lundi 18 février 2019

Weekend à 1 000 - 15 au 16 février 2019

Salut à tous,

Ce weekend avait lieu le premier Weekend à 1 000 de l'année et même si ce n'était pas forcément prévu de base, je suis absolument ravie d'avoir pris le temps et l'énergie de m'y investir. 

En effet, ce challenge aura été pour moi, pour le moins, l'occasion de faire un peu de bien à ma pal (surtout numérique) qui en avait grandement besoin.

 
672p

 
214 p

 
156 p

 
90 p

 
262 p

Soit un total de 1394 pages

Et je dois avouer que, parmis toutes ces lectures, il y a du bon, du très bon ! Et de mon côté j'ai eu la chance de pouvoir me plonger dans des choses très variées ce qui est toujours plaisant.

Alors ? Quels avis attendez-vous avec impatience ?

La petite sirène - Sylvain Johnson



Infos sur le livre

éditions : ADA
date de publication : 11-02-2019
pages : 262
prix : 10€


Résumé éditeur

Un père alcoolique qui tente de noyer son enfant difforme. Un couple de monstres de foires en cavale, poursuivi par un policier corrompu, au service d’un juge pervers. Une magnifique sirène prisonnière des griffes d’un forain sadique et qui se lie d’amitié avec un garçon homard. Une mystérieuse attraction montréalaise, le palais des nains, qui cache des abominations, d’absurdes personnages de cauchemars aux intentions machiavéliques.

Pourquoi ce livre ?

Ayant plutôt bien apprécié ma précédente lecture de la collection, Pinocchio, j'étais très curieuse de découvrir celui-ci, consacré à l'un de mes contes favoris.

De quoi est-il question ?

Lorsque Angela vient au monde, sa mère meurt en couche et son corps est marqué du syndrôme de l'horreur que sera sa vie. Car Angela est atteinte de sirénomélie, le syndrôme de la sirène.A partir du bassin et jusqu'à l'extrimité de ses pieds, ses jambes se rejoignent en une queue de poisson. Son père, terrifier, tente alors de la noyer avant de se donner la mort.

Un homme sauve alors le nourrisson et le confie à un cirque, souhaitant pour l'enfant une vie meilleure. Mais il n'en sera rien car dès lors, jour après jour, Angela sera exhibée tel un monstre de foire, les jambes recouvertes d'écailles de poissons morts le matin même, objets des perversions sexuelles des hommes de passage.

Dans son malheur, l'adolescente est accompagné d'Henry, le garçon homard qui, pour sa part voit ses membres supérieurs s'achever en pinces... Le jour où un drame survient, ceux qui sont tombés amoureux n'ont d'autre choix que de fuir, aidés par Nancy, employée du cirque. Mais l'horreur peut être encore plus terrible ailleurs...

Du côté de la forme...

La petite sirène est un conte que j'apprécie beaucoup dans toutes ses versions mais surtout dans sa version d'origine, déjà pas mal gore. J'étais donc curieuse de voir ce que les Contes interdits en avait fait et je n'ai pas été déçue du voyage !

Dès les premières lignes de ce roman, nous comprenons qu'il ne s'agit pas ici d'une réécriture au sens où on l'entend d'ordinaire. Car la petite sirène est ici un bébé très lourdement handicapé auquel on va imposer sa vie durant une condition de sirène. De quoi surprendre mais de quoi surtout embarquer d'emblée le lecteur dans une ambiance à la fois horrible et prenante.

Ici, c'est tout l'univers du cirque à la mode du XIXème siècle et pourtant dans un monde très actuel que l'auteur nous embarque : l'exhibition des "anormaux". Une horreur déjà en tant que tel mais une horreur poussée dans ses vices avec une Angela qui va être victime de maltraitances et jusqu'au viol faisant de sa vie un cauchemar.

Mais ce début qui nous semble déjà si atroce, n'est bien qu'un début car l'auteur n'épargnera rien au lecteur. Dès lors de la fuite vers l'inconnu, alors que cette fugue aurait pu être le début de quelque chose de beau, c'est là que l'horreur va encore monter d'un cran sans jamais sembler vouloir atteindre un sommet, comme si la montée de l'horreur était sans fin.

