jeudi 21 juin 2018

L'affaire Creutzwald - Thierry Berlanda



Infos sur le livre

éditions : De Borée
date de publication : 19-04-2018
pages : 334
prix : 19,90€

Résumé éditeur


Avril 2019, le brigadier Aurélie Deletraz trouve par hasard, dans une sous-pente du commissariat de Saint-Avold, un paquet de pages qui l'intrigue : le récit anonyme d'une enquête hors norme qu'elle avait menée cinq ans plus tôt, et qui avait abouti à un classement sans suite. Troublée, elle persuade Céline Dumouriez, ex-journaliste à l'Express sortant de cure de désintoxication, de reprendre discrètement les recherches sur les disparitions, en juin 2014, de personnes soi-disant évaporées dans une lumière surnaturelle... Ces phénomènes étaient-ils liés à l'assassinat d'Emmanuel Marchal ? Alice, qui allait se marier avec le jeune homme, était-elle victime d'hallucinations lorsqu'elle prétendait en avoir été témoin ? Pierre Orbain, industriel tyrannique condamné pour Le meurtre de Marchai, est-il la seule âme noire de cette histoire, ou bien est-ce quelqu'un d'autre, plus redoutable encore mais dissimulé, qui détient la vérité sur l'affaire Creutzwald ? Céline et Aurélie vont devoir faire taire leurs propres démons pour découvrir les traces de ce fantôme. Et pour l'affronter...

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions De Borée grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce roman à la couverture magnifique d'un auteur dont j'avais hâte de pouvoir vous parler.

De quoi est-il question ?


En 2019, dans un recoin du commissariat où elle travaille, Aurélie Deletraz retrouve un ancien dossier relatif à un affaire vieille de 5 ans. A cette époque, une jeune femme dit avoir vu un vieil homme disparaître dans un halo de lumière alors même que l'homme sera retrouvé mort chez lui le soir même. Tout porte à croire que la jeune femme dont le compagnon a été tué 10 ans plus tôt a perdu la raison.

Intriguée, la jeune femme fait donc appel à Céline, ancienne journaliste de l'Express et bien peu en côte pour rouvrir l'affaire et découvrir ce qu'il s'est vraiment passé cette année-là. Car si un homme a bien été arrêté pour le meurtre d'Emmanuel, tout porte à croire que tout n'est pas clair dans cette histoire. Alors, folie, surnaturel ou manipulation ?

Et au fur et à mesure de leur petite enquête, alors que les deux femmes doivent rester discrètes, les événements vont peu à peu s'accélérer pour les mettre face à des révélations qu'elles n'auraient jamais pu imaginer. Alors que l'horreur s'apprête à s'inviter, Céline et Aurélie ne pourront compter que sur elle-même pour, enfin, trouver des réponses qui pourraient bien les mettre en danger...

Du côté de la forme...


Dès que je l'ai vue, j'ai été très attirée par cette couverture. Dès que j'ai lu le résumé de l'éditeur, j'ai été fortement intriguée par ce roman. Après avoir rencontré l'auteur à Limoges, j'ai eu très envie de lui faire un article de son nouveau roman.

Tout commence dans un asile. Et il est vrai que la thématique de la folie, de la maladie mentale dans le polar est toujours quelque chose qui fonctionne même si, ici, cette thématique sert surtout de "trompe l'oeil" pour une intrigue beaucoup plus complexe. Et c'est avec brio que l'auteur joue avec les codes du genre pour nous offrir un roman totalement addictif.

Avant que l'enquête ne commence vraiment, le lecteur va être invité à lire les détails de l'affaire telle qu'elle eut lieu bien avant le début effectif du roman. Comme les enquêteurs de l'époque, le lecteur va se dire que tout est simple. Comme Aurélie et Céline, il va comprendre que quelque chose cloche et ne saura lâcher le roman avant de comprendre les fonds de l'affaire.

De prime abord, nous pourrions penser que nous sommes là face à des personnages très stéréotypés : l'enquêtrice un peu paumée, la journaliste reléguée au placard. Et pourtant ça marche comme si c'était la première fois que nous découvrions ce genre de personnages. Quand aux autres personnages, ils nous frappent, nous émeuvent et nous interrogent.

Mais ce qui fait d'un polar un bon polar, c'est son intrigue. Et là, niveau intrigue, on est sur un très très bon niveau de mystère, d'enquête, de rebondissements et de révélations. Car si parfois le lecteur peut s'interroger sur la nécessité de certaines scènes, il s'apercevra peu à peu que tout est là pour former un puzzle complet où chaque détail compte et qui donne envie de relire une fois finit pour retrouver ces détails.

