mercredi 16 mai 2018

La vie rêvée de Gabrielle - Lyliane Mosca



Infos sur le livre

éditions : Presses de la cité
date de publication : 15-03-2018
pages : 368
prix : 21€

Résumé éditeur


La destinée hors du commun de Gabrielle Renard, fille de la campagne champenoise qui, de Paris à Grasse et jusqu'aux Etats-Unis, sera tour à tour employée de maison, nourrice, muse et figure féminine incontournable de deux artistes majeurs du xxe siècle : le peintre Auguste Renoir et le cinéaste Jean Renoir. La vie de Gabrielle Renard est un roman. Un roman vrai et en couleurs qui commence en 1894, quand, toute jeune, elle quitte sa Champagne natale pour devenir bonne à Paris chez les Renoir. Sa beauté simple mais rayonnante lui vaut de poser bientôt pour le célèbre peintre. Egalement nourrice du petit Jean, le futur cinéaste, elle contribue grandement à son éducation. De cette complicité, de cette tendresse, Renoir saisit sur la toile les instants pleins de grâce. Gabrielle suit la famille au gré de ses pérégrinations et de ses secrets, et côtoie de grands artistes : Manet, Degas... Toujours disponible quand le maître la réclame comme modèle, toujours admirative, de plus en plus experte en art... Ainsi va la vie hors du commun de Gabrielle dans l'intimité de deux artistes majeurs du xxe siècle. 

Pourquoi ce livre ?


Merci aux Presses de la cité grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau roman d'une auteure que j'apprécie beaucoup et que je suis depuis quelques livres maintenant.

De quoi est-il question ?


A la fin du XIXème siècle, Gabrielle est une jeune fille d'origine modeste. Afin de soulager sa famille, elle part au service de la famille Renoir où elle fait la connaissance du grand Auguste Renoir, peintre, auquel elle voue bientôt une admiration démesurée. Engagée à l'origine en tant que domestique et nourrice pour le jeune Jean, sa vie basculera dans cette famille.

Car sa jeunesse et sa beauté ne sont pas sans inspirer le peintre qui prendre très vite la jeune Gabrielle comme modèle, un exercice auquel elle se plie avec intérêt et passion. Et s'il n'y aura jamais rien de physique entre eux, c'est une relation beaucoup plus profonde qui naîtra entre eux, attisant la jalousie de l'épouse. D'autant que Jean apprécie également beaucoup sa nourrice.

Dans ce monde de bourgeoisie dans lequel Gabrielle n'est rien, la douceur, la bonté et la naïveté seront pour elle les clés pour s'intégrer parfaitement à cette famille. Mais les rancoeurs grandissent autour d'elle et bientôt, Gabrielle fera les frais de sa fraîcheur, notamment aux yeux d'une maîtresse de maison jalouse et face à la maladie qui gagne Renoir.

Du côté de la forme...


Lorsque j'ai vu que paraissait le nouveau roman de Lyliane Mosca, je n'ai pas hésité très longtemps avant d'avoir envie de le lire. Et une fois plongée dedans, il m'a été tout simplement impossible de le reposer avant de l'avoir terminé.

Dès les premières pages, je me suis laissée portée par le personnage de Gabrielle, cette jeune femme si touchante et si forte que l'on a envie de connaître, de prendre dans nos bras, de suivre et d'aimer comme elle sera aimée, sans ambiguïté par les Renoir père et fils. Gabrielle est le genre de personnage que l'on n'oublie pas, même le livre refermé.

Dans ce roman, nous découvrons aussi en version romancée deux figures majeures du XXème siècle : Auguste et Jean Renoir. Alors tout au long de la lecture, on ne peut s'empêcher de se demander où commence la fiction et où s'arrête l'historique au sein de cette histoire. Car l'auteure mêle les deux avec beaucoup de talent et nous porte dans l'un comme dans l'autre avec beaucoup d'aisance.

Souvent, ce type de romans nous parle d'amour. Ici, il nous parle d'admiration et de tendresse, il ne parle de respect et de relation si forte et si unique que l'amour n'est rien à côté. Et c'est dans cette relation que le lecteur aimerait se retrouver avec des sentiments et des émotions qu'il aimerait vivre lui-même. Ce fut mon cas.

