mardi 19 mars 2019

Les sarments de la colère - Christian Laborie



Infos sur le livre

éditions : Presses de la cité
date de publication : 14-02-2019
pages : 624
prix : 21€

Résumé éditeur

1866, Augustin Mazel, fier paysan cévenol, se résigne à descendre dans la plaine viticole du  pic Saint-Loup, pour les vendanges au domaine du marquis de Frontillargue. Des années plus  tard, son fils cadet Adrien y apprend le travail de la vigne, et fait la rencontre de Camille, petite fille du marquis. Tout oppose le jeune ouvrier agricole et la riche héritière. Pourtant, un secret les unit depuis l'enfance, et ils vont s'aimer envers et contre tout. Lorsque Adrien part cinq ans pour l'armée, Camille est mariée de force. Mais la passion du jeune homme pour la vigne est comme celle qui l'attache à Camille : sincère, intense, éternelle. Dès lors, les deux amoureux n'auront de cesse de se retrouver, tandis que le fléau du phylloxéra s'abat sur la vigne et que bientôt gronde la révolte des gueux qui conduira à la guerre du vin... 

Pourquoi ce livre ?

Merci aux Presses de la cité grâce auxquelles j'ai pu découvrir cette réédition d'un roman de l'auteur que je n'aurais sans pas pris le temps de lire autrement.

De quoi est-il question ?

Nous voici dans la seconde moitié du 19° siècle. Augustin Mazel est paysan et fier de l'être mais les vignes sont malades et pour subvenir aux besoins de sa famille, il accepte de travailler pour le marquis de Frontillargue, un homme froid et bien décidé à conserver sa suprématie. Chacun à sa place, tel est leur maître-mot.

Mais c'est sans compte sans une amitié solide qui va bientôt unir Adrien, le fils d'Augustin, et Camille, la fille du marquis. Une amitié qui, avec les années, deviendra peu à peu un amour sincère, sincère mais impossible. Car si les deux jeunes gens s'aiment et commettront l'irréparable, le marquis, lui, est bien décidé à marier sa fille à un homme digne de ce nom.

Sans pouvoir l'empêcher, les amants sont séparés et contraints aux vies que le destin leur à choisi sans possible autre voie. Une épreuve dans une époque où le phylloxéra commet des ravages et mettra à mal la vie de nombreux paysans ne comptant que sur les vignes pour survivre. Des années troubles alors que le monde s'apprête à changer irrémédiablement...

Du côté de la forme...

Christian Laborie fait partie de ces auteurs dont j'aime le travail, dont j'aime l'écriture et dont chaque roman est pour moi une très belle découverte. Avoir l'occasion de découvrir cet ancien titre était donc une vraie chance.

Si j'aime le genre du roman régionaliste et de terroir, vous le savez, force est de constater que nous sommes ici dans ce type de roman mais de manière très prononcé : le cadre historique, la vie dans les campagnes, les amoures impossibles... Et il est appréciable parfois de revenir aux sources d'un genre qu'on affectionne avec ici un récit de vies aussi troublant qu'on pouvait le souhaiter.

Dans ce roman, deux mondes se rencontrent donc : le monde des paysans et le monde de la noblesse, bien séparés mais qui vont être confrontés l'un à l'autre par l'attachement des enfants. Classique mais toujours efficace avec ce petit côté Roméo et Juliette qui happe toujours le lecteur, le séduit et l'attendri entre secrets, trahisons et vengeances.

D'ailleurs, ce qui est séduisant dans ce roman, c'est que l'action se déroule sur près d'un demi-siècle ce qui permet à l'auteur un certain réalisme : tout ne se résout pas en deux claquements de doigts et cela est plutôt agréable dans une littérature actuelle donnant parfois le sentiment que tout va trop vite. L'auteur prend ici son temps, laisse son lecteur respirer ce qui accentue une ambiance déjà forte.

