vendredi 2 août 2019

Des nerfs d'acier - Philippe Lemaire



Infos sur le livre

éditions : De Borée
date de publication : 04-07-2019
pages : 214
prix : 18,90€

Résumé éditeur


A la fin du XIX siècle, le jeune Johan de Winkler quitte sa Lorraine natale pour prendre le chemin de la capitale avec la ferme intention de marcher sur les traces de Rimbaud. Un destin malicieux et les rudesses de la vie se chargeront de faire voler ses ambitions en éclats. Si la littérature perd un poète, l'époque y gagne un témoin : devenu journaliste, Johan rendra compte de la construction de cette Tour Eiffel qui va célébrer à la fois le centenaire de la révolution de 1789 et le triomphe du génie industriel français, mais aussi des scandales qui secouent alors la France. A Montmartre où il vit, tandis que s'affirme l'impressionnisme, il croise marlous, peintres sans le sou et modèles à la si charmante vertu. D'un côté les forçats de l'acier, de l'autre la Butte, ses artistes, ses cabarets, son esprit libertaire. Deux mondes que tout oppose en apparence. Johan de Winkler parviendra-t-il à les rapprocher, le temps de cette virevoltante histoire d'amour et d'amitié, authentique épopée de l'âme humaine ?

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions De Borée grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau roman d'un auteur que je suis depuis pas mal d'années maintenant

De quoi est-il question ?


Quelque part en Lorraine, le jeune Johan est loin de faire la fierté de son père. Alors que celui-ci rêvait pour lui d'un grand avenir, à l'image de celui de son frère en phase de devenir médecin, le jeune garçon, lui préfère aller à la rêverie en s'imaginant devenir journaliste ou écrivain. Un choix bien mal vu par sa famille et, pourtant, le jeune homme décide malgré d'aller tenter sa chance à Paris.

Mais très vite, dans une capitale aux codes qu'il ne maîtrise pas, le jeune homme se retrouve vite en difficulté. Faisant trop confiance aux uns et bien incapable de se dresser devant d'autres, c'est très vite dépouillé que Johan doit aller demander conseil à son frère, frère bien décidé à tirer profit de la situation pour ses propres intérêts.

Alors, bien à mal de percer dans la presse parisienne dont il rêve, Johan se retrouve bientôt aux premières loges de la plus grande entreprise parisienne de l'époque : la construction d'une tour de fer pour la prochaine Exposition Universelle. Celle que l'histoire appellera la "Tour Eiffel". Un chantier gigantesque où de multiples petites mains s'activeront durant des mois.

Du côté de la forme...


Le XIXe siècle est, vous le savez sans doute, l'une de mes périodes historiques de prédilection et notamment la fin de siècle. Alors, forcément, un roman traitant de la construction de la Tour Eiffel et, en prime, par un auteur dont je ne manque plus une sortie, je ne pouvais pas passer à côté.

Tout commence par un récit comme nous les apprécions : l'émancipation d'un jeune homme quittant sa province pour aller tenter sa chance à Paris. Et pour cela, le lecteur s'attache très vite au personnage de Johan. Avec lui, il va découvrir la capitale de cet autre siècle et s'émerveiller de la capitale tout en se laissant surprendre par les malveillances toujours présentes de tous temps.

Très vite, le lecteur s'attache à ce personnage d'autant que sa naïveté qui peut parfois agacer est aussi très touchante et pleine de réalisme. Et puis, le lecteur s'attache aussi parce que Johan a les mêmes passion que lui, notamment la passion des romans et tout particulièrement les grands romans naturalistes de l'époque.

Autant dire que moi qui suis une grande amoureuse des romans de Zola, j'ai retrouvé un peu de cet univers dans ce roman mais, surtout, l'auteur sait user des références pour nous apporter un plus à l'ensemble. D'ailleurs, c'est aussi à travers ces références que l'auteur sait nous rendre ce roman réel et cela fait du bien.

Avec ce roman, le lecteur plonge à la fois dans le Paris historique, à la fois dans le monde de la presse et à la fois au plus proche de la construction de la tour devenue la plus célèbre du monde. C'est donc avec beaucoup de talent que l'auteur nous propose un habile roman se faisant témoin d'une époque entre manières de vivre et petites histoires dans la grande.