Il est vrai que nous allons suivre Gabrielle tout au long de sa vie et, généralement, je n'apprécie que moyennement les ellipses temporelles. Pourtant, ici, cela fonctionne très bien et, au terme du roman, je dois avouer que l'auteure a su me tirer quelques larmes. Car ce roman nous parle aussi de jalousies entre femmes que nous pourrons bien comprendre.

C'est avec un pur plaisir que j'ai retrouvé la plume si forte de l'auteure qui, une nouvelle fois, a su m'emporter dans sa poésie d'écriture. Elle a su me rendre ce roman addictif, m'apprendre beaucoup de choses sur le monde de la peinture, me faire aimer des personnages et me donner envie de me renseigner un peu plus sur la part historique de l'ensemble.

En conclusion...


Voici un roman que j'étais très curieuse de pouvoir découvrir et avec lequel j'ai passé un moment tout à fait unique aux limites du réel et du fictionnel. Voici un roman qui m'a émue et parfois mise en colère, qui m'a beaucoup appris tout en me faisant passer un moment plein de poésie. Ce roman ne s'oublie pas si vite une fois refermé ce qui entraîne le sentiment d'un coup de coeur.
Voici une auteure que je vous invite vivement à découvrir et dont j'attendrai le prochain opus avec impatience.

mardi 15 mai 2018

Rencontre avec Serge Camaille à Clermont-Ferrand (11-05-2018)

Salut à tous,

On se retrouve aujourd'hui pour le récit d'une nouvelle rencontre-radio qui, cette fois se déroulait à la librairie des Volcans à Clermont-Ferrand.

 L’image contient peut-être : Serge Camaille, sourit, texte

En partenariat avec Radio Arverne, c'est Serge Camaille qui a répondu aux questions de Henri Delorme autour de ses deux derniers romans : Peau de lapin et L'enfant de Carladès. Deux romans mettant en valeur l'Auvergne des années 1960-1970.


Au cours de cette rencontre, je dois dire que j'ai beaucoup appris sur l'Auvergne et sur des traditions dont j'ignorais tout. Il est toujours intéressant d'entendre parler des passionnés et Serge Camaille est de ceux-là.

J'ai donc désormais très envie de lire ces deux romans dont j'espère vous parler très bientôt :


Ce genre de rencontres est toujours un moment que j'apprécie beaucoup et dont j'ai toujours plaisir à vous parler. Vivement la prochaine !

samedi 12 mai 2018

Mon royal petit frère - Sally Lloyd-Jones et David Roberts



Infos sur le livre

éditions : Little Urban
date de publication : 12-01-2018
pages : 40
prix : 13,50€

Résumé éditeur


Il était une fois une magnifique princesse, gentille, intelligente, dotée d'une extraordinaire chevelure (je veux parler de moi, bien sûr) qui vit maître un abominable tyran : mon royal petit frère.

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions Little Urban grâce auxquelles j'ai pu découvrir cet album à la couverture plutôt mignonne et sur une thématique qui m'intéresse toujours.

De quoi est-il question ?


Ceci est l'histoire d'une princesse, une belle et gentille princesse qui vivait heureuse avec ses parents et son hamster jusqu'au jour où son monde à basculé. Car dans ce monde où la princesse pouvait passer des heures sur les genoux de sa maman, un tyran est arrivé. Un tyran qui accaparait toute l'attention de ses parents au point qu'il n'y avait plus de place pour elle.

Ce tyran, c'était un bébé ! Un bébé bruyant et puant devant lequel tout le monde s'extasiait et que la petite princesse pouvait de moins en moins supporter. Et pour le premier anniversaire du roi, tout empira encore lorsqu'il s'agit de tout faire pour que la fête soit parfaite, lorsqu'il s'agit pour tout le peuple de ne voir que sa Majesté. Alors la princesse eu une idée...

Du côté de la forme...


Cela faisait un petit moment que je n'avais pas pris le temps de me plonger dans ce genre de l'album et je dois dire que, lorsque j'ai vu cette couverture, j'ai été très attirée par cette histoire, certes commune mais dont l'humour m'intriguait.

Car la première chose que l'on peut dire à propos de cette histoire, c'est la magnifique dose d'humour utilisée par les auteurs pour s'approprier un album dont l'histoire est, somme toute, très commune : l'arrivée d'un bébé dans la famille. Ici, les auteurs jouent sur les codes du conte de fée et l'idée, vraiment pas mal, est fort bien traitée.

