samedi 20 octobre 2018

Au secours mémé ! - Florence Roche



Infos sur le livre

éditions : Edilivre
date de publication : 01-02-2018
pages : 210
prix : 3€ (numérique)

Résumé éditeur


Pas facile pour Zette d'arriver à la trentaine et d'assumer un métier exigeant beaucoup de sérieux, alors qu'elle vit en collocation avec deux copines délurées et un chien baveux trop affectueux. Leur appartement est régulièrement assailli par une bande de potes bringueurs et une grand-mère exubérante confrontée à la maladie. La rencontre de Zette avec un curieux jeune homme SDF, drogué, puis celle avec un collègue posé, vont chambouler sa vie, la parsemer de quiproquos, de coups durs, d'hésitations et rendre son histoire plus délirante. Au secours mémé est un livre drôle, touchant, écrit dans un style moderne et simplifiée. Un bon moment de lecture, entre rire et larmes.

Pourquoi ce livre ?


Merci à Florence Roche de m'avoir confié la lecture de ce roman écrit depuis une dizaine d'années maintenant et qui me tentait beaucoup.

De quoi est-il question ?


Zette, la trentaine, partage sa vie entre son boulot dans une banque, ses meilleures amies totalement excentriques et une mémé dont elle est très proche. Véritable mère Térésa, elle n'hésite pas à ramener chiens et chats abandonner dans la collocation stéphanoise qu'elle partage avec ses dites amies ce qui ne l'empêche pas d'aimer la vie, la fête et l'alcool.

Dans sa banque, Zette n'est pas insensible au charme d'Arthur, nouvelle recrue. Mais lors d'un soir de cuite, c'est Tristan qui entre dans sa vie. Non content d'avoir conduit la Twingo rose de Zette pour la ramener chez elle, le voilà qui s'incruste dans son lit, sous sa douche et... dans sa vie. Car Zette n'est pas insensible au côté mauvaise garçon de son nouvel ami.

Et voilà que Mémé débarque, avec son grain de folie habituel, prête à en découdre, prête à faire un pied de nez à la vie et à sa fille, la mère de Zette. Au programme, bonne humeur, transgression des interdits et même un petit voyage ressemblant plus à une évasion. Entourée de tout ce petit monde, Zette n'est pas prête de s'ennuyer.

Du côté de la forme...


Florence Roche fait partie de ces auteurs que j'aime suivre livre après livre dans le genre qu'on lui connait, celui du roman de terroir. Pourtant, bien que n'étant pas très chick lit, force est de constater que ce roman me faisait de l'oeil depuis un bon moment.

Alors, soyons clairs, nous sommes ici très loin du terroir tel qu'on l'entend. Bien loin sont les histoires d'amour dans la paille, les secrets de famille et les querelles de village. Pourtant, à l'image des romans du genre, l'auteur ancre son récit à Saint-Etienne. On retrouve donc des lieux, un vocabulaire et donc ce côté "reconnaissable" que j'aime dans les romans régionaux. Mais ce roman est bien plus !

Nous découvrons donc ici une bande de copines totalement déjantées, qui ne se prennent pas la tête et qui profitent de chaque instant, se moquant pas de ce que les gens qui les entourent pensent d'elles. Le genre de personnalités bien éloignées de la mienne, des filles qui dans la vraie vie me taperaient vite sur les nerfs mais qui, dans le cadre du roman, sont source de bonne humeur, de décalage et de grands moments de rire.

Car ce qu'il faut voir avant tout dans ce roman, c'est l'humour ! Tout y est poussé à l'extrême dans un florilège d'hyperboles, d'ironie et de paroxysmes. Bien sûr les amies de Zette sont invivables, bien sûr Zette elle-même a l'art de se mettre dans des situations impossibles et bien sûr l'alcool à outrance est maître mais il suffit de se laisser porter par le texte pour comprendre que la seule ambition de l'auteur est de faire rire et ça marche !

Pourtant, derrière l'humour, ce roman offre aussi quelque chose de beaucoup plus profond et des problématiques très actuelles en démolissant les idées reçues que l'on peut avoir sur les banlieues, sur les drogués, sur les fêtardes. Car derrière les apparences superficielles du roman, il s'agit surtout ici pour l'auteur de parler d'amitié et d'attachement, d'actualité et de problèmes de société.

Bien qu'étant très habituée au style de l'auteure, je dois bien avouer que j'ai eu le sentiment ici de découvrir un nouvelle plume que je n'avais jamais lu. Car ici, l'auteure se lâche, s'amuse et ça se sent ! Le roman se dévore en un rien de temps et nous offre un grand moment de bonne humeur. Mon seul regret serait que j'aurais souhaité ce roman plus étoffé avec plus encore de décalage, de rebondissements et de folie.