Et pourtant, l'horreur va se frotter page après page à des sentiments plus beaux se faisant témoin de cette valeur ancestrale : les monstres ne sont pas ceux que l'on croit. Ainsi, c'est l'amour qui va être clé ici, un amour sincère entre un homme et une femme, un amour maternel entre une femme et ceux qu'elle veut protéger, un amour d'amitié du lecteur pour les personnages.

Côté style, ce roman rend compte du label de la collection : "pour un public averti". Car l'auteur n'épargne rien à son lecteur, ni les scènes de viol, ni les chirurgies sanguinolantes. Pour découvrir ce roman, il faut avoir le coeur bien accroché et les nerfs solides mais l'auteur use de ces scènes terribles avec brio par un travail d'écriture à remarquer.

En conclusion... 

Dès que ce roman a été annoncé, j'ai eu envie de savoir de quoi il allait retourner et si je voulais de l'horreur et du morbide pour un conte réécrit à cette sauce-là, je n'ai pas été déçue ! L'auteur nous plonge, sans mauvais jeu de mots, dans la vie d'Angela et de toutes les épreuves qu'elle aura à subir au nom de sa queue de poisson et nous confronte à la cruauté de l'âme humaine.
Ce roman n'est certes pas à mettre entre toutes les mains mais pour ma part il m'a sorti de ma zone de confort et j'ai hâte de pouvoir découvrir les autres titres de la collection. 

dimanche 17 février 2019

Etrangères - Charline Malaval



Infos sur le livre

éditions : Lucien Souny
date de publication : 26-10-2018
pages : 156
prix : 14€

Résumé éditeur

 Emma est en train de se dorer au soleil sur une plage de l'île Maurice quand son destin bascule. Elle doit rentrer en France de toute urgence, mais un cyclone l'en empêche. Aucun avion ne décollera jusqu'à nouvel ordre. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, sa route croise celle de Priyanka avec laquelle elle se retrouve enfermée dans une maison tandis que les éléments se déchaînent. Mais Emma réalise trop tard que la fureur qui gronde en cette jeune femme est bien pire que le cyclone lui-même.

Pourquoi ce livre ?

Depuis le temps que j'avais vu passer ce roman, j'avais hâte de pouvoir m'en faire mon propre avis. Lors d'une commande d'ebooks chez l'éditeur, j'ai donc franchi le pas.

De quoi est-il question ?

L'île Maurice. Ses paysages idylliques et ses habitants chaleureux... Emma en rêvait et c'est pour réaliser ce rêve qu'elle a tout quitté, en France, pour venir à la découverte de cette autre réalité. Mais alors que rien ne semble pouvoir troubler sa quiétude, la jeune femme doit rentrer de toute urgence en métropole, jusqu'à ce qu'un cyclône la bloque au sol.

C'est alors qu'elle rencontre Priyanka, une jeune femme née et ayant vécu toute sa vie sur l'île. Le cyclône est proche et pour espérer s'en sortir les deux femmes n'ont d'autre choix que celui d'investir une maison, ensemble, alors même qu'elles ne se connaissent pas. Et très vite, cette situation des plus étranges les ouvrent aux confidences.

Emma a fui la France pour échapper à la douleur du cancer de sa mère. Priyanka est bloquée sur l'île au nom d'une promesse faite à son père. Des épreuves de vies qui rapprochent les deux femmes jusqu'à ce que le huis-clos, la peur et la promiscuité ne révèlent les véritables personnalités, des personnalités à craindre tout au autant que la fureur extérieure...

Du côté de la forme...

C'est à la foire de Brive, en novembre, que j'avais pour la première fois vu passer ce roman. Une nouvelle collection d'une maison d'édition que j'affectionne beaucoup, une auteure tout sourire à découvrir, une éditrice convaincue... De quoi me convaincre à mon tour.

En plein hiver, alors qu'une part de nous veut rester sous un plaid avec un chocolat chaud, une autre part de nous rêve de s'envoler vers les pays chauds. Et c'est exactement de celà dont il est question dans ce roman avec un voyage époustouflant sur l'île Maurice que l'on savoure grâce à une auteure qui sait nous faire rêver.