J'ai eu un grand plaisir à retrouver le style de l'auteur qui sait nous plonger dans d'autres époques et nous offrir un univers dans lequel il est aisé de se plonger, avec des personnages en lesquels on se retrouve et dans une intrigue qui change de ce que l'on peut avoir l'habitude de lire : une intrigue haute en couleur mais toujours emplie de bienveillance.

En conclusion...

 Voici un roman que j'avais hâte de pouvoir découvrir et avec lequel j'ai passé un très agréable moment, ancré dans une période historique et littéraire que j'affectionne tout particulièrement. Voici un roman que j'ai dévoré et qui a su me toucher tout en me donner envie de me replonger dans un roman de Zola que je n'ai pas lu depuis trop longtemps.
Voici un roman que je vous conseille vivement si vous aimez les belles histoires, le 19ème siècle et Paris.

mardi 30 juillet 2019

Dix - Marine Carteron



Infos sur le livre

éditions : Rouergue
date de publication : 20-03-2019
pages : 302
prix : 14,80€

Résumé éditeur 

1 manoir sur une île, 3 adultes, 7 adolescents, 10 coupables, 1 vengeance. Coupés du monde, sans moyen de communication, les candidats vont devoir s'affronter en prime time sur une chaîne nationale. Ils ne le savent pas encore mais le jeu a déjà commencé... et il n'y aura pas de gagnants.

Pourquoi ce livre ?

Un résumé de fou, une couverture canon, une maison d'édition super classe et tout ça pour une auteure qui vaut vraiment le déplacement... Comment ne pas se laisser tenter ?

De quoi est-il question ?

Ils sont dix. Sept adolescents, trois adultes. Tous ont été choisis pour participer à un jeu de télé-réalité dans un manoir, quelque part sur une île bretonne. Tous viennent du même lycée au sein duquel un malheur a eu lieu. Tous sont bien décidés à gagner alors même qu'ils ignorent tout du jeu. Tous s'interrogent sans trop comprendre...

Car bientôt tout bascule vers une inquiétante étrangeté : pourquoi l'ancienne infirmière du lycée, licenciée, est-elle présente ? Pourquoi tous les stéréotypes de la jeunesse semblent-ils être représentés ? Pourquoi les règles du jeu sont-elles si obscures et, surtout, quel rapport y a-t-il avec les contes les plus tragiques de la littérature française ?

D'autant que, très vite, l'angoisse monte encore d'un cran avec la disparition d'une des adolescentes dont le passé est en train de ressurgir. Une angoisse qui n'aura de cesse de mettre chacun face à ses démons et ses culpabilités dans un univers où le salut n'est plus permis. Car de ce jeu, personne ne pourra espérer la rédemption.

Du côté de la forme...

Après avoir absolument adoré Les autodafeurs, c'est sans l'ombre d'une hésitation que je me suis plongée dans ce nouveau roman d'une dont j'affectionne tout particulièrement le travail. D'autant que ce roman-ci était fait pour m'emballer.

La mise en place du roman et de l'intrigue sont assez longues, presque un tiers du roman, mais en parfaite adéquation avec l'univers que l'auteure a la volonté de nous offrir. Prendre le temps de découvrir chaque personnage, de s'interroger sur eux, de prendre conscience de certains troubles de leurs passé sans trop en apprendre non plus... Une parfaite mise en situation.

La montée en puissance de l'angoisse et de l'intrigue sont parfaitement bien maîtrisées avec un jeu sur les points de vue donnant à voir les sentiments de chacun sans que le lecteur ne parvienne jamais à réellement anticiper les successions d'événements. Pire, le lecteur comprend très vite que "quelque chose" ne colle pas sans parvenir à mettre le doigt dessus.

Vous le savez, je suis une fan absolue de réécritures, surtout lorsqu'elles sont bien faites. Et ici, il est facile de comprendre que l'hypotexte n'est nul autre que l'un de mes romans favoris de la littérature policière : Les dix petits nègres. Dès le résumé, on sait que nul n'en sortira vivant. Le tout sera de savoir pourquoi, comment et, surtout, qui...

