dimanche 24 janvier 2021

Rumpelstilskin - Maude Rückstülh

  

Infos sur le livre

éditions : ADA

date de publication : 12-10-2020

pages : 182

prix : 10€

 

Résumé éditeur

Rumpelstiltskin, démon du petit peuple, pourchasse Lucia avant même sa naissance. Son oeil malveillant se délecte de sa lumière depuis la nuit des temps. Maman, maman, quel est son nom ? Comment s’appelle l’affreux lutin qui se cache sous mon lit ? Exerçant des chantages émotifs savamment orchestrés, Rumpelstiltskin ensemence l’angoisse, engendre la folie et récolte la mort. Comment une mère peut-elle espérer sauver ses enfants de l’emprise d’un traqueur intemporel, fugace et démoniaque ? Rum… Rumpel… comment ? Rappelez-vous son nom, car si vous le surprenez sous votre lit, il sera déjà trop tard…

 

Pourquoi ce livre ?

 En tant que grande fan de cette collection, je ne pouvais pas passer à côté de celui-ci, basé autour d'un personnage que j'ai (re)découvert grâce à la superbe série "Once open a time".

 

De quoi est-il question ?

Dans un petit village roumain, Yvanha vit seule avec sa mère depuis le décès de son père. Et si ses relations avec cette dernière n'ont jamais été parfaites, tout est pire depuis que la jeune femme est tombée amoureuse d'un jeune africain travaillant pour elles. Lorsqu'elle tombe enceinte, sa mère qui elle a  eu toutes les peines à enfanter, les met à la porte.

Se retrouvant seuls, ils trouvent refuge dans une petite cabane où Yvanha va rester seule le temps que son compagnon trouve du travail. Mais la jeune femme est effrayée et supplie le ciel de l'aider, de la libérer de l'aigle qui plane au-dessus d'elle. C'est alors que lui apparaît le lutin de son enfance, Rumpelstilskin, l'être qui peut vous sauver pour vous propulser dans un enfer encore plus grand.

Car en sauvant la jeune femme, il prendra aussi le contrôle sur les enfants qu'elle porte. Le jeune couple parvient alors à se faire engager dans une famille bourgeoise de la région, un couple qui accepte de les héberger en échange de quelques travaux. D'autant que la jeune femme vient d'apprendre qu'elle n'est pas enceinte d'un mais de deux bébés. Avant que l'horreur de les rattrape...

 

Du côté de la forme...

Rumpelstilskin est un personnage étonnant, un personnage dont on ne sait trop que penser et qui nourrit tous les imaginaires. J'étais donc curieuse de savoir ce que la collection des "contes interdits" allait en faire et je n'ai pas été déçue.

Ce personnage, en réalité, n'est ni bon ni mauvais mais qui n'agit que pour ses propres intérêts et que pour le pouvoir. Car l'aide du lutin n'est jamais gratuite, il y aura toujours un prix à payer, tel qu'on le voit dans OUAT. Or, ici, tout est nourrit par l'imaginaire sans qu'on ne sache vraiment ni tout est réel ou si tout vient des terreurs de Yvanha.

Dans ce roman, nous découvrons une jeune femme qui va cumuler les épreuves et qui devra, chaque jour, se battre un peu plus pour espérer une vie meilleure. De quoi mettre en valeur les conditions de vie dans les pays de l'est, trop peu souvent représentés en littérature. D'autant que l'autrice prend aussi en compte le cas des filles devenues mères trop tôt et leur rend un superbe hommage.

Le fantastique se mêle ici au roman social avec une alternance de moments tendres et au plus proche du réel et d'autres moments comme sortis du plus terrible des cauchemars avec des descriptions qui nous embarquent et nous laissent entrevoir toutes les peurs du personnage. Une belle manière pour l'autrice de nous faire douter de ce qu'elle nous raconte.

Dans un second temps, nous allons davantage suivre Lucia et Marie, les deux fillettes du couple qui vont être promises à des destins exceptionnels mais qui vont également avoir à souffrir de l'engagement que le lutin a porté sur elles. Et si ce sera toujours sous l'angle de vue de leur mère, nous allons nous attacher à ces enfants et les suivre dans un univers de magie.