Pourtant, très vite, le lecteur passe du rêve au cauchemar en découvrant une autre facette de ce lieu de rêve : le déchaînement de la nature et les cyclones tels que nous en avons tellement entendu parler dans l'actualité. Et c'est une nouvelle avec une force incroyable que l'auteure nous donne à voir ce déchaînement. C'est alors un tableau, une photographie qui s'étend devant nos yeux.

Le roman se transforme alors en huis-clos avec deux femmes qui vont être forcées de vivre ensemble en attendant la fin de la tempête. Le huis-clos est un genre qui j'affectionne tout particulièrement surtout lorsqu'il est bien traité et celui-ci l'est ! Car des confidences du début, l'angoisse va peu à peu monter jusqu'à une fin en apothéose qui bouleverse l'ensemble de l'intrigue.

Alors il est vrai que ce roman a un petit côté de En attendant Godot : les deux femmes attendent la fin du cyclône et trompe l'ennui dans leurs échanges verbaux. L'occasion pour le lecteur de découvrir ces deux femmes, de s'interroger sur elles. Car la féminité est au coeur de cette intrigue sans pour autant que le roman ne soit féministe.

Avec un style très fort et très littéraire comme on aime à les savourer, l'auteure nous propulse dans une ambiance à laquelle on croit et nous présente des personnages à la fois si réels et fantasmagoriques. L'occasion aussi pour le lecteur de se confronter à des divergences de cultures et de façons de vivre pour le sortir de son petit confort sans faille.

En conclusion... 

Cette lecture je l'attendais sans trop savoir à quoi m'attendre ! Et bien je dirais, quelle claque ! Une claque due à l'intrigue, certes, mais aussi une claque due à une ambiance frappante et surtout une claque littéraire ! Car de ce roman, on retient la capacité de l'auteur à faire usage des mots pour nous offrir un tout incroyable.
Ce roman est pour moi un  coup de coeur que je vous conseille vivement ! 

samedi 16 février 2019

Pour l'amour de Lauren - Karine Lebert



Infos sur le livre

éditions : Presses de la cité
date de publication : 17-01-2019
pages : 416
prix : 20,50€

Résumé éditeur

Entre la Normandie et la Louisiane, portraits croisés de deux femmes audacieuses en terre inconnue. L'une, américaine, cherche à remonter le fil de sa généalogie et enquête sur sa grand-mère maternelle française, une war bride, qui a tout quitté par amour... Par l'auteur des Amants de l'été 44. Au nom de la vérité, Gemma, New-Yorkaise, a fait voler en éclats son quotidien trépidant de femme d'affaires. Sous le charme de la Normandie, elle part depuis Honfleur sur les traces de son aïeule, Philippine, cinquante ans après, grâce à ceux qui l'ont connue. Par amour, celle-ci a tout quitté, sa famille, sa Normandie. Pour Ethan, un beau GI rencontré à l'été 1944, Philippine a rejoint sa belle-famille en Louisiane. Passé le choc de la découverte du Nouveau Monde, le bonheur s'offrira-t-il à la jeune exilée, mariée, enceinte, loin des traditions de son pays natal ? Gemma veut savoir : quelle était la vie de Philippine, là-bas, à La Nouvelle-Orléans ? Pourquoi est-elle rentrée en France ? Seule ?... 

Pourquoi ce livre ?

Merci aux Presses de la cité grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce roman d'une auteure que j'apprécie beaucoup, que j'attendais avec la plus vive impatience.

De quoi est-il question ?

Partie des Etats-Unis pour faire la lumière sur le passé de sa famille, Gemme a découvert le passé de sa grand-mère, Philippine, tombée amoureure d'un GI pendant la guerre. Un an plus tard, Philippine est est partie Outre-Atlantique pour rester auprès de l'homme qu'elle aime mais rien ne sera aussi simple que ce qu'elle croyait.

Car dans ce pays aux traditions fortes et aux mentalités sur la ségrégation et sur la place des femmes, Philippine a bien du mal à s'adapter. D'autant que l'homme qu'Ethan, qui sombre peu à peu dans l'alcool et les frivolités estime de son plein droit de rester libre tendis que Philippine l'attend à la maison, enceinte...

C'est cette période troublée de la vie de sa grand-mère que la jeune Gemma va avoir à coeur de découvrir et de comprendre en allant à la recherche de ceux qui l'ont connue et de ceux qui pourraient mieux la renseigner sur cette époque afin de mettre le doigt, enfin, sur le passé de sa mère Lauren et sur ce qu'elle savait vraiment de l'Europe.