Il s'agit donc ici de mettre en valeur la question de l'arrivée d'un petit frère dans la famille et il est certain que ce genre de sujets fonctionnent toujours. Et je dois dire que je trouve toujours touchante l'idée de présenter le bébé à travers le regard de l'enfant un peu plus grand qui "subit" son arrivée. Une belle manière de rappeler aux parents que l'arrivée d'un bébé n'est pas toujours seulement source de joie pour tout le monde.

Le regard de l'enfant est au centre de cet album et notamment au travers de l'illustration qui se joue sur deux tableaux : d'une part l'illustration telle qu'on en a l'habitude et d'autre part la reproduction de ce que pourraient être des dessins d'enfants sur leur manière de voir les bébés. C'est par le biais de mises en parallèles que l'illustration travaille et l'ensemble fonctionne.

Le texte, du point de vue de la petite fille, est très touchant en ce qu'il donne vraiment le sentiment que c'est l'enfant qui parle. Mais surtout, ce que j'ai apprécié ici, c'est le travail effectué sur les sous-entendus de vocabulaire où le lecteur est, en un sens, invité lui-même à combler les trous. En cela l'album devient interactif ce qui fait toujours son effet.

Il est vrai que cet album a des airs de déjà vu mais j'ai aimé la manière dont il s'agit ici de jouer avec des codes connus pour offrir quelque chose de nouveau plein de tendresse qui pourra aider les enfants et faire réfléchir les parents. Tout est fait dans une simplicité apparente mais qui, quand on y regarde de plus près, pose les vraies bonnes questions.

En conclusion...


Voici un album traitant d'un sujet courant dans ce type de littérature. J'étais donc curieuse de voir comment il y serait traité et doit dire que je suis plutôt contente de ce que j'ai découvert entres codes communs et nouveautés de style. Les parents qui recherchent des titres pour parler de l'arrivée d'un bébé devraient apprécier cette petite histoire.

vendredi 11 mai 2018

10 jours dans un asile - Nellie Bly



Infos sur le livre

éditions : Point
date de publication : 03-11-2016
pages : 168
prix : 6,10€

Résumé éditeur


Engagée en 1887 au New York World du célèbre Joseph Pulitzer, Nellie Bly a pour mission de se faire passer pour folle et d'intégrer un asile d'aliénés, le Blackwell's Island Hospital à New York. Elle y reste dix jours et en tire un brûlot. Dans ce reportage " undercover ", elle met en lumière les conditions épouvantables d'internement des patientes ainsi que les méthodes criminelles du personnel.

Pourquoi ce livre ?


Merci à ma chère Elo Melo de m'avoir offert ce petit livre qui me faisait tellement envie le jour où nous nous sommes enfin rencontrées.

De quoi est-il question ?


A la fin du XIXème siècle, Nellie Bly est journaliste pour le New York World, une journaliste très moderne en ce qu'elle a coeur de pénétrer incognito les milieux qui l'intéressent pour être au plus proche de la réalité de ce qu'il s'y passe. C'est ainsi qu'en 1887, elle se fera passer pour folle afin d'intégrer l'asile pour femme de New-York.

Et si Nellie savait que la situation des femmes dans ces lieux n'était guère enviable, jamais elle n'aurait pu croire que ces murs cachaient un tel enfer : des bains d'eau froide, de la nourriture dont même les animaux ne voudraient pas, des sévices corporels et, bien sûr, des menaces des infirmières si les malades parlent de quoi que ce soit. La menace surtout de n'être jamais crue parce que la folie est le maître mot des lieux.

D'autant que l'asile n'est pas seulement là pour les femmes réellement folles. Des femmes en pleine santé sont aussi là. Folles, elles le deviendront. Quel meilleur moyen que l'asile pour se débarrasser de ceux qui gênent, de ceux que l'on ne veut pas prendre le temps d'écouter ? Alors, pendant 10 jours, Nellie prendra des notes, réelles puis mentales, afin de dénoncer cet enfer.

Du côté de la forme...


La première fois que j'ai entendu parler de ce petit livre, j'ai su qu'il me faudrait le lire. Le sujet était trop important, trop grave, pour que je passe au-delà. Mais malgré tout ce que je pouvais imaginer, rien ne me laissait prévoir l'horreur de ce que j'allais lire.

