce roman est aussi un beau roman du respect de l'autorité naturel respectée et approuvée.

Au niveau du style, nous sommes du point de vue de Jacob. De fait, les photos aidant, on souhaiterait presque avoir à faire ici à un témoignage. L'auteur sait nous embarquer dans son univers et sait nous offrir le sentiment de faire partie prenante de la vie des enfants particuliers tout en nourrisant le lecteur d'un contexte très fort.

En conclusion... 

Voici un roman que j'avais déjà lu et que j'ai été ravie de redécouvrir. Voici un roman qui a de nouveau su m'embarquer et que j'ai dévoré sans pouvoir m'arrêter. Voici un roman qui a su me toucher et dont les personnages m'ont entourée de leurs bras. Voici un roman que je ne peux que vous conseiller si vous ne l'avez pas encore lu. 

lundi 4 mars 2019

La maison des morts - Sarah Pinborough



Infos sur le livre

éditions : Milady
date de publication : 21-10-2016
pages : 384
prix : 16,90€

Résumé éditeur

La vie de Toby bascule suite à un simple test sanguin. Au beau milieu d'une île déserte, une poignée d'enfants mène une existence hors du temps, sous la surveillance impassible d'une équipe d'infirmières. Arrachés à leurs familles, les Déficients vivent dans la crainte du moindre symptôme indiquant qu'il est temps pour eux d'être conduits au sanatorium, là d'où personne ne revient. Loin des siens, replié sur lui-même, Toby attend la mort et lutte contre la peur et le désespoir. Mais l'arrivée d'une nouvelle patiente lui redonne brusquement une raison de vivre et d'espérer. 

Pourquoi ce livre ?

Après avoir adoré la série Poison, Charme, Beauté, j'avais hâte de retrouver l'univers de l'auteure. Un résumé super tentant et une couverture magnifique pour ce nouveau roman m'ont convaincue.

De quoi est-il question ?

Toby, comme tant d'autres adolescents, ont vu leur vie s'arrêter le jour où ils ont été déclarés "déficients" et qu'ils ont dû intégrer le manoir, ce manoir nommé "la maison des morts". Et malgré leurs doutes personnels, c'est ensemble qu'ils doivent vivre refoulant leurs désilusions de ne pas avoir pu atteindre leurs 18 ans, âge auquel ils auraient été sauvés.

Regroupés dans un sanatorium, ils n'existent plus aux yeux du monde et n'ont aucun espoir d'échappatoire. Pourtant, la soif de liberté grandit en eux.  Ils sont encadrés par des soignants qui tentent autant qu'ils le peuvent d'apporter un peu d'harmonie et de bonne humeur mais chaque nouvelle arrivée reitère les tensions.

Car Toby est un garçon qui cache son mal-être par une agressivité et une volonté de commander refusant que quiconque accepte sa situation et y trouve son compte, trouve même la quiétude. Jusqu'au jour où Clara, une jeune fille qui ne le laisse pas indifférent, arrive au manoir, bien décidée à ne pas se laisser marcher sur les pieds.

Du côté de la forme...

Tout commençait pourtant bien... Un manoir isolé dans lequel vivent des adolescents "déficients", un mystère sur leurs relations... et un objet sublime ! Mais au sortir de ma lecture, c'est un immense sentiment de déception que je ressens à mon grand damne.

C'est plutôt confiante que j'ai débuté cette lecture. Le cadre m'intriguait, les personnages me touchaient et le mystère prenait. Bref, un cocktail efficace qui me donnait envie de savoir de quoi il retournait. Un cocktail qui me laissait imaginer des hypothèses avec l'envie de les vérifier où d'aller dans complètement autre chose imaginé par l'auteur.

Malheureusement, la mise en place du cadre est non seulement très longue mais elle, de plus, un peu contre-productive. Très vite, le lecteur attend qu'il se passe quelque chose mais non... Il attend aussi de comprendre la situation des adolescents mais les explications qui lui sont fournies lui semblent un peu fantaisistes et sans réel intérêt ou logique.

L'attente est maîtresse dans cette intrigue ce qui n'a pas été sans me faire penser au Désert des Tartares, symbolique d'une vie perdue à attendre ce qui n'arrivera jamais. Une attente trompée par des querelles entre adolescents mais des querelles qui m'ont malheureusement assez vite lassée notamment avec Toby dont le comportement m'a passablement agacée.