Pour ce qui est du cadre historique, nous sommes dans le 19° ce qui est toujours une période très riche pour ce genre de romans. Mais ici, l'auteur prend le parti de nous parler d'une maladie qui toucha gravement les vignes : la phylloxéra. Et en parallèle de l'intrigue c'est avec beaucoup de talent que ce sujet est développé par un auteur qui nous fait vivre ce mal du siècle pour les vignerons.

Quel bonheur une nouvelle fois de retrouver le style si prenant, si touchant et de telle qualité d'un auteur qui a su une nouvelle fois créer une vraie ambiance et des personnages auxquels on croit. On prend plaisir à voir évoluer et grandir Camille et Adrien tout en se laissant porter par une intrigue dont on connaît une part des tenants et aboutissants tout en ayant envie d'en savoir le dénouement.

En conclusion...

Voici un roman que je n'aurais sans doute pas lu s'il n'avait pas connu une réédition et je serais franchement passée à côté de quelque chose de pas mal du tout, en plein dans la tradition du roman de terroir telle qu'on l'imagine et telle qu'on l'apprécie. Voici un roman que j'ai aimé pour ce qu'il m'a appris sur la phylloxéra et pour l'émotion qu'il m'a apporté.
Un très beau roman de l'auteur à découvrir pour un auteur qui mérite d'être connu du plus grand nombre.

dimanche 17 mars 2019

Hansel et Gretel - Yvan Godbout

 

Infos sur le livre

éditions : ADA
date de publication : 09-07-2018
pages : 256
prix : 10€

Résumé éditeur

Une mère désespérée surprenant l'innommable dans le quatre pièces et demie miteux qu'elle partage avec son salaud et leur couple de jumeaux. Un frère et une sur télépathes ayant sauvagement perdu leur innocence, avidement convoités par les serviteurs de Satan. Une adolescente rebelle à l'enfance éclatée servant de guide dans une métropole abritant anges et démons. Un prêtre et une sorcière cherchant à accomplir la plus ancienne des prophéties du Necronomicon. Deux enfants comprenant que, si Dieu est une pure invention humaine permettant de vivre d'espoir, le diable lui, existe bel et bien. Hansel et Gretel était un conte pour enfants. Celui que vous découvrirez sous peu en est bien loin et risque de ternir à jamais votre part d'innocence. Êtes-vous réellement prêt pour cette balade dans les plus sombres abysses de l'âme humaine ?

Pourquoi ce livre ?

Ayant eu un coup de coeur pour cette collection, c'est sans hésiter que je me suis plongée dans ce volume face à la censure terrible dont l'auteur et l'éditeur sont victime en ce moment au Québec.

De quoi est-il question ?

Jeannot et Margot ont à peine 9 ans mais traînent déjà derrière eux un passif lourd et complexe entre une mère dépassée et un père violent. Car elle-même ayant été victime pendant des années, Alice ne sait comment protéger ses enfants jusqu'au jour où elle découvre l'horreur la plus absolue : son mari en train de violenter leur fille.

Alors tout s'enchaînent car il est désormais question, à tout prix, de protéger les enfants. Et si pour leur éviter le pire il convient de les abandonner, Alice est prête à ce sacrifice, convaincue que ses enfants sauront s'en sortir d'une manière ou d'une autre. Mais bientôt, c'est entre les mains d'une terrible sorcière que les enfants s'apprêtent à tomber.

Car il est une organisation secrète bien décidée à se servir des deux enfants pour faire revenir à la vie des êtres démoniaques, une secte au sein de laquelle rien n'est laissée au hasard et qui pourrait bien mener les enfants aux fins-fonds des pires tourments de l'âme humaine comme si le repos, pour eux, n'était pas permis.

Du côté de la forme...