Du côté de la forme...

Après Les amants de l'été 44, j'avais hâte de retrouver Gemma dans ses pérégrinations sur le passé de sa famille. Car il faut bien avouer que l'auteure nous avait laissés sur notre fin avec le premier tombe de son diptyque.

Point de méthodologie mais point essentiel, il est appréciable au début de ce nouveau roman de découvrir un prologue résumant de manière claire et précise le premier volet de cette saga familiale. L'occasion de se remettre dans le bain et d'apprécier ce roman dès ses premières sans avoir besoin de chercher de quoi il retourne. Merci pour ça !

Nous retrouvons donc ici nos chapitres en alternances avec, tour à tour le point de vue de Gemma partant en quête de réponses et le point de vue de Philippine que nous allons suivre "en direct" dans sa nouvelle vie américaine bien loin du rêve qu'elle espérait vivre. De quoi mettre face à face des deux époques, deux femmes, deux défis de vies.

Nous restons dans du roman régional ici, certes, avec cette découverte ou redécouverte de la Normandie. Une région que je n'ai jamais visité mais où je rêverais de me rendre un jour. Et c'est avec brio que l'auteure nous parle de cette région, avec passion qu'elle nous décrit les villes et les décors à travers un regard neuf.

Mais ce roman, c'est aussi la découverte de l'Amérique par ce même regard naïf  à travers lequel va nous être donné à voir des vies bien différentes des nôtres. Les deux histoires se mêlant c'est alors un vrai message d'émancipation féminine que l'auteure nous offre, des histoires de femmes comme on les aime et qui rende compte des combats menés pour ne pas sombrer.

Quel bonheur que de retrouver avec ce roman l'écriture de Karine Lebert qui sait toujours nous dévoiler avec beaucoup de douceur des pans terribles de l'histoire. Sans juger ni tomber dans le pathos, elle sait nous faire réfléchir sur des questions essentielles : la place de la femme, le secret de famille mais aussi le traumatisme de guerre.

En conclusion... 

Voici un roman que j'attendais depuis que j'avais fini le premier tome et je n'ai pas été déçue de ma découverte. Voici un roman qui mêle régionalisme normand et plongée dans une amérique d'un autre temps. Voici un roman qui nous parle des femmes, des femmes auxquelles toutes les générations sauront s'identifier.
Vivement le prochain roman de l'auteure !

vendredi 15 février 2019

Ces grands-mères qui savent tout - Gabrielle Adam



Infos sur le livre

éditions : Lucien Souny
date de publication : 15-02-2019
pages : 176

prix : 15€

Résumé éditeur 

Chaque été, la jeune Cynthia quitte Paris pour rejoindre avec bonheur la Normandie où vit Gilles, son ami de toujours, et sa grand-mère d’adoption, Léontine. Mais cette année-là, dans le décor enchanteur du bocage, les jeux insouciants de l’enfance, les bêtises de gosses dans les champs, les farces et les rosseries font doucement place à un sentiment plus euphorique, vite contrarié par la découverte épouvantée que font les jeunes gens qu’ils sont peut-être frère et sœur. Bien décidés à triompher des obstacles, de l’attitude ambivalente et hostile de leur entourage, des non-dits que leur imposent les adultes, Cynthia et Gilles perceront-ils les mystères d’une photo jaunie et d’une déplaisante tache de naissance ? La douce et dévouée Léontine, mémoire du village, sait tout, ils en sont persuadés. Révélera-t-elle enfin cette vérité qui la ronge depuis seize ans et qui permettrait pourtant à ses deux protégés de prendre leur envol ?

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions Lucien Souny grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce roman, et cette auteure, dont le résumé m'intriguait beaucoup.

De quoi est-il question ?

Cynthia est une adolescente sans histoire vivant à Paris avec sa mère, Anne. Une mère qui a été élevée par Léontine, une femme de la campagne que Cynthia condière aujourd'hui comme sa propre grand-mère et est ravie de retrouver chaque été pour de doux moments de quiétude et de bonheur dans un monde de l'ancien temps.