Côté style, ce roman fonctionne à merveille avec une ambiance qui nous embarque et nous envoûte sans que l'on ne puisse s'en détacher. L'autrice sait effrayer son lecteur tout en le faisant douter des personnages et de lui-même. Elle sait aussi offrir une forte montée en tension de l'intrigue jussqu'à un final retentissant et inattendu.

 

En conclusion...

Voici un roman qui change de ce dont on a l'habitude, y compris au sein même de cette collection. Voici un roman qui mêle magie et société, traditions et imaginaire, épreuves et moments de tendresse. Bref, ce roman est un roman complet et perturbant mais aussi un roman qui pose de vraies questions sur la place de chacun dans le monde. Une réussite.

Voici un roman qui mérite d'être lu et que je vous conseille vivement, mais pas le soir...

samedi 23 janvier 2021

La Doc' - Stef et Anjale

 La Doc 

Infos sur le livre

éditions : Jarjille

date de publication : 29-08-2020

pages : 112

prix : 16€

 

Résumé éditeur

Non, les profs ne sont pas en dehors de la vraie vie, comme tout un chacun Stef est partagée entre sa vie professionnelle et sa vie familiale. Rien d'extraordinaire dans ces moments choisis, si ce n’est le regard particulier que Stef pose sur sa vie. Elle nous dévoile à travers quelques histoires adaptées de son quotidien, les difficultés et les joies de son métier et surtout les interrogations qui la traversent. Stef ne veux pas pour autant en faire des généralités, elle dit souvent « Il y a autant de professeurs documentalistes que de CDI ».

 

Pourquoi ce livre ?

C'est lors du salon des éditeurs stéphanois que je me suis laissée séduire par cette BD au sujet qui me parlait beaucoup.

 

De quoi est-il question ?

Stef est prof, prof documentaliste. Autrement dit, elle gère le CDI d'un lycée professionnel et voit au quotidien les mêmes épreuves et les mêmes petits bonheurs que ses collègues. Comme les autres profs, elle est chaque jour confrontée à la violence, à la démotivation et aux souffrances des élèves qu'elle s'efforce d'aider du mieux qu'elle le peut. 

Mais Stef est aussi là pour faire découvrir le monde aux élèves pour les faire sortir de leur quotidien, de leur quartier et des réseaux sociaux. Chaque jour, par des activités et des rencontres elle s'efforce de leur faire aimer la vie et de leur donner un avenir alors même que, bien souvent, elle-même doute de ses réelle motivations et de l'avenir de ces jeunes.

Pourtant, il y a parfois des petites victoires : sortir une élève de la déprime, en amener d'autres à découvrir d'autres univers, en retrouver encore d'autres qui sont parvenus à réussir leur vie. Pas simple quand, en prime, on a une ado à la maison bien décidée à défier l'autorité. Et parce que beaucoup ne connaissent pas ce quotidien, l'auteur s'attache à le raconter.

 

Du côté de la forme...

La bande-dessinée n'est pas franchement le genre que je lis le plus pour plein de raisons mais j'avoue que les éditions Jarjille ont ce petit quelque chose, tant dans leurs sujets que dans leurs formats, qui savent attirer mon attention.

Prof-documentaliste, voilà un métier qui m'aurait bien botté à une époque, sans doute parce que celle que j'ai rencontré durant mes années lycée a largement contribué à mon amour de la lecture et du théâtre. Mais il est vrai que souvent, en tant que jeune, on a tendance a oublier que la "dame du CDI" est aussi une enseignante comme les autres. Il est donc bon de le rappeler.

Dans cette très jolie BD, l'autrice nous conte des petits morceaux de quotidien entre vie perso et vie professionnelle. Elle nous conte des instants forts avec les élèves, des moments plus douloureux et des moments de fierté. Bref, elle nous conte un métier profondément humain qui, malgré ses difficultés, offre de grands moments humains et enseigne un savoir-être hors du commun.

Le fait que cette BD se compose en petits chapitres n'ayant aucun rapport les uns avec les autres permet au lecteur de ne pas lire l'ouvrage en une fois s'il le souhaite même si, pour ma part, une fois l'autobio commencée je n'ai plus su m'arrêter. Car chaque page de cet ouvrage sent le vécu et nous fait découvrir cet univers avec force et talent.

