samedi 15 janvier 2022

La prophétie des marguerites - Alain Léonard

  

Infos sur le livre

éditions : De Borée

date de publication : 12 août 2021

pages : 283

prix: 19€


Résumé éditeur

Aînée de 6 enfants, Jeannette a grandi dans une ferme près de Clermont-Ferrand. En 1867, elle part travailler à Paris avec Marius qu'elle a rencontré à Riom dans l'hôtel-restaurant où elle travaille comme fille de salle. Ensemble, ils vont découvrir la vie d'ouvriers dans une filature de Vaugirard, les premières grèves et aussi l'Exposition Universelle. Suite au décès accidentel de Marius, Jeannette, sans argent, est arrêtée pour vol et condamnée à 6 mois de prison... 


Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions De Borée grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau roman d'un auteur que je suis depuis le premier roman les yeux fermés.


De quoi est-il question ?

A la fin du XIXème siècle, Jeannette est loin d'avoir une vie facile. Vivant avec ses parents et cinq frères et soeurs dans leur petite ferme, c'est à elle que revient la charge de la famille depuis que sa mère est malade et que son père devient violent sitôt qu'il a un peu trop bu, ce qui arrive souvent. Mais la jeune fille ne se plaint pas et accepte sa situation, savourant les petits moments de joie.

Aussi, lorsqu'elle rencontre Marius et que ce dernier lui propose de l'emmener dans la capitale, la jeune fille n'hésite pas et part pour sa nouvelle vie, certaine de trouver à Paris un emploi et une vie peut-être plus sereine. D'autant plus que Marius a tout l'air d'être un travailleur et de vouloir faire pour rendre la vie plus agréable à sa belle.

Malheureusement, très vite, dans les ateliers de filature, la colère gronde entre des salaire trop peu élevés, des patrons bien décidés à faire valoir leur supériorité. Marius se laisse alors embarquer dans un groupe de rebelles bien décidés à faire valoir leurs droits. Mais face à la misère, tenter de s'élever est une épreuve sans solution où il ne sera que possible de tomber plus bas.


Du côté de la forme...

Les romans d'Alain Léonard sont toujours des romans que je suis avec le plus vif intérêt et je dois dire que celui-ci je l'attendais tout particulièrement. Notez au passage cette superbe couverture qui ne peut qu'attirer l'oeil.

Jeannette est un personnage auquel on s'attache très vite et qui n'est pas sans nous toucher au coeur. Vivant dans la misère, elle doit éduquer ses frères et soeurs pour soulager sa mère malade. Comme si cela ne suffisait pas, il faut que le père soit alcoolique. Et si ce genre d'épreuves n'est pas rare pour l'époque, cela fait toujours son petit effet à la Zola et ça marche.

C'est donc avec joie et soulagement que nous allons la voir partir pour Paris en se doutant bien que tout ne sera pas si simple. Et en effet, pour Jeannette, l'enfer n'est jamais très loin entre misère, jalousie de ses collègues de travail et débauche progressive de Marius qui va se laisser embarquer dans son envie d'un monde plus juste, au risque de perdre tout ce qu'il a.

Au-delà de la vie des campagnes, c'est donc tout le Paris d'une époque que l'auteur met en avant ici : la vie dans les usines, la misère sociale, la soif d'égalité à la Germinal. Car derrière le caractère majestueux du travail d'Hausmann se cache l'enfer de la capitale et surtout la cruauté de ceux qui veulent à tout prix garder le pouvoir sur les faibles, quitte à les détruire.

Jeannette va donc tomber au plus bas et, de fil en aiguille, se retrouvera même dans une prison pour femmes de l'époque, un lieu de perversion et d'abominations. Car en contradiction avec ses rêves de liberté et d'émancipation, la jeune fille sera plus confrontée au pire. Pour autant, elle découvrira aussi la force de l'amitié et peut-être de l'amour...

Côté style, nous retrouvons toujours la capacité de l'auteur à raconter de belles histoires et à mettre en avant de beaux personnages. C'est à l'image d'un film que nous voyons s'élever devant nos yeux la modernité parisienne. Nous ressentirons le froid de la prison et la colère grondera en nous face aux injustices encore tellement d'actualité. Une réussite.


En conclusion...

Voici un roman avec lequel j'ai passé un très agréable moment, pile dans une époque que j'apprécie beaucoup. Voici un roman qui sait jouer avec nos émotions et tend à nous faire réfléchir sur l'intemporalité des différences sociales. Voici un roman historique qui traite d'un sujet malheureusement trop peu traité : les prisons de femmes. Un sujet qui ne devrait rester sous silence.

