mardi 18 décembre 2018

Une petite place sur cette Terre - Hélène Montardre



Infos sur le livre

éditions : Syros
date de publication : 06-09-2018
pages : 224
prix : 6,95€

Résumé éditeur

L'hommage inoubliable de Hélène Montardre à ceux qui n'ont plus rien, sauf leur dignité d'être humain. Rudy et sa maman sont étrangers. Ils n'ont pas de famille en France et nulle part où aller. Un jour, Rudy entend raconter ce mythe grec : Héra, la femme de Zeus, avait interdit à toutes les terres d'accueillir la déesse Léto. Et pourtant Léto a fini par se réfugier sur une île minuscule, à peine visible sur le bleu de la mer. Les mots résonnent dans la tête du garçon. Il y a forcément quelque part un petit bout de terre où Rudy et sa maman pourraient vivre. Et cet endroit, Rudy va le trouver.

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions Syros grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau roman d'une auteure dont je ne vous ai jamais vraiment parlé ici.

De quoi est-il question ?

Arrivés illégalement en France, Rudy et sa maman n'ont plus rien. Sans papier ils survivent au jour le jour comme ils le peuvent en vivant dans un grenier. Mais un jour, ce grenier, ils doivent le quitter et trouver un autre refuge. Ils espèrent pouvoir compter sur d'anciens amis et autres connaissances mais tout ne sera pas si simple.

Car la mère de Rudy est enceinte et se fatigue de plus en plus vite tendis que le père du bébé qui l'attend, lui, s'est évaporé dans la nature. C'est alors qu'ils passent quelques temps dans un quartier que Rudy entend cette histoire par une bibliothécaire, l'histoire d'une déesse mise enceinte par Zeus et condamnée à l'exil par Héra, folle de jalousie.

Pour Rudy, cela ne fait désormais plus de doute. Sa mère, comme Léto, est une déesse mise enceinte par le dieu de l'Olympe et elle attend des jumeaux. Le jeune adolescent n'aura alors de cesse de prendre les choses en main pour trouver pour sa mère et lui un petit coin de paradis rien qu'à eux où, enfin, ils pourront vivre et s'aimer sans crainte.

Du côté de la forme...

Les éditions Syros proposent toujours des histoires pour les jeunes les invitant à se poser des questions très actuelles sur notre monde. Ici, il est question de voir autrement la question des migrants et de ceux qui n'ont rien. Un sujet délicat mais important.

Souvent, dans nos petites vies tranquilles, nous visualisons la question des sans papier soit à travers notre regard d'occidentaux, au mieux, soit à travers le regard de la télévision, au pire. Mais souvent, nous avons bien du mal à nous mettre à la place de ces gens qui tentent de survivre malgré tout et qui n'ont rien sinon l'espoir.

Ici, l'auteure permet aux jeunes de se mettre à la place de ces autres jeunes qui ont le même âge qu'eux mais dont la vie est bien différente. Une belle invitation à l'empathie d'autant que Rudy, au-delà de ses défauts et de son caractère parfois dérangeant reste un personnage très fort que le lecteur adulte aimerait bien pouvoir prendre dans ses bras.

Mais ce qui m'a touchée ici, c'est la part d'onirisme omniprésente à travers le regard de Rudy. Car puisqu'il n'a rien, il croit en ses rêves. Sa naïveté m'a beaucoup émue en ce sens en ce qu'il croit dur comme fer que sa mère est la nouvelle Léto. De quoi entendre que même dans les moments les plus rudes le besoin de croire en quelque chose nous aide à vivre.

Et il est vrai que dans ce roman l'auteure parvient parfaitement à mêler les questions de société à la part d'espoir. Le très concret rencontre le rêve et avec beaucoup de force l'auteure parvient à flouter les frontières tout en offrant au lecteur une profonde réflexion sur le monde qui l'entoure. Cela non sans offrir une piste sur la force de la lecture dans une vie trop difficile.

J'ai beaucoup aimé le style que l'auteure déploie dans ce roman. En très peu de temps elle parvient à nous faire aimer son personnage et à nous entraîner avec lui dans son imaginaire débordant. Le lecteur finit même par avoir envie de croire lui aussi que la mythologie grecque est venue porter secours à ce duo qui n'espère plus rien de la vie. 

En conclusion...

J'étais très curieuse de découvrir ce roman et ressors de ma lecture très émue par ce que j'ai eu l'occasion d'éprouver au fil des pages. Ici, c'est avec beaucoup de force que l'auteure nous parle d'un sujet trop tabou et nous ouvre les portes du rêve pour rappeler à chaque enfant que son imaginaire est ce qu'il a de plus précieux.
Je lirai sans doute bientôt un autre roman de l'auteur qui m'a largement convaincue.

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