On pourrait craindre que, parce qu'il s'agit de littérature adolescente, tout soit beaucoup trop soft et beaucoup trop facile avec le "happy end" obligatoire... Méprenez-vous car si les personnages de ce roman sont bien des ados, il n'est pas question pour l'auteur d'adoucir avec de la dentelle et des petites fleurs. Bien au contraire !  Ici, l'hémoglobine, l'horreur et la fin en apothéose sont de mise.

Quel bonheur que de retrouver le style de cette talentueuse auteure qui sait se servir des mots, qui sait faire des références sans trop les marteler et qui sait surtout nous proposer des personnages vrais avec leurs bons et leurs mauvais côtés. Quel bonheur que de se faire avoir et que de se retrouver avec une fin digne des plus grands polars.

En conclusion...

Ce roman, je me suis jetée dessus lorsque je l'ai vu chez un petit libraire et n'ai pas voulu le voir trainer trop longtemps dans ma pal. Une belle initiative car cela faisait un moment que je ne m'étais pas laissée porter à ce point par une intrigue. Ce roman est incroyable à tous points vue : personnages, histoire, ambiance, références, style.
Ce roman est à lire absolument par tous et est pour moi un vrai coup de coeur.

mercredi 24 juillet 2019

Maximilien Kolbe, un saint à Auschwitz - Jean-François Vivier, Joël Costes et Régis Parenteau-Denoël



Infos sur le livre

éditions : Artège
date de publication : 29-05-2019
pages : 52
prix : 14,90€

Résumé éditeur

Fin juillet 1941 à Auschwitz, le franciscain Maximilien Kolbe fait le sacrifice suprême. Il offre sa vie en échange de celle d'un père de famille. Cette fin héroïque ne doit pas faire oublier ce que fut le reste de la vie de cet homme hors du commun : journaliste, créateur d'une gigantesque aventure de presse, missionnaire au Japon... la vie de Maximilien Kolbe fut d'une richesse stupéfiante pour un homme qui ne souhaitait que la pauvreté. Une vie au service de la Vierge Marie. « Je voudrais m'user jusqu'à la corde au service de l'Immaculée, disparaître sans laisser de trace, et que le vent emporte mes cendres aux quatre coins du monde. » Maximilien-Marie Kolbe.

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions Artège grâce auxquelles j'ai pu découvrir cette BD consacrée à un homme dont j'avais envie depuis longtemps de connaître l'histoire.

De quoi est-il question ?

Nous sommes en juillet 1941, le prêtre Maximilien Kolbe a été arrêté et envoyé au camp d'Auschwitz pour avoir un peu trop contrarié le régime en place. C'est grâce à la foi qu'il parvient à supporter sa condition. Mais le jour où une évasion a lieu, le jour où dix prisonniers sont choisis au hasard pour être exécutés, le prêtre n'hésite pas à prendre la place d'un père de famille.

Dans une cave froide, sans eau ni nourriture, humiliés autant que faire se peut, les dix hommes savent qu'ils ne ressortiront pas de là vivant. Pourtant, pendant des jours, ils ne se lasseront d'écouter l'histoire de vie de Maximilien, de son enfance en Pologne jusqu'à son voyage au Japon en passant par son aventure éditoriale d'un magazine religieux.

L'occasion pour l'homme de faire un point sur sa vie tout en redonnant envie de se battre a ses compagnons d'infortune. Une bataille sans issue mais qui leur redonnerai la sensation, au moins un temps, d'être de nouveau des hommes et de se souvenirs de temps plus heureux et de combats gagnés contre vents et marrées.

Du côté de la forme...

La bande-dessinée n'est pas forcément le genre que je lis le plus mais, de temps à autres, certains titres m'intriguent comme cela a été le cas pour celui-là. D'autant que le graphisme de couverture me semblait plutôt attractif.

Soyons clairs... Nous sommes là avec les éditions Artège ce qui implique, forcément, un parti pris religieux catholique du texte et du message. On est pour ou on est contre mais il convient d'en avoir conscience au moment de débuter cette lecture qui sait alors mêler avec beaucoup d'habileté l'histoire et la religion.