Niveau style, celui de l'auteur est d'un très bon niveau également. Une écriture fluide, agréable, intelligente mais surtout une écriture qui donne envie de se plonger à corps perdu dans le roman. Bref, l'auteur sait écrire, il n'y a pas d'autre formule possible. Il sait nous retourner le cerveau mais aussi nous offrir un texte fort et subtile dans le sein même du genre du polar.

En conclusion...


Voici un roman que j'étais très curieuse de pouvoir découvrir et que j'ai finalement dévoré lorsque j'en ai eu l'occasion. Jouant avec les codes du polar du personnage marginal aux thématiques de la folie en passant par les rebondissements intrigants, ce polar d'une très belle écriture nous entraîne dans les abîmes de l'âme humaine et dans des secrets qui ne devaient pas être dévoilés.
J'espère pouvoir vous reparler très bientôt d'un autre roman de l'auteur !

mercredi 20 juin 2018

Power club, un rêve indesctructible - Alain Gagnol



Infos sur le livre

éditions : Syros
date de publication : 03-05-2018
pages : 528
prix : 17,95€

Résumé éditeur


UN DERNIER TOME EXPLOSIF ! LA TRILOGIE À NE PAS RATER Du haut de ses 19 ans, Anna a déjà sauvé le monde, mais elle a vécu le pire. Qui irait imaginer que la personne la plus puissante sur Terre souffre de stress post-traumatique ? Alors qu'elle est au centre de l'attention, Anna est la seule à voir venir une menace plus grande encore : le sénateur Wallace, qui a promis de créer une armée de soldats surhumains, est sur le point d'être élu président des États-Unis. Malgré sa fragilité, Anna est aussi la seule capable de l'arrêter.

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions Syros grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce troisième volet et aboutissement d'une série que j'aime beaucoup.

De quoi est-il question ?


La vie d’Anna a bien changé. Maintenant que les booster et elle sont intimement liés dans son corps, Anna, la dernière super-héroïne existante, est devenue la femme à abattre, celle sur qui retombe tous les affres de l’humanité, celle que désormais autant de gens adulent que rejettent. Il lui suffit de sortir dans la rue pour le constater.

Et c’est justement parce qu’elle ne sait plus vraiment qui elle est, qu’elle ne sait plus vraiment quoi faire de sa vie, qu’elle ne sait plus vraiment ce que le monde attend d’elle, Anna souffre. Ses nuits sont peuplées de cauchemars, ses peurs les plus secrètes nourrissent ses journées. Et malgré son amie de toujours et sa famille, Anna ne s’en sort pas.


Bientôt, chacune de ses sorties devient pire que la précédent, le nouveau sénateur veut sa peau et sa discréditation totale. Anna voit planer le danger, sur elle, sur ceux qu’elle aime, sur le monde. Elle seule peut arranger les choses. Mais les gens n’ont plus confiance dans les super-héros et le sénateur compte bien se servir des peurs d’Anna pour appuyer son pouvoir…

Du côté de la forme...


Depuis le temps que j’attendais de tenir, enfin, entre les mains, le dernier volet de cette trilogie et de savoir ce qu’il allait advenir d’Anna ! Autant dire que, dès que je l’ai pu, je me suis plongée dans cette lecture avec la certitude de passer un bon moment et en effet.

Au début de ce tome, nous retrouvons donc une Anna en proie à un mal-être qui fait mal au lecteur qui se souvient des débuts de la jeune fille comme super-héroïne. Car Anna a bien changé et l’auteur a très bien su faire évoluer son personnage, le faire grandir mais le rendre aussi moins superficiel et plus proche du commun des mortels.

Car c’est bien la situation mondiale qui a évolué depuis le premier tome et bien que dans un futur totalement imaginaire, l’auteur ne manque pas de faire des références terrible au monde dans lequel nous vivons, un monde d’attentats, un monde de politique manipulatrice, un monde de zapping où ceux qui étaient aimés hier sont détestés aujourd’hui.

De même, c’est le pouvoir des médias qui est mis en cause et qui fera pas mal réfléchir le lecteur sur les informations qu’il peut entendre en permanence. Ici, il est invité à entendre la voix de celui qui est visé par les médias et pourra peut-être s’interroger sur la « vérité vraie » présentée par la presse et contre laquelle les principaux concernés ne peuvent rien.