L'occasion aussi pour la jeune fille de retrouver Gilles, ce garçon avec lequel elle a grandi et qui ne la laisse pas insensible. Mais cet été-là, pour les deux jeunes gens, cette relation s'apprête à évoluer au grand damne des adultes qui les entourent qui ne voient pas d'un très bon oeil cette relation hors convenances et prête à soulever de bien lourds secrets.

A la fin de l'été, pour Cynthia, il s'agit de rejoindre la capitale et sa mère, bien froide, lui laisse entendre qu'elle envisage pour elle un avenir plus radieux qu'un retour à la misère des campagnes. Mais quand l'adolescente apprend à sa mère que ce qui compte pour elle c'est aussi cette relation naissante avec Gilles, l'adolescente comprend qu'on lui cache quelque chose...

Du côté de la forme...

A la lecture du résumé de ce roman, j'ai été immédiatement intriguée avec l'envie de comprendre de quoi il retournait. Je n'ai donc pas attendu très longtemps pour m'y plonger avec cette sensation d'aller vers un genre du terroir et du secret de famille comme je les aime.

Il n'est pas si simple de déterminer dans quel période historique se situe ce roman. Autant pourrait-il se dérouler en un autre siècle, autant pourrait-il être très actuel. Aux vues des prénoms des personnages nous pouvons miser sur les années 1960-70, dans une phase de renouveau de l'interprétation de la vie entre ville et campagne ce qui est très bien fait.

Nous allons découvrir ici Cynthia, une adolescente très touchante en laquelle il n'est pas difficile de se reconnaître entre envie de liberté, émancipation, amoures et attachement à la grand-mère qui n'est pas sans nous rappeler nos propres relations avec nos grands-parents. Car le lien entre Cynthia et Léontine est fort, puissant, en phase avec ces relations privilégiées telles qu'on les imagine.

Alors bien sûr, il va s'agir ici d'une relation amoureuse mise à mal par des secrets de famille que les jeunes gens vont s'évertuer à découvrir. Une trame classique, certes, mais très bien rendue ici par des ellipses temporelles qui donnent voir l'essentiel et surtout un point de vue par les adolescents qui rend compte d'une modernité d'écriture plaisante à lire.

L'auteure joue avec brio sur la dualité entre ville et campagne, sur les mentalités des uns et des autres, sur les relations humaines surtout qui font du bien tout en mettant en valeur les rébellions adolescentes à l'égard de parents qui ne savent pas toujours quoi faire pour protéger leurs enfants et protéger leurs propres histoires. Ce roman est donc humain, tout simplement.

Découvrir un nouvel auteur c'est découvrir un nouveau style et, en l'occurence, un très beau style travaillé et élégant qui donne à voir toute la passion de l'auteure pour les mots mais aussi pour la région qu'elle nous offre de découvrir. Et si l'intrigue elle-même est classique, elle réserve tout de même de belles surprises et offre un moment de quiétude dans notre monde de brutes.

En conclusion... 

Voici un roman que j'étais très curieuse de découvrir et dans lequel je me suis plongée sans être capable de m'arrêter. Voici un roman dont l'intrigue est peut-être peu originale mais qui nous propose des personnages si beaux et si attachants que cette humanité devient très vite ce qui compte le plus, notamment dans cette intergénération qui nous rappelle notre amour pour nos grands-parents.
Je n'hésiterai pas à lire un autre roman de l'auteur à l'occasion. 

jeudi 14 février 2019

L'insigne du boiteux - Thierry Berlanda


Infos sur le livre

éditions : De Borée
date de publication : 14-02-2019
pages : 275
prix : 16€

Résumé éditeur

Un assassin, qui se fait appeler le Prince, exécute des mères de famille sous les yeux horrifiés de leurs fils âgés de 7 ans. Opérant à l'arme blanche avec une rare sauvagerie, le meurtrier taille ses victimes en lanières. Telle est la punition qu'il inflige. Mais qui punit-il ? Et de quoi ? Pour répondre à ces deux questions fondamentales, le commandant Falier s'adjoint les services du professeur Bareuil, spécialiste des crimes rituels, " retraité " de la Sorbonne, et de Jeanne Lumet, qui fut sa plus brillante élève. Or la jeune femme est mère d'un petit garçon de 7 ans. Détail qui n'échappera sans doute pas au Prince... Dès les premières pages, l'auteur nous plonge dans une descente vertigineuse au fin fond de la folie meurtrière. Certaines figures cauchemardesques prennent vie dans notre réel. Le Prince est de celles-là. Gageons que cette créature qui se nourrit de nos peurs hantera longtemps nos mémoires.