En conclusion...


Voici un roman que j'attendais de lire depuis un bon moment et avec lequel je me suis littéralement éclatée, avec lequel j'ai ri. Et même si je ne voudrais en aucun cas avoir à faire aux déjantées de cette histoire, j'ai aimé les découvrir et me laisser porter par leurs insouciance. Voici un roman où tout est humour mais où l'auteure pose aussi de vraies questions et rappelle que l'amitié peut tout franchir.
Avec cette autoédition (mais pourquoi ???) je ne suis pas passée loin du coup de coeur, m'a juste manqué un peu plus de développements parfois.

vendredi 19 octobre 2018

Pourquoi ? - Arthur Ténor



Infos sur le livre

éditions : Scrinéo
date de publication : 29-06-2017
pages : 446
prix : 17,90€

Résumé éditeur


Un attentat terroriste plonge Paris dans la panique. Au coeur du cratère provoqué par l'explosion, un étrange survivant : Asriel, un adolescent, surnommé par la presse le " Miraculé nu ". Asriel est aussitôt recueilli par la famille Mathurel. Valentin, le fils cadet, tente de percer le mystère entourant le nouveau venu. Car les questions s'enchaînent à mesure que les révélations tombent : d'où vient ce garçon qui ne parle que le grec ancien ? Qui sont ces gens qui tentent de le kidnapper ? Que veulent-ils ? Pris dans une bataille qui le dépasse, Valentin s'allie à Lisbeth, une jeune fille intrépide. Ensemble, ils vont s'engager sur un chemin périlleux, sinuant entre rivalités et entraide. Ils vont affronter de terribles secrets que l'humanité n'est peut-être pas prête à découvrir...

Pourquoi ce livre ?


Depuis que je l'avais vu annoncé, ce roman m'attirait énormément. Je n'ai donc pas hésité lorsque j'ai pu me le procurer et ai enfin pris le temps de le sortir de ma pal.

De quoi est-il question ?


Nous sommes à Paris, en novembre 1918. Le pays fête le centenaire de l'Armistice. Mais alors que la ville est en liesse, voilà qu'un attentat terrible a lieu. La panique est à son comble mais voilà qu'au milieu de tout ça, un jeune homme apparaît. Il ne parle pas, est complètement nu et tout porte à croire qu'il s'agit d'un simple d'esprit ou d'un garçon autiste.

Louis Mathurel, psychiatre, décide alors de prendre sous son aile ce garçon étrange, autant parce qu'il est  intrigué que parce qu'il ne voudrait pas que l'individu tombe entre de mauvaises mains. Une inquiétude justifiée car le jeune homme semble intéresser beaucoup de monde. C'est donc chez lui que Louis Mathurel ramène celui qui se prénomme Asriel.

Valentin, son fils, n'est au départ que très peu emballé par la venue de ce garçon étrange dans sa maison et dans sa vie. Mais très vite, l'adolescent se laisse prendre au jeu et tente d'entreprendre de communiquer avec Asriel qui parle grec mais apprend très vite. Pourtant, c'est bien toute la vie de Valentin qui s'apprête à basculer et plus encore qu'il ne peut l'imaginer.

Du côté de la forme...


Arthur Ténor fait partie de ces auteurs jeunesse que je suis de roman en roman depuis quelques années maintenant sans me poser de question. Et ce roman-ci, lorsqu'il est sorti, m'a intriguée davantage que les autres même si j'ai mis du temps pour enfin le découvrir.

Ce roman commence par un attentat à Paris. Inutile de dire qu'en lisant ce roman quelques temps après sa sortie, il a fait remonter en moi de très fortes émotions. Il est vrai que les événements que nous avons vécu ces dernières années n'ont pas été sans avoir un impact important sur chacun de nous, y compris sur nos auteurs. Ici, l'auteur a su se servir de cet impact pour nous offrir un roman hors du commun.

Il est vrai qu'ici, l'auteur parvient très vite à nous intriguer à propos d'Asriel sur lequel on se pose beaucoup de questions. A propos duquel les questions vont se multiplier lorsque certaines réponses commenceront à apparaître. Et d'un événement fortement ancré dans le réel, l'auteur nous emmène peu à peu dans un univers politico-social que l'on a bien du mal à imaginer comme vrai, quoique...

Etant dans un roman pour ado-jeunes adultes, les personnages principaux de ce roman sont bien sûr des adolescents - jeunes adultes avec Valentin qui a 17 ans et Lucie qui en a 15. Mais s'ils sont en effet très dans leur tranche d'âge au début du roman, ces deux personnages vont très vite prendre en maturité, l'histoire les y forçant. Au long du roman, ils navigueront donc entre devoir et besoin de rester eux-mêmes.