Pour autant, nous sommes avant tout ici dans un roman d’aventures et ce n’est pas l’action et les rebondissements qui vont manquer ici ! L’auteur ne laisse en réalité pas son lecteur reprendre son souffle et je dois dire que j’ai apprécié ce sentiment d’urgence, le fait de sentir mon cœur s’emballer avec l’envie de tourner les pages de plus en plus vite.


Et si l’on en arrive là, c’est grâce au style totalement prenant de l’auteur qui sait nous embarquer dans la force de son intrigue mais qui sait aussi nous tirer quelques larmes face à une Anna perdue. L’auteur sait aussi placer des scènes dans des lieux connus et on y plonge comme si on y était ce qui est aussi toujours très fort à vivre.

En conclusion...


Voici un tome que j'attendais avec la plus vive impatience et dans lequel je me suis plongée sans pouvoir m'arrêter. C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai retrouvé Anna tout en découvrant une jeune fille bien différente de celle qui m'avait déjà charmée dans le premier tome. J'ai aimé le cadre dans lequel l'auteur nous plonge, j'ai aimé sa manière de nous faire réfléchir sur la société.
Cette série est à découvrir à tout prix et de mon côté j'espère vraiment que l'auteur nous offrira bientôt un nouveau roman.

mardi 19 juin 2018

L'affaire Mélodie Cormier - Guillaume Morrissette



Infos sur le livre

éditions : City
date de publication : 29-03-2017
pages : 352
prix : 19,90€

Résumé éditeur


Bienvenue à Trois-Rivières, une petite ville tranquille du Québec. Un matin, une fillette qui se rend à l'école disparaît. Entre le car scolaire et la cour de l'école, Mélodie Cormier s'est littéralement volatilisée. Seul indice : un élastique à cheveux tombé par terre. Pour l’enquêteur Héroux, l'affaire s'annonce impossible à résoudre. Dans le même temps, Marco Genest reçoit une lettre anonyme. Son correspondant posséderait des renseignements sur la mort accidentelle de ses parents, survenue deux ans plus tôt. Accidentelle, vraiment ? Pour le savoir, Marco doit s'engager dans un terrifiant jeu de piste. Alors que Marco et Héroux tentent de découvrir la vérité, les liens entre les deux affaires deviennent troublants. Comme si une seule et unique personne était le maître d'un jeu macabre. Une personne qui détiendrait entre ses mains le destin de la petite Mélodie... Un thriller captivant. Un jeu de piste terrifiant.

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions City grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce roman d'un auteur que je ne connaissais pas en vue de ma rencontre avec ce dernier à Limoges.

De quoi est-il question ?


Nous voici au cœur du Québec. Marco, un homme à la vie bien rangée, reçoit un étrange courrier l’invitant à un curieux jeu de piste. Au terme de ce jeu mené de main de maître par un auteur avec, déjà, un lourd passé de manipulation, Marco pourra espérer trouver des réponses sur la mort de ses parents, ce dont il ne s’est jamais vraiment remis.

Dans le même temps, une fillette, Mélodie, est enlevée. Les enquêteurs sont aux abois car chacun sait que, lors d’un enlèvement, les premières heures sont cruciales. Seul reste l’élastique à cheveux que portait l’enfant et tout porte à croire que le père de l’enfant, un homme assez sanguin, pourrait être responsable de la disparition de la petite.


Mais alors que les indices s’accumulent, Marco comprend qu’il a mis les pieds dans un terrible engrenage auquel l’enlèvement récent d’une fillette pourrait bien jouer un rôle. Car celui qui mène la danse sait y faire et pourrait bien devenir dangereux si les choses ne se passaient pas comme il les a prévues.

Du côté de la forme...


Cela faisait un petit moment que je ne m’étais pas plongée dans un thriller du genre et celui-ci se déroulant au Québec, pays qui me fait rêver, je ne pouvais qu’être convaincue avant de commencer ma lecture. D’autant que j’ai beaucoup apprécié ma rencontre avec l’auteur à Limoges.

Tout dans ce roman était là pour me plaire mais force est de constater que j’ai eu un peu de mal à rentrer dans cette histoire. Tout le journal du poseur d’énigmes, le personnage de Marco et même l’enlèvement de Mélodie… Quelque chose ne parvenait pas à passer. Je n’y croyais pas, je n’arrivais à me laisser porter. Jusqu’à ce que tout bascule et que le roman me devienne addictif.