Un beau roman pour les amateurs du genre et pour les passionnés d'histoires de femmes.

La source aux trois fontaines - Antonin Malroux

  

Infos sur le livre

éditions : De Borée

date de publication : 02 septembre 2021

pages : 254

prix : 19,90€


Résumé éditeur

La jeune Anna est employée à la ferme des Fenière, un couple sans enfant, où elle donne entière satisfaction. Lorsque, à peine âgée de 16 ans, elle donne naissance à une petite Justine en refusant de dévoiler l'identité du géniteur, sa patronne Pélagie décide de la garder. C'est décidé, la petite Justine grandira au Hameau des Trois Fontaines. Quelques années plus tard, Justine, devenue l'heureuse égérie d'un grand magasin parisien, revient sur les terres auvergnates de son enfance pour honorer une promesse faite à sa mère. Y aura-t-il un bonheur au bout de ce retour au pays qui l'a vue naître ? 


Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions De Borée grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau roman d'un auteur que j'apprécie tout particulièrement depuis plusieurs années.


De quoi est-il question ?

A la fin du XIXème siècle, la jeune Anna travaille pour un couple de paysans où, malgré l'ardeur de la tâche, elle est heureuse et fière d'avoir pu quitter la ferme de ses parents. Malheureusement, le bonheur est de courte durée, Anna tombant enceinte et refusant de dévoiler l'identité du père. Etre fille-mère à cette époque étant très mal vu, Anna n'a alors que peu d'espoir.

Par chance, Pélagie Fénière accepte de garder Anna auprès d'elle alors même qu'elle sera rejetée par son père. C'est donc à la ferme que la jeune fille mettra au monde sa petite Justine alors même qu'il n'y a plus d'hommes entre ces murs. A la fois aimée par sa mère et choyée par Pélagie, la petite Justine ne manquera de rien si ce n'est de réponses sur l'identité de son père.

Elle grandira ainsi dans l'amour d'une famille et dans les valeurs du travail bien fait. Studieuse et intelligente, elle ne manquera pas d'être vite repérée et de se voir offrir la chance de poursuivre sa vie dans la capitale. Dans le même temps, Anna n'aura de cesse de tenter de retrouver l'amour de ses parents et Pélagie de trouver en ces deux femmes la famille qu'elle n'aura jamais eu...


Du côté de la forme...

Les romans d'Antonin Malroux son toujours des romans emprunts de tendresse, de poésie et d'une belle humanité. C'est donc sans hésiter que je me suis plongée dans cette lecture en sachant que je passerais forcément un très beau moment.

Anna est, dès le départ, un personnage auquel on s'attache et que l'on souhaiterait pouvoir prendre dans nos bras. Au travail trop tôt, elle vivra le pire qu'une femme peut subir et tombera enceinte sous l'oeil mauvais de sa famille et des gens du village. Une situation toujours difficile à accepter mais remisée ici par l'amour inconditionnel de Pélagie, une femme comme il serait d'en croiser plus souvent.

Trois générations de femmes qui vont s'entraider et évoluer dans le monde sans l'apport de la gent masculine : de quoi offrir un roman purement féministe avec des personnages symboles de courage et une volonté sans faille à toujours se relever des épreuves. Une belle leçon de vie de laquelle nous devrions tous nous inspirer.

Ce roman se compose en deux partie majeures. Une première davantage consacrée à Anna et à l'épreuve qu'elle aura à vivre. La seconde à Justine et aux secrets qui l'entourent. Nous verront évoluer la première et grandir la seconde. Nous suivrons la relation mère-fille tout en nous laissant séduire par l'amour qui règne entre elles mais toujours dans l'ambiance historique que l'on peut apprécier.

Puis, avec Justine, nous retrouvons l'ambiance zolienne des grands magasins et nous découvrons le monde de la couture ainsi que celui des grands hôtels. De quoi nous offrir une plongée puissante dans le XIXème siècle envahi de saveurs, d'odeurs et de décors incroyables. Ce roman devient alors celui d'une émancipation à une époque où ce n'était pas si simple et on s'y attache.

