dimanche 4 mars 2018

In my mailbox (242)

In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren  et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. Retrouvez l'ensemble des participants francophones chez Lilie.
Le rendez-vous hebdomadaire a été déplacé chez Lire ou Mourir.



Salut mes lapinoux !
Je vous l'avais promis, voici mon IMM spécialement consacré à mes réceptions de ma semaine de vacances. Etant partie quelques jours, c'est un certain nombre de nouveautés qui m'attendais à mon retour, pour mon plus grand plaisir bien sûr.


Et voilà pour cette semaine d'absence !
Un peu de tout alors maintenant reste à voir par quoi je commence...

samedi 3 mars 2018

Un ours dans ma classe - John Lavoignat et Csil



Infos sur le livre

éditions : Saltimbanque
date de publication : 01-02-2018
pages : 40
prix : 13,90€

Résumé éditeur


Quoi ? Un ours dans l'école ? Les autres sont déjà tous autour de lui, mais moi, pas question que je m'approche ! J'ai peur.... 

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions Saltimbanque grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouvel album plutôt tentant d'une toute jeune maison d'édition.

Mon avis


Aujourd'hui à l'école, un nouvel élève prend place sur les bancs. Mais cet élève n'est pas comme les autre car cet élève est un ours. Et si tous les autres élèves de la classe sont très attirés par ce nouvel élève, le héros de notre histoire, lui, est un peu effrayé. Et voilà la maîtresse qui dit que c'est ce nouvel qui a peur et qu'il devra se placer à côté de lui, Dario.

Il est vrai que je suis toujours curieuse désormais à l'idée de découvrir de nouveaux albums et je dois dire que la couverture de celui-ci m'avait beaucoup attirée, ainsi que son titre. Du coup, c'est sans hésité que je m'y suis plongée et ai découvert quelque chose de plutôt sympa.

Dans cet album, l'imaginaire se lie au réel avec l'arrivée d'un nouvel élève dans la classe mais un élève qui se révèle être un ours. Une bonne idée pour parler aux enfants, justement, de ces nouveaux élèves qui peuvent arrivés en cours d'année et qui peuvent un peu impressionner voire effrayer. Une manière aussi de montrer que la crainte est à double tranchant.

Cet album est aussi un axe pour parler aux enfants de la différence. Quelles plus grande différence peut-il y avoir qu'une différence d'espèce ? Et en cela cet album permettra aux plus petits de réfléchir sur leur rapport aux autres, sur les différences de chacun qui peuvent, mises bout à bout, faire de véritables forces. Ce thème est loin d'être neuf en littérature de jeunesse mais il fonctionne toujours.

Concernant le format de l'album, j'ai beaucoup aimé l'habile mélange imaginé de mélanger typographie de texte comme on en a l'habitude et typographie manuscrite plus proche de la bande-dessinée. Cela donne de quoi respirer au sein de l'album, offre une belle dose d'humour et peut permettre éventuellement une lecture aléatoire idéale pour les enfants.

Le texte, de la même manière, mêle la parole de Dario à la parole du narrateur et cela pourra être très bien pour laisser sentir aux enfants la différence de ton que l'on peut trouver dans les albums. La différence de style aussi car l'auteur parvient très bien à changer son écriture et à adopter une parole d'enfant lorsqu'il laisse sa voix à Dario.

Concernant l'illustration, je suis fan. Certes il ne s'agit pas d'une illustration qui sort totalement des normes ni même qui est particulièrement "belle" au sens subjectif du terme mais il s'agit d'une illustration efficace, drôle et pleine de tendresse qui joue parfaitement bien sur les couleurs et offre aussi un petit côté ancien qui saura séduire les nostalgiques.

En conclusion...


Voici un album que j'étais très curieuse de découvrir et avec lequel j'ai passé un agréable moment. Si la thématique n'a rien de très neuf, l'histoire est bien menée et les illustrations sauront convaincre petits et grands. Cet album sera juste parfait pour les enseignants devant présenter et accueillir un nouvel élève en cours d'année.

