samedi 4 avril 2020

Bleu, Blanc, Sang 1 - Bertrand Puard



Infos sur le livre

éditions : Hachette
date de publication : 12-10-2016
pages : 312
prix : 16,90€

Résumé éditeur

5 juin 2018. Tandis que la France enterre à Notre-Dame son président de la République mort tragiquement quelques jours auparavant, un convoi transportant une toile d’une artiste du xviiie siècle inconnue, Justine Latour-Maupaz, est pulvérisé au lance-roquettes sur une autoroute du centre de la France. Au même instant, à New York, une œuvre de la même artiste est adjugée pour la somme inouïe de 53 millions de dollars. Pour quelles raisons des forces obscures cherchent-elles à détruire précipitamment, ou à s’approprier soudainement, les travaux de cette peintre ignorée ? À qui profite ce regain d’intérêt ? Eva Brunante, dont le père, seul exégète de la peintre, a disparu, va se lancer dans une enquête aux ramifications politico-financières vertigineuses. Bienvenue dans la république Bleu Blanc Sang ! 

Pourquoi ce livre ?

Appréciant beaucoup l'univers de l'auteur, je m'étais fais plaisir en m'offrant les trois tomes de cette série alors qu'ils étaient en promotion chez France Loisirs. Enfin, j'ai pu me lancer.

De quoi est-il question ?

Eté 2018, en France. Alors que les français pleurent leur président subitement décédé, le tableau d'une illustre inconnue du temps de la Révolution se vend à prix d'or dans une salle des ventes alors même qu'un autre de ses tableaux, parti d'une réserve de Châteauroux, est victime de vandalisme dans de bien étranges circonstances.

C'est dans cet esprit qu'une jeune femme, Eva, spécialiste de l'artiste, se voit offrir une somme une somme étonnante pour apporter ses connaissances sur l'artiste. A la fois surprise et intriguée, elle va chercher à se rapprocher de son père avec qui elle est en froid depuis bien longtemps. Mais à son arrivée, sa demi-soeur Tiphaine lui apprend que leur père a été enlevé.

Dès lors, commence pour les deux jeunes femmes une quête autour du travail de Justine Latour-Maupaz. Aidée d'Hugo, un homme chargée de les protéger, les deux soeurs vont partir en quête d'un tableau disparu dans l'espoir de sauver leur père alors même que se joue, sans qu'elles ne l'imaginent, une manigance politique qui pourrait bien tout changer.

Du côté de la forme...

Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu de roman de l'auteur et je dois bien dire que cette série me faisait franchement de l'oeil. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre mais le concept éditorial m'intéressait et ce premier tome était assez intrigant pour que je m'y penche.

Si les prologues sont souvent essentiels à la mise en place d'un roman, c'est d'autant plus le cas ici avec trois cadres de départ à la fois dérangeants, bien distincts et que le lecteur sait se réunir d'une manière ou d'une autre sans que l'ombre d'une réponse ne transparaisse. L'impression de suivre trois histoires se profile alors avec une aura de mystère politique et du marché de l'art inhabituels.

Puis, le prologue fini, le lecteur est invité à découvrir Eva, une jeune femme attachante par laquelle beaucoup se reconnaîtront, une jeune femme qui a renoncé à ses rêves au nom d'un emploi stable et d'une vie bien rangée. Une jeune femme rongée aussi par un passé et des querelles familiales qui lui ont fait oublié ce qui comptait vraiment.

C'est donc dans un univers à la fois artistique et politique que l'auteur nous entraîne non sans jouer des codes du secret de famille. Nous sommes donc là dans un polar politique adapté pour la jeunesse et ça fonctionne tout en invitant les jeunes à en apprendre un peu plus sur le marché de l'art. Un polar qui va peu à peu se transformer en roman d'aventures dont les rebondissements font frémir.

Car il est vrai que l'ambiance est prenante et fort bien travaillée par l'auteur qui parvient, tout en restant dans de l'écriture jeunesse, à impliquer son lecteur et à le faire réfléchir, notamment sur notre monde actuel où il ne faut rien prendre pour argent comptant. De quoi inviter les jeunes dans les secrets politiques, sujet qui, de base, ne les passionnerait pas forcément. 

Côté style, c'est avec plaisir que j'ai retrouvé celui de l'auteur qui sait nous offrir des ambiances et des personnages qui changent de ce dont on à l'habitude. Avec des mots simples, il sait nous offrir un univers complexe. Tout en restant en surface il sait révéler la profondeur de certains sujets. Dans un cadre actuel, il sait nous offrir un monde proche de ceux de l'imaginaire.