Côté style, on retrouve la plume poétique de l'auteur et sa capacité à nous raconter des histoires de femmes étonnantes. Il sait mettre en valeur ces personnages parfois grandes oubliées de l'histoire et sait mettre la petite histoire dans la grande. Ici, les femmes ont le pouvoir ce qui fait du bien pour un roman du genre et sont les plus nombreuses, les personnages masculins n'étant qu'accessoires.


En conclusion...

Voici un roman que j'étais très curieuse de découvrir et avec lequel j'ai passé un très agréable moment dans un décors qui fait du bien et avec des personnages qui ne manquent pas de nous confronter à nos propres vies. Voici un roman qui sait nous plonger dans un siècle et dans la dualité entre ville et campagne pour une mise en valeur des femmes de toutes générations.

Un magnifique roman à découvrir pour les amateurs du genre.

vendredi 14 janvier 2022

Valtopolis, le silence des araignées - Julie Bouchonville

  

Infos sur le livre

éditions : Alter Real

date de publication : 30 juillet 2021

pages : 308

prix : 19€


Résumé éditeur

Anouk travaille comme gouvernante dans la ville de Valtopolis. Ses employeurs, aussi riches que désagréables, ne sont pas son seul problème : elle boit trop, pense trop à son ex, et prend trop à coeur la politique anti-immigration que la ville est sur le point d'adopter. Et si elle croyait que la coupe était pleine, elle se trompait. Elle surprend un rituel mystérieux, et d'un seul coup, les araignées du quartier se mettent à lui parler. Trop, c'est trop ! Il est temps d'aller voir la garde ! Madeleine Loroy appartient à la garde urbaine de la ville. Immigrée, trop honnête pour son propre bien, elle peine à se faire une place parmi ses pairs, et en plus, on lui confie une enquête dont personne ne veut : certains commerces - les propriétaires sont tous étrangers - sont victimes d'actes de vandalisme. Et le pire dans tout ça ? Elle va devoir collaborer avec Anouk, son ex, qui lui a brisé le coeur. Intrigue politique, magie, secondes chances et araignées qui parlent se mêlent dans ce roman plein de suspense et de rebondissements ! 

Pourquoi ce livre ?

Lire les livres des copines est toujours pour moi une évidence, c'est donc sans hésiter que j'ai acheté ce roman lors des dernières Aventuriales.


De quoi est-il question ?

Anouk est gouvernante. Malgré sa modeste situation, elle travaille pour une famille fortunée agissant souvent avec dédain à son égard mais aussi à l'égard des enfants. C'est d'ailleurs par amour pour ces derniers qu'elle tient le choc. Les enfants d'ailleurs le lui rendent bien bien que la situation politique actuelle pourrait les séparer d'elle sans qu'ils ne le comprennent.

Au-delà de sa situation professionnelle, la situation personnelle d'Anouk est loin d'être parfaite également entre un penchant trop prononcé pour l'alcool, une déception amoureuse et des engagements politiques qui pourraient lui porter préjudice. Dans le même temps, Madeleine, son ex, est mise face à une affaire qui pourrait mettre à mal la ville : des attaques de commerces mettant les esprits en chauffe.

Et voilà que, d'un coup, Anouk se retrouve à comprendre le langage des araignées qui, de leur côté, son bien décidées à la traiter comme une reine. L'occasion pour elle d'enquêter et de retisser un lien avec Madeleine, bien que cette dernière ne soit pas emballée. Aidées par une multitude de petites bêtes à huit pattes, les deux jeunes femmes vont devoir collaborer que pour la ville retrouve un semblant de quiétude.


Du côté de la forme...

Entre une couverture superbe, une auteure que je suis avec soin et un sujet original (parler avec les araignées quoi !), je ne pouvais que craquer pour ce roman prometteur que j'ai, autant le dire, complètement dévoré.

Comment ne pas tomber, dès les premières pages, sous le charme d'Anouk ? Cette jeune femme au caractère bien trempée mais également victime de sa personnalité et des angoisses qui la rongent... Car sa sensibilité et son coeur nous font accepter son sale caractère et son côté à la fois butté et hors de contrôle, une belle rencontre fictive.

Si le côté "causette avec les araignées" m'a convaincue lors de l'achat, il m'angoissait aussi un peu, moi qui ne suis pas fan de ces bébêtes. Pour autant, ça a fonctionné et je me suis surprise à m'attacher à ces petits animaux, à leur langage et à la force que leur donne l'autrice, leur redonnant un charme et des valeurs presque plus humaines que l'humanité que l'on voit au quotidien.