Il s'agit là de découvrir la vie d'un homme, d'un prêtre, qui est rentré dans l'histoire par son sacrifice mais aussi par son symbole : comment, malgré les épreuves et les circonstances, savoir agir pour le mieux et sauver sa part d'humanité. Car par cette biographie ce n'est pas tant la religion qui est mise en évidence que la seule foi en l'humain.

Et puis, par cette BD, il s'agit aussi d'en apprendre un peu plus sur l'homme et sur son parcourt avant de connaître l'enfer. Un parcourt riche en expériences qui n'est pas sans faire rêver : voyages en Europe et jusqu'au Japon, immersion dans le monde éditorial de la presse, passion de l'enseignement auprès des jeunes... Mille vies en une rythmées par le hasard (les miracles ?) et les rencontres.

Cet ouvrage se présente comme une rétrospection dans la vie du prêtre, récit conté dans les plus effroyables des conditions ce qui apporte une très forte charge émotionnelle à ce passé et à cette nostalgie d'une vie révolue. De même que les compagnons de fortune de Kolbe, le lecteur se laisse porter par le récit et cette émotion.

Niveau style, nous retrouvons aisément le style de la bande dessinée avec le récit qui se mêle aux dialogues mais dans une écriture plutôt agréable qui sait séduire. Par ailleurs, le trait de l'illustration est réaliste et prenant pour être au plus proche du document. De quoi se plonger sans mal dans cet ouvrage et en apprendre beaucoup sur la vie d'un homme porté saint par l'Église.

En conclusion...

Voici une BD qui m'intriguait pas mal et avec lequel j'ai passé un moment très fort, plein d'émotion au coeur d'une période trouble. Grâce à cet ouvrage j'ai pu en apprendre plus sur une histoire dont j'avais déjà beaucoup entendu parler et qui mérite d'être connue de tous. Un ouvrage au sens artistique fort également et dont on ne ressort pas indemne.
Une BD à découvrir pour tous les amateurs d'histoire et de biographies intenses.

dimanche 21 juillet 2019

Aux douceurs du temps - Véronique Chauvy



Infos sur le livre

édition : De Borée
date de publication : 14-03-2019
pages : 341
prix : 19,90€

Résumé éditeur

Avril 1892. Lorsque Juliette apprend qu'elle est l'héritière d'une confiserie à Clermont-Ferrand léguée par un oncle dont elle n'a jamais entendu parler, elle comprend que cette nouvelle va changer son destin. La jeune fille aux origines modestes n'aurait jamais pu imaginer devenir un jour elle-même "confiseuse". Mais est-ce un métier pour une femme ? Saura-t-elle remettre à flot ce petit commerce et égaler la réputation des plus grands artisans de la ville ? Qui est cet oncle mystérieux et pourquoi l'a-t-il choisie, elle ? Va-t-elle relever le défi et tenter sa chance ? Happée par la curiosité, Juliette accepte de visiter cette boutique si bien nommée Aux Douceurs du temps... Malgré l'interdiction de son père et les manigances de ceux pour qui elle représente une future concurrente, sa décision est prise : elle sera "confiseuse"! 

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions De Borée grâce auxquelles j'ai pu (re)découvrir ce nouveau roman d'une auteure dont j'avais beaucoup apprécié le précédent opus.

De quoi est-il question ?

Nous voici à la fin du XIXème siècle, à Clermont-Ferrand. A sa grande surprise, Juliette se trouve être l'héritière d'une confiserie familiale. Contre l'avis de son père qui voit d'un très mauvais oeil cet héritage ainsi que la prise d'indépendance de sa fille, Juliette accepte l'héritage et devient patronne du lieu de gourmandise.

Très vite, Juliette devient une confiseuse de renom et attise convoitises et jalousies, notamment chez la gente masculine qui refuse de voir une femme leur prendre une part du gâteau que représente les douceurs dans la capitale auvergnate. Mais Juliette, forte de courage et de ténacité se battra contre vents et marrées pour conserver sa place.

Pour ce faire, elle sera aidée du libraire voisin qui se prend très vite d'affection pour elle. Et sa vie de femme seule, c'est bientôt avec une petite fille inattendue que Juliette devra la vivre alors même que de nouvelles épreuves se profilent pour elle. C'est ainsi qu'au tournant du siècle, Juliette sera aux premières loges pour voir le monde changer.