En conclusion... 

Ce roman me tentait depuis pas mal de temps et c'est avec plaisir que je l'ai dévoré en une après-midi, envoûtée par l'histoire d'Eva et trop curieuse de connaître le fin mot de cet imbroglio. Un imbroglio dont les première réponses transparaissent en fin de tome ce qui ne donne qu'envie de dévorer séance tenante la suite de cette aventure hors du commun.
Une série qui mérite que l'on s'y arrête et qui pose des questions sociétales importantes. 

Phobos 4 - Victor Dixen



Infos sur le livre

éditions : Collection R
date de publication : 23-11-2017
pages : 656
prix : 18,90€

Résumé éditeur

Lancement des chaînes des pionniers dans 3 secondes... 2 secondes... 1 seconde... Ils peinent à reprendre leurs marques. Ils sont les derniers survivants du programme Genesis. Après avoir traversé un désert de solitude, ils sont emportés par un tourbillon de célébrité. Elle peine à reprendre son souffle. Obsédée par des questions sans réponse, Léonor refuse les honneurs et les caméras. Le danger planant sur la planète bleue est-il vaincu pour toujours ? Les secrets hantant la planète rouge sont-ils enfouis à jamais ? Et si, d'un bout à l'autre du système solaire, tout pouvait basculer à nouveau ? Même si l'angoisse mène au bord de l'asphyxie, il est trop tôt pour respirer. 

Pourquoi ce livre ?

Acheté à Montreuil au moment de sa sortie, j'attendais le bon moment pour sortir la fin de cette saga tant appréciée de ma pal. Le temps est enfin venu.

De quoi est-il question ?

Ayant pu mettre à jour la manipulation orchestrée par le programme Génésis, Léonor et ses compagnons de Mars vont enfin pouvoir rentrer sur Terre et retrouver leurs familles. L'occasion aussi pour eux de retrouver une vie "normale" malgré l'engoûment des téléspectateurs. Pourtant, l'idée de chaînes personnelles des participants commence à faire son chemin, au grand damne de Léonor.

Car depuis que Serena a disparu, la jeune fille se méfie. Et la détracteur qui fleurissent un peu partout sur la toile ne sont pas pour la rassurer. Et si l'ancienne directrice du programme était en train de manipuler son monde pour remettre en cause l'histoire ? D'autant que les secrets liés à Mars sont nombreux, que les gens attendent des réponses et que beaucoup veulent leur faire payer.

Et alors que le petit groupe aspirait enfin à reprendre les rennes de sa vie, c'est une épreuve plus dure encore qui semble les attendre. Une épreuve pour dévoiler à la face du monde leur passé parfois obscure. Une épreuve pour Léonor qui va devoir faire face à son histoire personnelle, une histoire oubliée depuis des années...

Du côté de la forme...

Phobos est sans doute l'une des séries young adult qui m'aura le plus tenue en haleine et dont j'attendais la fin autant que je la redoutais. Je suis donc à la fois heureuse et triste d'avoir mis un point final à cette aventure hors du commun.

De base, ce tome 4 n'était pas prévu. Pourtant, comme tant d'autres lecteurs, je me posais encore de nombreuses questions sur cette histoire qui me donnait un goût d'inachevé. Des questions sur une possiblité de retour à une vie normale, des questions sur Léonor, des questions sur la politique pouvait être menée suite à un tel fiasco. Des réponses que j'ai eu ici.

Avec le talent qu'on lui connaît, Victor Dixen s'emploie en effet ici à couvrir les zones d'ombre que sa trilogie avait laissé mais dans une continuité qui semble facile. Car les héros étant revenu sur Terre, c'est un univers bien plus proche du nôtre que nous retrouvons. Un univers fait de médias et de réseaux sociaux, l'occasion d'en faire une critique acerbe destiné aux trolls du net.

Si la trilogie était plutôt un roman d'aventures où il s'agissait de dévoiler un lourd secret politique, le secret change ici de camp et le lecteur va être invité à découvrir des histoires passées aussi terribles qu'émouvantes, aussi violentes que préservées. De quoi mieux comprendre les personnages tout en plongeant au sein d'un système judiciaire régit par le pouvoir.

Malgré ce retour sur Terre, l'univers de la série est malgré tout préservé et les retours en arrière sur les autres romans pallie le temps passé depuis la fin du tome 3. Et une nouvelle fois, bien difficile pour le lecteur de savoir à qui il peut faire confiance et qui sont les ennemis de Léonor et des autres. Un jeu d'intrigue parfait qui sait nous révéler des surprises.