Ce roman est, pour son ensemble, un roman d'urban Fantasy avec des animaux parlant, un univers imaginaire mais ancré dans le réel. Pour autant, ce roman flirte aussi avec les genres du polar, du thriller mais également de la romance. Le tout se mêle parfaitement bien pour un ensemble qui fonctionne et auquel on se laisse prendre.

Mais cette histoire n'est pas non plus sans traiter avec finesse de sujets de société particulièrement forts tels que l'immigration, l'ethnophobie mais également le pouvoir des puissants de ce monde face aux plus faibles et aux moins fortunés. De quoi transposer l'intrigue sur notre propre monde et de réfléchir à nos propres comportements.

Le style de l'autrice est particulièrement agréable à suivre avec des personnages attachants et une intrigue prenante pour laquelle on émet des hypothèses sans vraiment trouver de solution. L'imaginaire sait se mêler à l'intrigue policière et inversement dans un genre qui l'un et l'autre à la fois. L'émotion ne manque d'ailleurs pas d'être régulièrement présente pour notre plus grand plaisir.


En conclusion...

Voici un roman dont j'attendais beaucoup et que je suis plus que ravie d'avoir pu découvrir. Si les araignées ce n'est pas mon truc, l'autrice a su me les faire aimer ici. L'intrigue policière nous envoûte et Anouk nous change des personnages traditionnels. La romance n'est pas au centre mais est apportée par petites touches de même que le fantastique qui prend toute sa place. On pourrait presque croire possible d'aller faire la causette à l'araignée sur le mur du salon après cette lecture.

Un roman don't je ne manquerai pas de lire la suite dès qu'elle sera disponible.

jeudi 13 janvier 2022

Nuit de Noël à Friday Harbor - Lisa Kleypas

  

Infos sur le livre

éditions : J'ai lu

date de publication : 03 novembre 2021

pages : 224

prix : 4,99€


Résumé éditeur

Ségolène Bonura

11 rue Jeanne d’Arc

63000 Clermont-Ferrand



Le 11 janvier 2022





Madame, Monsieur,


Forte d’un master dans les métiers de l’édition et d’une première expérience en tant que chargée de communication dans un grand groupe éditorial, je me permets de vous écrire afin de répondre à votre offre d’emploi mais en vous proposant une collaboration où je serais prestataire et non salariée. En effet, ayant monté mon auto entreprise destinée aux relations presse pour les éditeurs, je souhaiterais pouvoir la faire prospérer.


Passionnée de lecture et notamment de romances historiques et contemporaines, j’aurais grand plaisir à contribuer à promouvoir vos titres et à faire connaître des auteurs de langue étrangère en France car un premier roman peut être le best-seller de demain et c’est dans cette optique que je travaille.


Chroniqueuse littéraire à mes heures perdues, je gère les réseaux sociaux tels que Facebook, Instagram et Youtube (je me suis récemment essayée aux books trailers et je dois avouer avoir beaucoup aimé). Je dois encore me former aux nouveaux réseaux mais je m’y intéresse de prêt. Si je fais plutôt partie des visiteurs « fantômes » sur les comptes des autres influenceurs, cela ne m’empêche pas de me renseigner très régulièrement sur ce qui ce fait et sur ce qui plaît.


À ce titre, j’aurais grand plaisir à « pister » les nouvelles tendances et les nouveaux influenceurs pertinents afin de faire connaître vos ouvrages. J’estime que ceux qui ont le plus grand nombre d’abonnés ne sont pas toujours les plus pertinents et préfère quelqu’un qui va donner un avis poussé et réflexif sur le texte à quelqu’un qui va faire une seule présentation mais sans contenu derrière. Une bonne communication doit donc savoir allier les deux car je suis consciente que de bonnes ventes passent par une belle visibilité


Parmi vos auteurs que je suis avec le plus vite intérêt, il y a notamment Caro M. Leen qui a contribué à me faire aimer les romances de Noël que je ne lisais pas forcément avant.


J’ai conscience que vous recherchez plutôt pour ce poste un(e) salarié(e) mais je serais ravie de pouvoir contribuer à mettre en valeur votre catalogue soit par le biais des réseaux sociaux soit, de manière ponctuelle, sur quelques titres de votre choix. Résident en province, je pense qu’il peut être intéressant pour vous de bénéficier d’une communication dans la PQR en prenant en compte les lieux de vie des auteurs non parisiens.


Dans l’attente de votre retour, je vous prie de recevoir mes meilleurs sentiments.