Quand l'action va se mettre en route, on n'y croit plus vraiment et c'est dommage. Certes les choses bougent, les ados vont tenter de fuir et de comprendre leur situation tout en vivant des situations personnelles touchante mais tout cela semble artificiel et peut-être aurais-je préféré que l'auteure reste dans l'attente rendant compte d'un genre littéraire précis. Ici, on a le sentiment qu'elle n'ose juste pas.

Pourtant l'auteure sait nous offrir un texte bien écrit, des personnages forts et une réflexion sur la vie qui n'est pas anodine. Elle sait jouer avec les codes de la littérature et faire du mystère une clé incroyable. Mais elle semble se fraîner et ne pas oser aller au plus loin de ses idées ce qui est regrettable alors même que l'intrigue semble s'achever de manière trop banale.

En conclusion... 

Voici un roman que j'attendais avec impatience et que je suis contente d'avoir pu lire mais duquel je ressors malheureusement déçue. Le fond de l'intrigue aurait dû arriver soit beaucoup plus tôt soit jamais pour un vrai parti pris. Ici, l'auteure ne va pas assez loin dans une intrigue qui aurait pu être exceptionnelle mais reste trop en surface.
Un roman à découvrir par vous-même pour vous faire votre propre idée. 

vendredi 21 décembre 2018

Les crimes de Grindelwald, texte du film - J.K. Rowling



Infos sur le livre

éditions : Gallimard
date de publication : 15-11-2018
pages : 320
prix : 19,90€

Résumé éditeur


1927. Quelques mois après sa capture, le célèbre sorcier Gellert Grindelwald s'échappe de prison et s'attelle à recruter des partisans, dont la plupart ignorent sa réelle intention : faire régner les sorciers de sang pur sur les êtres non magiques. Afin de contrecarrer les plans de Grindelwald, Albus Dumbledore fait appel à Norbert, son ancien élève à Poudlard. Dans ce monde des sorciers de plus en plus divisé, l'amour et la loyauté sont mis à l'épreuve, les amitiés les plus sincères et les liens familiaux ne sont pas épargnés.

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions Gallimard grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce texte d'un film que je n'ai malheureusement pas eu l'opportunité d'aller voir.

Mon avis...

Nous voici en 1927, à Paris. Le sorcier Grindelwald, quelques mois après son arrestation, est parvenu à s'enfuir et est parvenu à rallier des partisans pour prendre le pouvoir et sur le monde des sorciers et sur le monde des moldus. Pour l'arrêter, le jeune Dumbledore fait appel à un de ses anciens brillants élèves : Norbert. Ce dernier fera appel à ses anciens amis pour sauver les deux mondes.

L'univers Harry Potter est un univers que, comme tant d'autres, j'affectionne beaucoup. Alors cet univers rallié des Animaux fantastiques est dans la parfaite suivre de cet intérêt. N'ayant pas pu aller voir ce deuxième film, j'ai donc été ravie de pouvoir au moins en découvrir le texte.

Ici, l'éditeur se propose de nous offrir le texte du film à la manière d'un synopsis, comme il l'avait fait pour le premier volet. Et pour l'objet livre, pour le côté "collection", cet ouvrage est non seulement très beau mais aussi très sympa à avoir dans une bibliothèque. Un bon moyen aussi de se replonger dans cet univers quand il n'y a pas de moyen de visionnage sous le coude.

D'ailleurs, parlant de l'objet-livre, la mise en page du texte au sein de l'ouvrage rend compte de l'univers de cette histoire et m'a beaucoup interrogée sur le travail éditorial réalisé et qui m'intéresse très fortement. Car au-delà du texte lui-même, cet ouvrage est également une véritable mise en valeur du texte du film dans un souci du détail.

N'ayant pas vu le film, c'est donc en parfaite innocence que je me suis plonger dans ce titre et je dois reconnaître que lire un texte de film sans avoir vu le film en question est parfois compliqué, d'autant plus avec un univers tel que celui-ci où le visuel est essentiel. De fait, cette lecture m'a surtout permis d'avoir une vision d'ensemble  de cette nouvelle intrigue.