Bien sûr, cet album confirme le fait qu'être prof c'est dur, très dur : les comportements, les agressions et, dans le meilleur des cas, les élèves en seule difficulté scolaire. Un bon moyen de remettre les pendules à l'heure de tous ceux qui jugent sans savoir. Pourtant, l'autrice ne tombe jamais dans la lamentation et sait dire aussi les moments de bonheur.

Côté style, j'ai beaucoup aimé le caractère autobiographique de cette BD qui offre véracité et profondeur avec beaucoup de tendresse. C'est sans mal que l'autrice sait transmettre les émotions de son quotidien, un style très bien servi par un trait graphique qui ne joue ni sur préjugés ni sur les clichés, un style épuré mais d'une grande qualité.

 

En conclusion... 

Voici une BD pour laquelle j'ai craqué sans trop savoir et qui finalement a su m'embarquer dans un univers que je ne connaissais, presque, que du côté élève et qui m'a permis d'en apprendre un peu plus sur cette forme un peu originale d'enseignement. Voici une BD qui sonne juste, qu'on ne lâche pas et qui se présente comme un rendu de justice pour tous les profs-documentalistes.

Je ne m'y attendais pas mais cette BD aura au final été un gros coup de coeur.

dimanche 17 janvier 2021

Point de fuite - Marie Colot et Nancy Guilbert

  

Infos sur le livre

éditions : Gulfstream

date de publication : 08-10-2020

pages : 422

prix : 18€

 

Résumé éditeur

Mona, lycéenne lumineuse, a tout pour être heureuse : une chouette famille, du talent pour le dessin – passion dont elle veut faire son métier – et depuis peu, un amoureux prévenant et merveilleux. Elle ne remarque pas qu'insidieusement, ce dernier l'enferme dans une étreinte malsaine, transformant son existence en cauchemar. Désormais, face au miroir, les traits tirés, qui aurait cru que Mona ressemblerait un jour à ce tableau qu'elle a tant étudié, celui de la Femme qui pleure ? Autour de la jeune fille gravitent Marin, son meilleur ami, Lya, voisine dont elle ravive le passé douloureux, Esther, alliée inattendue, et Cassien, poète et témoin de la cruauté humaine sous toutes ses formes. Tous mêlent leurs destins au sien, pour l'aider à s'échapper de cette toile dans laquelle tant d'autres avant elle sont tombées.

 

Pourquoi ce livre ?

Grande fan de la maison d'édition, c'est sans trop hésiter que je me suis jeter sur ce nouveau roman à la thématique terrible et pourtant tellement importante.

 

De quoi est-il question ?

Mona est jeune fille discète et timide, qui n'ose pas trop dire non et s'attache à ne jamais blesser personne. Elle n'en reste pas moins une jeune fille pleine de vie et d'ambitions. Elle rêve notamment d'intégrer une brillante école d'art pour parvenir à vivre de sa passion pour la peinture, une passion dans laquelle sa famille l'encourage.

Lors d'un cours, elle fait la rencontre d'une jeune homme prévoyant et plein de charme qui ne la laisse pas insensible et, surtout, ne manque pas de la traiter comme une princesse. Il lui est d'ailleurs bien difficile de voir son meilleur ami Marin ne pas entrevoir cette histoire d'un bon oeil et le rejette peu à peu de sa vie, sans s'apercevoir que ce sera pour elle le début de son isolement du monde.

Les mois passent et Mona s'enfonce de plus en plus dans une situation de recluse au sein de laquelle seul son compagnon compte. Elle ne pourra plus ni voir ses amis, ni parler à sa famille et craindra de plus en plus de contrarier celui qu'elle aime pourtant plus que tout. Elle pourra alors compter sur sa voisine Lya qui connaît bien cet enfer et sur Esther qui sait tout du monstre qu'est ce compagnon idéal.

 

Du côté de la forme...

S'il est une collection de romans pour laquelle il faut avoir le coeur bien accroché, c'est bien celle-ci et je dois avouer qu'avec ce roman il y a un certain niveau. Car avec un tel sujet et d'autant plus dans un roman chorale, tout paraissait réuni pour un roman à marquer dans les annales.