Car si le début est un peu longtemps, lorsque Marco rencontre son poseur d’énigmes, tout s’accélère et le lecteur est alors invité à plonger dans un roman dont on ne peut plus sortir avant d’en avoir lu la dernière ligne. Le rythme cardiaque s’accélère, tout se précipite et les rebondissements nous propulsent dans un enfer à ciel ouvert comme on peut les aimer.

Peut-être ai-je été dérangée par les énigmes, justement, qui ne donnent pas vraiment envie au lecteur de chercher avec le personnage. Mais quand le thriller prend tout son sens, l’auteur parvient à balader son lecteur avec talent. C’est d’ailleurs peu à peu que l’on se laisse toucher par les personnages, passant du détachement à l’empathie la plus totale.

Nous sommes ici dans la pure tradition de la double-enquête qui va finir par se rejoindre et même si cette union des deux est évidente l’auteur parvient à l’amener avec beaucoup de finesse malgré tout grâce à un seul coupable, certes, mais par des problématiques très distinctes. D’ailleurs, l’auteur nous invite aussi ici à réfléchir à des faits de société très forts qui ne laissent pas insensibles.


Concernant le style de l’auteur, si j’ai trouvé au début de ma lecture ce style un peu lourd et un peu nébuleux, j’ai su dans la seconde partie du roman me laisser porter et me laisser enfermer dans l’ambiance noire et oppressante proposée avec beaucoup de justesse digne des meilleurs épisodes d’Esprits criminels.

En conclusion...


Voici un roman qui m’intriguait pas mal et que je suis ravie d’avoir pu découvrir car si la première partie ne m’a pas vraiment convaincue, j’ai complètement adoré la seconde quand tout s’accélère et devient haletant. Si je n’ai été au départ que moyennement convaincue par les personnages, ceux-ci ont fini par vraiment me toucher. Et au final, l’auteur a su m’embarquer avec un lui dans un thriller comme je les aime.

J’espère avoir bientôt l’occasion de lire un autre roman de l’auteur car grâce à la seconde partie de cette histoire, tout cela a bien failli finir en coup de cœur.

samedi 16 juin 2018

Le choix d'Amélie - Bernadette Berger



Infos sur le livre

éditions : Souny
date de publication : 10-02-2017
pages : 224
prix : 17,50€

Résumé éditeur


Suite à un drame familial dont elle se sent responsable, Amélie, tout juste vingt ans, décide de consacrer sa vie aux autres. Elle s'installe comme Béate, une petite soeur des pauvres, dans un village isolé. Cette pénitence qu'elle s'impose n'est-elle pas un prétexte pour quitter la maison du malheur et abandonner les siens à leur misérable sort ? Amélie est heureuse de se sentir utile. Sans tableau ni planisphère, elle instruit les enfants dont elle a la charge. Le soir, elle réunit les femmes pour prier et faire de la dentelle. Elle connaît aussi le secret des plantes qui soignent et les gestes qui sauvent. Sa présence apporte un souffle de vie et d'espoir au hameau. Mais bien vite, sa nature généreuse et impulsive ne peut rester passive devant les souffrances de son petit monde. Elle veut influer sur le cours des choses, quitte à réveiller la colère du curé et la haine de l'instituteur. Lorsqu'elle rencontre Félicien, le jeune forgeron, se donnera-t-elle enfin le droit au bonheur ? Avec sa foi chevillée au corps, sa vitalité et son goût du partage, Amélie est une héroïne des plus attachantes. Un roman profondément humaniste, incisif et bouleversant, nourri de rigoureux détails historiques, qui dit ce que signifie être humain dans ce monde.

Pourquoi ce livre ?


Après avoir rencontré l'auteure à Arsac l'an dernier, je m'étais promis de lire tôt ou tard son roman et l'envie d'un roman de la maison d'édition a été l'occasion.

De quoi est-il question ?


Amélie a toujours aimé la lecture, un moyen pour elle de s’évader qu’un quotidien difficile rythmé par les travaux de la ferme. Mais, aujourd’hui, la jeune femme vit avec la culpabilité de cette passion, une passion qui lui a fait détourner le regard de son jeune frère, une passion qui la fait se juger responsable de la mort de ce dernier.

Alors parce qu’elle ne s’estime plus le droit de vivre, Amélie a fait le choix de mettre son existence entre parenthèses et, pour se faire, a décidé de devenir béate. Elle prend son rôle très à cœur et n’hésite pas à se mettre elle-même dans des situations complexes pour venir en aide aux petites dont elle a la  charge, surtout quand l’injustice régit leurs vies.