Au-delà des barbelés - Bruno Nunez



Infos sur le livre

éditions : Cairn par Néobook
date de publication : 22-02-2016
pages : 144
prix : 6,10€

Résumé éditeur


Benjamin est en vacances chez ses grands-parents lorsqu il tombe par hasard dans le grenier de son grand-père sur un vieux livre vert. En le feuilletant, les pages s illuminent et l ouvrage plonge le garçon dans un passé lointain, en 1942. Benjamin revêt ainsi l apparence de Fédérico, un garçon espagnol qui vit avec sa mère et des compatriotes dans le camp d internement français de Gurs. A la recherche de compréhension et d un moyen de retourner parmi les siens, Benjamin va faire la connaissance de Blanche, une jeune républicaine espagnole ayant fui la dictature du général Franco. Il rencontrera également Mathias, un camarade de Fédérico qui sera son guide dans le camp et Sarah une enfant juive fraichement débarquée dans le camp. Pris de compassion pour Sarah et son histoire, Benjamin va tout mettre en oeuvre, avec la complicité de Blanche et d un gardien au grand coeur, pour sauver la jeune petite juive et ses parents du sort qui les attend : la déportation. Des aventures qui seront aussi pour le garçon un moyen d en apprendre davantage dur ses propres origines.

Pourquoi ce livre ?


Merci à Néobook grâce à qui j'ai pu découvrir ce petit roman jeunesse d'une maison d'édition que j'avais envie de découvrir depuis longtemps.

De quoi est-il question ?


Durant des vacances chez ses grands-parents, le jeune Benjamin tombe sur un livre ancien qui, alors qu'il le feuillette, l'envoie en 1942, en plein coeur de la Seconde Guerre Mondiale et au sein du camp d'internement de Gurs dans le sud de la France. Après s'être cogné la tête un certain Fédérico s'est retrouvé dans l'infirmerie et Benjamin se retrouve dans son corps.

Une fois la première surprise passée, Benjamin comprend qu'il doit se trouver des alliés et surtout un moyen pour retourner à son époque. C'est alors qu'il fait la connaissance de Blanche, jeune femme ayant fuit la république de Franco. Une jeune femme qui va lui apprendre la logique du camp et l'Histoire de son pays, les raisons de sa fuite.

C'est au sein du camp que l'enfant va faire la connaissance de Sarah, une fillette juive dont il va très vite se prendre d'affection. Sachant ce qu'il adviendra des juifs en cette période trouble de l'histoire, le jeune garçon n'aura de cesse de tout tenter pour aider sa nouvelle amie à s'évader du camp. Pour cela, il n'hésitera pas à prendre des risques en allant à la rencontre d'un gardien du camp.

Du côté de la forme...


Cela faisait longtemps, très longtemps, que j'avais envie de découvrir cette petite collection de romans jeunesse du Cairn. Du coup, aussitôt reçu aussitôt lu pour ce petit roman à la thématique qui, avec moi, fonctionne toujours.

Il est vrai que le début de ce roman sonne comme très artificiel. Un éclair de lumière blanche et voilà un enfant plongé dans le passé. Je dois même avouer que l'événement se produit tellement vite qu'au départ je n'avais pas compris qu'il avait déjà eu lieu. Et il en est de même à la fin du roman pour le retour : même rapidité même effet d'étrangeté.

C'est cependant là la seule remarque négative que j'aurais à faire à propos de cette histoire car tout le reste m'a beaucoup plu. Il est vrai qu'avec moi, un roman sur fond de guerre mondiale, cela fonctionne toujours. Et c'est avec beaucoup d'émotion que je me suis plongée une nouvelle fois dans ce genre d'ambiance terrible mais adapté à la jeunesse.

Car dans ce roman nous sommes bien au coeur d'un camp avec toutes les horreurs qui l'accompagnent. L'enfant sera donc amené à en apprendre un peu plus sur cette époque et notamment sur la question franquiste en Espagne que les jeunes ne connaissent souvent pas. D'ailleurs, l'auteur place son roman dans le sud de la France ce qui change un peu de ce que l'on connaît.