Si tout le roman va jouer sur l'aveuglement de Mona envers le garçon qu'elle aime et si le lecteur se réjouit d'avance à l'idée d'en savoir plus que celle-ci, force est de constater que, lors des premiers chapitres, il se fera également avoir par une mise en scène imaginée par les auteures qui laissent entrevoir comment la manipulation peut se mettre en place.

Ainsi, elles parviennent à merveille à mettre en valeur la personnalité des êtres narcissiques et manipulateurs. De quoi faire découvrir ce genre d'êtres dans toute leur perversité à des lecteurs qui en ont parfois entendu parler mais en auraient rarement croisé et seraient bien incapables de les reconnaître dans leur vie quotidienne.

Le lecteur va donc assister, impuissant, à la descente aux enfers de Mona qui ne va pas se rendre compte de ce qu'elle vit. Quand elle s'en rendra compte il sera déjà trop tard. C'est par le biais du roman chorale que le lecteur comprend toute la perversité de la situation et de ce que vont voir les autres personnages plus lucides.

On est alors partagé entre empathie et incompréhension. Car il est bien difficile, comme toujours, de comprendre qu'une victime a des difficultés pour s'enfuir d'une situation impossible. Les auteures nous le présentent alors ici avec beaucoup de force et des situations très réalistes. C'est pourquoi le roman est à la fois très fort émotionnellement, addictif mais aussi très dur pour le coeur et les nerfs.

Bien malin celui qui parviendra à distinguer les deux plumes... Si les premiers chapitres laissent entrevoir une différence de style l'ensemble du roman nous permet très vite d'oublier que deux écritures sont derrière pour un tout qui fonctionne en une unité forte. D'ailleurs, comprenant plusieurs personnages, le roman permet de bien ressentir les différentes écritures en fonction de chaque personnalité.

 

En conclusion...

Ceuelle Diablesse - Serena Valentino

 Villains Disney Cruelle diablesse par [Serena Valentino, Alice Gallori] 

Infos sur le livre

éditions : Hachette

date de publication : 30-09-2020

pages : 288

prix : 14,95€

 

Résumé éditeur

Cruella d’Enfer incarne la figure du mal par excellence : elle a du style, de l’esprit, elle est impitoyable et… sans doute maudite. De son enfance solitaire à ses choix vestimentaires discutables, en passant par son accident de voiture fatidique (comment l'oublier ?), Cruella vous dira tout dans ses fabuleuses mémoires – les mémoires  d’une femme condamnée par un destin tragique. Même les méchants les plus diaboliques ont eu des amis, ont connu l'amour et surtout, ont nourri des rêves. Pour Cruella, c’est l’heure de vous révéler les siens…

 

Pourquoi ce livre ?

Avant le second confinement, j'ai craqué pour ce roman qui me tentait énormément au sein d'une collection que j'apprécie tout particulièrement.

 

De quoi est-il question ?

Dans un Londres nourrit par les hautes classes sociales, la petite Cruella grandit dans une de ces riches demeures. Si elle ne voit que très peu ses parents, elle ne doute pas de leur amour, surtout de celui de sa mère, et s'applique jour après jour à devenir une parfaite "lady", seul moyen pour elle de faire ses premiers pas dans le monde.

Pour elle, les personnes "inférieures" ne sont rien ou, dans le meilleur des cas sont des "entre-deux" : des hommes et des femmes trop insignifiants pour le monde mais un peu plus élevés tout de même que le bas-peuple. C'est ainsi que la fillette noue une amitié sincère avec la jeune Anita, une entre-deux à qui elle tient particulièrement, tout comme à sa gouvernante.

Mais bientôt, le père de Cruella meurt, laissant la fillette à la tête d'une immense fortune et auprès d'une mère qui ne jure que par l'argent, les cadeaux et le paraître. Une réalité que la désormais jeune fille ne parvient pas à accepter, une réalité qu'elle refuse de voir, persuadée encore et toujours qu'elle parviendra à gagner l'amour d'une mère froide, cupide et sans la moindre once d'humanité.

 

Du côté de la forme...