Il est délicat de vous parler de ce roman sans vous spoiler mais ce qui est certain c'est que l'auteur a l'art de nous entraîner là où on ne l'attend pas. Et là, moi qui ne suis pas forcément adepte des romans d'action, j'ai totalement adhéré aux nombreux rebondissements que j'ai eu l'occasion de découvrir. Quant à tout ce que j'ai pu imaginer sur Asriel, force est de constater que j'étais encore loin du compte.

Mais ce que j'ai aimé retrouvé ici plus que tout, c'est la plume de l'auteur qui parvient grâce à un roman totalement addictif à nous faire réfléchir de manière profonde sur notre monde. Une belle manière d'amener les jeunes lecteurs à des sujets de société avec beaucoup de finesse. Et puis, l'écriture d'Arthur Ténor, c'est une écriture qui me touche à chaque fois, qui est à la profonde, de qualité et très efficace.

En conclusion...


Voici un roman que j'attendais de pouvoir découvrir depuis pas mal de temps et que je suis absolument ravie d'avoir enfin pu dévorer. Voici un roman qui m'a troublée mais qui m'a aussi rendue totalement accro sur le fond comme sur la forme, sur l'intrigue comme sur le message qu'il transmet. Voici un roman qui change de ce que l'on peut avoir l'habitude de lire et qui vaut vraiment que l'on s'y arrête.
Ce roman n'est pas passé loin du coup de coeur pour moi et je ne saurai trop vous conseiller de le découvrir.

jeudi 18 octobre 2018

Les neiges du Mont Argental - Maurice Chalayer



Infos sur le livre

éditions : De Borée
date de publication : 16-08-2018
pages : 258
prix : 18,90€

Résumé éditeur

Baptiste Matricon, le maître charismatique du domaine de la Faurie, est effondré. Une tempête vient de balayer la montagne. La forêt est dévastée et les bras manquent pour la relever. La guerre ne l'avait déjà pas épargné, prenant la vie de trois de ses enfants, il a lui-même chassé sa fille cadette, Lucie, qui s'était éprise d'un soldat ennemi. Désormais, il ne peut plus compter que sur sa benjamine, Violette. Pourtant, son beau-frère, le curé du village voisin, pourrait avoir la solution : recruter des prisonniers de guerre allemands ! Malgré l'hostilité rencontrée, le prêtre s'accroche à son idée. Il porte en lui cet humanisme qui pourrait faciliter une réconciliation à venir et des amours naissantes...

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions De Borée grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau roman d'un auteur que je n'avais pas lu depuis quelques temps et dont j'avais hâte de découvrir ce nouveau titre.

De quoi est-il question ?

Aux lendemains de la guerre, en 1946, la vie de Baptiste Matricon est bien bouleversée entre une épouse devenue muette, une fille décédée, un fils disparu et une autre fille qu'il a chassé de sa vie parce qu'elle est tombée enceinte d'un allemand. Ne lui reste que Violette, sa cadette, a qui il compte bien léguer l'affaire familiale.

Mais alors que rien de pire ne semblait pouvoir se produire, voici qu'une tempête ravage le bois voisin et il est besoin de bras pour tenter de réparer. Le patriarche décide donc d'embaucher, autant par besoin que par générosité, tous les allemands prisonniers de guerre qui voudront bien travailler pour lui. L'un d'eux, Willy, ne laissera pas insensible la jeune Violette, une attirance très vite réciproque.

Et parmi tout ce petit monde, il y a un prêtre, beau-frère de Baptiste, qui voudrait bien tout tenter pour réunir cette famille brisée par les événements. Alors qu'elle aide son père du mieux qu'elle le peux, Violette comprend qu'elle ne pourra avancer sans avoir retrouver sa soeur, le début de retrouvailles mais rien ne sera aussi simple quand le destin s'en mêle...

Du côté de la forme...

Cela faisait un petit moment que je n'avais pas lu de roman de Maurice Chalayer et je dois dire que cela me manquait. Je n'ai donc pas hésité très longtemps avant de me plonger dans ce nouveau roman et je dois dire que j'ai passé un très bon moment.

La première chose à dire, c'est que ce roman se passe dans le Pilat, non loin de Saint-Etienne, ma région. Et si j'ai toujours plaisir à découvrir des romans régionaux, me plonger dans l'un d'eux qui me parle d'une région que je connais, qui est chez moi, a toujours pour moi une petite force en plus particulière. De fait, j'ai aimé "voir" les paysages que l'auteur me racontait.