S'il est bien une chose que je ne supporte pas, c'est l'acharnement et l'injustice. Alors bien sûr, avec la récente actualité autour de ce roman, j'ai eu envie de m'en faire mon propre avis afin de pouvoir vous en parler en tout état de cause.
Hansel et Gretel n'est pas forcément mon conte classique favori, loin de là. Le coup de la maison en pain d'épice et de la sorcière qui finit dans la cheminée, ça ne m'a jamais fait rêver. C'est pourquoi ce tome n'était pas celui qui m'attirait le plus mais dans le genre de l'horreur, l'abandon des enfants est toujours en très bonne place et l'auteur sait en jouer pour nous offrir un conte terrible.

Ce qui a choqué avec ce roman, c'est le développement assez atroce au début du viol de la fillette par son propre père. Mais si la scène est, à juste raison, troublante, elle entre dans une intrigue complète et n'est en aucun cas destinée à faire la promotion de ce genre de pratiques. Ce roman est et reste une fiction qui provoque des émotions et la réflexion du lecteur.

Si le lecteur comprend très bien toute l'horreur de la première partie du roman, il est vrai qu'il m'a été un peu plus délicat de comprendre où l'auteur voulait en venir avec la sorcière et la part un peu plus "imaginaire" de cette histoire. Pourtant, tout finit par trouver sa place à la fin du roman dans une bascule d'intrigue surprenante mais aussi parfaitement terrible.

Etrangement, il n'est pas aussi facile qu'il y paraît de s'attacher aux personnages de ce roman dont on ne sait trop finalement que penser. Et parce que l'auteur joue d'une ambiance très étrange et très destabilisante, celle-ci prend le dessus sur une intrigue par laquelle on se laisse porter sans trop savoir où l'on va aboutir.

Pour ce qui est de mettre mal à l'aise, de jouer avec les nerfs du lecteur, de provoquer et de plonger dans l'horreur, l'auteur sait y faire. Mais il sait y faire dans un style prenant, efficace et travailler avec soin ce qui est toujours très appréciable. D'ailleurs, il sait aussi jouer avec la frontière entre fantastique et milieux sectaires ésotériques ce pour quoi je dis "bravo" !

En conclusion... 

Voici un roman qui m'intriguait pas mal et dont je souhaitais me faire mon propre avis suite à la polémique ayant lieu en ce moment pour l'auteur. Et si ce tome n'est pas mon favori de la collection, la thématique de l'abandon des enfants et de la pédophilie sont si terribles que le lecteur est forcé d'être touché et de se poser de terribles questions sur la réalité de la société d'aujourd'hui.
J'espère sincèrement que ce roman rencontrera le succès qu'il mérite et que le monde reviendra à l'endroit pour l'auteur et l'éditeur.

samedi 16 mars 2019

C'est un lapin - Heath McKenzie



Infos sur le livre

éditions : De Borée
date de publication : 24-01-2019
pages : 14
prix : 7,95€

Résumé éditeur

Vous ne devinerez jamais ce qui se cache derrière le rabat... Faites découvrir ce livre aux petites mains habiles et aux esprits curieux !

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions De Borée grâce auxquelles j'ai pu découvrir cet album qui m'avait beaucoup intriguée sur le programme de ce début d'année.

Mon avis...

"C'est un lapin" est un album dont la représentation de couverture est une paire de ciseaux. De quoi se poser des questions et de se demander ce que l'auteure nous réserve. Une couverture qui n'est pas sans faire penser à des mouvements artistiques comme l'absurde ou Magritte. Aussi, on a envie de savoir de quoi il retourne ce qui est déjà très fort !

Le format tout carton, ce n'est pas forcément le format dont il est le plus facile de parler. Faire un développement sur quelques pages à peine et, qui plus est, une histoire inexistante, pas évident ! Pourtant, je suis ravie de me plier à l'exercice pour ce titre-ci.

Le principe de cet album est simple : sur chaque page, un objet du quotidien, inanimé, présenté par l'auteur comme étant un animal. Sur la page en vis-à-vis, ce même dessin agrémenté d'un rabat à ouvrir pour découvrir, sous ce pliant, une part de l'objet remplacée par le corps d'un animal tendis que la part restée visible devient tout autre chose.