Depuis toujours, j'éprouve une affection sincère pour les "méchants" de Disney, convaincue qu'ils sont finalement les plus humains du lot. Et il est vrai que je me suis souvent interrogée sur la personnalité de Cruella. J'étais donc avide de découvrir son histoire et je n'ai pas été déçue.

Avec l'enfant Cruella d'Enfer, nous plongeons au sein de la haute société anglaise, découvrons ses codes et sa mentalité. Une manière d'être peut-être pas pour englober tous les nobles mais une manière d'un entre-soi très significatif. Et si le lecteur peut s'agacer, s'affliger ou se révolter face à cette mentalité de supériorité, force est de constater qu'elle est on ne peut plus réelle.

Cruella a beau être un monstre en fourrure dans l'histoire que l'on connaît, elle nous apparaît ici comme beaucoup plus touchante, nous donnant envie de plonger dans le roman pour la consoler parfois mais surtout pour la secouer et lui permettre de réaliser que ses espoirs sont vains et la mèneront à sa propre destruction. De quoi montrer combien notre éducation peut influer sur ce que l'on est.

Par ricochets, ce roman devient alors un roman sur l'enfance, sur l'enfance gâchée et sur les mauvais choix envisagés. Ce roman est aussi un roman sur le sentiment de solitude et d'abandon, un roman sur l'isolement et sur l'incapacité à s'ouvrir au monde. Ce roman est enfin un roman sur l'amitié qui, un jour, peut se gâcher pour s'être mise à mal derrière les silences et les incompréhensions.

Ce roman est donc une profonde leçon basée sur l'histoire d'un personnage beaucoup plus riche qu'il n'y paraît. Nous apprenons ici comment Cruella peut vivre dans un immense manoir sans avoir le moindre sou, comment elle en est venue à la haine des dalmatiens et surtout comment elle est devenue un monstre sans trop s'en rendre compte.

C'est avec brio que l'auteure parvient à reprendre les codes du dessin-animé pour nous offrir une histoire tout à fait originale qui fonctionne complètement. Avec un lien sans faille avec l'histoire que l'on connaît, l'auteure prend le parti d'une dimmension fantastique inexistante dans le film, pourquoi pas... Le personnage prend une vraie profondeur et ouvre le lecteur à une empathie improbable.

 

En conclusion... 

Voici un roman que j'étais certaine d'apprécier mais que, au final, j'ai complètement adoré. Voici un roman que j'ai lu comme je regarde le film et qui fonctionne au point de me faire dire que je ne verrai plus jamais Les 101 dalmatiens de la même manière. Voici un roman incroyable qui nous émeut et nous invite à revoir notre jugement sur un personnage démoniaque. Une réussite !

Un roman que je vous conseille vivement et qui vaut vraiment le déplacement quand on aime être surpris.

samedi 16 janvier 2021

Un Noël chat-leureux - Mary Ann P. Mikael

  

Infos sur le livre

éditions : Reine-Beaux

date de publication : 13-01-2020

pages : 136

prix : 12€

 

Résumé éditeur

Mais pourquoi avait-elle dit oui ? Laura accepte d'écrire une chanson pour le calendrier de l'avent du journal pour lequel elle travaille. Mais rien ne vient. Essayant de trouver l'inspiration, elle passe ses journées à fixer son écran d'ordinateur assise à la même table du café où elle vient tous les jours. Quand soudain, elle percute Alice. Un café renversé, un manteau taché et une rencontre qui s'annonce inoubliable. Les fêtes de fin d'année qui s'annonçaient catastrophiques commencent à prendre un nouveau tournant. Laura découvre Alice et sa passion pour les animaux, son rire merveilleux, ses yeux magnifiques... Serait-ce le coup de foudre digne d'un téléfilm de Noël ?

 

Pourquoi ce livre ?

Lors de me quête de romances de Noël, je me suis laissée tenter par ce roman à la couverture magnifique et au résumé plutôt tentant.

 

De quoi est-il question ?

Laura est journaliste et, à quelques jours de Noël, doit composer une chanson pour le calendrier de l'avant imaginé par sa cheffe. Une bien mauvaise idée car, en l'instant, elle manque cruellement d'imagination et se noie dans le café, là où elle a ses habitudes. Mais bientôt, perdue dans ses pensées, elle bouscule Alice, une jeune femme pleine de vie qui ne la laisse pas insensible.