Du côté de la forme...

Après avoir passé un sublime roman avec le précédant opus de l'auteure, c'est avec une très grande joie que je me suis plongée dans celui-ci. D'autant que, se déroulant une nouvelle fois au coeur de Clermont-Ferrand

Le XIXème siècle est, vous le savez, une période que j'affectionne beaucoup. Le fait de débuter ce roman en cette période n'était déjà que pour me plaire et, dans ce roman, m'a permis de redécouvrir Clermont, ma nouvelle ville, dans un tout autre décors. Une belle manière d'en apprendre un peu plus sur l'historique de l'Auvergne.

Si vous cherchez un roman qui donne envie et qui, surtout, se savoure tout en donnant envie de sucreries, ce roman est fait pour vous. Car savourer ce roman avec une boîte de pâtes de fruits est sans doute la manière idéale de déguster ce roman qui redonne goût aux vrais bonbons, loins de tous produits chimiques.

Mais ce roman est avant tout une histoire de femme et de famille comme on les aime avec des batailles personnelles, des conflits, des épreuves mais aussi des secrets à découvrir. Et tout cela à travers une période historique que le lecteur est invité à découvrir. Une belle manière aussi de voir combien le monde est aujourd'hui à la fois le même et si différent.

Car si la thématique de la confiserie va se diffuser sur l'ensemble du roman, le caractère sucré va peu à peu basculer dans un caractère plus amer et plus difficile. Car les épreuves seront nombreuses pour Juliette. Pour autant, l'auteure ne manque de mettre une part de romance dans son histoire ce qui fait du bien et apporte un peu de douceur.

C'est avec joie que je me suis replongée dans un roman écrit par Véronique Chauvy qui sait si bien parler de l'Auvergne et de Clermont en particulier. Elle sait aussi nous faire aimer des personnages et nous faire respirer tous les sucres et toutes les douceurs de cette confiserie à l'ancienne. Une atmosphère qui donne envie de faire un bon dans le temps pour y goûter.

En conclusion... 

Voici un roman que j'ai eu le plus grand plaisir à lire, un roman qui m'a fait du bien et qui change un peu des thématiques que l'on peut avoir l'habitude de rencontrer dans le genre. Voici un roman donnant la part belle à une femme forte et courageuse. Voici un roman fort nous entraînant dans une histoire de famille comme on les aime.
Un roman que je vous invite à découvrir sans attendre et qui me donne envie d'attendre le prochain de l'auteure avec impatience. 

L'arbre des oublis - Corine Valade



Infos sur le livre

éditions : De Borée
date de publication : 13-06-2019
pages : 322
prix : 19,90€

Résumé éditeur

 La petite Lili vit chez Gros Monmon, au milieu d'une "marmaille" joyeuse qui s'ébat dans les magnifiques paysages de La Réunion. C'est le lot des enfants dont les parents ne peuvent s'occuper, faute de moyens. Cette existence à la fois libre et démunie convient très bien à la fillette. Sa mère, elle la voit parfois, mais c'est sa grand-mère de substitution qui lui prodigue l'affection dont elle a besoin. Malheureusement, les services sociaux ont d'autres projets pour ces petits Réunionnais, notamment les envoyer en métropole, où ils seront accueillis dans des foyers ou des familles adoptives. Lorsque la fillette apprend qu'elle va être séparée de Gros Monmon, du haut de ses quatre ans, elle ne comprend pas bien où on l'emmène et pour quelle raison... Arrachée à ses racines, que lui restera-t-il de cette petite enfance et de ses souvenirs enfouis mais bien présents ? Peut-être un chant ancestral : "Valet, valet, prête-moi ton fusil..." 

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions De Borée grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau roman d'une auteure dont chaque nouvelle lecture est pour moi un très beau moment.

De quoi est-il question ?

Dans les années 1960, la petite Lili vit sur l'île de la Réunion avec sa "Gros Monmon" et si la vie est parfois difficile, rien ne semble pouvoir venir tromper son bonheur. Jusqu'au jour où une dame vient la chercher, elle mais aussi d'autres enfants, pour les mettre tous dans un avion en direction de la métropole.