Ici, nous allons donc découvrir une famille brisée par les événements et nous allons les suivre dans leur tentative de reconstruction. Car cette famille brisée a tout vécu et si l'on peut penser que l'auteur en fait peut-être trop, on ne peut s'empêcher de penser que bien des familles purent être détruites de la sorte à cette époque entre convictions personnelles et réalités sociales.

Je n'ai eu aucun mal à m'attacher aux personnages de cette histoire qui, malgré leurs caractères, ne sont jamais profondément mauvais et vivent comme ils le peuvent entre leurs regrets, leurs secrets et leurs espoirs. Même Baptiste que l'on peut avoir envie de juger se révèle être un homme perdu pour lequel on a envie d'un avenir meilleur et de solutions.

Avec beaucoup d'humanité, l'auteur nous invite donc à plonger dans le destin de ses personnages et à entrer doucement dans leurs vies. et cette famille se fait alors témoin d'une époque pour nous laisser entrevoir ce que purent être les lendemains de la guerre sans virer dans le pathos, dans les tragédies familiales et dans la surenchère de drames. Ici, ce roman sonne vrai, tout simplement.

Je dois avouer que, depuis le temps, j'avais oublié quel était le style de l'auteur et je suis très heureuse d'avoir pu le redécouvrir. Avec beaucoup d'élégance il a su me faire entrer dans cette histoire et me donner envie que tout se finisse pour le mieux pour la famille. Je regretterai simplement les peut-être trop nombreuses ellipses temporelles qui donnent parfois le sentiment de perdre un peu de la vie de ces personnages.

En conclusion...

Voici un roman que j'avais hâte de pouvoir découvrir et que je suis ravie d'avoir enfin pu lire suite à la fête du livre de Saint-Etienne où j'ai pu revoir l'auteur. Voici un roman qui a su me plonger au coeur du Pilat et dans des histoires de vies où il ne s'agit nullement de faire larmoyer mais seulement de garder l'espoir de lendemains meilleurs. Voici un roman où l'amour familial est maître.
Voici un roman que je ne saurai trop vous conseiller si vous souhaitez découvrir une belle histoire et découvrir un peu ma région.

mercredi 17 octobre 2018

L'auberge de l'éventre-loup - Roger Royer

L'Auberge de l'Éventre-loup (roman) par [Royer, Roger]

Infos sur le livre

éditions : De Borée
date de publication : 11-10-2018
pages : 300
prix : 19,90€

Résumé éditeur

Au sortir de la Seconde guerre mondiale, une chronique de la vie villageoise, au cœur du massif central, marquée par le désœuvrement de la fin des combats et les querelles intestines et axée sur la vie sentimentale d’un aubergiste au grand cœur. Des personnages attachants et drôles, sensibles, justes et vrais.

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions De Borée grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau roman d'un auteur que j'apprécie tout particulièrement et dont je lis chaque année le nouvel opus avec grand plaisir.

De quoi est-il question ?

Nous voici au coeur du Massif Central dans un petit village qui vit au rythme des gens qui l'habitent. Un village qui a bien souffert pendant la guerre des pertes, des désertions mais qui peut aussi être fier de sa Résistance. Aujourd'hui, la guerre est finie et chacun tente de se relever comme il le peut. Mais rien n'est jamais aussi simple.

Sagnal tient l'auberge du village. Une auberge un peu écartée et à la longue histoire que les gens connaissent bien même s'ils voudraient bien parfois la voir fermer. Alors, quand des étrangers arrivent au village et cherchent un endroit pour la nuit, c'est forcément à l'auberge de l'éventre-loup qu'ils vont chercher refuse et accueil en bonne et due forme.

Et bientôt, arrive une femme aussi belle que mystérieuse bien différente des femmes du village. Nul ne sait qui elle est ni d'où elle vient malgré ses très vagues explications. Alors, forcément, elle intrigue et ne va pas tarder à attiser les rancoeurs et les suspicions. Ce ne sera là qu'une des histoires qui alimenteront la vie de l'auberge en cette sortie de guerre.

Du côté de la forme...

Vous le savez, j'aime le terroir. Et Roger Royer est l'un des premiers auteurs du genre que j'ai eu la chance dé découvrir. De fait, c'est avec plaisir que chaque année je me plonge dans son nouveau roman et celui-ci me tentait plutôt pas mal.

Si ce roman commence sur la fin de la seconde guerre mondiale, si l'auteur se sert des premières pages de son histoire pour nous conter les difficultés des villageois sur les derniers temps des conflits nous parlant ainsi de Résistance et de collaboration, ce n'est pas là l'essentiel du roman et je dis tant mieux. Non que ce n'est pas intéressant mais la thématique ayant déjà déjà été exploitée mille fois il était intéressant de voir l'après.