Se jugeant toutes deux d'être maladroites, Alice accompagne Laura au sein de son association pour chats des rues afin de rattraper sa "bêtise". Dès lors, Laura ne reste pas insensible au charme de cette jeune femme discrète, timide et pourtant au grand coeur. L'occasion de lui redonner envie de s'engager dans une histoire.

C'est alors une très douce ouverture à l'autre qui va s'engager entre les deux jeunes femmes bien peu à même de faire confiance. La chance va s'ouvrir à elle de pouvoir vivre Noël avec beaucoup plus de tendresse que ce qu'elles s'étaient imaginer à moins que leurs doutes et leurs défauts respectifs ne les entraînent dans des craintes difficiles à surmonter.

 

Du côté de la forme...

Les romances de Noël, cette année, j'en ai pleinement profité. Découvrir de nouveaux auteurs par ce genre était une belle chance et découvrir des univers dont je n'ai pas forcément l'habitude l'étaient tout autant. Ce roman était donc une nouvelle fois une belle opportunité.

Laura est une jeune femme à laquelle je me suis tout de suite très vite attachée avec son caractère très doux, ses doutes et ses passions. Je me suis très vite retrouvée en elle dans sa manière de se mettre dans des situations impossibles et j'ai été très touchée par sa maladresse. De même, j'ai très touchée par Alice, par son grand coeur et par son amour pour les animaux.

Si la rencontre entre les deux jeunes femmes reprend parfaitement les codes du hasard, de la rencontre oppotune et de la discussion qui s'engage sans qu'on ne sache trop pourquoi. Si  le rapprochement peu à peu reprend aussi les grands moments de la romance, tout concorde parfaitement pour un roman qui propose une vraie tendresse et une romance qui fait du bien.

Ce roman offre une plongée autant dans le monde de la musique que dans le monde des animaux en passant pour la caféine qui, mine de rien, compte pour une belle part dans ce roman.Ce roman met aussi en valeur des relations humaines fortes et des gens d'une profonde bonté, le genre de personne qu'il fait bon de rencontrer.

Nous sommes pas là dans une romance érotique et cela est assez rare au sein du genre aujourd'hui pour qu'il soit utile d'en tenir contre. Adieux les longs passage de sexe pour une romance essentiellement construite sur la personnalité des personnages, sur les émotions et leurs sentiments. Bref, une romance très féminine mais qui parle aussi avec justesse de doutes et de caractères discrets.

Côté style, je me suis aisément laissée envoûtée par la plume délicate de l'autrice qui sait nous offrir de beaux moments et une histoire qui sait évoluer. Voici un roman qui sait nous plonger dans les mondes du journalisme et des associations. De quoi nous inviter à partager des passions qu'on ne connait pas forcément et des relations humaines fortes.

 

En conclusion... 

Voici un roman qui m'a beaucoup touchée et qui, si le côté Noël n'est pas forcément au premier plan, sait nous faire passer un moment magique. Voici un roman qui sait émouvoir et qui, par son côté fleur bleu, nous amène dans un univers tendre et passionné. Voici un roman idéal pour cette période et qui fonctionne parfaitement pour la mise en valeur des rapports humains.

Un roman que je vous conseille vivement et qui me donne envie d'en découvrir d'autres de l'auteure.

dimanche 10 janvier 2021

Nanouk, l'ourson de Noël - Gilles Tibo et Sabrina Gendron

  

Infos sur le livre

éditions : Auzou

date de publication : 08-10-2020

pages : 32

prix : 12,95€

 

Résumé éditeur

 La veille de la longue nuit magique, tandis que les aurores boréales dansent dans le ciel du pôle Nord, l'attelage du père Noël s'envole au-dessus de la banquise. Mais à l'arrière, Nanouk, le petit ours en peluche, est mal attaché. Il plonge dans le noir. C'est le début d'une grande et merveilleuse aventure... !

 

Pourquoi ce livre ?

Lorsque j'ai vu la couverture de cet album, je suis immédiatement tombée sous le charme de cet ourson et ai eu envie découvrir cette histoire.

 

De quoi est-il question ?