Mais avec ce genre d'ouvrage, le lecteur averti s'aperçoit très vite de toute la force qui surgir d'un simple dialogue. Car ici, avec seulement les échanges entre personnages, il est possible de se rendre compte de la force des mots et des personnalités des personnages. En soi, cet ouvrage pourrait aussi être un parfait support en vue de représentations théâtrales.

Il est difficile de parler en l'occurrence d'un style d'écriture mais on s'y laisse prendre avec notamment une description assez fine des décors. Ceux qui ont vu le film sauront donc sans doute le retrouver lors de la lecture et pour ceux, comme moi, qui ne l'ont pas vu, l'envie de le voir après cette lecture est grandit.

En conclusion...

Voici un ouvrage que j'étais plutôt curieuse de découvrir plus pour la question de l'édition que pour le texte lui-même. C'est donc un moment de lecture plutôt plaisant que j'ai passé avec l'envie de désormais découvrir le film. L'objet-livre est très beau et rend compte d'un bel objet de collection pour les fans.
Ce genre de support est le genre multi-usages qui saura convaincre les fans de l'univers mais aussi un ensemble de professionnels qui pourront l'utiliser de bien des manières.

mardi 4 décembre 2018

Le fabriquant de poupées de Cracovie - R.M. Romero



Infos sur le livre

éditions : Gallimard Jeunesse
date de publication : 20-09-2018
pages : 384
prix : 16€

Résumé éditeur

 Pologne, 1939. Un soir, une poupée du nom de Karolina prend vie dans l'atelier de Cyril, le fabricant de jouets. La joie et le courage de la petite poupée enchantent le quotidien de l'homme solitaire. Karolina lui apprend que le monde des poupées d'où elle vient est en guerre, tout comme celui des hommes. En ces temps sombres et tourmentés, la magie de karolina et de Cyril suffira-t-elle à protéger ceux qu'ils aiment ? 

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions Gallimard Jeunesse grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce roman à la couverture très attirante et au résumé bien en lien avec mes centres d'intérêt.

De quoi est-il question ?

Jusqu'alors, Karolina vivait au royaume des poupées. Un royaume en apparence féérique mais au sein duquel celle qui était couturière a dû vivre de nombreuses épreuves. Mais aujourd'hui, l'âme de Karolina a été appelé dans le corps d'une petite poupée de bois fabriquée par un passionné de jouets, au coeur de Cracovie.

Nous sommes en 1939 et malgré les drames qui s'annoncent une très belle histoire d'amitié débute entre ces deux êtres qui, sans en avoir conscience, avaient désespéremment besoin l'un de l'autre. Car le fabriquant de jouets n'est pas un fabriquant comme les autres. Il possède un don : celui de donner la vie, celui d'animer l'inanimé.

Pourtant, bientôt, Karolina et Cyryl ne pourront plus nier ce qui est en train de se jouer. Et parce qu'il est ami avec Jozeph et la jeune Rena, le pouvoir en place va commencer à voir d'un très mauvais oeil cet homme dont les seules préoccupations sont l'harmonie, l'amitié et la justice. Du haut de sa taille de poupée, Karolina fera alors tout pour redonner confiance et courage à son ami.

Du côté de la forme...

Des romans sur la seconde guerre mondiale et même sur le ghetto de Varsovie, voilà qui a été vu et revu. Pourtant, il s'agit toujours de sujets puissants et j'étais donc curieuse de voir comment l'auteure allait innover sur le sujet. Je n'ai pas été déçue.

Au début de ce roman, nous découvrons donc Karolina qui, par un peu de magie, va voir son âme être basculée du monde des poupées au monde des humains. Une manière très poétique de rendre les jouets vivants et de faire culpabiliser les adultes qui, en grandissant, ont oublié leurs jouets d'enfants. Nous assistons donc à la découverte de tout un monde par son regard.

Ce qui est alors très beau dans ce roman, c'est la relation d'amitié qui va se mettre en place entre le fabriquant de jouets et la petite poupée. Cette relation qui va naître, s'accroître et leur devenir vitale, qui ne pourrait pas en rêver ? D'autant que leur amitié va devenir très vite un véritable souffle d'espoir dans un monde en perdition.

Car il ne faut pas oublier que nous sommes ici dans un roman qui traite des prémices de la seconde guerre, du ghetto de Varsovie, de la persécution des juifs, d'assassinats commis impunément et de toutes les horreurs que nous connaissons. De quoi faire entrer les jeunes dans cette facette de l'histoire mais avec ce petit air de magie qui joue d'une dualité étonnante.