Ce petit livre est la retranscription en livre d'un article paru dans le format à l'époque des faits. Pourtant, page après page, il est bien difficile d'imaginer que tout ce que raconte l'auteure est vrai. Car tout ce que raconte l'auteur, nous ne l'imaginons guère ailleurs que dans des films d'horreurs ou que dans l'imaginaire que l'on peut avoir des camps de concentration des décennies plus tard.

L'auteur se fait témoin de cet enfer et, en tant que journaliste, parvient fort bien à faire ressentir à son lecteur tout l'effroi de ce qu'elle vivra pendant quelques jours. Alors le lecteur ressent le froid, respire la puanteur, se sent lui-même crasseux. Et alors qu'il se dit que Nellie ne vivra cela que quelques jours, il se demande combien de temps certaines vécurent l'horreur...

Souvent, nous souhaitons retenir le meilleur de chaque époque. C'est humain et c'est ce qui nous permet de ne pas sombrer quand on parle de l'Histoire. Mais la vérité d'un temps, c'est aussi ce genre d'horreurs qu'il ne faut pas oublier. Les infirmières dont au long de ce récit sont odieuses, inhumaines et mériteraient bien quelques gifles. Mais ne sont-elles pas représentatives d'une époque ?

Faisant suite à ce récit, le livre contient également deux autres petits compte-rendu de Nellie Bly : l'un lorsqu'elle voulu être domestique, l'autre lorsqu'elle tenta l'expérience de l'usine. Et là encore, les comportements ne sont pas glorieux. L'ensemble des droits nous donne alors un aperçu assez précis de ce que pouvait être la vie à New York à l'époque.

Concernant le style de l'auteure, et bien nous sommes là dans un style journalistique en bonne et due forme qui ne change finalement pas tellement d'un style journalistique moderne. Un style net et précis, allant à l'essentiel pour une auteure n'hésitant pas à mettre en avant des sujets qui fâchent au risque même de sa propre liberté. Bravo !

En conclusion...


Voici un petit livre que j'étais très curieuse de pouvoir découvrir, que j'ai dévoré en peu de temps et qui m'a totalement chamboulée. Si le sujet m'intéressait et si je savais que ce ne serait pas une lecture plaisante, je ne m'attendais toutefois pas à autant d'horreur. A découvrir pour tous les amateurs d'histoire du XIXème siècle, à tous ceux qui n'ont pas peur de la vérité.
Nellie Bly est également l'auteure d'autres récits, à voir si je me laisserai tenter.

jeudi 10 mai 2018

Toutes blessent la dernière tue - Karine Giébel



Infos sur le livre

éditions : Belfond
date de publication : 29-03-2018
pages : 744
prix : 21,90€

Résumé éditeur

Maman disait de moi que j'étais un ange. Un ange tombé du ciel. Mais les anges qui tombent ne se relèvent jamais... Je connais l'enfer dans ses moindres recoins. Je pourrais le dessiner les yeux fermés. Je pourrais en parler pendant des heures. Si seulement j'avais quelqu'un à qui parler... Tama est une esclave. Elle n'a quasiment connu que la servitude. Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer. Une rencontre va peut-être changer son destin... Frapper, toujours plus fort. Les détruire, les uns après les autres. Les tuer tous, jusqu'au dernier. Gabriel est un homme qui vit à l'écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures. Un homme dangereux. Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique. Qui est-elle ? D'où vient-elle ? Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite ! Parce que bientôt, tu seras morte.

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions Belfond grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce roman qui m'attirait énormément et qui m'a permis de relire un roman de l'auteure.

De quoi est-il question ?

Leyla n'est qu'une enfant lorsque sa tante vient la chercher au Maroc afin de l'amener en France sous prétexte de lui offrir une vie meilleure et la possibilité de faire des études. Mais dans ce pays qu'elle ne connaît pas, l'enfant n'a aucune existance légale et, très vite, se retrouve dans une famille où les tâches domestiques lui reviennent d'autorité.
Alors, à à peine neuf ans, la fillette se retrouve bonne à tout faire, doit dormir dans un placard et court le risque à chaque instant d'être battue si le travail n'est pas fait comme la maîtresse de maison le demande. Alors, celle qui est désormais appelée Tama, s'habitue à la violence quotidienne, aux humiliations et aux brimades.