Ce qui conte ici, c'est donc la vie de cette petite auberge aux lendemains de la guerre, des histoires du quotidien en somme mettant en valeur des gens vrais, des relations qui comptent et des événements comme ils pourraient avoir lieu. Car finalement, le personnage principal du roman n'est nul autre que l'auberge elle-même, à l'image d'une femme courage.

A cet égard, nous aurions pu nous attendre à un roman plat et sans réels rebondissements mais c'est loin d'être le cas. Car dans cette sorte de huis-clos qu'est l'auberge, des hommes et des femmes vont se croiser, vont vivre ensemble chacun avec ses propres histoires. Pourtant, ces rencontres seront aussi l'occasion de secrets, d'amitiés et d'amours...

Alors il est vrai que nous ne sommes pas là dans une intrigue comme on peut en attendre mais bien dans un roman où,  au contraire, il convient de se poser, de profiter du temps passé à la lecture et de profiter des personnages que l'on découvre. Ce roman est le genre de roman que l'on savoure et qui nous redonne envie d'être proche des gens, de les écouter et de vivre avec eux.

C'est avec plaisir que j'ai retrouvé ici le style si particulier de l'auteur et, cette fois, avec un roman qui m'a permis de me poser. Pour autant, l'auteur sait nous réserver quelques surprises et mêler à ces histoires de vie des intrigues un peu plus profondes qui font tourner les pages un peu plus vite. Et si nous n'avons jamais vécu la vie d'une auberge, c'est avec beaucoup de tendresse que l'auteur nous en donne un bref aperçu.

En conclusion...

Voici un roman que j'avais hâte de pouvoir découvrir et dans lequel je me suis plongée avec beaucoup de plaisir comme si j'avais pu le temps de ces pages vivre ailleurs, loin du rythme du quotidien et de l'épuisante modernité. Voici un roman qui donne envie d'y plonger pour vivre nous aussi au rythme de l'auberge et dont on ressort comme on s'éveille d'un rêve.
Si vous ne connaissez pas encore les romans de l'auteur, celui-ci est un excellant moyen de débuter.

mardi 16 octobre 2018

Faux frère, vrai secret - Olivier Gay

 













 




Infos sur le livre

éditions : Castelmore
date de publication : 16-11-2016
pages : 283
prix : 14,90€


Résumé éditeur

Léa aurait dû se douter que voir son père faire la cuisine à la maison était mauvais signe : cet homme si occupé par son travail n’est jamais là à l’heure des repas. Mais ce soir-là, il a une nouvelle à annoncer qui va bouleverser la vie de Léa. Un couple d’amis est décédé dans un accident de voiture et leur fils de seize ans, Mike, va venir vivre sous leur toit, dans la chambre à côté de celle de la jeune fille ! Avoir un frère, pourquoi pas, mais pas un type qu’elle ne connaît pas... De plus, ce garçon est plutôt doué en cours – en sport comme en maths – et il attire l’attention de ceux que Léa s’efforce depuis toujours d’éviter : les brutes de la classe, qui vont leur faire vivre l’enfer à coup sûr. Léa, qui n’avait rien demandé, va devoir affronter une cascade de problèmes... Si seulement Mike pouvait se faire moins remarquer ! C’est comme s’il le faisait exprès !

Pourquoi ce livre ?

Lorsque ce roman est paru, je n'ai pas hésité très longtemps avant de me le procurer car l'auteur fait partie de ceux que j'aime suivre. Enfin, j'ai pris le temps de le sortir.

De quoi est-il question ?

Léa est adolescente et son unique ambition dans la vie est de se rendre transparente aux yeux des autres. Se trouver juste dans la moyenne pour tout, tel est son maître mot, qu'il s'agisse de notes, de physique, de vêtements. Niveau comportement, elle a ses deux meilleurs amis et cela lui suffit. Un bon moyen pour que les brutes du lycée la laissent tranquille et pour que les professeurs ne la remarquent pas trop.

La vie de Léa pourrait donc être une vie banale et heureuse si elle n'avait pas un père qui joue les courants d'air. Ce dernier, en effet, n'est pour ainsi dire jamais là. Il part tôt, rentre tôt, ne vit que pour son travail et s'enferme de longues heures dans le bureau qu'il s'est forgé dans leur maison, un bureau où nul n'a le droit d'entrer. Jusqu'au jour où Léa sent venir de la cuisine une délicieuse odeur de plat qui change des sandwichs habituels. Son père est aux fourneaux, quelque chose cloche.