Il est vrai que ce roman est aussi un retour aux sources. Dans notre monde trop numérique, l'auteure redonne aux enfants le goût des "vrais" jouets à qui l'on peut donner vie. Un retour aux sources également dans le fondement même du bien et du mal, de ce que chacun de nous peut faire pour rendre le monde un peu meilleur.

Concernant le style de l'auteure, j'ai été étonnée de voir à quelle point elle maîtrisait sa dualité. Car à la fois elle retrace des faits historiques, violents, de manière très documentée et à la fois elle nous plonge dans un onirisme total et original dont on ne ressort pas tout à fait indemne. De plus, elle sait nous offrir des personnages forts qui savent nous marquer.

En conclusion... 

Voici un roman qui m'intriguait beaucoup et que j'ai dévoré. S'il traite d'un sujet déjà très largement exploité, l'auteure sait proposer ici quelque chose d'original nous permettant de voir le ghetto de Varsovie de manière bien différente. Car son originalité, c'est sa magie et son onirisme par le personnage de Karolina, une petite poupée au rôle magistral.
Il ne fait aucun doute que je suivrai avec plaisir cette auteure à l'avenir. 

vendredi 19 octobre 2018

Pourquoi ? - Arthur Ténor



Infos sur le livre

éditions : Scrinéo
date de publication : 29-06-2017
pages : 446
prix : 17,90€

Résumé éditeur


Un attentat terroriste plonge Paris dans la panique. Au coeur du cratère provoqué par l'explosion, un étrange survivant : Asriel, un adolescent, surnommé par la presse le " Miraculé nu ". Asriel est aussitôt recueilli par la famille Mathurel. Valentin, le fils cadet, tente de percer le mystère entourant le nouveau venu. Car les questions s'enchaînent à mesure que les révélations tombent : d'où vient ce garçon qui ne parle que le grec ancien ? Qui sont ces gens qui tentent de le kidnapper ? Que veulent-ils ? Pris dans une bataille qui le dépasse, Valentin s'allie à Lisbeth, une jeune fille intrépide. Ensemble, ils vont s'engager sur un chemin périlleux, sinuant entre rivalités et entraide. Ils vont affronter de terribles secrets que l'humanité n'est peut-être pas prête à découvrir...

Pourquoi ce livre ?


Depuis que je l'avais vu annoncé, ce roman m'attirait énormément. Je n'ai donc pas hésité lorsque j'ai pu me le procurer et ai enfin pris le temps de le sortir de ma pal.

De quoi est-il question ?


Nous sommes à Paris, en novembre. Le pays fête le centenaire de l'Armistice. Mais alors que la ville est en liesse, voilà qu'un attentat terrible a lieu. La panique est à son comble mais voilà qu'au milieu de tout ça, un jeune homme apparaît. Il ne parle pas, est complètement nu et tout porte à croire qu'il s'agit d'un simple d'esprit ou d'un garçon autiste.

Louis Mathurel, psychiatre, décide alors de prendre sous son aile ce garçon étrange, autant parce qu'il est  intrigué que parce qu'il ne voudrait pas que l'individu tombe entre de mauvaises mains. Une inquiétude justifiée car le jeune homme semble intéresser beaucoup de monde. C'est donc chez lui que Louis Mathurel ramène celui qui se prénomme Asriel.

Valentin, son fils, n'est au départ que très peu emballé par la venue de ce garçon étrange dans sa maison et dans sa vie. Mais très vite, l'adolescent se laisse prendre au jeu et tente d'entreprendre de communiquer avec Asriel qui parle grec mais apprend très vite. Pourtant, c'est bien toute la vie de Valentin qui s'apprête à basculer et plus encore qu'il ne peut l'imaginer.

Du côté de la forme...


Arthur Ténor fait partie de ces auteurs jeunesse que je suis de roman en roman depuis quelques années maintenant sans me poser de question. Et ce roman-ci, lorsqu'il est sorti, m'a intriguée davantage que les autres même si j'ai mis du temps pour enfin le découvrir.