Ce que j'ai trouvé plaisant avec cet album, c'est le jeu qui est fait à l'attention de l'enfant pour lui faire manipuler le livre tout carton mais lui rendre concrête l'expression : "ne pas se fier aux apparences". De quoi amener l'enfant à réfléchir sur le monde qui l'entoure et à découvrir son petit monde dans une entreprise ludique.

Le jeu n'est nul autre que celui de deviner ce qui va se trouver sous le rabat et ça, c'est toujours quelque chose qui fonctionne. L'enfant aura plaisir à découvrir ce que cache le rabat et il est vrai que même le lecteur adulte, bien que plus averti, prend aussi plaisir à ce petit moment qu'il aura d'autant plus de plaisir à passer en lecteur aux plus jeunes.

Mon regret serait que la répétition de page en page des phrases de présentation aurait mérité un peu plus d'originalité afin de développer, en même temps que l'imaginaire de l'enfant, un peu plus de vocabulaire. Ici, la "phase lecture" m'a semblé un peu trop simpliste ce qui est dommage et aurait mérité davantage d'investissement.

Cela étant, j'ai beaucoup apprécié le travail d'illustration avec un graphisme simple mais agréable avec lequel on retrouve sans mal une belle part de la littérature enfantine telle qu'elle fonctionne toujours avec les plus petits. De plus, les animaux présentés sont très divers ce qui ouvre le monde des enfants et n'est pas inintéressant.

En conclusion... 

Cet album m'intriguait et je suis plutôt contente de ma découverte. Car si nous ne sommes pas dans de la très grande littérature jeunesse, nous sommes dans quelque chose qui fonctionne toujours avec les enfants entre le jeu de la découverte sous les rabats, le travail d'illustration et l'invitation au jeu pour l'enfant.
Cet album fait partie d'une collection de différents titres, à chacun de se laisser tenter par un animal ou une couleur. 

jeudi 14 mars 2019

Prix Jean Anglade (2)

Salut à tous !

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Souvenez-vous... En octobre dernier je vous parlais du lancement du premier prix Jean Anglade lancée par les Presses de la Cité et plus particulièrement l'éditrice Clarisse Enaudeau.

Hier, c'est à l'hôtel littéraire Alexandre Vialatte de Clermont-Ferrand que le jury du prix s'est réuni pour désigner les 5 finalistes.

https://www.hotelvialatte.com/wp-content/uploads/sites/369/2015/12/Hotel-Literaire-Alexandre-Vialatte-10.jpg 

Sous la présidence de Franck Bouysse, rien que ça, le jury devra désormais désigner le manuscrit qu'ils jugeront digne d'être publié chez Terres de France

Le Lauréat sera désigner lors du prochain Salon du livre de Royat en octobre 2019. 

Mais en attendant, il est l'heure de vous présenter les 5 finalistes !

   
                                             Bernard Jenatton                 Nahi Moreau 

  
                                         Véronique Pierron                 Elisabeth Raynal

Christian Vialle

Pour en savoir plus sur les auteurs et sur leurs manuscrits, c'est ici
  

mercredi 13 mars 2019

Le vieux qui promenait son chien - Sylvie Ongenae

 

Infos sur le livre

éditions : Lucien Souny
date de publication : 15-03-2019
pages : 192
prix : 16,50€

Résumé éditeur

Samuel Amok a huit ans quand survient le pire drame pour un enfant : un accident lui arrache ses parents, son frère et sa sœur. Mais la vie ne s’arrête pas pour autant : il doit réagir, faire face, et survivre à ce funeste destin. Sans transition, il passe du bonheur le plus complet à la détresse la plus absolue. Dépouillé de tout lien affectif et de tout repère, il se dispersera et adoptera des comportements qui mettront ses jours en péril. Jusqu’à ce que son chemin croise celui d’un vieil homme, Henri, qui promène son chien. C’est l’étincelle qui fait tout chavirer, laissant entrevoir un horizon des plus inattendus. Et la métamorphose opère… 

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions Lucien Souny grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau roman plus contemporain d'une auteure dont j'apprécie beaucoup le travail.