Et en effet, ce soir-là, le père de Léa va expliqué à sa famille que, dès le lendemain, ils devront accueillir sous leur toit un adolescent à peine plus âgé que Léa. Il est le fils d'un vieil ami décédé peu de temps avant dans un tragique accident de voiture. La famille devra donc faire le maximum pour accueillir ce garçon mais, très vite, Léa ne se sent plus à sa place. Car ce garçon si beau et si parfait ne va pas tarder à lui rendre la vie infernale.

Du côté de la forme...

Cela faisait un petit moment que je n'avais pas lu de roman de l'auteur et je dois dire dire que je regrette de ne pas m'être plongée dans cette histoire avant. Il faut dire qu'ayant ressorti ma liseuse, j'ai profité de l'occasion pour le découvrir en numérique ce qui a joué dans ma vitesse de lecture.

Au début de ce roman, nous découvrons donc Léa. Une adolescente à laquelle je n'ai eu aucun mal à m'identifier en ce qu'elle ressemble bien à l'ado que j'étais, dans l'idée de ne jamais faire de vagues et de passer inaperçue dans le monde sauvage du lycée. Attachante aussi car on sent bien que sa vie de famille n'est pas des plus simples. De fait, nous sommes dans la pure traditions des personnages sans histoire dont la vie est bousculée et ça marche.

Il est vrai que, dès le titre, le lecteur s'interroge sur ce fameux Mike. On sait qui il est, on sait d'où il vient mais son comportement pose question. A travers le regard de Léa, nous allons assister à sa première journée dans un lycée français. Journée qui va totalement partir en vrille et lancer les foudres des petites brutes. Un bon moyen pour l'auteur de rendre son roman très social et dénoncer la loi du plus fort connue mais tue des établissements scolaires.

Je dois avouer que je me suis torturée l'esprit pour tenter de comprendre quel était le fameux secret de ce frère adopté en un rien de temps. J'ai échafaudé des hypothèses, j'ai tenter de trouver des indices et je dois dire que mon imagination a été débordante, au moins autant que celle de Léa dans le roman, voire plus encore. Pourtant, rien ne m'a laissé imaginer la surprise réservée par l'auteur. Une surprise qui m'a littéralement scotchée et que je n'avais vraiment pas vue venir.

Parce qu'il faut bien reconnaître que l'auteur joue avec nos nerfs et il y parvient très très bien. On pourrait dire en effet qu'il ne se passe pas grand-chose dans cette histoire mais la lenteur du début est largement rattrapé par l'action mise en place en deuxième partie de roman. En outre, ce début contant un quotidien est à la fois nécessaire et plein de bon sens fonctionne parce qu'il nous offre un roman contemporain comme on les aime.

C'est avec un réel plaisir que j'ai retrouvé ici l'écriture d'un auteur qui sait toujours avec beaucoup de talent m'embarquer dans ses histoires. Une fois encore, il m'a ligotée à son histoire sans que je ne puisse la lâcher et il m'a fait aimer ses personnages comme s'ils étaient de ma propre famille. Il a aussi su me faire rire, me faire pleurer et me donner une trouille d'enfer au fil des pages et des situations. Bravo !

En conclusion... 

Voici un roman que j'ai trop longuement laissé traîner dans ma pal et je le regrette. Voici un roman qui m'a totalement embarquée et que j'ai dévoré en un rien de temps mais qui, surtout, a su me surprendre de bout en bout. Ce roman, c'est du grand Olivier Gay ! Ce roman m'a sortie du temps passant et je ne saurai trop vous conseiller d'aller le découvrir.
Je ne pouvais vous en dire plus pour ne pas vous spoiler mais ce roman est un coup de coeur.

lundi 15 octobre 2018

L'antichambre du bon Dieu - Emmanuel Prost





















Infos sur le livre

éditions : Presses de la cité
date de publication : 04-10-2018
pages : 320
prix : 20€

Résumé éditeur

Patou, c'est l'idiot du village. Il a grandi dans ces terres du Nord, entre marais et champs aux sillons interminables. Seul son cheval Chico a su adoucir la solitude de ses jours. Puis est arrivée la jolie Isabelle. Qu'est-ce qui vaudra à Patou d'être condamné à mort, en 1863, à la prison d'Arras ? Patou ne parle pas et ne s'exprime qu'à travers le rire. Il grandit auprès de sa grand-mère et de son père, un gueux habitant dans les misérables baraquements d'un marais où il cultive des endives dans leur village d'Oignies. Patou tue le temps en compagnie de son cheval Chico, un cabossé de la vie comme lui, quand surgit Isabelle, fille d'un instituteur des Flandres venu alphabétiser les ouvriers des mines. Depuis peu, grâce au charbon, le Pas-de-Calais est un bassin minier d'envergure. Patou et Isabelle se lient d'amitié. Mais l'amour qu'Isabelle aura pour un ingénieur de la compagnie des mines les éloignera un temps.Patou se retrouve seul avec son cheval pour l'accompagner dans ses jeux bucoliques. Aussi, quand, le jour de ses vingt ans, son père vend Chico à un homme de la compagnie minière, c'est pour Patou une trahison et un déchirement. Il n'a plus qu'une idée en tête : le retrouver. Ainsi commence pour Patou une descente au fond des mines et dans les enfers...