C'est la nuit de Noël, le ciel est superbe et le Père-Noël vole à bord de son traineau, prêt à aller distribuer leurs cadeaux à des millions d'enfants à travers le monde. Mais une bourrasque le désiquilibre et Nanouk, le bel ourson en peluche, tombe dans la nuit. Au sol, au coeur de la forêt, il est entraîné jusqu'à la cabane d'un trappeur.

Ce ne sera là que le début d'un incroyable voyage à travers le pays et de main en main pour que Nanouk parvienne le lendemain matin à l'enfant à qui il est destiné. Mais la route sera longue pour la peluche qui risquera mille fois de se perdre mais qui mille fois tombera sur des gens avides de faire régner la magie de Noël jusqu'à une petite fille en ayant besoin.

 

Du côté de la forme...

Noël, c'est pour ainsi la période de prédilection des enfants, la période où les albums fleurissent. De là à en trouver des beaux et intelligents, ce n'est souvent pas gagné. Pourtant, avec cet ouvrage, je sentais que j'allais découvrir une belle histoire et j'ai eu raison.

Nous sommes là au coeur de la nuit de Noël, de quoi nous plonger dans la pure magie et de quoi laisser vivante la foi en le Père-Noël. Et il est vrai qu'en cette période,et surtout en 2020, chacun avait bien besoin de faire renaître le rêve et l'espoir. Alors, dans cet album, les auteurs nous ramène dans la tradition de Noël ce qui fait beaucoup de bien.

Mais cet album nous conte une histoire qui va plus loin que la foi en Noël. Il nous conte aussi une vraie histoire humaine et qui redonne foi en l'homme, en ce que chacun peu faire, sans trop savoir pourquoi, pour être moin égoïste et davantage proche des autres. Ainsi, ce conte nous montre que le pouvoir de la magie de Noël est en chacun de nous et que chacun de nous peut la faire vivre.

En tant que grande fan des ours en peluche, cet album semblait être comme fait pour moi et c'est avec plaisir que je m'y suis plongée. Et si l'ours est personnage principal, j'ai aimé qu'il le soit sans devenir l'objet d'une personnification. On retrouve alors par cette peluche l'idée selon laquelle un jouet est inanimé mais qu'aux yeux d'un enfant il peut être vivant.

Cet album se rapproche des romans de voyage et de romans d'apprentissage avec, à chaque double-page la rencontre avec un nouveau personnage. Ainsi, cet album offre une succession de rebondissements et de rencontres. L'occasion de renconrer un panel d'hommes et de femmes très différents mais ayant tous un grand coeur, de quoi redonner foi en l'âme humaine.

J'ai adoré le travail d'illustration qui constitue cet album. Avec un vrai travail de dessin et assez proche d'un beau réalisme, typiquement le genre d'illustration que j'aime et qui peut me faire aimer un album, d'autant plus quand le destin est servi par une belle histoire. Car si cette histoire est simple et adaptée pour les enfants, elle est aussi profonde et pleine de poésie.


En conclusion... 

Voici un album qui m'a beaucoup touchée et qui a su me plonger en pleine ambiance de Noël de la manière la plus douce, la plus magique et la plus humaine qui soit. Voici un album qui ne prend pas les enfants pour des idiots et qui offre un superbe message plein de sens et de tendresse. Voici un album qui fait du bien, un grand album poétique à souhait qui sera juste compliqué à ranger dans une bibliothèque.

Un magnifique album à découvrir en famille pour les longues soirées d'hiver.

Vous ne nous séparerez pas - Régis Delpeuch

  

Infos sur le livre

éditions : Scrineo

date de publication : 22-10-2020

pages : 240

prix : 12,90€

 

Résumé éditeur  

L'histoire vraie de Sarah Lichtsztejn-Montard (14 ans au début du roman) et de sa mère Maria, échappées du Vel d'Hiv et rescapées de Birkenau-Auschwitz. L'histoire de Sarah, une adolescente juive en 1942. Comment, avec sa mère, elle est victime de la rafle du Vél' d'Hiv et s'en évade dès le premier soir, le 16 juillet 1942. Comment une dénonciation les précipite en mai 1944 au coeur de la tourmente nazie : à Drancy, puis dans l'enfer d'Auschwitz-Birkenau. Comment elle croise Anne Frank. Comment, pour fuir la menace russe, elles sont conduites au cours de "la marche de la mort' au camp de Bergen-Belsen. Comment elles en sont libérées le 15 avril 1945.