Mais Amélie reste une jeune femme dans la fleur de l’âge et, bientôt, elle découvrira que tous les sentiments qu’elle avait profondément enterrer s’apprêtent à refaire surface. Et bientôt c’est l’amour, l’amour auquel elle se refuse, qui entrera dans sa vie alors même que dans le village l’instruction laïque se confronte à l’éducation religieuse.

Du côté de la forme...


Le capital sympathie d’un auteur est, pour moi et aujourd’hui, un élément essentiel à mon envie de découvrir son roman au détour d’un salon. Si, en prime, le roman est en parfaite adéquation avec mes goûts, c’est gagné. 

Comment ne pas se laisser dès les premières pages séduire par le personnage d’Amélie, cette jeune femme belle et attachante rongée par la culpabilité. Dès le début du roman, le lecteur a envie de la prendre dans ses bras, de lui dire que tout ira bien, que la mort de son frère n’est pas sa faute. Pourtant, c’est impuissant que le lecteur la voit s’enfermer dans sa propre vie.

Nous allons donc suive cette jeune femme dans sa vie de béate mais, si l’auteure plonge son personnage dans une vie religieuse, elle n’impose toutefois pas au lecteur la description dans le détail de ce genre de vie. Au contraire, elle sait mettre l’accent sur les moments de liberté, sur le cœur et sur la vie du village dans lequel Amélie s’implique.

Historiquement parlant, nous sommes à la fin du XIXe siècle, début XXe, en plein cœur des lois patriarcales où les femmes n’ont guère droit au chapitre. Amélie va faire figure de femme libre dans cet univers en s’émancipant malgré ses peurs et en devenant quelqu’un malgré les épreuves tout en se battant contre les injustices autour d’elle.

Si ce roman est bien une histoire de femme comme on les aime, il se fait aussi témoin d’une époque où les pères et les croyances régissent la vie des villages. Mais il est surtout intéressant dans ce roman de voir combien les querelles d’enseignement furent importante ce qui laisse à réfléchir sur notre monde actuel.


Concernant le style de l’auteur, nous sommes là dans un style dans la pure tradition du genre avec une belle description des décors et des personnages attachants même si l’on aurait presque pu souhaiter que certaines problématiques se résolvent un peu moins facilement. Quant aux émotions, elles sont bien là tout au long de la lecture et ça fait du bien.

En conclusion...


Voici un roman qui me tentait pas mal et que je suis ravie d’avoir enfin pu découvrir avec un personnage féminin comme on les aime, un cadre dans la pure tradition terroir comme on peut l’attendre et de vraies réflexions sur une époque pas si éloignée de nous. Voici un roman qui permet de passer un agréable moment quoique trop courts.

Si j’ai un jour l’occasion de découvrir d’autres romans de l’auteur, je le ferai avec plaisir.

vendredi 15 juin 2018

Les ombres de Glozel - Robert de Rosa



Infos sur le livre

éditions : De Borée
date de publication : 15-03-2018
pages : 286
prix : 19,90€

Résumé éditeur


Eté 1989, les deux inspecteurs Grégory Des Cartes et Robert Spinoza sont chargés par leur patron, le commissaire Marcel Broust, de suppléer leurs collègues de Vichy. En pleine Montagne Bourbonnaise, dans le petit musée de Glozel, trois objets dont une tablette à écriture ont été dérobés. Rien d'important... Le déplacement aurait pu ressembler à une promenade touristique, d'autant qu'Emile Fradin, propriétaire et "inventeur" du site, est très volubile sur l'histoire de ses découvertes. Sauf que l'on retrouve dans les ruines du château de Montgilbert, tout proche, le cadavre nu d'une jeune fille, accompagné d'un des objets volés. L'enquête change de nature et amène les deux inspecteurs à côtoyer un étrange milieu paysan. Il leur faudra beaucoup de perspicacité pour relier les indices qui les conduiront tantôt vers des pratiques cérémonielles secrètes conduites par des personnages inquiétants, tantôt vers des intérêts économiques et stratégiques dissimulés. Derrière ce roman, apparaît en toile de fond le mystère du site archéologique de Glozel. Sa permanence à travers plusieurs siècles pourrait laisser penser que les sorciers de Glozel n'ont pas complètement disparu...

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions De Borée grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce roman d'un auteur que je n'avais encore jamais eu l'occasion de lire.

De quoi est-il question ?


Nous voici à la fin du siècle dernier, dans l’Allier. Le musée de Glozel, au sein duquel sont conservés des objets anciens symboles de l’histoire, est victime d’un larcin. Ce sont les inspecteurs Des Cartes et Spinoza qui sont mis sur l’affaire même si rien ne semble vouloir promettre une affaire qui défrayera la chronique.