Pourquoi ce livre ?

Merci à Eric Poupet grâce à qui j'ai pu découvrir ce roman à la couverture plutôt intrigante, divers événements m'ont permis de me plonger, enfin, dans cette lecture.

De quoi est-il question ?

Durant toute sa carrière, le commandant Falier en a vu des crimes en tous genres du meurtre de prostituées aux cambriolages ayant mal tourné. Mais des affaires comme celle qui se présente à lui aujourd’hui, jamais ! Car l’affaire qui se présente à lui aujourd’hui est digne des meilleures séries policières américaines.

Un tueur en série, psychopathe de surcroît, tue des familles entières et surtout des femmes sous le regard de leur enfant âgé de 7 ans. Il se fait appeler Le Prince et semble haïs les mères de famille. De quoi poser de nombreuses interrogations alors même qu'au-delà de ses crimes il semble être un fantôme, un être sans histoire.

Pour résoudre cette affaire, Falier fait appel au professeur Bareuil, immobilisé dans un fauteuil  roulant, et à l’une de ses meilleures étudiantes, Jeanne, elle-même maman d’un petit garçon. Et si cette dernière est très intriguée de voir son avis être consulté, elle comprend vite qu’elle pourrait bien être une proie idéale pour Le Prince. 

Du côté de la forme...

Ayant rencontré l’auteur juste avant de me plonger dans la lecture de ce roman, c’est avec un très bon a priori que je me suis lancée dans cette histoire d’autant que les histoires de psychopathes ont toujours un effet très efficace sur moi.

Dès le début du roman le lecteur st mis dans une ambiance sombre et étrange qui saura plaire aux amateurs du genre. Un départ en puissance qui reprend des codes sûrs avec un tueur à la psychologie complexe, de l’hémoglobine et des situations dérangeantes. La bonne morale veut que l’on ne touche pas à un enfant mais ici, ce sont bien les enfants qui sont au centre de tout et ça marche.

Les personnages, s’ils sont assez typiques de ce type de romans, fonctionnent avec un flic qui, proche de la retraite, se serait bien passé de ce type d’affaire, un expert en fauteuil roulant et une jeune femme qui pourrait être, et sera, la prochaine victime. Un brin stéréotypé mais efficace d’autant que nul n’est vraiment sans tâche dans cette histoire.

Quant au Prince, il rentre dans une tradition du tueur psychopathe toujours intéressante avec quelques chapitres de son point de vue et surtout une étude de la psychologie humaine et un pan historique fort bien étudié. Mais il est aussi un vrai méchant à l'image de la couverture du roman, barré et faisant un peu penser à l'univers de la BD.

Concernant l’intrigue elle-même, on s’y laisse prendre et ici nous retrouvons bien une intrigue dans le genre des séries télévisées et des polars traditionnels. L'auteur sait pour autant jouer avec les codes du polar traditionnel pour nous immerger dans une ambiance qui lui est propre et qui saura autant envoûter le lecteur que le mettre mal à l'aise.

Pour ce qui est du style de l'auteur, nous sommes ici face à un style auquel on se laisse prendre avec plaisir et qui manque juste peut-être un peu d'approfondissement des personnages ou des rebondissements pour vraiment donner tous les frissons que l'on peut espérer. Et si la fin m'a semblé rapide elle a tout de même su me surprendre.

En conclusion...


Voici un roman qui a longtemps traîné dans ma pal et que je suis plutôt contente d'avoir enfin pu sortir car il m'a permis de passer un bon moment de lecture comme je les aime. Et même s'il y a quelques maladresses d'intrigues et au niveau des personnages, j'ai pu avec ce roman découvrir un auteur de talent dont on entendra longtemps parler.
Ce roman est le première d'une trilogie et j'espère vivement pouvoir très bientôt vous parler de la suite.

lundi 11 février 2019

De la terre dans la bouche - Estelle Tharreau



Infos sur le livre

éditions : Taurnada
date de publication : 18-01-2018
pages : 260
prix : 9,99€

Résumé éditeur

Les vieux de Mont-Éloi savent pourquoi ils s'aiment ou se détestent, même si les autres l'ignorent. La seule histoire à laquelle il faut croire est celle qu'ils ont écrite au musée de la Chênaie. Elsa refusera cette vérité lorsque sa grand-mère lui léguera une maison perdue dans la forêt, à deux pas d'un village martyr. Guerre. Occupation. Épuration. Quarante années ne seront jamais suffisantes pour oublier et chasser les fantômes du passé ! 