 

Pourquoi ce livre ?

Granda amatrice de roman traitant du sujet de la seconde guerre ainsi que des romans de l'auteur, je ne pouvais pas passer à côté de ce roman.

 

De quoi est-il question ?

Laura est une jeune adolescente lorsque la guerre éclate et a à peine 14 ans un matin de juillet 1942 lorsque la police française l'arrête avec sa mère pour les conduire au vélodrome d'hiver. Le jour même, jouant du hasard et d'une bonne dose de courage, elle parvient à s'enfuir et à se réfugier chez des amis de la famille.

Mais deux ans plus tard, alors que le pays est en proie aux pires lois anti-juives, elle est dennoncée et déportée à Auschwitz. Sa mère, qui est aussi parvenue à s'enfuir du Vél d'hiv, est déportée avec elle et c'est ensemble que mère et fille se battront contre les pires humiliations, contre le froid, contre la faim et la peur. Mais surtout contre l'horreur d'une époque.

Car à Auschwitz, elle découvriront les pires facettes de l'âme humaine et devront apprendre à résister à toutes les épreuves. Dans les camps, Sarah fera la connaissance d'Anne Franck et devra même résister à la "marche de la mort". Mais surtout elle devra apprendre à vivre dans des conditions extrèmes qui n'ont plus rien d'humaines et qui la changeront à jamais.

 

Du côté de la forme...

Lorsque j'ai vu que Régis Delpeuch sortait un nouveau roman, je n'ai pas hésité une seconde. Et ce d'autant plus avec un sujet aussi fort que celui-ci. Car je m'attendais avec certitude à un roman très fort et je n'ai pas été déçue.

Nous voici face à un roman qui n'en est pas tout à fait un. Car si le récit est bien établit sur le ton de la fiction, il s'agit en réalité d'un document mettant en scène la véritable histoire d'une jeune femme ayant vécu l'horreur à l'âge de l'innocence. Ainsi, derrière un texte romancé, tout est vrai dans ce livre qui est source d'incroyables émotions et tourments.

C'est avec brio que l'auteur parvient à nous offrir les épreuves vécues par Sarah et qu'il nous propulse dans une autre époque. Il sait rendre compte avec beaucoup de justesse de toutes les étapes de la descente aux enfers de l'adolescente tout en nous proposant un personnage montrant à tous les jeunes qu'en tant qu'ado, nos rêves et nos espoirs sont toujours un peu les mêmes.

Le plus fort dans ce roman, est la relation unique et incroyable qu'il va y avoir entre Sarah et sa mère, une relation d'amour, de courage et de confiance. Le genre de relation mère-fille qui émeut mais qui va aussi leur permettre de survivre dans l'adversité. De quoi porter un message d'amour absolu au coeur du pire ce qui accentue encore plus cette relation.

Si ce roman peut être considéré comme un roman du genre parmi tant d'autres, il permet malgré tout au lecteur adolescent d'en apprendre beaucoup sur cette triste période. D'ailleurs, même pour le lecteur adulte, il en apprend encore sur cet enfer en opposition avec la grâce et la force d'une jeune femme à laquelle nous voudrions tous ressembler.

Côté style, j'ai adoré retrouver l'écriture si fouillée et si intelligente d'un auteur qui sait nous parler d'événements terribles avec beaucoup de délicatesse. Il sait nous offrir des personnages historiques plein de sens et d'une profondeur incroyable.. Il sait enfin nous retracer la vie d'une femme sans la trahir ce qui est une qualité rare dans un travail d'auteur.

 

En conclusion... 

Voici un roman qui m'a profondément troublée et qui a su une fois encore révéler le talent rare d'un auteur qui sait plonger ses lecteurs dans les pires moments de notre histoire. Voici un roman qui nous fait découvrir un personnage historique magnifique qui aurait pu rester dans les abymes du passé mais que l'histoire a forcé à rester en lumière.

Voici un roman que je ne saurais trop vous conseiller et qui vaut vraiment le déplacement.