Pourtant, arrivés sur place, c’est aussi le cadavre d’une jeune femme qu’il découvre, un cadavre qui dénonce un acharnement terrible de la part du meurtrier. L’affaire prend alors une toute autre tournure et c’est dans les secrets de l’histoire et du musée que les inspecteurs devront tenter de trouver des réponses.


Ce qui devait être une enquête de routine va alors entraîner les inspecteurs au sein de l’horreur où l’histoire rencontre le présent, où les rites étranges se mêlent aux hargnes individuelles et où tout ce qui devait faire sens devra être remis en question. Mais alors que Glozel s’apprête à dévoiler ses secrets, d’autres individus sont bien décidés à cacher les leurs.

Du côté de la forme...


De prime abord, voici un roman qui ne me faisait pas spécialement envie. Et puis, peu à peu, je me suis laissée intriguer pour finalement avoir envie de me plonger dans ce roman. Malgré quelques réserves, je ressors plutôt satisfaite de ma lecture.

Il est vrai que nous sommes là dans un polar assez classique du genre : un vol, un meurtre imprévu, une enquête par deux inspecteurs aux caractères bien trempés. Classique, certes, mais qui fonctionne et qui donne envie de se plonger dans la lecture afin de connaître le fin-mot d’une histoire qui ira bien au-delà de ce que l’on pouvait imaginer.

Ce que j’ai particulièrement apprécié ici, c’est le travail autour de Glozel, justement. L’auteur a à cœur de nous plonger au cœur de ce pan inconnu de l’histoire et il s’y emploie fort bien en nous en apprenant beaucoup sur un sujet important dans le bourbonnais mais dont on ignore tout. Alors mêlé à un polar et à des choses plus actuelles, ça marche.

Le fait d’être plongé en 1989 est original et permet au lecteur de retrouver une enquête « à l’ancienne » sans les technologies modernes et des questions de psychopathes en tout genre. Ici, nous sommes en effet dans quelque chose de très classique, avec de belles subtilités tout de même, et cela fait du bien quand on aime le genre.

Malheureusement, je dois avouer que j’ai parfois « décroché », ne sachant pas trop où l’auteur voulait en venir. Et si finalement tout se met en place, peut-être aurais-je aimé que les pistes exploitées soient peut-être un peu moins nombreuses. Quant aux noms des personnages, et cela n’engage que moi, je n’ai pas réussi à m’y faire.


Concernant l’écriture, nous sommes ici dans un style qui fonctionne de par sa qualité et de par sa capacité aux rebondissements. Mêlant une intrigue forte aux éléments historiques et géographiques, l’auteur maîtrise son sujet et ça se sent. Il parvient aussi à faire monter la tension pour offrir une fin en apothéose comme on les aime ce qui m’a rendu la lecture très prenante.

En conclusion...


Voici un roman par lequel, de base, je n'étais pas spécialement tentée mais que j'ai finalement été ravie de découvrir. Avec cette lecture, j'ai beaucoup appris, je me suis plongée dans un polar comme je les aime et j'ai eu des frissons. Mon seul bémol serait que j'ai parfois un peu "décroché" mais la fin du roman rattrape ce petit détail.
Ce roman était le premier que je lisais de l'auteur et, si l'occasion m'en est donnée, j'aurai plaisir à en lire d'autres.

jeudi 14 juin 2018

Le dernier espoir de Vercingétorix - Jean-François Perret



Infos sur le livre

édtions : De Borée
date de publication : 14-06-2018
pages
prix : 18,90€

Résumé éditeur


52 av. J.-C. après la bataille d'Alésia. Jules César a fait prisonnier Vercingétorix. Niamh, jeune fille éduenne rebelle, a échangé un baiser avec le chef arverne avant sa capture. Eprise, elle prend la tête d'une conspiration pour le libérer aidée du jeune Corcoran, son frère de sang, et de quelques vaillants et fidèles soldats.

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions De Borée grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce roman qui me tentait énormément, me permettant ainsi de découvrir un auteur que je n'avais jamais lu.

De quoi est-il question ?


En 52 avant Jésus-Christ, Jules César a envahi la Gaulle et fait prisonnier Vercingétorix à Allésia tendis-que Niamh, la compagne de ce dernier, se souvient. Elle se souvient de sa rencontre avec l’homme qu’elle aime, d’un baiser, d’un moment passés ensemble ou encore de ce qu’était la vie avant César et ses troupes.