Côté style, l'auteur a une nouvelle fois su jouer sur les angles de vue et sur les points de vue dans un travail d'orfèvre percutant et efficace. Un véritable jeu de style qui fait du bien et impose un travail du cerveau. Et si les personnages sont finalement moins atypiques dans ce dernier volet, ils servent une réflexion sur notre monde actuel bien effrayante.

En conclusion... 

Cela faisait longtemps que je souhaitais enfin découvrir ce grand final et suis ravie d'avoir pu replonger, pour un temps, dans cet univers si particulier imaginé par l'auteur. J'ai été ravie de retrouver son travail d'écriture et de combler les blancs laissés par la trilogie première. Et si le final manque de puissance selon moi, le caractère social du roman mérite que l'on s'y arrête.
Si vous n'avez pas encore eu l'occasion de découvrir cette fameuse série, il est temps de vous y mettre ! 

Matière noire - Ivan Zinberg



Infos sur le livre

éditions : Cosmopolis
date de publication : 07-11-2019
pages : 462
prix : 19,95€

Résumé éditeur

Juillet 2017. Une région. Deux disparitions. Après une nuit en discothèque, la jeune Inès Ouari ne donne plus signe de vie. Marion Testud, elle, n'est jamais rentrée de son jogging matinal. Sur leurs traces, deux enquêteurs aux profils atypiques : Karim Bekkouche, chef de la BAC de Saint-Étienne, flirte avec les limites et prend tous les risques pour retrouver Inès. Jacques Canovas, journaliste parisien et ex-flic des Renseignements généraux, couvre la disparition de la joggeuse. Tous deux ont des raisons personnelles de parvenir à leurs fins. D'un bout à l'autre du pays, les pistes se croisent tandis que de vieux meurtres énigmatiques refont surface. Deux hommes confrontés, lancés dans une course contre la mort à pleine vitesse dans les abysses de la terreur panique. 

Pourquoi ce livre ?

Parce que l'auteur est de ma ville d'origine, Saint-Etienne, et parce que je le suis depuis son premier roman, je ne pouvais pas passer à côté de cette nouveauté qui a déjà fait un bruit très mérité.

De quoi est-il question ?

Karim Bekkouche est flic à Saint-Etienne, une ville régie par les traffics en tous genres, par les quartiers défavorisés où la vie est difficile et par les jeunes un peu paumé. Alors lorsqu'une femme vient prier Karim de retrouver sa fille Inès disparue depuis huit jours, c'est bien parce qu'il la connaît qu'il accepte, sans savoir que son enquête va le conduire dans les tréfonds de la ville.

Dans le même temps, à Grenoble, une jeune femme vient de disparaître dans de biens étranges conditions et Jacques Canovas, ex flic reconverti comme journaliste dans un canard à sensation, va sur les lieux pour mener sa propre enquête. Surpassant les autorités locales, il mettra le doigt sur d'autres disparitions qui pourraient mener à un seul nom.

Deux enquêtes en parallèle au coeur des quartiers mal famés et des familles qui n'ont rien d'autre qu'eux-mêmes. Deux enquêteurs croyant à leurs convictions et prêts à tout pour trouver des réponses alors même que l'étau se resserre pour mettre le doigt sur un pervers et sur des traffics régentant la ville noire.

Du côté de la forme...

Ivan Zinberg avait déjà su me convaincre avec ses précédents romans et ce nouvel opus ayant déjà fait un bruit retentissant me tentait plus encore que les autres. D'autant que me replonger dans la ville de Saint-Etienne n'était pas sans me promettre un doux moment de nostalgie.

Mettre en avant le cadre au sein duquel va se dérouler ce roman n'est pas vain car si Saint-Etienne n'est pas montrée sous son meilleure jour dans ce roman, elle est montrée telle qu'elle est et devient un personnage à part entière où il est facile de se repérer entre les quartiers et noms des rues. Un clin d'oeil aux stéphanois sans perdre pour autant ceux qui n'y auraient jamais mis les pieds.

En un seul roman, l'auteur nous offre deux intrigues, deux enquêteurs et deux cadres bien différents ce qui apporte à la fois un caractère addictif attendu mais aussi le double de mystère et le double d'empathie pour Karim et Jacques. Et si le lecteur sait d'avance que tôt ou tard les deux intrigues se réuniront, il n'en reste pas moins attaché aux deux enquêtes séparemment.