Quelque part en Creuse, un couple ne pouvant avoir d'enfant fait le choix de se tourner vers l'adoption. Mais les dossiers sont longs et compliqués... désespérants... Alors le couple décide de répondre à un appel du pays : adopter un enfant de la Réunion, le faire venir en métropole pour repeupler ce département de Creuse déserté.

Dès lors, tout sera question d'adaptation pour des parents peut-être pas tout à fait prêts à l'être et une petite fille regrettant amèrement son passé. Un passé qui ne manquera pas de ressurgir, des années plus tard, lorsque la fillette devenue grande commencera à s'interroger tout en tentant de construire sa propre vie.

Du côté de la forme...

Corine Valade fait partie de ces auteures dont je ne manquerais chaque nouveau roman sous aucun prétexte car ses romans, et elle-mêmes, savent toujours m'apporter une émotion très forte qui fait du bien dans les moments difficiles.

C'est une part bien peu connue de notre histoire de France que l'auteure a à coeur de présenter ici : celle des enfants arrachés à tout ce qu'ils avaient toujours connu pour aller repeupler un département français trop oublié par les grandes villes : la Creuse. Et si aujourd'hui la Creuse reste encore un département bien peu peuplé, ce roman donne une idée de ce que cela pu être.

Ici, nous découvrons Lili, une petite fille très attachante et très touchante à la place de laquelle on se met très facilement. Car on imagine alors tous ce que l'on aurait pu ressentir, enfin, d'être arraché à notre vie pour aller vivre à des milliers de kilomètres pour la seule ambition de quelques hommes politiques. Réfléchi de la sorte, quelle tragédie...

Ce roman est aussi un beau moyen de découvrir un peu de l'histoire de la Réunion et sur la condescendance de la métropole sur les anciennes colonies. Un moyen aussi de rendre compte à la fois des différences de cultures mais à la fois du pouvoir de l'amour sur tout le reste. Car finalement c'est une belle leçon d'amour que nous offre ce roman.

Nous le savons, nous finissons tous par oublier une part d'enfance. C'est ce qui va arriver ici à Lili qui, plus tard, devenue adolescente puis adulte tentera de débrouiller son passé. Un moment d'omniscience pour le lecteur qui, lui, sait et va avoir envie de guider Lili dans sa quête tout en étant fort émue par l'évolution de cette jeune fille au fil de l'histoire.

C'est avec un plaisir immense que j'ai retrouvé la plume si poétique d'une auteure qui sait raconter de belles histoires et nous offrir de vrais beaux moments d'émotion. Des moments renforcés par des relations humaines qui font du bien et qui redonnent foi en l'humanité en opposition aux quêtes de pouvoir et d'ambitions.

En conclusion... 

Voici un roman que j'avais hâte de pouvoir découvrir et que je suis ravie d'avoir pu lire en un rien de temps, très prise que j'ai été dans l'histoire de Lili. Avec ce roman j'ai beaucoup appris sur une terrible histoire française peu connue. Une belle occasion de se laisser toucher et émouvoir, une belle occasion de s'ancrer dans d'autres visions du monde.
Ce sera bien sûr avec plaisir que je lirai un autre roman de l'auteure dès que j'en aurai l'occasion et c'est avec force que je vous conseille cette lecture. 

Je me souviens, Rebecca - Nathalie Somers



Infos sur le livre

éditions : Nathan
date de publication : 18-08-2011
pages : 224
prix : 5,95€


Résumé éditeur

André vit au Chambon-sur-Lignon, village du Massif central où, en pleine Seconde Guerre mondiale, la population cache des réfugiés juifs. Un jour, une jeune fille à l'étincelante chevelure rousse arrive dans sa classe. Elle dit s'appeler Simone, mais André devine vite que c'est un faux prénom, qui dissimule son origine juive. Dans l'espoir de la voir plus souvent, il décide alors de devenir messager pour un chef local de la résistance, chez qui la jolie nouvelle est logée...

Pourquoi ce livre ?

C'est lors du dernier salon des Oniriques et en vue de mon projet de fac que j'ai eu envie de découvrir ce roman

De quoi est-il question ?