Ségolène Bonura




"Cher père Noël, cette année, je veux juste une chose : une maman." Lorsqu'il découvre le message de sa nièce Holly, Mark Nolan est profondément désemparé. Célibataire dans l'âme, il a dû composer avec cette petite fille fragile qui a perdu la parole à la mort de sa mère et dont il est désormais le tuteur. Mark donnerait tout pour la consoler et lui offrir la douceur d'un foyer. Dans l'espoir de la réconforter, il décide de l'emmener dans un merveilleux magasin de jouets à Friday Harbor. En ouvrant la porte, Mark et Holly découvrent un univers plein de féerie, sur lequel règne une jeune femme rousse à la beauté angélique : Maggie. 


Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions J'ai lu pour la découverte de ce roman très ancré "romance de Noël" comme j'en cherche toujours en fin d'année.


De quoi est-il question ?

Quand sa soeur se tue dans un accident de voiture, Mark ne se doute pas qu'elle lui laissera en héritage la tutelle de sa fillette de 6 ans, Holly. Le père n'ayant aucune existence dans la vie de la petite, c'est en effet avec ses deux oncles, Mark et son frère Sam possédant une grande maison, que l'enfant devra maintenant grandir.

Mais depuis la mort de sa mère, la petite bien que sage et obéissante est étrangement mutique. Mark a beau tout faire pour elle, si ce n'est peut-être accepté la poussée vers l'imaginaire, il ignore comment aider sa nièce. Jusqu'au jour où, entrant dans un magasin de jouets, ils font la connaissance de Maggie. Jeune veuve, la femme ne veut plus faire entrer d'homme dans sa vie mais elle s'attachera à Holly.

Parvenant à lui faire retrouver la parole, elle ne restera pas insensible au charme de Mark qui, de son côté, se trouve très attiré par la jeune femme. Les hasards leur permettront de se retrouver à plusieurs reprises mais comment accepter ses sentiments quand on s'est promis de rester fidèle au seul être cher, qu'il soit un mari trop tôt disparu ou une fillette devenue le centre du monde ?


Du côté de la forme...

Si je suis de plus en plus friande de romances, il est assez rare que je lise des romances au sens premier terme, sans érotisme ni thématique particulièrement (même si ici Noël est plus moins au centre de l'histoire bien que peu présent).

En débutant cette lecture, on attend la romance des contes de fées. Ces histoires irréelles et improbables auxquelles on veut croire mais que l'on sait impossibles qui font juste du bien au moral et nous mettent des paillettes dans les yeux. Mais la première émotion vient par le personnage de Holly et comment ne pas être touchée par cette enfant, orpheline trop tôt, que l'on voudrait juste prendre dans nos bras.

Si l'émotion aurait été plus forte si le mutisme avait duré plus longtemps et si tout avait davantage tourné autour d'elle, on se laisse vite prendre à la relation naissante entre Mark et Maggie pour lesquels on éprouve très vite une vite empathie, qu'elle soit due au deuil ou au rôle tout récent et si complexe de père. On voit les fragilités des personnages et la dualité qui naît dans leurs esprit, efficace.

Si ce roman est sous le signe des romances de Noël avec une couverture révélatrice et une lettre de la fillette s'adressant au Père-Noël, il n'est au final que très peu question de cette fête dans ce roman, Noël n'étant qu'une finalité. L'important est la famille, les rencontres et le quotidien s'approchant peu à peu des fêtes mais pas de "magie de Noël" ici.

Bien que la famille reste un sujet principal du roman, nous sommes là face à la question des familles recomposées avec ce sujet universel : l'amour peut surgir de n'importe et est le seul qui compte en opposition avec l'image de la famille traditionnelle telle qu'on l'entend. Ici, le papa et la maman sont remplacés par deux oncles et, on l'imagine, la belle-mère parfaite.

Côté style, l'auteure reprend ici tous les codes de la romance et s'il n'y a pas de réelle surprise dans cette lecture, tout fonctionne à merveille avec tendresse. Le roman se lit très vite et s'il ne laisse pas un souvenir impérissable il permet malgré tout de passer un très agréable moment sans prise de tête et faisant appel à tous les bons sentiments.


En conclusion...

Voici un roman qui ne changera pas la face du monde mais qui permet de passer un joli moment hors du temps comme on les aime avec ce type de lectures. Voici un roman qui nous permet de renouer avec l'âme humaine et l'être humain. Voici un roman qui rappelle combien l'amour pour un enfant pour soulever tous les obstacles.