Mais les deux intrigues sont dès le départ étroitement liées sur fond de disparitions de jeunes filles, un sujet terrible de réalisme. Et au fil des pages, comment ne pas songer aux jeunes femmes qui, chaque jour, disparaissent dans les mêmes circonstances. L'occasion aussi pour l'auteur de parler des traffics de drogues, effrayants eux aussi de véracité.

Pourtant, en filigrane, malgré deux intrigues dont on veut les réponses, l'auteur nous propose aussi ici un vrai roman social pour parler de la misère et des gens dépassés par leurs propres vies. Il nous imprègne de ce qui fait le quotidien de milliers de personnes, sans juger et avec une bienveillance qui donne à réfléchir sur le monde dans lequel on vit et sur nos plaintes sans fondement.

L'auteur est de ces "flics écrivains" et il est émouvant de voir combien il sait parler avec des mots juste de ce qu'il connait au quotidien. Il sait nous montrer la noirceur de sa ville tout en préservant l'affection qu'on peut porter à Saint-Etienne. Il sait nous offrir des personnages vrais sans omettre un suspens qui ne nous lâche pas jusqu'à la dernière ligne.

En conclusion... 

Depuis le temps que j'attendais de pouvoir lire ce roman... Quel bonheur d'avoir enfin pu me replonger dans les quartiers stéphanois grâce à un polar qui met en avant un nouveau grand auteur du genre. Quand à la double intrigue, elle a su me perdre comme je peux aimer l'être dans ce genre de lectures tout en donnant à réfléchir sur notre société.
Un incroyable roman du genre qui ne devrait pas laisser les amateurs indifférents. 

La princesse de papier - Erin Watt

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Infos sur le livre

éditions : Hugo Roman
date de publication : 04-01-2018
pages : 420
prix : 17€

Résumé éditeur

Une nouvelle vie. Pour le meilleur ou pour le pire ? Ella Harper est une battante, une éternelle optimiste. Elle a passé sa vie à déménager de ville en ville pour suivre sa mère, à avoir des fins de mois difficiles et à penser qu'un jour elles allaient s'en sortir. Mais quand sa mère meurt, elle se retrouve seule au monde... Jusqu'au jour où Callum Royal apparaît dans sa vie. Finis la galère et le club de strip-tease pour payer ses études. La voilà dans le grandiose manoir des Royal. De l'argent, du luxe du confort... Et... les cinq fils de Callum. Tous la détestent, tous sont désespérément attirants. Le plus charismatique d'entre eux, Reed Royal, est celui qui est le plus déterminé à la renvoyer là où il pense qu'est sa place, dans un monde de dénuement qu'elle n'aurait jamais dû quitter. Il ne veut pas d'elle dans sa vie. Il ne veut pas lui faire une place dans le petit monde huppé des Royal. Et s'il avait raison ? Argent, excès, tromperies, faux-semblants. Tout un univers qu'Ella découvre avec stupeur. Si elle veut survivre dans le royaume des Royal, il va falloir qu'elle apprenne à édicter ses propres règles royales.

Pourquoi ce livre ?

Très tentée par ce roman dès sa sortie, je suis ravie d'avoir enfin pu prendre le temps de le sortir de ma pal et de le dévorer en une journée à peine.

De quoi est-il question ?

Ella est une adolescente que la vie n'a pas épargné. N'ayant jamais connu son père, elle survit comme elle le peut depuis la mort de sa mère en dansant dans des clubs privés tout en essayant de poursuivre un cursus scolaire un minimum stable. Pas évident lorsqu'on est seule, sans le sou et avec un caractère bien frappé et indépendant.

Jusqu'au jour où Callum Royal, un homme puissant, apprend à la jeune fille qu'il est son tuteur légal et qu'elle vivra désormais dans sa riche demeure, avec ses cinq fils. Un changement de vie radical pour l'adolescente qui flaire l'embrouille, elle qui a appris à se méfier de tous. Et en effet, très vite, elle comprend qu'elle n'est pas la bienvenue. Surtout auprès de Reed, un jeune homme troublé.

Dès lors, Ella doit se faire à sa nouvelle vie : nouveau lycée, nouvelles fréquentations, nouveaux combats au quotidien pour espérer croire en un avenir. D'autant que Reed mène la vie dure à l'adolescente qui se sent irrésistiblement attirée par lui tout en n'hésitant pas à le provoquer à la moindre occasion. De quoi mettre le feu aux poudres...

Du côté de la forme...

Cela faisait longtemps, trop longtemps, que je ne m'étais pas plongée dans une romance du genre et m'y remettre avec un roman qui me tentait beaucoup était une belle occasion. D'autant que cette série ayant eu de très bons retours, je savais que je ne risquais pas grand chose...