Mais surtout ce roman est un très beau roman d'amitié et de courage. Il remet en question beaucoup de choses sur l'Histoire mais transmet également des émotions très fortes. Benjamin est un enfant qui m'a beaucoup touchée et émue. Il fait preuve dans ce roman de beaucoup de maturité tendis que l'auteur apprend aux jeunes de sa région à connaître un peu plus l'histoire de leur région justement.

Ce roman était le premier que je lisais de l'auteur et je suis plutôt contente du style que j'ai pu découvrir. Un style adapté à la jeunesse mais qui traite cependant de vraies questions historiques. Un style simple mais pas simpliste qui parvient à nous faire éprouver de belles émotions tout en nous donnant les clés nécessaires pour nous plonger au sein de la région choisie.

En conclusion...


Voici un court roman qui me rendait très curieuse et que je suis franchement ravie d'avoir pu découvrir. Si le déclenchement de l'intrigue ne m'a pas totalement convaincue, j'ai aimé ce que l'auteur a eu à coeur de me raconter et ai aimé l'idée générale de ce roman. Le pan historique saura intéresser les plus jeunes au sein d'une belle histoire d'amitié comme on les aime.
Voici un petit roman que je vous conseille très vivement et qui m'a donné envie de découvrir un peu plus l'univers d'un auteur et même d'une maison d'édition.

vendredi 2 mars 2018

Le petit cheval de cirque - John Yeoman et Quentin Blake



Infos sur le livre

éditions : Little Urban
date de publication : 10-11-2017
pages : 60
prix : 8€

Résumé éditeur


Pour faire fortune, les jumeaux Victoire et Thomas se rendent à Londres. Accompagnés de leur fidèle petit cheval, ils poussent la porte du théâtre de monsieur Crumble. Tous ignorent encore les talents cachés du petit cheval. Une invitée de marque les attend aux premières loges : la reine d'Angleterre. Un tonnerre d'applaudissements pour ce premier roman, illustré par l'inimitable Quentin Blake.

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions Little Urban pour la découverte de cet album dont la couverture m'avait beaucoup tentée et à l'illustrateur que j'apprécie beaucoup.

De quoi est-il question ?


Victoire et Thomas Joly vivent avec leurs parents dans une ferme. Chaque jour, ils aident leurs parents aux travaux quotidiens et parcourent une longue route afin de se rendre à l'école. Un jour, leur père leur donne donc deux pièces d'or pour qu'ils s'offrent un cheval, un cheval qui leur permettra de se reposer un peu. Mais lorsque les enfants arrivent au marché, tous les chevaux sont vendus.

Ne reste qu'un petit cheval, un petit cheval présenté par le marchand comme un petit cheval de cirque. Les enfants achètent l'animal mais très comprennent qu'il ne s'agit pas là d'un cheval comme les autres : il fait la révérence, mange des sandwichs et dès le lundi commence à aller à l'école avec les enfants. Il apprend d'ailleurs très vite, bien plus vite que nombre d'enfants.

La petite famille aurait pu vivre heureuse de la sorte encore longtemps mais bientôt la nourriture commence à manquer et il faut faire des sacrifices. Refusant que l'on vende leur petit cheval, Victoire et Thomas parviennent à convaincre leurs parents de les laisser partir, partir pour Londes où, ils en sont sûrs, grâce à leur petit cheval de cirque, ils pourront faire fortune.

Du côté de la forme...


Souvent, c'est un genre ou un auteur qui me donne envie de découvrir un livre. Ici, c'est pour l'illustrateur que je me suis lancée. Il faut dire que l'illustrateur officiel de Roald Dahl qui reprend du service, ça n'arrive pas tous les jours !

Dans cet album, nous découvrons donc deux enfants qui ne sont pas sans rappeler les enfants de l'univers de Dahl : des enfants connaissant le malheur qui, un brin de fantaisie aidant, vont découvrir le bonheur et pouvoir changer leur destin. Pas étonnant que Blake ait voulu illustrer cette histoire et autant dire qu'il s'y emploie à merveille !

J'ai été très touchée par les deux enfants présentés ici et par leur amour pour leur petit cheval de cirque, un animal qui m'a lui-même beaucoup amusée par son intelligence et par toute la personnalité que l'auteur lui offre dans son histoire. En cela, le conte pourtant proche du réel compte avec une fantaisie notable qui fait du bien et dont on ne se lasse pas.