Mais le regard appuyé de l'homme de la maison, la jalousie de la femme, l'impossibilité pour Tama de se défendre la reconduisent tout droit chez Majda, cette femme qui l'a ramenée en France. Et si Tama pensait avoir déjà connu le pire, elle est encore très loin du compte. Car quel possibilité pour une enfant clandestine de se libérer de la cruauté humaine dans toute son horreur ?

Du côté de la forme...

Karine Giébel est reine dans l'art du thriller et, pour les amateurs du genre, il n'est plus utile de la présenter. Dès que j'ai vu ce titre, quelque chose m'a attirée vers lui et je l'ai entamé avec la certitude de passer un moment incroyable. Je ne pensais pas à ce point.
Dans ce nouveau roman, l'auteure choisi de parler d'un sujet très actuel et pourtant très tabou dans notre société : l'esclavage moderne de ces fillettes arrachées à leur pays pour devenir bonnes et souffre-douleur en France. Nous ignorons si, tout à côté de nous, une enfant ne subit pas ce sort et cette seule pensée retourne l'estomac.

Ici, c'est à travers le personnage de Tama que l'auteure nous parle de tout ça, une fillette puis une adolescente touchante qui va vivre le pire. Car l'auteure ne ménage pas son lecteur et lui montre la réalité d'un monde qu'il nie. Tama vivra le pire à de multiples reprises, sera entraînée d'une horreur à l'autre et connaîtra le vice sous toutes ses formes.

Ce roman n'est pas un thriller comme on peut le penser. Il n'est pas un polar non plus et pourtant il n'est pas un roman de littérature générale. En réalité, il est dans un genre hors catégorie même si, aléatoirement, une partie présente apparaît avec un homme, Gabriel, tueur à ses heures mais qui sera la source de salut d'une jeune femme dont nous comprendrons le rôle bien plus tard.

De vous parler de ce roman, j'ai de nouveau des frissons. Car cette histoire est bien plus qu'une histoire, elle est un message de société, elle est un message d'émancipation et de courage. Ce roman est aussi un message sur les bonheurs simples que nous, dans nos vies faciles, nous oublions trop souvent : le bonheur de manger à sa fin, de savoir lire, de pouvoir sortir comme on le souhaite.

Est-il encore besoin de vous parler du style de Karine Giébel ? Ce style fort, prenant, addictif, laissant ressortir des centaines d'émotions à la minute, ce style offrant des personnages magnifiques ou horribles mais auxquels on croit sans hésiter ? Est-il besoin de vous parler de ce style unique qui fait de l'auteure une reine du genre ?

En conclusion... 

Voici un roman que j'avais la plus grande hâte de pouvoir lire et que j'ai tout simplement dévoré malgré ses 735 pages de texte. Voici un roman qui ne peut laisser indifférent et qui fait réfléchir le lecteur sur un sujet tabou qu'il conviendrait d'évoquer plus souvent. Voici un roman unique  que je ne peux que vous conseiller et qui est pour moi un coup de coeur.
Oh combien j'ai hâte de pouvoir me plonger dans un autre roman de l'auteure !  

mercredi 9 mai 2018

L'arche de Néo - John Yeoman et Quentin Blake



Infos sur le livre

éditions : Little Urban
date de publication : 10-11-2017
pages : 56
prix : 8€

Résumé éditeur


Lorsque Monsieur Néo, le menuisier le plus enthousiaste et sympathique du monde, découvre la météo, il est convaincu qu'une tempête arrive et qu'elle provoquera une inondation sans précédent. Il se lance alors dans la construction d'un bateau géant capable d'héberger toute la famille... et de nombreux invités surprises ! Le mythe de l'arche de Noé revisité avec malice par John Yeoman et Quentin Blake.

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions Little Urban grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau titre illustré par Quentin Blake, un de mes illustrateurs favoris.

De quoi est-il question ?


Monsieur Néo adorait travailler le bois. Il avait déjà d'ailleurs construit beaucoup de choses, plus ou moins utiles, du vélo au parapluie en passant même par une barboteuse pour son petit garçon. Mais il lui restait encore du bois, beaucoup de bois, et il commençait à manquer d'idées jusqu'au jour où il eu celle de construire une énorme bateau !