Ce qui m'a tout d'abord attirée avec ce roman, c'est cette thématique de l'étrangère pauvre arrivant dans une belle maison où, sans la connaître, les enfants présents vont la détester. Un univers très Mélodie du bonheur, Nanny McPhee et tant d'autres. La différence étant là que les enfants sont des adolescents mal dans leur peau, du même âge qu'Ella et dans un univers de new romance...

Forcément, donc, on sent dès le départ comment l'histoire va tourner, notamment entre Ella et Reed qui se cherchent, se provoquent mais souffrent chacun d'un passé qui les mine. Une psychologie redondante dans les romans du genre mais qui fonctionne toujours aussi bien et qui sait nous rendre les personnages attachants alors même qu'on rêverait de leur en coller une, ici particulièrement.

Pour autant, cette histoire n'est pas seulement celle d'une romance. Elle est surtout celle d'une jeune fille habituée à se débrouiller seule qui va devoir apprendre à peu à peu faire confiance et se laisser guider tout en devant faire preuve de courage dans un monde qui ne l'attend pas et rêve de la voir tomber. Tout ça sur fond de quête du passé et de découverte d'un père inconnu.

La royauté, les riches maisons, les collèges huppés... Voilà qui fait toujours rêver d'une manière ou d'une autre. Pourtant, les auteures ici s'attachent à démontrer combien il peut s'agir d'un monde cruel où s'intégrer est difficile. De quoi en profiter pour offrir l'émancipation d'une jeune fille tout en dénonçant des mentalités peu reluisantes.

Si les auteures sont deux pour nous offrir ce roman, elles s'unissent d'une seule voix pour nous offrir un roman addictif qui fonctionne. Ella est une jeune fille à laquelle on croit et même si l'intrigue elle-même est peu crédible, le lecteur se laisse porter tout en attendant les rebondissements qu'il ne voit pas venir... et ce jusqu'à la fin.

En conclusion... 

La new romance est un genre que j'avais un peu laissé tomber et que je suis ravie d'avoir pu retrouver ici avec un roman qui n'a pas été loin du coup de coeur. Entre une thématique prenante et des sujets de société plus sensibles à réflexion qu'il n'y paraît, ce roman est un très bon roman du genre que je conseille vivement à ceux qui ne l'on pas encore lu.
De mon côté, je ne manquerai pas d'en lire la suite dès que je le pourrai.  

mercredi 1 avril 2020

La main sur le sac - Serge Camaille



Infos sur le livre

éditions : Marivole
date de publication : 21-03-2016
pages : 196
prix : 5€

Résumé éditeur

 « Un clochard à qui on vole un sac dans la cave d'une ruelle sombre de Clermont-Ferrand où il a élu domicile, il n'y a pas de quoi faire la une de La Montagne, le journal local... Certes ! Mais Léon n'est pas un clochard ordinaire. Léon n'a pas de chien. Léon ne boit pas de vin... Enfin, pas trop. Léon ne vit que pour son sac. Son sac, c'est son obsession, sa quête de pénitence, depuis plus de seize ans ! Alors, qu'on lui vole sa raison de vivre si près du but, et il se met immédiatement en chasse. Sans connaître son voleur, il sait pourtant où chercher grâce à Dimitri, son vieil ami, et à Jean-Pierre, son copain l'ilotier. C'est qu'une vieille Lancia Fulvia en 1982 dans les rues de Clermont, c'est devenu rare. Mais qui plus est de couleur jaune, il n'y en a plus qu'une.» 

Pourquoi ce livre ?

Alors que ce roman était soldé par l'éditeur, j'ai eu envie de me faire plaisir et de découvrir ce roman plus "polar" de l'auteur. Enfin, j'ai pu le découvrir.

De quoi est-il question ?

Dans les années 1980, à Clermont-Ferrand, Léon est un clochard parmi tant d'autres à survivre comme il le peut en attendant la piécette. Seule différence, Léon a décidé de se débrouiller seul, sans chien. Son seul compagnon, c'est un grand sac de voyage dont personne ne connaît le contenu, jusqu'à ce qu'il se le fasse dérober.

C'est à Dimitri, un ami de longue date, que Léon va alors se confier le soir, tout en menant sa propre enquête le jour. Le soir, il contera ses déboires et comment il en est arrivé là. Le jour, il guette la Lancia Fulvia jaune dont le conducteur est responsable du larcin. L'occasion pour Léon de se rapprocher des voisins, ou plutôt des voisines, qui ne semblent pas étrangères à l'affaire.