Ce roman commence par un attentat à Paris. Inutile de dire qu'en lisant ce roman quelques temps après sa sortie, il a fait remonter en moi de très fortes émotions. Il est vrai que les événements que nous avons vécu ces dernières années n'ont pas été sans avoir un impact important sur chacun de nous, y compris sur nos auteurs. Ici, l'auteur a su se servir de cet impact pour nous offrir un roman hors du commun.

Il est vrai qu'ici, l'auteur parvient très vite à nous intriguer à propos d'Asriel sur lequel on se pose beaucoup de questions. A propos duquel les questions vont se multiplier lorsque certaines réponses commenceront à apparaître. Et d'un événement fortement ancré dans le réel, l'auteur nous emmène peu à peu dans un univers politico-social que l'on a bien du mal à imaginer comme vrai, quoique...

Etant dans un roman pour ado-jeunes adultes, les personnages principaux de ce roman sont bien sûr des adolescents - jeunes adultes avec Valentin qui a 17 ans et Lucie qui en a 15. Mais s'ils sont en effet très dans leur tranche d'âge au début du roman, ces deux personnages vont très vite prendre en maturité, l'histoire les y forçant. Au long du roman, ils navigueront donc entre devoir et besoin de rester eux-mêmes.

Il est délicat de vous parler de ce roman sans vous spoiler mais ce qui est certain c'est que l'auteur a l'art de nous entraîner là où on ne l'attend pas. Et là, moi qui ne suis pas forcément adepte des romans d'action, j'ai totalement adhéré aux nombreux rebondissements que j'ai eu l'occasion de découvrir. Quant à tout ce que j'ai pu imaginer sur Asriel, force est de constater que j'étais encore loin du compte.

Mais ce que j'ai aimé retrouvé ici plus que tout, c'est la plume de l'auteur qui parvient grâce à un roman totalement addictif à nous faire réfléchir de manière profonde sur notre monde. Une belle manière d'amener les jeunes lecteurs à des sujets de société avec beaucoup de finesse. Et puis, l'écriture d'Arthur Ténor, c'est une écriture qui me touche à chaque fois, une écriture qui est à la profonde, de qualité et très efficace.

En conclusion...


Voici un roman que j'attendais de pouvoir découvrir depuis pas mal de temps et que je suis absolument ravie d'avoir enfin pu dévorer. Voici un roman qui m'a troublée mais qui m'a aussi rendue totalement accro sur le fond comme sur la forme, sur l'intrigue comme sur le message qu'il transmet. Voici un roman qui change de ce que l'on peut avoir l'habitude de lire et qui vaut vraiment que l'on s'y arrête.
Ce roman n'est pas passé loin du coup de coeur pour moi et je ne saurai trop vous conseiller de le découvrir.

mardi 16 octobre 2018

Faux frère, vrai secret - Olivier Gay

 













 




Infos sur le livre

éditions : Castelmore
date de publication : 16-11-2016
pages : 283
prix : 14,90€


Résumé éditeur

Léa aurait dû se douter que voir son père faire la cuisine à la maison était mauvais signe : cet homme si occupé par son travail n’est jamais là à l’heure des repas. Mais ce soir-là, il a une nouvelle à annoncer qui va bouleverser la vie de Léa. Un couple d’amis est décédé dans un accident de voiture et leur fils de seize ans, Mike, va venir vivre sous leur toit, dans la chambre à côté de celle de la jeune fille ! Avoir un frère, pourquoi pas, mais pas un type qu’elle ne connaît pas... De plus, ce garçon est plutôt doué en cours – en sport comme en maths – et il attire l’attention de ceux que Léa s’efforce depuis toujours d’éviter : les brutes de la classe, qui vont leur faire vivre l’enfer à coup sûr. Léa, qui n’avait rien demandé, va devoir affronter une cascade de problèmes... Si seulement Mike pouvait se faire moins remarquer ! C’est comme s’il le faisait exprès !

Pourquoi ce livre ?

Lorsque ce roman est paru, je n'ai pas hésité très longtemps avant de me le procurer car l'auteur fait partie de ceux que j'aime suivre. Enfin, j'ai pris le temps de le sortir.

De quoi est-il question ?

Léa est adolescente et son unique ambition dans la vie est de se rendre transparente aux yeux des autres. Se trouver juste dans la moyenne pour tout, tel est son maître mot, qu'il s'agisse de notes, de physique, de vêtements. Niveau comportement, elle a ses deux meilleurs amis et cela lui suffit. Un bon moyen pour que les brutes du lycée la laissent tranquille et pour que les professeurs ne la remarquent pas trop.