Aussitôt, il se mit au travail et commença la construction de ce bateau magistral dans sa cave sans réellement penser à comment il ferait pour l'en sortir le temps venu. Ce soir-là, en allumant la télé, l'idée vint d'elle-même lorsque la météo annonça un temps exécrable pour les jours à venir. Monsieur Néo eu alors l'idée de transformer son bateau en arche.

La famille se prépara donc : la vaisselle, les vêtements, la nourriture... Ils n'oublièrent rien et s'apprêtèrent à partir pour cette aventure hors du commun. Mais alors qu'ils pensaient n'avoir rien oublié, deux moutons vinrent les rejoindre afin de partir avec eux, suivis bientôt par d'autres animaux. Lorsque la pluie commença à tomber, tous étaient là pour l'aventure de leur vie.

Du côté de la forme...


Si j'ai choisi cet album, c'est pour deux choses : son illustrateur, déjà, que j'affectionne beaucoup et que j'avais très envie de retrouver et la réécriture évident de l'un des passages les plus connus de la Bible. Bien sûr, j'ai eu les deux pour mon plus grand plaisir.

Au début de cette petite histoire, nous découvrons donc M. Néo, un passionné de menuiserie qui construit un peu tout et n'importe quoi avec son bois. En cela, nous retrouvons la fantaisie qui semble apparaître comme caractéristique de l'auteur que cela soit le parapluie en bois ou la thématique de la passion dévorante mais aussi la réécriture elle-même.

Comment ne pas penser à la Bible et à l'arche de Noé lors de la lecture de cet album ? Pourtant, l'auteur s'amuse entre texte traditionnel ancien et modernité. La réécriture est là, évidente, mais dans un contexte actuel où la parole de Dieu est remplacée par la chaîne météo. Beaucoup d'humour de fait dans cette réécriture mais aussi quelque chose d'assez dérangeant finalement.

Le travail de réécriture proposé par l'auteur est intéressant en ce qu'il n'est ni moqueur ni trop prononcé mais plein de finesse et d'intelligence pour le présenter aux enfants d'aujourd'hui sans forcément leur imposer la thématique religieuse. Cette histoire d'arche retrouve alors sa fonction poétique et pleine d'aventure pour un délicieux moment d'imaginaire.

Car ce qui fait une nouvelle fois du bien ici, c'est la juste part de fantaisie dans une histoire qui se veut au départ proche du réel. L'imaginaire apparaît peu à peu pour entraîner le lecteur dans le monde du rêve sans qu'il ne s'en rende vraiment compte et c'est là ce qui fait le plus de bien. Et si la réécriture est là, l'histoire peut se lire sans la connaître et c'est ce que j'ai apprécié.

Et puis, bien sûr, c'est avec le plus grand bonheur que j'ai retrouvé la patte si singulière de Quentin Blake dans l'illustration. J'ai aimé la manière dont il s'est approprié le texte pour en offrir une illustration tout à fait originale, s'inspirant du style de l'auteur qui a aussi su proposer une histoire ni trop proche ni trop lointaine de l'original.

En conclusion...


Voici un petit livre que j'étais très curieuse de découvrir et avec lequel j'ai passé un agréable moment, moi qui adore les travaux de réécriture chez les auteurs. J'ai eu le plaisir de retrouver un duo auteur-illustrateur qui fonctionne très bien et ai su me laisser embarquer dans un univers plein de féerie et de fantaisie qui offre un moment hors du temps à découvrir.
J'espère avoir bientôt l'occasion de découvrir un nouveau livre de ce duo.

mardi 8 mai 2018

Nos vagues à l'âme - Georgia Caldera



Infos sur le livre

éditions : J'ai lu
date de publication : 17-01-2018
pages : 412
prix : 10,90€


Résumé éditeur

"Cette douleur qui est la mienne, cette blessure, je la chéris. Puisque c'est tout ce qu'il me reste..." Parfois, l'amour ne suffit malheureusement pas à tout résoudre, et quand ressurgissent les démons du passé, le fragile équilibre qu'avaient réussi à trouver Louis et Emma vole alors en éclats. Si Emma est parvenue à prouver à Louis qu'il pouvait exister une fois descendu de son piédestal, saura-t-il de son côté lui confier les clés de son plus noir secret, prouvant ainsi qu'il a fait d'elle son exception ? Une traversée houleuse, entre vengeance, passion et déchirements, en quête d'un salut qui ne pourra se réaliser qu'à travers l'autre.