Mais pour résoudre le mystère, Léon va devoir dévoiler son passé et revenir sur les mystères de sa propre histoire, un vrai sac de noeuds. Car le secret que renferme le sac pourrait bien être la réponse à tout, un secret que Léon n'est pas encore prêt à révéler. Mais bientôt, l'enquête personnelle de Léon prendra une autre tournure quand la police décidera de s'en mêler.

Du côté de la forme...

Bien qu'étant une grande amatrice de polars, l'auteur avait su me rouler dans la farine avec son dernier roman en date. Une belle excuse pour aller en découvrir un autre d'autant que je n'ai jamais été déçue par un seul roman de l'auteur.

Je l'avoue, avec le prologue, je me suis sentie un peu perdue. S'il est un début In medias res comme on dit, c'est bien celui. Car le lecteur est invité sans rond de jambe à suivre Léon dès le début de son enquête personnelle. Au même titre que Dimitri par la suite, le lecteur ne va pas comprendre où veut en venir Léon avant que tout ne s'éclaire progressivement d'abord puis tout d'un coup.

L'auteur a l'art et la manière de nous offrir des polars et des romans noirs totalement différents de ce dont on à l'habitude et celui-ci en est encore la preuve indiscutable. Car suivre un clochard dans une enquête qu'il mène lui-même, ce n'est déjà pas banal. Mais avec les réponses et les rebondissements qui surviennent, le lecteur se fait avoir dans une enquête hors du commun.

Présenté comme un polar régionnal, ce roman nous donne rendez-vous dans les rues de Clermont-Ferrand, dans un quartier que les clermontois reconnaîtrons bien et que les autres imagineront sans mal. De quoi ramener une ambiance frémissante mais qui donne le quasi sentiment d'un huis-clos, un genre dont je suis particulièrement fan.

Toute l'intrigue va donc tourner autour de ce mystèrieux sac tout en jouant sur la dualité entre l'enquête elle-même et le passé de Léon. Et la sauce prend non sans une pointe d'humour qui fait du bien. Et si le lecteur se doute d'une entourloupe, il est bien loin d'imaginer la résolution que l'auteur a su imaginer.

Une nouvelle fois, l'auteur nous montre à quel point il sait manier les mots pour nous offrir une intrigue efficace qu'on ne lâche pas avant de l'avoir terminée. L'humour, l'ambiance sombre et le secret se mêlent au coeur d'un Clermont-Ferrand à la fois bien semblable et bien différent du nôtre pour aller jusqu'au Berry dans une bienveillance toujours appréciable dans les mots de l'auteur.

En conclusion... 

Ce roman m'attendait, enfin j'ai pu le dévorer. Et ce fut du rapide ! Car si le texte en lui-même est plutôt court, moins de 200 pages, c'est surtout qu'il est incroyablement addictif avec cette pointe d'émotion qui surprend régulièrement. Car derrière le caractère un peu "barré" de l'intrigue, les personnages sont d'une incroyable véracité.
Un roman que je vous invite à découvrir pour un polar "autrement".

Mémoires effacées - Frédérick d'Onaglia



Infos sur le livre

éditions : De Borée
date de publication : 16-05-2019
pages : 310
prix : 20,50€

Résumé éditeur

 Dans les eaux protégées de Beauduc, un corps vient d'être repêché. À la tête de la brigade fluviale et nautique de Port-Saint-Louis-du-Rhône, Iris est ravie de pouvoir compter sur les talents d'enquêteur du capitaine Léo Sarlat, de passage en Camargue où il rend visite à son père. Bientôt, un nouveau cadavre est découvert, le danger guette... Une plongée étonnante en fond marin, où se mêlent archéologie et histoire antique. Capitaine à la Section de recherches de Marseille, Léo Sarlat, mis à pied par sa hiérarchie après la mort de son coéquipier, retrouve par hasard Iris, une ancienne collègue, major de gendarmerie à la brigade fluviale et nautique de Port-Saint-Louis-du-Rhône. Un cadavre vient d'être repêché dans les fonds protégés de Beauduc dont dépend son secteur. Bientôt, la découverte d'un autre corps laisse à penser qu'on a affaire à un tueur en série...

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions De Borée grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau roman d'un auteur que je suis depuis pas mal d'années maintenant et dont j'apprécie toujours l'univers.

De quoi est-il question ?