Une jolie histoire qui me donne envie de découvrir d'autres histoires de l'auteure.

Les marcheurs, tome 1 - Denis Labbé

  

Infos sur le livre

éditions : Rebelle

date de publication : 22 mai 2017

pages : 232

prix : 14€


Résumé éditeur

Que faire lorsque le monde s'écroule autour de vous et que vous devez échapper à la mort ? Lors d'un voyage scolaire au camp de travail du Struthof, une expérience nazie refait surface et déclenche une épidémie. Pris au coeur de cette catastrophe, Louis Fleckinger, professeur d'histoire, essaie de sauver un groupe d'élèves afin de les ramener auprès de leurs parents. Mais la route va être longue. 


Pourquoi ce livre ?

Lors d'un salon où étaient exposés l'ensemble des titres de la maison d'édition, je me suis laissée séduire par cette histoire de zombies, dans un besoin de roman mêlant histoire et thématique un peu décalée, les zombies étant parfaits pour ça.


De quoi est-il question ?

Louis est professeur dans un lycée. S'il a conscience des difficultés de son métier, il a toujours à coeur d'enseigner avec coeur et passion en parlant à ses élèves avec des propos et des comparaisons qu'ils peuvent comprendre. C'est dans cette optique qu'il va emmener sa classe au camp de Struthof, lieu méconnu de la seconde guerre qui pourtant vit naître de terribles expériences.

Durant la journée, des choses étranges commencent pourtant à se passer sans que personne ne puisse vraiment expliquer quoi. Seul indice, une expérience qui se serait échappée d'une pièce fermée depuis l'époque suite à une fausse manipulation. Suite à cela, nombreux seraient ceux qui adopteraient un comportement étrange, voire effrayant.

Se voulant d'abord rassurant, le professeur ne va tarder à comprendre qu'il est désormais seul à la manoeuvre pour tenter de protéger ses élèves. Va s'ensuivre une véritable course-poursuite sur le lieu de mémoire pour tenter de sauver ce qui peut l'être tout en cherchant à comprendre ce qui aura pu se passer. Car, aucun doute, le danger est venu du passé pour être lâché dans le présent.


Du côté de la forme...

J'avoue qu'un roman parlant d'un virus lâché par erreur dans la nature a un goût un peu trop actuel qui pourrait perturber une lecture plusieurs années après la parution. Mais en me focalisant plus sur la partie histoire et fantastique, j'ai su me laisser séduire.

En me lançant dans cette lecture, je savais que j'aurais affaire à un mélange d'historique, de fantastique et d'aventure. Pour l'histoire, une période qui m'intéresse beaucoup : la seconde guerre mondiale. Pour le fantastique, des créatures qui savent toujours éveiller la tension : les zombies. Les deux sont mêlés par le passé qui vient perturber le présent et ça marche.

Car si le début du roman est une vraie plongée historique évoquant un site malheureusement trop peu connu, et si l'auteur sait parfaitement nous en faire découvrir l'horreur, il bascule peu à peu dans le fantastique au sens premier du terme : une inquiétante étrangeté qui se met peu à peu en place pour attiser l'angoisse et faire basculer le lecteur dans un univers effrayant qu'il ne maîtrise plus.

Commence alors une aventure dans un univers assez sombre et que l'on imagine nocturne avec pas mal de code du cinéma pour une visualisation parfaite des différents évènements. Le petit groupe de personnages est une preuve d'éclectisme avec chacun pouvant apporter quelque chose aux autres. Pour autant, il est intéressant de voir, dans un roman pour les jeunes adultes, le point de vue du professeur.

Louis m'a donc beaucoup touchée dans son envie de protéger plus ses élèves que sa propre vie et j'ai été prise dans l'action du roman avec ce caractère addictif qui ne laisse pas une seconde de répit. Par ailleurs, le caractère en huis-clos du roman apporte une angoisse supplémentaire. Car au-delà de la présence même des zombies, comment leur échapper ?

Côté style, l'auteur maîtrise à la perfection la personnalité de ses personnages, le caractère historique et la plongée progressive dans l'horreur. Il embarque son lecteur comme ses personnages dans une course effrénée et je me suis surprise à haleter comme si moi aussi j'avais couru pour fuir. De manière classique certains disparaissent peu à peu mais ça marche et la fin arrive beaucoup trop tôt avec l'envie d'enchaîner avec la suite.