Pourquoi ce livre ?

Merci aux Presses de la cité grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau roman d'un auteur que je suis depuis ses débuts et dont j'attendais un nouveau titre avec impatience.

De quoi est-il question ?

 Au coeur du XIX° siècle, dans le Nord, Patou est un enfant coincé dans un corps d'adolescent. Vu comme l'idiot du village par les uns, comme une punition divine par les autres, Patou est surtout un garçon qui ne se pose pas de question et vit le jour présent comme s'il était le dernier, profite des bonheurs simples comme du temps passé avec son cheval Chico.

Grandissant, Patou se découvre également une attirance pour la gent féminine et découvre le sentiment amoureux avec Isabelle, une jeune fille du village. Et si la jeune fille voit plus en Patou un ami, c'est aussi là pour l'adolescent l'espoir d'alliés dans un monde de brutes qu'il ne comprend pas. Un souffle de liberté et de bonheur du quotidien.

Mais ce XIX° siècle est aussi dans le Nord celui des mines et des usines, des révolutions industrielles et du laborieux travail dans les bas-fonds. Un moyen pour Patou de s'émanciper avant que la réalité de sa situation ne le rattrape. Car, déjà, en cette année 1863, à l'heure où tout commence, Patou est déjà condamné à mort...

Du côté de la forme...

Depuis son premier roman, La descente des anges, Emmanuel Prost fait partie des auteurs dont je ne manque jamais une sortie. Et si celle-ci s'est faite attendre, ce n'est que pour mieux nous faire retrouver toute la force du premier roman de l'auteur.
Tout commence avec l'annonce de la condamnation à mort en bonne et due forme de Patou, un jeune idiot, par un tribunal suite à un drame survenu. Pas de surprise donc dans le sens où ce roman ne nous propose pas cette condamnation comme un rebondissement mais plutôt en nous contant l'histoire de Patou et comment il en est arrivé là. Une très bonne idée qui change un peu.

Car ce roman, c'est l'histoire d'un destin, d'un destin hors norme et qui nous invite à voir le monde autrement. Voir le monde à travers le regard de Patou, c'est voir les plaisirs du quotidien, la joie que procure l'amitié, la force des sentiments que l'on ne maîtrise pas toujours. Vivre le monde avec Patou c'est se rappeler que l'intelligence n'est pas toujours là où on la croit.

Mais ce roman est aussi un roman sur le Nord, sur son industrie. Un cadre qui n'est pas sans rappeler celui de Saint-Etienne à la même époque, des villes minières et industrielles. A travers le regard de Patou, nous assistons donc à un monde en pleine mutation et découvrons l'épreuve que purent être tous ces changements, tant au sens propre qu'au figuré, pour ceux qui n'y étaient pas préparés.

Pourtant, ne croyez pas que ce roman n'est que nostalgie et pathos. Bien au contraire. Ce roman est d'une profonde humanité et fait du bien. Il donne envie de croire de nouveau en l'homme et de poser un regard neuf sur le monde qui nous entoure. Et si nous savons dès le départ que Patou est condamné à mort, ce n'est pas là l'essentiel du roman.

Après plusieurs années, quel plaisir que de retrouver le style et l'univers de l'auteur ! Ses roman du Nord m'avaient manqué et, ici, c'est avec un talent indiscutable qu'il nous fait aimer un personnage différent mais comme nous devrions en écouter plus souvent. La bienveillance est maîtresse dans ce roman et nous fait juste nous sentir bien.

En conclusion... 

Voici un roman que j'attendais vivement depuis que j'en avais vu l'annonce et que j'ai dévoré sitôt que j'ai pu le commencer. Voici un roman qui m'a touchée autant par son histoire que par ses personnages et qui mérite vraiment le déplacement pour tout amoureux de belles histoires et de cadres établis avec talent. Voici un roman qui fait sourire, frémir et parfois pleurer.
Une fois encore, ce roman n'est pas passé loin du coup de coeur.