En outre, ce que j'ai beaucoup aimé dans cette histoire, c'est le travail sur les réécritures des contes que nous connaissons tous : Cendrillon ou encore Le petit chaperon rouge. De quoi aborder avec humour ces contes classiques pour les plus jeunes en les désacralisant et leur offrant une belle modernité toujours intéressante à étudier avec les un peu plus grands.

Et puis, cet album propose également en filigrane une véritable vision historique de Londres grâce à des vêtements, grâce à des suggestions au fil des pages. Mais surtout l'auteur rappelle l'idée d'un monde bien éloigné du notre où le spectacle vivant réunissait les foules à l'encontre de la télévision actuelle. L'album offre alors un rappel du monde tel qu'il pourrait être et qui fait du bien.

J'ai beaucoup apprécié le style de l'auteur qui sait nous offrir un conte comme nous aimerions en lire plus souvent avec de l'amour, de l'espoir et la part de rêve qui convient. Mais c'est bien sûr le style inimitable de l'illustrateur que j'ai eu la joie de retrouver ici avec ses personnages qui nous touchent sans que l'on ne comprenne vraiment comment.

En conclusion...


Voici un album que j'étais très curieuse de découvrir et avec lequel j'ai passé un très agréable moment plein de tendresse. Grâce au style de l'illustrateur j'ai été ravie de pouvoir suivre l'histoire de ce petit cheval bourré d'humour qui change des personnages un peu banals que l'on peut rencontrer parfois. Rien que pour ces dessins uniques, n'hésitez pas !
Ce petit livre fait partie d'une petite collection dont je serai ravie de découvrir d'autres titres.

L'île des secrets - Patricia Wilson



Infos sur le livre

éditions : City
date de publication : 10-01-2018
pages : 464
prix : 19,50€

Résumé éditeur


Du soleil et des oliviers, un village de carte postale... c’est magnifique. Mais Angelika n’est pas venue en Crète en touriste. La jeune femme veut  découvrir l’histoire de sa famille dans ce pays où sa mère a grandi avant de partir définitivement en Angleterre. Pourquoi sa mère a-t-elle si violemment tiré un trait sur ce passé et refuse-t-elle d’en parler  ? Une douloureuse découverte attend Angelika lorsqu’elle frappe à la porte de sa grand-mère qu’elle n’avait encore jamais rencontrée. Après des années de silence, la vieille femme ouvre son cœur et remonte le fil de ses souvenirs. Commence alors un voyage déchirant qui plonge dans l'histoire de la Crète occupée par les Nazis. Une histoire cachée révélant les heures sombres et, surtout, la force d'une femme prête à tout pour protéger ses enfants... Trois femmes. Trois générations. Un secret dévastateur.

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions City grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce roman à la couverture très intrigante, ainsi que son résumé, pour une maison d'édition que je rêve de connaître un peu mieux.

De quoi est-il question ?


Angelika, une femme de 37 ans, s'est toujours bien entendue avec sa mère Poppy. Leur relation est belle, fusionnelle même. Mais depuis qu'Angelika a décidé de se marier, depuis qu'elle a eu besoin de son acte de naissance, rien ne va plus. Entre chantages affectifs et disputes, la jeune femme sent bien que quelque chose ne va pas. Alors, sans en avertir sa mère, elle décide de partir pour la Grèce.

La Grèce, c'est le pays natal de Poppy. Un pays qu'elle a quitté des années plus tôt, laissant tout derrière elle, y compris sa famille dont elle ne veut plus entendre parler. Et notamment sa mère, Maria, une vieille femme aujourd'hui qui ne vit que dans l'attente de revoir sa fille au moins une fois. C'est à la rencontre de cette vieille femme qu'Angelika va aller pour se faire raconter l'histoire de sa famille.

Car Angelika le sait, le comportement de sa mère ne peut être dû qu'à un terrible secret. Et puisque Poppy ne veut rien lui dire, elle ira elle-même en quête de réponses. C'est alors une longue et douloureuse histoire dans l'Histoire qu'elle s'apprêtera à découvrir. Une histoire qui la replongera jusqu'à la seconde guerre mondiale, jusqu'à la guerre civile, jusqu'aux guerres de villages...