En conclusion...

J'avais pas mal d'attentes sur ce premier tome qui m'avait beaucoup tentée et je n'ai pas eu à être déçue de ma lecture. Sans trop savoir où j'allais, j'ai beaucoup aimé en apprendre plus sur la part historique d'un coin de France que je ne connais que peu et, côté imaginaire, je me suis laissée porter et effrayer par les zombies mais pour mon plus grand plaisir tout en m'attachant à des personnages sensibles et forts.

C'est sans hésiter que je me plongerai dans la suite dès que je le pourrai.

Il faut sauver Albert (le homard prévu pour Noël) - Lise Syven

 

Infos sur le livre

éditions : J'ai lu

date de publication : 20 octobre 2021

pages : 320

prix : 7,50€


Résumé éditeur

Béatrice et Erwan filent le parfait amour à Paris, loin de Lorient, la ville d'origine du jeune homme, et de sa famille loufoque. Mais à l'approche de Noël, il doit retourner dans le bar-restaurant de ses parents. Car pour le réveillon, les Guellec se plient en quatre et n'attendent qu'une chose : la venue de leur fils chéri.Par amour, Béatrice accepte d'accompagner son petit ami en Bretagne. Autant dire que les retrouvailles et les présentations s'annoncent hautes en couleur... Sans compter que le festin surprise n'est autre qu'un énorme homard. Béatrice, horrifiée, découvre la bête que quelqu'un a soigneusement planquée dans le garage.En bonne vegan qui se respecte, c'est décidé, elle fera tout pour sauver Albert - le crustacé en sursis - et lui rendre sa liberté !


Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions J'ai lu grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau roman d'une auteure que j'avais très envie de relire pour une romance de Noël comme je les aime en fin d'année.


De quoi est-il question ?

Béatrice et Erwan ont tout pour être heureux et vivent une très belle histoire d'amour. A l'approche des fêtes de fin d'année, alors que la famille de Béatrice est loin et que Erwan est en froid avec sa famille, le couple voudrait passer un réveillon tranquille mais, poussé et culpabilisé par sa mère, Erwan propose à sa dulcinée de l'accompagner à Lorient pour fête Noël avec son frère et ses parents.

Direction donc la Bretagne au sein d'une famille au fort caractère entre un frère cachant son histoire d'amour à ses parents, un père au caractère bougon et emporté et une mère-poule bien décidée à faire revenir son aîné près de la maison même si, pour cela, elle doit tenter de lui remettre dans les pattes son ex. La fête de famille s'annonce mouvementée.

Mais, comme si tout cela ne suffisait pas, les convictions intimes de Béa ne vont pas aller pour arranger les choses. Car la jeune femme est une vegan convaincue pour qui la protection animale est un combat, un combat qui n'ira pas avec la surprise préparée par le père à la mère : un gros homard à faire cuir le soir du réveillon. Béa n'aura alors de cesse de sauver la pauvre bête... et peut-être même les huitres qui iront avec.


Du côté de la forme...

Les histoires de Noël, voilà toujours de quoi se faire du bien en période de fêtes. Une romance mêlée d'humour et questions d'actualité avec, en prime, la plume d'une auteure que j'avais envie de relire depuis longtemps, je ne pouvais pas la laisser passer.

Tout commence comme une romance classique : un jeune couple plein de vie qui file le parfait amour et qui va se retrouver dans la famille de l'un des deux pour les fêtes. Bien sûr, très vite, le lecteur comprend que rien ne pourra bien se passer avec des personnages aux convictions, aux motivations et aux caractères un peu trop forts pour que ça colle.

Je dois avouer que le fait que Béatrice soit vegan aurait pu me déranger en ce sens qu'il s'agit d'une conviction que je trouve, chez certains, parfois trop extrême. Un personne comme ça promettait donc de m'agacer et ce fut le cas. Pourtant, le grand coeur de la jeune femme nous engage peu à peu à la comprendre, à penser comme elle et à avoir envie qu'elle réussisse.

Nous allons donc la suivre dans son envie de sauver ce fameux homard qu'elle va, de surcroit, baptiser. Elle va prendre le risque de briser son couple et de se mettre toute une famille à dos pour ses propres convictions et je dois avouer avoir du mal avec ces personnages qui n'en font qu'à leur tête sans savoir se plier aux volontés des autres. Pourtant, au fil des pages, on rit et on s'émeut.