De quoi est-il question ?

Le jeune Samuel est enfant heureux, entouré de ses parents, de son frère, de sa soeur et de sa chienne Lulu qu'il aime plus que tôt. Il est bon élève et pratique avec brio le judo. Rien ne semble pouvoir venir troubler ce bonheur jusqu'au jour où une terrible tempête arrache l'arbre de leur jardin, le fait tomber sur la maison et rend l'enfant orphelin alors même était à une compétition.

Dès lors, l'enfant se referme sur lui-même et ni la gentillesse des infirmières à l'hôpital ni la patience de son éducatrice n'y fera rien. Et alors qu'il est confié à la Tata, une mère d'accueil qui ne lui revient pas, l'enfant sage et discipliné qu'il était devient un enfant revêche, en colère, insolent. Prenant en grippe son nouveau maître, il devient même mauvais à l'école.

Pire ! Lorsque l'enfant décide de fuir, il devient agressif et n'hésite plus à s'en prendre à des vieilles dames dans des cimetières. Une pente glissante et vertigineuse sur laquelle s'est embarquée le jeune garçon jusqu'au jour où, par la fenêtre, il repère ce vieil homme promenant son chien. Tout d'abord fort désagréable avec lui, il se découvrira bientôt un ami qui pourrait le faire sortir de sa nuit...

Du côté de la forme...

Impossible, avec le titre de ce roman, de ne pas penser aux romans déjantés Jonas Jonasson... Mais si on y pense, la comparaison s'arrête là ! Et pour ma part, c'est par envie de découvrir un roman sortant du terroir d'une auteure que je suis que je me suis plongée dans cette lecture.

Tout roman débute par un bouleversement. Et ici, c'est dans la vie d'un enfant que va survenir ce bouleversement ce qui n'est pas sans toucher le lecteur. Tout peut avoir lieu mais, lorsque le malheur touche un enfant, le sentiment que nous en avons se décuple. Et ici, la sentence sera atroce pour le jeune Samuel qui perdra toute sa famille par un coup du sort que nul n'aurait pu prévoir.

D'emblée, le lecteur est donc pris aux tripes et ne peut s'empêcher de se dire que le malheur tel qu'il est présenté pourrait le toucher lui aussi. Une belle leçon de vie pour ne jamais oublier ! Le parti pris de l'auteure est de montrer le bouleversement mais aussi de nous offrir un panel des réactions des adultes face à l'enfant. Des réactions  jugées du point de vue de l'enfance ce qui change tout.

Rappelons que l'auteure a fait sa carrière en tant que psychologue pour enfant. Et si cette volonté de mettre l'enfant en valeur était déjà bien présente dans ses précédents romans, il s'agit ici pour elle de nous donner à voir un peu de ces enfances brisées d'aujourd'hui. La psychologue rencontre alors l'écrivaine et le mélange est savoureux !

Mais si ce roman est celui d'une enfance tourmentée, il est aussi celui d'une rencontre. D'une renontre entre deux être, d'une rencontre entre deux générations. Car l'enfant va rencontré un vieil homme et une amitié va naître. Un souffle d'espoir qui fait du bien mais aussi un travail sur l'intergénérationnel qui prouve que l'amitié n'a pas d'âge.

Et ainsi, par le style si fort et si émouvant de l'auteure, nous allons assister à une reconstruction comme nous aimerions qu'il y en ait plus en ce monde. Elle sait faire réfléchir le lecteur sur ses propres chances tout en lui proposant d'offrir cette même chance à d'autres. Elle sait nous faire aimer un personnage que, dans la vraie vie, nous aurions sans doute pris en grippe trop tôt.

En conclusion... 