Du côté de la forme...


Des histoires de femmes issues de l'imagination d'une auteure anglaise, j'en ai lu pas mal il y a quelques années. Je n'en avais pas lu depuis quelques temps. Alors lorsque j'ai eu la possibilité de découvrir ce roman, je n'ai pas hésité longtemps.

Dès le début de ce roman, j'ai eu grand plaisir à retrouver les codes de ce genre que j'affectionne beaucoup avec une mère voulant préserver ses secrets et une fille prête à tout pour les découvrir. L'originalité venant toutefois d'une fille ayant 37 ans ce qui lui apporte une maturité intéressante même si, bien souvent, ses façons d'agir donnent le sentiment qu'elle a plutôt la vingtaine.

Nous allons donc suivre ce personnage au long d'une véritable quête initiatique mais aussi une véritable quête identitaire. Car pour se construire, chacun a besoin de savoir d'où il vient. Par ce voyage en Grèce, Angelika va donc en apprendre beaucoup sur elle-même, en même temps que le lecteur, ce qui est toujours très fort, surtout lorsque tout est lié à l'Histoire.

Ce roman va donc nous plonger en Grèce et nous faire découvrir certains pans de notre Histoire par le regard de ce beau pays que nous connaissons finalement si mal. Tout au long de ce roman, j'ai ressenti la chaleur grecque et ai eu grand plaisir à m'imaginer les fêtes de villages rythmées par les danses que j'ai pu apprendre il y a quelques années.

Le problème d'un roman se déroulant en Grèce, ce sont les noms. Je dois avouer que face au nombre de personnages et face à leurs noms respectifs, j'ai eu un peu de mal à vraiment entrer dans cette famille, de savoir qui était qui, d'autant que leurs relations vont très vite s'avérer complexes. Bien que cela étant nécessaire à l'intrigue elle-même, il faut au départ bien se concentrer pour s'y retrouver.

C'est un style plutôt agréable à suivre que j'ai découvert ici avec une très belle mise en valeur des personnages, des décors et des aspects historiques. L'intrigue est habilement bien menée avec un beau secret de famille. Quelques longueurs malgré tout ont coupé ma lecture avec un sentiment de plusieurs redites et de rebondissements ajoutant de la complexité là où il y en avait déjà suffisamment. Dommage.

En conclusion...


Voici un roman qui me tentait beaucoup et avec lequel j'ai passé un agréable moment grâce au voyage en Grèce et dans le temps qu'il m'a offert. Voici un roman qui m'a fait découvrir de beaux personnages très émouvants et aux histoires très fortes. Malheureusement, quelques longueurs et imbroglios m'ont rendue cette lecture mitigée.
Je suis en tout cas ravie d'avoir pu redécouvrir un roman du genre et espère bien pouvoir vous en présenter d'autres très bientôt.

jeudi 1 mars 2018

Le Kiéki des monstres - Céline Potard et Sophie Ledesma



Infos sur le livre

éditions : Saltimbanque
date de publication : 01-02-2018
pages : 32
prix : 12,90€

Résumé éditeur


Ce livre présente une incroyable galerie de monstres venus des quatre coins du monde. Découvre leurs formes étranges, leurs habitudes bizarres, leur habitat... et même leur repas préféré. Puis, avec ton détecteur magique, cherche-les dans les pages où ils sont cachés. Frissons garantis !

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions Saltimbanque grâce auxquelles j'ai pu découvrir cet album extrêmement tentant sur lequel je me posais pas mal de questions.

Mon avis...


Il y a les monstres de la mythologie et les monstres du cinéma. Il y a les monstres de la littérature et des châteaux. Il y a les monstres des forêts, des mers et des montagnes. Les monstres font partie de notre quotidien et de notre histoire. Les monstres sont partout et surtout là où on ne les attend pas. Les monstres méritent d'être découverts...

Alors oui, comme tant d'autres, je suis une grande fan de monstres. Notamment lorsqu'ils sont issus des traditions ancestrales et des légendes. Alors bien sûr, je ne pouvais pas passer à côté de cet album promettant de belles découvertes sur le sujet.