La vie de Léa pourrait donc être une vie banale et heureuse si elle n'avait pas un père qui joue les courants d'air. Ce dernier, en effet, n'est pour ainsi dire jamais là. Il part tôt, rentre tôt, ne vit que pour son travail et s'enferme de longues heures dans le bureau qu'il s'est forgé dans leur maison, un bureau où nul n'a le droit d'entrer. Jusqu'au jour où Léa sent venir de la cuisine une délicieuse odeur de plat qui change des sandwichs habituels. Son père est aux fourneaux, quelque chose cloche.

Et en effet, ce soir-là, le père de Léa va expliqué à sa famille que, dès le lendemain, ils devront accueillir sous leur toit un adolescent à peine plus âgé que Léa. Il est le fils d'un vieil ami décédé peu de temps avant dans un tragique accident de voiture. La famille devra donc faire le maximum pour accueillir ce garçon mais, très vite, Léa ne se sent plus à sa place. Car ce garçon si beau et si parfait ne va pas tarder à lui rendre la vie infernale.

Du côté de la forme...

Cela faisait un petit moment que je n'avais pas lu de roman de l'auteur et je dois dire dire que je regrette de ne pas m'être plongée dans cette histoire avant. Il faut dire qu'ayant ressorti ma liseuse, j'ai profité de l'occasion pour le découvrir en numérique ce qui a joué dans ma vitesse de lecture.

Au début de ce roman, nous découvrons donc Léa. Une adolescente à laquelle je n'ai eu aucun mal à m'identifier en ce qu'elle ressemble bien à l'ado que j'étais, dans l'idée de ne jamais faire de vagues et de passer inaperçue dans le monde sauvage du lycée. Attachante aussi car on sent bien que sa vie de famille n'est pas des plus simples. De fait, nous sommes dans la pure traditions des personnages sans histoire dont la vie est bousculée et ça marche.

Il est vrai que, dès le titre, le lecteur s'interroge sur ce fameux Mike. On sait qui il est, on sait d'où il vient mais son comportement pose question. A travers le regard de Léa, nous allons assister à sa première journée dans un lycée français. Journée qui va totalement partir en vrille et lancer les foudres des petites brutes. Un bon moyen pour l'auteur de rendre son roman très social et dénoncer la loi du plus fort connue mais tue des établissements scolaires.

Je dois avouer que je me suis torturée l'esprit pour tenter de comprendre quel était le fameux secret de ce frère adopté en un rien de temps. J'ai échafaudé des hypothèses, j'ai tenter de trouver des indices et je dois dire que mon imagination a été débordante, au moins autant que celle de Léa dans le roman, voire plus encore. Pourtant, rien ne m'a laissé imaginer la surprise réservée par l'auteur. Une surprise qui m'a littéralement scotchée et que je n'avais vraiment pas vue venir.

Parce qu'il faut bien reconnaître que l'auteur joue avec nos nerfs et il y parvient très très bien. On pourrait dire en effet qu'il ne se passe pas grand-chose dans cette histoire mais la lenteur du début est largement rattrapé par l'action mise en place en deuxième partie de roman. En outre, ce début contant un quotidien est à la fois nécessaire et plein de bon sens fonctionne parce qu'il nous offre un roman contemporain comme on les aime.

C'est avec un réel plaisir que j'ai retrouvé ici l'écriture d'un auteur qui sait toujours avec beaucoup de talent m'embarquer dans ses histoires. Une fois encore, il m'a ligotée à son histoire sans que je ne puisse la lâcher et il m'a fait aimer ses personnages comme s'ils étaient de ma propre famille. Il a aussi su me faire rire, me faire pleurer et me donner une trouille d'enfer au fil des pages et des situations. Bravo !

En conclusion... 

Voici un roman que j'ai trop longuement laissé traîner dans ma pal et je le regrette. Voici un roman qui m'a totalement embarquée et que j'ai dévoré en un rien de temps mais qui, surtout, a su me surprendre de bout en bout. Ce roman, c'est du grand Olivier Gay ! Ce roman m'a sortie du temps passant et je ne saurai trop vous conseiller d'aller le découvrir.
Je ne pouvais vous en dire plus pour ne pas vous spoiler mais ce roman est un coup de coeur.