samedi 13 octobre 2018

A fleur de peau - James Barnaby



Infos sur le livre

éditions : De Borée
date de publication : 18-10-2018
pages : 449
prix : 21€

Résumé éditeur


Se réveiller sans rien savoir des dernières heures écoulées, un fardeau que Jane supporte depuis ses onze ans. L’année où elle a été enlevée. Brillante étudiante de 19 ans aux yeux de tous, la jeune fille souffre pourtant de « fugues temporelles », crises proches du somnambulisme dont elle ne garde aucun souvenir. Comme chaque année, Jane passe l’été au bord du lac Mendota dans le chalet familial. Obligée de se rendre à Chicago pour son travail, sa mère la laisse en compagnie de son beau-père, Richard, qu’elle adore. Mais le lendemain matin, Jane se réveille les mains ensanglantées. Près d’elle gît Richard, égorgé. Et Jane le sait, elle a tout de la coupable idéale…

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions De Borée grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce roman qui m'intriguait pas mal pour de multiples raisons : couverture, auteur, résumé...

De quoi est-il question ?


Jane a 19 ans et elle est une jeune fille brillante. Son QI est plus élevé que celui d'Einstein et elle suit des études supérieures avec aisance entre une mère et un beau-père sur lesquels elle peut s'appuyer. Mais la vie de Jane est loin d'être aussi facile car depuis 8 ans, depuis qu'elle a été enlevée durant un mois, Jane a des absences. Des amnésies de plusieurs heures durant lesquelles elle est incapable de dire ce qu'elle a fait.

Plus grave, depuis cette époque, Jane est suivie par un psychiatre tentant de comprendre pourquoi les grands classiques de Walt Disney ont une telle importance dans l'esprit inconscient de la jeune fille. Car lorsqu'elle connait ses absences, Jane ne vit qu'à travers Blanche-Neige, Alice au pays des merveilles ou encore Le livre de la jungle.

Et puis, une nuit, c'est le drame. Alors qu'elle est seule avec son beau-père dans leur maison du lac, alors qu'elle a passé une journée sans histoire, Jane sort d'une de ses absences et découvre le corps sans vie de Richard. L'homme a été assassiné avec sauvagerie et Jane comprend qu'elle est coupable. La police est d'ailleurs à même de valider cette version jusqu'à ce qu'un homme remette ces certitudes en cause.

Du côté de la forme...


Cela faisait un bon moment que je n'avais pas lu de thriller et encore plus longtemps que je n'en avais pas lu un addictif à ce point. Car si au départ je n'ai voulu en lire que quelques pages pour me donner une idée, je n'ai très vite plus pu lâcher ce roman !

Comment ne pas s'attendrir pour Jane dès les premières pages de ce roman ? Une jeune femme douce, sensible, intelligente mais qui doit faire avec un poids beaucoup trop lourd pour elle. Alors bien sûr, dès le départ, le lecteur se doute que les absences de Jane vont être à la fois la source de tous les ennuis et qu'une explication s'y cache pour inutile de chercher à deviner où veut nous entraîner l'auteur.

D'ailleurs, le point de vue interne de Jane existe dans le roman en alternance avec d'autres points de vue internes et un point de vue plus omniscient qui perd le lecteur, le perd dans le bon sens du terme car s'il sait toujours où il en est, il a bien le sentiment d'être mené en bateau, d'avoir des informations mais destinées à mieux le manipuler. Et ça marche !

Bien sûr, comme dans tout roman du genre qui se respecte, il va y avoir meurtre, un meurtre plutôt horrible d'ailleurs, et il s'agira au long du roman de comprendre ce qu'il s'est passé, de savoir si Jane est coupable, bref de soulever le passé pour résoudre le présent. Et là encore, l'auteur sait y faire entre fausses pistes, enquête à charge et retournements de situation.

Mais l'un des points qui m'a donné envie de lire ce thriller mais qui a, par la même occasion, ruiné toute mon enfance, c'est la part belle que l'auteur donne aux films de Walt Disney. Je ne verrai plus jamais ces films que j'adore de la même manière et j'ai trouvé intéressante l'idée que ces films puissent devenir de vrais instruments de torture.

Concernant le style de l'auteur, que dire sinon qu'il est totalement addictif, qu'il sait nous retourner le cerveau sans que l'on puisse deviner la vérité. Il sait nous faire aimer ou haïr ses personnages mais sais aussi avec beaucoup de finesse nous faire poser de vraies questions sur le pouvoir, sur la médecine ou encore sur le pouvoir public.

En conclusion...


Voici un roman que j'attendais de pouvoir lire avec la plus vive impatience et que j'ai littéralement dévoré sans pouvoir le lâcher. Voici un roman qui m'a redonné envie de me plonger dans le genre du thriller et que j'ai juste trouvé incroyable car même si l'ensemble peut sembler "un peu gros", ça marche. Voici un thriller que je ne saurais trop vous conseiller de découvrir au plus vite !
Pour moi, cela faisait longtemps, c'est un coup de coeur.