Au départ, je dois dire que j'ai été plutôt convaincue. Cet album permet en effet de se familiariser avec pas mal de monstres divers et variés jouant sur les traditions. De quoi parler avec les enfants de ces personnages issus de l'imaginaire mais entrés dans un imaginaire collectif. De quoi les initier aux mythologies notamment. De quoi leur faire un peu peur aussi avec les éléments qui les entourent.

De plus, cet album est interactif en ce que les monstres ne sont pas directement dessinés que la page. Ils sont dessinés selon une méthode d'imprimerie ne permettant de les voir qu'à travers un filtre rouge et c'est là le genre de jeux qui amusent toujours. Moi-même je me suis amusée au fil des pages à retrouver les différents monstres. Cet album est un vrai livre-jeu.

D'autre part, la formule du "Kiéki" n'est pas sans rappeler un jeu de société très connu et joue de cette interactivité. L'enfant pourra ainsi jouer seul mais pourra aussi jouer avec un parents et s'imaginer ses propres histoires à partir des différents monstres. Cet album n'est d'ailleurs pas sans ouvrir les plus jeunes à une large culture avec des monstres tels que Dracula ou Mr Hyde. 

Pourtant, d'après moi, c'est aussi là que ça pèche. Les auteurs étaient-ils en manque de personnages pour cet album ? Peut-être... Mais le fait est que, pour moi, certains "monstres" cités n'ont tout simplement rien à faire là que ce soit Quasimodo pour les romans ou Edward pour les films. Non ces personnages ne sont pas des monstres au sens où l'entend cet album et il est dommage de les inclure ici.

J'ai plutôt bien aimé les illustrations et le style de cet album avec des descriptions courtes mais efficaces des monstres et des représentations pas toujours au plus juste mais qui ont le mérite de fonctionner. Les couleurs, très flashy, entrent dans un parti pris qui, pour ma part, ne m'a pas dérangé mais devra peut-être évité d'être montré à l'heure du coucher.

En conclusion...


Voici un album qui m'intriguait beaucoup et dont je suis très contente d'avoir pu vous parler même si, malheureusement, j'en ressors mitigée. L'idée était bonne et la plupart des planches sont intéressantes mais quelques erreurs de jugement ont gâché ma lecture et ma découverte. Dommage. Ainsi, la lecture de cet album doit rester une lecture ouverte à la discussion et devant amener le parents et faire découvrir par lui-même à l'enfant les différents personnages cités.

Au bal des muscadins - Sylvain Larue



Infos sur le livre

éditions : De Borée
date de publication : 24-08-2017
pages : 435
prix : 22€

Résumé éditeur


Février 1849 : en présence du prince-président Bonaparte, le Tout-Paris de la Seconde République se presse place Vendôme pour participer à un événement exceptionnel, une prestigieuse soirée costumée rappelant les folies du Directoire : le Bal des muscadins. Mais, alors que les réjouissances battent leur plein, une morbide apparition interrompt théâtralement les festivités... Bonaparte confie donc à son agent spécial, Léandre Lafforgue, alias " le Goupil ", le soin d'assister la police pour éclaircir cette étrange situation. C'est l'occasion pour le Goupil d'entrer dans une aventure faite de livres rares et d'érudition touchant à l'irrationnel, via sa rencontre avec les frères Lazare, riches héritiers liés à d'importantes personnalités du milieu des lettres, mais également avec deux mystiques Anglaises aux charmes ravageurs... Pendant ce temps, des hommes sont assaillis, décapités, et leurs corps privés de têtes sont découverts aux quatre coins de la capitale. La Révolution et ses débordements reviendraient-ils au goût du jour ? Existerait-il un lien entre le bal, des voleurs de manuscrits anciens et ces assassinats ?

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions De Borée grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce deuxième volet des aventures du Goupil et, par la même occasion, un auteur que je n'avais encore jamais lu.

De quoi est-il question ?


Nous voici en plein coeur du XIX° siècle, sous la Seconde République.. Léandre Lafforgue, dit le Goupil, et proche du prince-président Bonaparte est invité à une soirée de prestige en train de devenir une tradition : le Bal des muscadins. Une mondanité où toutes les hautes figures de Paris invitées se doivent d'être présentes chez leur hôte de prestige.