Voici un roman qui me tentait énormément et dont j'avais très envie de vous parler afin de vous reparler de l'auteure. Celle-ci sort ici du terroir pour nous offrir un roman contemporain en plein dans ce qu'elle connaît le plus : la psychologie de l'enfant. Et elle y parvient à merveille avec un texte qui fait réfléchir sur la vie, sur l'enfance et sur l'amitié.
Un roman à découvrir sans attendre par toutes les générations !

dimanche 10 mars 2019

Le pensionnat de Catherine - Florence Roche

Le pensionnat de Catherine  - Florence Roche   

Infos sur le livre

éditions : France Loisirs
date de publication : 04-03-2019
pages : 304
prix : 16,99€

Résumé éditeur

Dans les années 60, les secrets de la guerre commencent seulement à affleurer… Samuel, jeune professeur, découvre l’origine de son adoption : à 6 ans, il a fui le chalet où des passeurs avaient rassemblé de riches familles juives pour les dépouiller et les abattre. Camille, elle, n’a connu que l’éducation sévère mais juste de sa mère Catherine, directrice de pensionnat, quand l’identité supposée de son père lui est révélée. Dans la région d’Annecy, ils vont se rencontrer et mener ensemble une périlleuse quête de vérité.

Pourquoi ce livre ?

Un nouveau de Florence Roche en exclu France Loisirs ? Je ne pouvais décemment pas ne pas m'y plonger dès sa sortie !

De quoi est-il question ?

Au coeur de la seconde guerre mondiale, une mère tente de fuir en Suisse avec son enfant, Samuel, pour échapper aux rafles qui menacent les juifs. Mais alors qu'elle croit passer les Alpes, cette mère comprend que ces hommes sans scrupule ont le seul but d'amasser la fortune de ceux qui n'ont plus le choix. L'enfant parvient à fuir et ait reccueilli par une famille paysanne.

Des années plus tard, dans les années 60, le jeune Samuel a grandi. Sur son lit de mort, sa mère adoptive lui révèle ce pan de son passé. Dès lors, le jeune homme décide de partie en quête de ses origines. Dans le même temps, dans une pension de jeunes filles, la nouvelle enseignante d'anglais est défenestrée ce qui pourrait avoir lien à l'attitude de la directrice de la pension.

Camille, jeune femme sûre d'elle mais dont les blancs dans ses origines restent une épreuve veut comprendre pourquoi. Ses pas vont la ramener à Annecy, lieu de la jeunesse de sa mère pour une enquête qui va tout changer sur tout ce qu'elle croyait savoir de son histoire. Sur sa route, elle rencontrera Samuel. Ensemble, ils iront jusqu'au bout pour dévoiler les secrets du passé.

Du côté de la forme...

Il est des auteurs comme ça pour lesquels vous ne vous posez pas de questions et dont vous acquerez un nouvel opus avec la conviction que vous ne serez pas déçu. Pour moi, Florence Roche fait partie de ceux-ci et ce nouveau titre m'attirait tout particulièrement.

Si on ne compte plus les romans traitant de la seconde guerre mondiale, certains pans de cette histoire restent très tabous. Et ici, l'auteure s'y confronte en présentant ces passeurs qui demandaient des fortunes aux juifs pour soi-disant les aider à fuir mais qui, finalement, les tuaient sans état d'âme dans les montagnes. Une horreur qu'il n'est pas difficile de mettre en parallèle d'aujourd'hui. 

Si le premier chapitre nous plonge au coeur de l'horreur, l'idée de l'auteur est pourtant de nous ancrer une vingtaine d'année plus tard avec des jeunes gens partant en quête du passé, en quête de leurs histoires respectives et en quête des secrets de leurs familles. Et une nouvelle fois, c'est avec le talent qu'on lui connaît que Florence Roche nous invite dans la vie de ses personnages.

Très vite, les deux histoires vont pourtant se rejoindre avec Camille et Samuel qui vont partir ensemble dans les tourments de l'histoire. Bien sûr, une relation va se tisser entre eux ce qui donne un peu de baume au coeur dans l'effroi que nous ressentons page après page. Car ce roman dévoile combien ne nous savons jamais rien des autres.