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions Taurnada grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce roman d'une auteure que je n'avais encore jamais lue.

De quoi est-il question ?

Lorsque Elsa, jeune femme sans histoire, hérite de la maison de sa grand-mère dans un petit village de campagne, elle n'hésite pas un instant. Pourtant, cette maison, elle n'en a jamais entendu parler et cette grand-mère était une femme restée très mystérieuse pour elle. En acceptant cet héritage, Elsa compte donc bien faire la lumière sur le passé de sa famille.

Mais sitôt arrivée, Elsa comprend que le village n'est pas un village comme les autres, porteur d'une lourde histoire, une histoire liée à la seconde guerre mondiale durant laquelle le village a été martyr, étouffé par l'Occupation, les délations mais surtout les histoires individuelles, terribles et gardées secrètes.

Elsa n'aura alors de cesse de faire la lumière sur ces histoires afin de comprendre d'autant que, bientôt, des événements mystérieux commencent à survenir et des meurtres sont commis. Des meurtres qui pourraient bien avoir un lien étroit avec un passé que certains sont prêts à tout pour garder enfouis.

Du côté de la forme...

Toujours curieuse de découvrir de nouveaux auteurs et passionnée par ces histoires de secrets de familles, c'est sans hésiter très longtemps que j'ai accepté cette lecture même si je dois avouer avoir mis beaucoup plus de temps que nécessaire pour le lire.

Ce roman débute comme je les aime : un héritage inattendu amenant à une découverte de pans du passé liés à l'histoire. Une plongée, en prime, dans un petit village où Elsa va devoir se démener pour faire avec des caractères forts et peu à même de l'aider dans sa quête. En somme, nous sommes là dans la saga familiale selon une maîtrise qui fonctionne toujours.

Elsa est un personnage auquel le lecteur n'a aucun mal à s'attacher et à s'identifier : elle va se poser des questions sur l'histoire de sa grand-mère et, tous, nous sommes un jour ou l'autre interrogés sur ces histoires du passé des personnes qui nous sont chères. Et ce qu'elle va découvrir va faire froid dans le dos tout en remettant en question ce que nous croyons savoir sur un village a priori banal.

Car le lien à l'histoire va être ici très fort avec une plongée terrible au coeur des années de guerre et avec des histoires individuelles qui auraient aimé être oubliées. Et l'auteure ici ne va pas mâcher ses mots et va nous imposer une part historique dont nous n'avons pas toujours conscience et que, après lecture, nous ne pourrons plus oublier.

Et puis, sur cette histoire déjà complète, va bientôt venir se greffer une part plus "polar" avec des morts et des événements étranges pour perturber le présent. Il est aisé de comprendre que cette part aura lien au passé et le tout de l'intrigue sera de comprendre comment. Et pour ce faire l'intrigue est bien menée en mêlant l'intrigue historique aux codes du thriller angoissant.

Dans ce roman, l'auteure joue parfaitement avec les différents codes des genres qu'elle inclue dans son roman avec une sauce qui prend pour un ensemble cohérent et qui fonctionne pour amener les lecteurs d'une genre à l'autre. On croit aux personnages et à leurs histoires, on se laisse porter par le mystère avec l'envie durant toute la lecture de comprendre jusqu'où l'auteure va aller.

En conclusion... 

Voici un roman qui m'intriguait mais que j'ai mis beaucoup de temps à lire, notamment pour apprécier cette densité de l'intrigue qui mêle avec brio histoire, secrets de famille et polar. Nous suivons Elsa avec beaucoup d'émotion au fil de ce texte mais pas seulement car, au final, l'histoire de famille est un prétexte pour parler de faits beaucoup plus profonds liés à l'histoire terrible d'un village.
Je serai curieuse à l'occasion de lire un autre roman de l'auteure.