Au coeur de la seconde guerre mondiale, André vit avec sa famille dans une petite commune de Haute-Loire : le Chambon-sur-Lignon. La guerre, les habitants du village ne la sentent que de très loin et la vie des champs, l'école et les veillées en famille continue jour après jour. Mais André, lui, préfèrerait entrer en Résistance que de rester à l'école.

Au Chambon, pas une semaine ne passe sans que le train n'amène de nouveaux habitants, des juifs ayant fuit la grande ville pour se réfugier dans ce village qui deviendra village des Justes. Et c'est par l'un de ces train que le vent amène un jour une jeune fille rousse, de toute beauté, sous le charme de laquelle André tombe immédiatement.

Très vite, le jeune garçon n'a de cesse de trouver toutes les excuses possibles pour passer du temps avec celle qu'il a nommé pour lui-même Rebecca. Mais comment une relation peut-elle être possible entre secrets, craintes, passé douloureux et présent bien éprouvant ? D'autant que les dénonciation font rages dans tout le pays...

Du côté de la forme...

Voici typiquement le genre de lectures que j'affectionne dans le genre du roman de terroir. J'étais donc très curieuse de découvrir ce même genre d'histoire mais dans un roman adapté pour la jeunesse tout en découvrant une auteure que je n'avais jamais lue.

Tout commence avec une belle découverte de la vie d'un petit village de Haute-Loire dans un cadre historique très prenant. Très émouvant lorsqu'on connaît mais très instructif dans le même temps pour tous lorsqu'on ne connaît pas forcément, et ce surtout pour les plus jeunes. Et sans aller trop loin dans le pédagogique, la sauce prend.

L'auteure prend beaucoup de temps pour conter cette histoire du village des Justes : l'arrivée des nouveaux habitants, le secret jalousement gardé mais aussi, et c'est là la beauté de ce roman, la réaction des enfants qui savent mais sont aussi dans le secret et ne s'interrogent pas. L'occasion de donner un vrai rôle aux enfants et de ne pas les faire passer pour idiots.

L'arrivée de celle qui sera nommée Rebecca va tout changer pour le personnage principal et, bien sûr, le roman va basculer dans une histoire de romance entre deux adolescents qui ne laisse pas insensible. Un beau pied de nez pour démontrer que l'humain est toujours plus que le mal et que les belles histoires peuvent naître n'importe où.

Mais pendant tout ce temps, à l'image du personnage, le lecteur ne s'empêcher de s'interroger sur qui est Rebecca. Quel est son véritable nom ? D'où vient-elle ? Qui est-elle même ? Et puis, peu à peu, la tension va monter avec des problématiques liées à la période pour aller au plus fort de l'émotion pour le jeune lecteur.

Question style, j'ai beaucoup aimé la manière dont l'auteure raconte l'histoire et les personnages avec beaucoup de force et un travail de pédagogie qui ne prend pour autant jamais le pas sur sur l'intrigue et la fluidité du texte. Et jusqu'à la fin du roman, l'auteure sait ménager son lecteur pour lui offrir une histoire touchante et marquante.

En conclusion... 

Voici un roman que j'étais très curieuse de pouvoir découvrir et avec lequel j'ai passé un très agréable moment typiquement dans le genre de lectures que j'aime mais, cette fois, adaptée pour les enfants avec une part plus belle donnée à l'explication historique. Un roman plein d'émotion qui fait du bien et nous offre un moment plus doux d'une période historique troublée. 
Je suis ravie d'avoir pu découvrir cette auteure et serai ravie à l'occasion de lire d'autres de ses romans. 

lundi 1 juillet 2019

L'amour dans l'ombre - Alfred Lenglet



Infos sur le livre

éditions : Lucien Souny
date de publication : 01-11-2018
pages : 233
prix : 6,50€

Résumé éditeur

Pierre abandonne sa famille pour échapper au STO et réussit à rejoindre la Résistance. Dans la forêt du mont Mouchet, vaste et tortueuse comme un labyrinthe, il demeure en proie à un profond sentiment d'impuissance et de tristesse, loin des siens. Mais il sait que le devoir l'appelle et il puisera dans la nature la force de se battre pour la liberté. Fin août 1944, en mal et en manque d'amour, il arrive en pleine nuit chez lui. Il découvre avec stupéfaction que sa maison est occupée par une autre famille et que Hortense a été arrêtée par des miliciens. Ne comprenant rien à ce qu'on lui explique, il se lance dans une course folle pour la retrouver. Il pensait avoir vécu des moments dramatiques dans le maquis. II va alors connaître une autre horreur, la peur de perdre celle qu'il aime, la trahison et son cortège d'ignominies. La passion qui lie Pierre et Hortense parviendra-t-elle à les sauver du néant ? 