Mais si ce roman est historique et dans la lignée du roman familial, une part polar se met doublement en place avec d'un côté la dénestration de cette professeure d'anglais et, de l'autre, l'assassinat du père de Camille, le monstre. Au-delà des secrets de l'histoire c'est donc une véritable enquête au sens premier qui se met en place avec un dénouement que je n'avais pas vraiment vu venir.

Je ne vous surprendrai pas en vous disant que c'est encore avec un plaisir infini que j'ai retrouvé le style si fort, si bienveillant et si fin d'une auteure qui sait mêler les genres, qui sait nous impliquer dans son histoire et qui sait nous faire faire le lien avec notre histoire contemporaine. Et ici, c'est avec beaucoup de soin qu'elle nous confronte à ce tabou de l'histoire qu'il convient de ne jamais oublier.

En conclusion... 

Dès sa sortie, il a fallu que je lise ce roman d'une auteure que je suis avec soin et sur une thématique qui me troublait avant même d'ouvrir l'ouvrage. Autant dire que cette histoire m'a frappée de plein fouet, a su me tenir en haleine et a su m'émouvoir au plus haut point. Florence Roche a su une nouvelle fois nous offrir un roman qui est un vrai tour de force !
Un roman à découvrir sans attendre qui pour moi est un énorme coup de coeur !

samedi 9 mars 2019

Oniriques 2019

Salut à tous,

Ce weekend se tenait le salon du livres des Oniriques à Meyzieu, tout près de Lyon. Et je l'avoue, ma décision pour m'y rendre s'est prise un peu en catastrophe. Du coup, autant dire que ma préparation s'est réduite à un grand néant.

Mais bon... Parfois, cela ne fait pas de mal non plus de ne rien prévoir et de juste se laisser surprendre, se laisser porter par l'ambiance et les rencontres comme au tout début.

Peu avant l'ouverture du salon, je suis sur place. Et je dois dire que je suis assez impressionnée par la foule qui se masse déjà devant les portes de la médiathèque !


Très vite, je comprends que cette foule étonnante est pour la marraine (et star !) du salon : Christelle Dabos ! Une auteure qui attire toujours  un monde fou tout en restant d'une gentillesse et d'une disponibilité sans faille pour ses lecteurs.

 Deux grandes salles composent la médiathèque
 
    

Je n'ai pas prévu de rester très très longtemps mais, d'emblée, je suis plus que ravie de revoir une auteure que j'apprécie immenséement :

Ruberto Sanquer

Et puis, le moment est déjà venu pour moi de faire ma découverte du salon avec une auteure que je n'ai jamais eu l'occasion de lire et dont la personnalité m'a donné envie de tenter l'expérience de lecture.

 Nathalie Somers

Mais il est vrai que pour me remettre dans le bain des salons, j'ai surtout profité de celui-ci pour revoir des auteurs dont j'apprécie le travail et que j'étais contente de retrouver en vue d'acquérir soit leurs nouveautés soit des titres que je n'avais juste pas.

 
Estelle Faye
pour
L'île au manoir

 Jean-Claude Mourlevat
pour
La rivière à l'envers

 Aurélie Wellenstein
pour
Mers mortes
 
 Aurélie Mendonça
pour
L'homme chocolat
 
 Sylvie Arnoux
pour 
Au bout du fil
 
Au détour du salon, j'ai aussi eu l'occasion de revoir Olivier Gay, Camille Brissot ou encore Jean-Luc Bizien pour lesquels j'ai tout bonnement oublier d'apporter des ouvrages à faire dédicacer mais ce n'est que partie remise.


Alors il est vrai que je n'ai pas préparé ce salon autant que je l'aurais dû et n'y suis pas rester autant que je peux rester dans d'autres salons mais pour une reprise je suis plutôt contente en attendant les fameux Quais du Polar à la fin du mois.