En froid avec son père depuis de nombreuses années, Léo Sarlat profite d'une mise à pied dans son commissariat de Marseilles, à la suite d'une bavure, pour retourner dans sa Camargue natale pour tenter de recoller ce qui peut l'être. L'occasion pour lui de retrouver Iris, une ancienne coéquipière bien décidée à lui remettre le pied à l'étrier.

Car l'équipe d'Iris est sur les dents depuis la découverte d'un corps dans le fleuve. Un meurtre sans aucun doute qui pourrait mettre en cause un escroc de la région allant au-delà des zones de pêche tolérées pour parfaire son exploitation. Mais pour Iris cela semble trop simple et elle engage Léo à enquêter à ses côtés.

Dans le même temps, Léo va découvrir le passé de son père, intimement lié au sien, pour mieux comprendre son histoire de famille alors même qu'il doit faire avec un divorce compliqué dont le prix à payer est de ne voir sa fille que lors des vacances. Jusqu'à ce que Jeff, le père de Léo, se retrouve mêlé à l'enquête pour une histoire de fouilles archéologiques bien mystérieuse...

Du côté de la forme...

Cela faisait un petit moment que je ne m'étais pas plongée dans un roman de l'auteur et je dois bien avouer que cela me manquait. Je suis donc ravie d'avoir enfin pu sortir ce titre de ma pal afin de le dévorer en une journée à peine.

La Camargue, à mon grand désarrois, est une région que je connais mal et que je n'ai jamais vraiment eu l'occasion de visiter. Grâce à ce roman, j'ai donc pu y faire une petite plongée, dans tous les sens du terme, pour me délecter d'une ambiance douce et maritime qui fait du bien. Une ambiance que l'auteur sait nous offrir jusqu'à ce que des cadavres viennent s'en mêler.

Si l'auteur nous avait habitué à un roman mêlant habilement secret de famille et polar, il s'engage ici dans un intrigue qui tient davantage du polar avec une enquête à part entière et des rebondissements percutants qui savent perdre le lecteur. Et je dois dire que ce fut plutôt efficace d'autant que l'intrigue se déroulant en maritime, l'ambiance polar s'en trouve diamétralement changée.

En parallèle, nous allons aussi suivre les histoires individuelles de Léo et Iris qui, chacun, mène une vie compliquée, avec enfant. Car si Léo est dévoré de l'intérieur par cette ancienne affaire ainsi que par son enfance, Iris souffre d'être mère célibataire dans une famille où les tensions sont fortement présentes pour des broutilles.

Le tout va donc se mêler dans un cocktail diablement efficace qui va nous entraîner dans le monde des fouilles archéologiques et des trésors de notre histoire tout en tissant, en filigrane, une réflexion sur la volonté de s'enrichir et sur les souffrances du passé. Une belle manière pour l'auteur de parler de sujets qui lui tiennent à coeur.

Quel plaisir que de retrouver la plume d'un auteur qui sait toujours m'entraîner avec lui dans les histoires qu'il me raconte. Et si j'aurais aimé davantage de secrets de famille dans ce roman, l'ambiance camarguaise à su me toucher et le polar m'entraîner jusqu'au dernier chapitre qui a su me suprendre.

En conclusion... 

Voici un roman qui m'attendait depuis pas mal de temps et que je suis ravie d'avoir enfin pu lire, en un rien de temps bien sûr. Voici un roman qui m'a permis de m'évader dans un région que je ne connaissais pas et dans un univers de police fluvial que je connaissais encore moins. Voici un roman qui a su me porter et me toucher même si je l'aurais souhaité peut-être encore plus développé.
Un roman que je conseille vivement à tous les fans de l'auteur. 

dimanche 29 mars 2020

L'Indomptée - Donna Cross



Infos sur le livre

éditions : Presse de la cité
date de publication : 13-02-2020
pages : 564
prix : 20€

Résumé éditeur

Comment une femme est-elle devenue pape sans que personne soupçonne son véritable sexe ? Née en France en 814, élevée sous la férule d'un père sévère et rigide, Jeanne se révolte très vite contre les préjugés et interdits qui pèsent sur la gent féminine. Elle apprend à lire et à écrire en cachette, et parvient à se faire admettre à l'école de la cathédrale de Dorstadt, en Basse-Saxe. Ne pouvant loger sur place avec les autres élèves masculins, la jeune fille habite chez son tuteur, Gerold, et son épouse, dame Richild. Mais Gerold et Jeanne finissent par tomber amoureux l'un de l'autre... Ainsi commence l'étonnante histoire de celle qui parviendra à s'introduire au Vatican pour soigner le pape malade, et finira par se faire élire sur le trône de saint Pierre sans que personne la perce à jour. Jusqu'à ce qu'un évènement inattendu vienne tout bouleverser... Après plus de quatre cents ans pendant lesquels on a nié son existence, la papesse Jeanne figure aujourd'hui dans les registres du Vatican. C'est le surprenant parcours, ponctué d'aventures, d'amours, d'intrigues et de rebondissements, de cette héroïne indépendante et résolument moderne que retrace ce palpitant roman. Ou quand la réalité n'a rien à envier à la fiction !