Ravagé par la douleur, la jeune femme sans histoire va tout tenter pour faire libérer l’homme qu’elle aime alors même que les troupes avancent. Une entreprise risquée alors que Vercingétorix subit humiliations et privations, tendis-que César, sûr de sa toute-puissance prend plaisir à la situation présente.

Le chef des Gaules est pris, la Gaule est vaincue. L'arverne est perdu, César triomphe. Mais face à cette défaite, quelques-uns veulent encore croire qu’un espoir est possible. Et quel meilleur espoir que celui de l'amour, que celui de la jeunesse qui surviendra et qui devra espérer un monde bien différent de celui qui se profile.

Du côté de la forme...


Lorsque j'ai vu l'annonce de ce roman, j'ai immédiatement été attirée et ce même si je dois bien reconnaître qu'en 52 avant Jésus-Christ, à part Astérix, je n'y connais pas grand-chose. Je me suis donc plongée avec envie dans cette lecture et c'est ravie que j'en ressors.

Par définition, le roman historique se sert de l'histoire pour établir une fiction à partir d'elle. Le roman historique est donc un travail de recherche où les points de vue sont croisés au nom d'une intrigue. Mais ici, seule La Guerre des Gaules de César, ainsi qu'il est dit dans le prologue, peut servir de source. Les autres points de vue sont donc ici tissés de toutes pièces et ça marche !

L'auteur parvient donc à nous rendre attachants des personnages historiques dont nous n'avons jamais entendu la voix tels que, justement, Vercingétorix. Au fil du roman nous allons le voir dans sa cellule, nous allons le voir s'affaiblir, nous allons le voir perdre espoir ou garder confiance. Je n'aurais pas cru pouvoir éprouver autant d'émotion pour un personnage historique tel que celui-ci et pourtant...

Mais ce qui rend vraiment ce roman unique, c'est l'accent mis autour de Niamh qui va porter cette histoire du point de vue l'émotion, du femme prête à tout pour sauver un homme dont elle est tomber amoureuse. La grâce et la passion féminines face aux affres de l'histoire. Intemporel et tellement vrai ! C'est elle qui fait de ce roman une fiction et c'est par elle que, même connaissant l'issue, le lecteur se laisse prendre au roman.

C'est avec beaucoup de talent que l'auteur mêle dans son roman les points de vue, passant de celui de César à celui de Vercingétorix et en passant bien sûr souvent par celui de Niamh. Les voix se mêlent pour nous offrir une vision plus touchante et plus humaine de l'histoire où les faits et les dates ne sont que peu de choses faces aux émotions de chaque protagoniste.

Et si l'auteur parvient à cela, c'est grâce à un style tout à fait incroyable, autant travaillé que passionné, aussi fort nous émouvoir que pour nous enseigner. Chaque mot compte et a été réfléchi, chaque scène semble avoir été travaillé des dizaines de fois sans que cela ne se sente vraiment par des lourdeurs. Les larmes montent alors même que nous en apprenons plus que par tout autre livre d'histoire sur cette période.

En conclusion...


Voici un roman que j'ai tout simplement dévoré et qui m'a semblé totalement différent de tout ce que j'ai déjà eu l'occasion de lire. Voici un roman qui nous frappe de sa justesse car même si nous savons que beaucoup d'éléments sont fiction, tout aurait pu se passer exactement comme ça. Voici un roman historique qui sonne de manière très actuelle et qui fait réfléchir.
Je lirai avec plaisir d'autres livres de l'auteur et s'il n'en est pas tout à fait un ce roman est passé très près du coup de coeur.

mercredi 13 juin 2018

Le Tigre et les pilleurs de Dieu - Philippe Grandcoing



Infos sur le livre

éditions : De Borée
date de publication : 15-03-2018
pages : 302
prix : 19,90€

Résumé éditeur


Paris, automne 1906 : la France se remet à peine de l'ouragan de l'affaire Dreyfus. La séparation de l'Eglise et de l'Etat est dans tous les esprits... Hippolyte Salvignac, modeste antiquaire parisien d'une quarantaine d'années, est recruté par Georges Clemenceau pour aider la police à pourchasser des trafiquants d'oeuvres d'art. Ces derniers pillent les trésors qui sommeillent dans les églises de campagne... Flanqué de l'inspecteur Jules Lerouet, bâtard au grand coeur, Salvignac découvre les méandres d'une situation explosive : luttes politiques, tensions diplomatiques, conflits religieux et trafics internationaux. Au fil de son enquête, il sillonnera l'Europe de la Belle Epoque, de son Quercy natal à Londres en passant par les stations thermales d'Auvergne et la banlieue parisienne. Une galerie de personnages attachants, romanesques ou réels, fait de ce polar historique un livre passionnant, alors que va naître la police moderne des Brigades du Tigre. Fréquentant aussi bien les allées du pouvoir que le monde interlope des marchands d'art ou les soupentes du Quai des Orfèvres, Salvignac entraîne le lecteur dans le tourbillon des années 1900. A travers mille rebondissements se dévoile tout un monde révolu où se côtoient premières automobiles et voitures à chevaux, lampes à pétrole et ampoules électriques, une société où s'invente chaque jour la modernité du XXe siècle.