Le Goupil, lui, n'est pas un grand amateur de ces frivolités et préfère passer sa soirée simplement en discutant notamment avec le jeune Amédée, valet de son état. Une soirée d'ennui se profile jusqu'à ce qu'un scandale soit déclenché par un homme opposé à l'actuel gouvernement. Un scandale suivit d'une macabre découverte : un corps décapité sur la scène théâtrale.

Bonaparte confie à Lafforgue le soin de seconder les autorités sur cette affaire. D'autant que l'assassiné n'est autre qu'un libraire reconnu autant pour la rareté des ouvrages qu'il vend que pour ses activités par toujours très légales... Voilà donc le Goupil plongé au coeur de l'univers des livres rares, des livres précieux et des livres pouvant mener au crime. D'autant que d'autres cadavres sont bientôt retrouvés...

Du côté de la forme...

Je l'avoue, au départ, je n'ai pas été tentée plus que cela par cette série de polars historiques. Et puis, à force d'en entendre parler en termes on ne peut plus élogieux, je me suis tout de même dit que c'était dommage de ne pas me faire ma propre opinion.

Si je ne devais définir ce roman qu'en un seul mot, je dirais "dense". Car ce roman est loin d'être une petite lecture tranquille et l'auteur est loin de vouloir jouer d'ellipses et autres éléments facilitant la lecture à ceux qui ne veulent pas faire l'effort. Et je dois dire que ça, j'ai apprécié. Cela fait du bien, beaucoup de bien, de lire un auteur qui a une vraie culture et qui s'en sert pour proposer un roman complet.

Nous sommes là dans un polar historique qui porte ce genre avec brio. Souvent, dans les polars historiques, l'auteur finit toujours par mettre l'accent un peu plus sur l'un ou un peu plus sur l'autre. Ici, ce n'est pas le cas. Tout au long de son roman, l'auteur mêle avec beaucoup de talent une intrigue policière prenante et un ancrage historique étudié en profondeur.

Je ne le devrais pas car ce n'est pas là l'esprit du roman mais je vais tout de même vous parler de chacun de ces points séparément. Le part polar, tout d'abord, nous présente des corps peu ragoutants, des fausses pistes, des indices et une fin en apothéose comme je les aime. La part historique nous plonge au coeur de 1849 avec ses moeurs, ses coutumes, ses décors, ses esprits et son machiavélisme.

Mais là où nous pouvons voir que l'auteur maîtrise son sujet, c'est que le tout s'entremêle avec beaucoup d'aisance. Nous passons ainsi de la soirée mondaine au crime, de l'histoire des livres en général à une révélation sur le libraire assassiné. C'est peu à peu que tout se met en place avec, au centre de tout, le Goupil, un personnage hors du commun à connaître.

Je l'avoue, de temps à autre, je me suis laissée perdre au cours de ma lecture. Peut-être n'avais-je pas les connaissances, peut-être me suis-je laissée perturber par des pensées parasites. Je pense donc très sincèrement que ces moments où j'ai un peu décroché, je ne les dois qu'à moi et que le roman lui-même n'en est aucunement responsable.

Alors bien sûr, vous l'aurez compris, un tel génie de narration ne serait pas possible sans une qualité d'écriture exceptionnelle, sans un auteur de talent qui sait nous plonger dans un autre temps et nous offrir des personnages qui, certes, restent parfois éloignés de nous mais changent de nos petites habitudes trop ancrées. Tout simplement bravo !

En conclusion...


De prime abord, je n'avais pas été plus tentée que cela par ce roman et puis, finalement, je me suis laissée convaincre. C'est alors un roman d'une très grande qualité que j'ai pu découvrir. Un roman qui nous en apprend beaucoup sur un autre siècle et son quotidien. Un polar qui nous confronte à l'horreur et à de nombreux rebondissements.
Voici un auteur dont nous n'avons pas fini d'entendre parler je pense et dont je vous engage vivement à découvrir les romans. Vivement les prochaines aventures du Goupil !