Pourquoi ce livre ?

Un grand merci aux Presses de la cité grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce roman hors du commun sur lequel je ne me serais peut-être même pas retournée en librairies.

De quoi est-il question ?

Nous sommes au début du VIIème siècle, dans un coin reculé de la France. C'est dans des conditions terribles que vient au monde Jeanne, au grand mépris de son père qui ne jure que par les garçons. Pire, dès l'enfance, Jeanne fait preuve d'un fort caractère et d'une volonté sans faille à avoir la même éducation que ses frères. Mais en secret bien sûr.

C'est parce qu'un professeur grec croira en elle que Jeanne pourra espérer parfaire sa culture et nourrir sa soif de savoir. Avec force et courage, elle parviendra même à entrer dans une prestigieuse école : Dorstadt. Mais là encore, elle doit faire avec la rogne des hommes à l'encontre des femmes et surtout de ceux qui n'admettent pas que leurs certitudes soient remises en cause.

Durant son apprentissage, Jeanne est hébergée par Gerold, un homme qui voit plutôt d'un bon oeil le caractère de la jeune élève. Et bientôt, ils tombent amoureux. Jeanne découvrira alors que les femmes aussi peuvent la haïr, par jalousie. Dès lors, la jeune femme prend la fuite pour Rome où son savoir médicinal la conduira à être au plus proche de la cité pontificale.

Du côté de la forme...

Si j'aime les romans historiques et tout ce qui a trait au médiéval, je dois bien avouer qu'il est plutôt rare que je me plonge dans ce genre de lecture soit par manque de temps soit parce que j'ai toujours d'autres types de romans sous la main. C'était là l'occasion et quelle occasion !

S'il est une chose que l'on repère vite avec ce roman c'est le mélange entre fiction et réalité puisque, si nous sommes bien là dans un roman avec une héroïne que nous allons prendre plaisir à suivre, le cadre, l'ambiance et les références font preuves d'une redoutable érudition de la part de l'auteure. Car si tout se lit comme une fiction, la recherche historique est là à chaque page. 

Jeanne est un personnage qui nous apparaît très vite comme très attachant car très en avance sur son temps, volontaire et forte mais en même temps fragile parfois face aux rancoeurs, face à l'inflexibilité et face aux certitudes bien ancrées. Bref, Jeanne est une jeune femme que l'on aimerait prendre dans nos bras tout en souhaitant la soulever de terre pour saluer son courage et sa détermination.

Il est vrai que ce roman se fait portrait d'une société qu'il nous est bien difficile d'imaginer, faire de batailles et de loi patriarcale. La loi salique est omniprésente et certaines réactions font grincer des dents. Pourtant, il est terrible de penser combien certaines pensées sont encore trop d'actualité dans le monde et même plus proche qu'on ne le croit.

Nous sommes ici dans un roman mettant en avant les questions de religion, de papauté, d'éducation dans les clergés et d'enseignements des prêtres. Alors autant dire que les occurences bibliques sont nombreuses, parfois remises en question, mais bien souvent établies comme telles. De quoi perturber certains lecteurs mais il convient de les découvrir dans un cadre historique.

Côté style, nous sommes ici face à quelque chose de dense et parfois un peu laborieux. Je n'ai pu dévorer ce roman comme je le fais avec tant d'autres et les occurences latines, même traduites, m'ont parfois gênée (le latin et moi nous ne sommes pas bien copains). Et si on sent que l'auteure maîtrise son sujet, le lecteur non averti peu parfois avoir le sentiment d'un trop plein.

En conclusion... 

Voici un roman qui change totalement de ce que j'ai l'habitude de lire et que je suis absolument ravie d'avoir pu découvrir. Car ce roman met en avant une femme courage dans une époque qui m'intéresse beaucoup, une femme en avance sur son temps dont la vie sera un flot de prouesses et d'épreuves pour faire évoluer le monde.
Un roman à découvrir pour changer de ce dont on à l'habitude mais qui n'est pas à proprement parler un "roman détente".