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions De Borée grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce premier roman d'un nouvel auteur de ma maison d'édition chouchoute.

De quoi est-il question ?


Nous voici à Paris, à l'aube du 20ème siècle. Alors que la capitale tente doucement de se relever des scandales judiciaires des dernières années, la politique est nourrie par les nouvelles lois séparant l'Eglise de l'Etat. Alors, au milieu de tout cela, certains en profitent pour faire valoir leurs propres intérêts.

C'est ainsi que naît dans le milieu fermé de la capitale un trafic d'art qui inquiète autant qui passionne et c'est Hippolyte Salvignac, antiquaire de son état, qui va aider les autorités à comprendre ce qui se passe. Surnommé le Tigre, l'homme n'aura de cesse de se confronter aux artistes et aux marchands d'art de son entourage pour démêler le vrai du faux.

Mais alors que l'affaire ne semblait pas si complexe, le Tigre va très vite comprendre que ce trafic est intiment lié aux complexités de son temps et que toute cette histoire se révélera bien plus délicate que prévu, pouvant bien le mettre lui-même en danger et le confrontant à des secrets intimement gardé dans le milieu.

Du côté de la forme...


Si j'ai été tentée par cette lecture, c'est tout d'abord pour l'époque qu'elle promettait : le début du 20ème est une période qui m'intéresse tout particulièrement et la séparation de l'Eglise et de l'Etat une question qui m'a pas mal occupée il y a quelques années.

En me lançant dans cette lecture, je dois dire que je ne savais pas trop dans quoi je me lançais mais tout était là pour me permettre de passer un bon moment alors je n'ai pas hésité. Et je dois dire que c'est avec beaucoup de talent que l'auteur nous plonge au début du siècle dernier avec ce qu'il a eu de meilleur et ce qu'il a eu de pire historiquement et politiquement.

Vous l'aurez compris, nous sommes plongés ici dans le domaine du trafic d'art et si c'est là une question que je ne maîtrise que très peu on s'y laisse prendre et l'auteur parvient fort bien à nous laisser entendre ces problématiques encore tellement actuelles. Malgré l'érudition de la thématique, c'est avec le sentiment d'avoir beaucoup appris que l'on ressort de cette lecture.

Nous sommes ici à la frontière entre le roman historique et le polar et c'est là le genre d'univers que j'affectionne beaucoup d'autant que nous y retrouvons le polar dans ses origines avec des méthodes d'enquête traditionnelles et sans science ni hémoglobine ce qui de temps en temps ne fait pas de mal. Et quand l'histoire pure s'en mêle, ce n'est qu'un bonus.

Il est vrai qu'au départ j'ai eu un peu de mal avec le personnage d'Hippolyte, ne sachant pas trop qu'en penser. Car s'il s'agit d'un personnage que l'on sent plutôt bien, il intrigue également beaucoup en ce que nous ne savons finalement pas grand-chose de lui. Ce serait mon regret quant à cette lecture : être restée sur ma faim quant à de nombreuses questions que je me posais.

Question style, il est évident que nous sommes là face à un auteur qui, malgré le fait qu'il s'agisse d'un premier roman, sait manier sa plume autant pour nous plonger dans son univers que pour nous tenir en haleine. L'auteur maîtrise son sujet et c'est indéniable. L'auteur se passionne lui-même pour sa propre histoire et ce sentiment est très fort à la lecture.

En conclusion...


Voici un roman qui m'intriguais plutôt pas mal et que je suis très contente d'avoir pu découvrir même si je dois dire que je suis restée sur ma faim sur plusieurs points. Si le style et l'ambiance m'ont charmée, sans doute aurais-je apprécié avoir plus de réponses à mes questions et une intrigue, même si je conçois le décalage de dire cela, moins érudit.
Je serai très heureuse de vous parler du prochain volet des aventures du Tigre lorsque je le pourrai.