Pourquoi ce livre ?


Après avoir eu la chance de pouvoir lire certains polars de l'auteur, j'étais plutôt curieuse de découvrir un autre de ses univers : le roman historique.

De quoi est-il question ?


Au coeur de la seconde guerre mondiale, Pierre vit heureux avec sa famille, loin des tourments qui ravagent le pays. Sa seule ambition, protéger au mieux les siens. Mais bientôt, tout bascule. Car bientôt, Pierre est convoqué pour partir en Allemagne et rejoindre les rangs du STO. Pour y échapper, Pierre décide alors de s'engager en Résistance.

Pendant ce temps, son épouse tente de s'en sortir comme elle le peut dans un monde en perdition et dans une campagne où les délations deviennent maîtresses. Une vie dure et rongée par la crainte du quotidien et des lendemains. Jusqu'au jour où tout bascule dans un monde qui ne sera plus jamais le même.

Car à la fin de l'été 1944, Pierre rentre chez lui avec la vive espérance de retrouver ceux qu'il aime et regagner une vie "normale", oublier les épreuves. Mais son épouse, Hortense, a été arrêtée et n'est plus chez eux. Pierre n'aura alors de cesse de remuer ciel et terre pour retrouver celle qu'il aime et, enfin, rentrer au foyer.

Du côté de la forme...

Chacun le sait, ce genre de roman est typiquement le genre de romans que j'aime découvrir, dans lesquels j'aime me plonger et qui savent toujours me toucher au plus profond. Alors quand, de plus, l'auteur est quelqu'un que j'apprécie, je n'hésite plus.

Il est très aisé, dès le début du roman, de s'attacher aux personnages de cette histoire et de se laisser porter par un autre temps, une autre époque et d'autres modes de vies. Des vies bien éloignées de celles qui sont les nôtres aujourd'hui et décrites avec brio par l'auteur qui, pourtant, ne l'a pas vécu. De fait, il le raconte comme retraçant un récit entendu et cela fait du bien.

Certes, nous revoilà une nouvelle fois dans un cadre où il est question de la seconde guerre mondiale et des épreuves vécues à cette époque. Pour autant, l'auteur sait user d'un angle moins vu : celui du STO d'une part et celui des vies qui ne changèrent finalement guère à la campagne au début des conflits. Un réalisme fort qui percute.

Nous retrouvons bien sûr aussi ici les questions de liens familiaux qui ont toujours une force considérable dans ce type de romans pour nous rappeler, à chacun, ce qui est véritablement important et ce que nous sommes tous prêts à faire pour protéger et sauver les siens. D'autant plus dans une période troublée marquante.

La seconde partie du roman est plus forte encore avec la volonté d'un homme de braver tous les dangers pour retrouver sa famille ce qui n'est pas rien et ce qui ne peut qu'émouvoir. En cette seconde partie nous retrouvons un peu du talent de l'auteur à nous plonger dans des intrigues au sens premier du terme. De quoi faire monter l'angoisse du lecteur jusqu'à la résolution.

C'est avec grand plaisir que j'ai retrouvé ici le style de l'auteur mais dans un genre différent, un genre où il su mêler intrigue et histoire tout en nous offrant des personnages touchants avec lesquels le lecteur est fier et heureux de parcourir un bout de chemin. Par ailleurs, écrit avant ses polars, ce roman dévoile le style d'un auteur qui sait mêler les émotions.

En conclusion...

Voici un roman qui s'inscrit parfaitement dans le type de lectures que j'apprécie et avec lequel j'ai passé un très agréable moment. Voici un roman qui mêle histoire et frémissements pour le lecteur qui est invité ici à découvrir un auteur qui depuis a gagné ses gallons. Voici un roman tel qu'on les aime mais avec des thématiques un peu différentes.