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions J'ai lu grâce auxquelles j'ai pu découvrir le second volet de cette histoire que j'attendais de lire avec une vive impatience.

De quoi est-il question ?

Après avoir lu le SMS d'une certaine Merteuil envoyé à Louis, Emma est dévastée. Tout n'était que mensonge et manipulation. Louis ne l'a jamais aimée. Pire, il s'est moqué d'elle et s'est servi de sa fragilité comme d'une arme pour la détruire et rappeler qu'elle n'est rien, qu'elle est laide et que l'amour n'est définitivement pas pour elle.

Après une nuit d'amour comme il n'en a jamais vécu, Louis s'apprête à s'éveiller auprès de la femme qu'il aime, Emma. Mais la place à ses côtés est vide, Emma refuse de lui répondre au téléphone et, désormais, à chaque fois qu'il la croise, celle-ci s'avère froide, agressive et bien déterminée à tirer un trait sur leur histoire.

Emma est sûre d'elle, Louis ne comprend pas plus. Leur histoire a implosé mais ni l'un ni l'autre que, dans l'ombre, agit une troisième personne vile, cruelle et prête à tout pour conserver le pouvoir sur le monde qui l'entoure. Afin de croire de nouveau en un avenir, Emma et Louis n'auront d'autre choix que celui, enfin, de briser le silence sur leurs secrets.

Du côté de la forme...

Après la fin de dingue proposée par l'auteure à la fin du premier volet de cette histoire, j'étais plus qu'impatiente de me plongée dans la suite de l'histoire d'Emma et de Louis. Malheureusement, même si j'ai passé un bon moment, peut-être en attendais-je trop.
Je vous en avais parlé à demi-mot dans la précédante chronique, ce qui m'a plu dans cette histoire, c'est sa référence à l'un de mes romans favoris de la littérature classique : Les liaisons dangereuses. La marquise de Merteuil étant sans nul doute ma libertine préférée. Du coup, j'étais ravie de l'idée de cette réécriture ici mais il m'a semblé que l'auteure aurait pu aller plus dans cette idée. Dommage.

Nous retrouvons donc ici Emma et Louis, en proie à leurs doutes et à leurs blessures ce qui m'a beaucoup touchée. Mais si Louis m'a beaucoup émue, je n'ai pu m'empêcher de penser à de multiples reprises qu'Emma était vraiment trop bête à foncer sans réfléchir, à se persuader d'avoir raison sans même avoir l'idée de poser la question. Un simple : "Qui est Merteuil ?" n'était pas si compliqué...

Pourtant, malgré tout, on se laisse prendre à cette histoire qui nous offre de multiples émotions et nous laisse entrevoir combien les blessures du passé influent sur notre présent. Du coup, on ne peut s'empêcher de penser à notre propre histoire et à nos propres relations aux autres d'autant que le côté omniscient qu'acquiert le lecteur donne envie de plonger dans le roman pour secouer les personnages.

Il est vrai que nous sommes là dans une romance en bonne et due forme, comme on aime en lire, comme on aime ne pas se prendre la tête avec. Pourtant, cette romance-là a ce petit quelque chose en plus qui la rend plus intelligente que la moyenne, qui la rend parlante à des lecteurs aguéris et qui joue sur les caractères des personnages avec beaucoup de force.

Car le style de l'auteur est plus fort que ce que l'on trouve en général dans ce type de romans. Ici, elle sait nous offrir une véritable intrigue qui change tout avec des mystères qui donnent envie d'en savoir plus. Et puis, le cadre de l'équitation est un cadre qui fait rêver, qui apporte un peu de quiétude même si l'on ne connait pas bien cet univers.

En conclusion... 

Voici un roman que j'avais plus que hâte de découvrir et avec lequel j'ai passé un agréable moment totalement addictif. Malheureusement, j'aurais souhaité que l'auteur aille plus loin dans son idée de réécriture du personnage de Merteuil et, même si j'apprécie toujours de ressentir plein d'émotions avec un roman, un personnage qui m'agace ce n'est jamais très bon... Ce dyptique est cependant à découvrir sans attendre pour tous les amateurs !
Je n'avais jamais lu de roman de l'auteure auparavant mais espère bien renouveler l'expérience très bientôt.