Mais ce roman pose aussi beaucoup de questions de société : les vegan, l'homosexualité, les rapports familiaux mais aussi la vie de couple en général. Avec un petit goût de Noël mais également avec de multiples rebondissements, l'auteure sait innover par rapport aux codes du genre en mettant presque de côté la romance pour en faire bénéficier l'intrigue et l'humour.

Côté écriture, une petite plongée en Bretagne ne pouvait que me faire du bien, moi qui adore cette région et rêverais d'y retourner. L'ode marine nous embaume et, lors des trajets en voiture, on profite avec les personnages du son des binious ce qui ne pouvait que m'enchanter. D'ailleurs, l'auteure nous décrit aussi les paysages avec une poésie qui nous fait sentir sa passion pour la région.


En conclusion...

Ce roman fut ma première lecture de Noël de l'année et je suis plus que ravie d'avoir pu commencer par celle-ci, une juste transition avant de passer aux romances pures. Avec un mélange de Bretagne, d'amour, d'histoires familiales et de questions de société, l'auteure nous offre avec humour une histoire qui nous attache et nous embarque sans mal.

Un très bon roman qui me donne envie de lire prochainement d'autres romans de l'auteure.

mardi 28 septembre 2021

No man's land 99 - Céline Bourbon

  

Infos sur le livre

éditions : Auto-édition

date de publication : 12-09-2021

pages : 293

prix : 13€


Résumé éditeur

Eté 1999 : Le plus grand festival musical jamais organisé est sur le point de se tenir sur une base aérienne désaffectée. Trois jours de musique, trois jours de fête, trois jours de folie. Alice et sa bande de copains se préparent à assister à cet événement dont ils rêvent depuis des mois. Jack fait partie des élus embauchés pour assurer la sécurité des festivaliers. Rémi, jeune journaliste, se retrouve contraint de couvrir cet événement. Ils ne se connaissent pas encore, mais ont un point commun : ils vont connaître l’enfer.


Pourquoi ce livre ?

Après avoir craqué sur la couverture et le résumé de ce roman, j'ai été frappée par ce que l'auteure m'en a raconté. J'ai donc craqué et l'ai lu dans la foulée.


De quoi est-il question ?

Nous sommes à l'été 1999, un immense festival est organisé pour, en théorie, mettre en valeur la musique rock. Dans la réalité, faire le maximum de profit. Des dizaines de milliers de festivalier pour seulement quelques agents de sécurité et quelques postes de secours. L'obligation de consommer sur place sous un soleil de plomb et une ambiance générale agrémentée de drogues et d'alcool.

Parce que les installations d'eau et de sanitaires sont insuffisantes, tout ce petit monde évolue bientôt dans la crasse, la puanteur et la violence. Très vite, les jeunes deviennent ingérables, en proie à tous les excès, bien décidés à faire la fête mais aussi, et surtout, à satisfaire leurs désirs primitifs à l'égard des rares femmes présentes sur le site.

Jack, Ju' et Nelly, respectivement hommes de sécurité et infirmière vont tout tenter pour limiter la casse qui se déroule sous leurs yeux. Rémi, le journaliste, fera l'impossible pour garder le maximum de preuves de cet enfer. Alice et sa bande d'amis, décidés au départ à profiter d'un bon moment, vivront de l'intérieur les pires moments du festival.


Du côté de la forme...

N'étant pas fan de musique rock, l'ambiance des festival n'est pas de celles qui me touchent le plus en général. Mais l'enfer sur Terre que promettait ce roman, qui plus est tiré de faits réels, m'a bousculée dans mes certitudes et m'a donné envie d'en savoir plus.

A travers des personnages fictifs, l'auteure fait le choix de nous présenter les différentes facettes du festival : les postes de secours, la sécurité, le regard journalistique extérieur, le regard des festivaliers qu'ils soient ou non entrés dans le trip. Par leurs regards, le lecteur va voir l'enfer s'ouvrir devant ses yeux, attendant autant que redoutant l'apothéose destructrice finale.

Car si, dès le départ, rien ne sent bon, au propre comme au figuré, les premières pages ne sont rien en comparaison des dernières. Le manque d'eau, la chaleur, les problèmes de sécurité et les substances illicites annoncent le massacre mais semblent pouvoir être gérées par l'intelligence humaine. Mais cette humanité disparaîtra peu à peu au profit de la bestialité, de l'appel du corps et de la colère.

Construit à l'image d'un film, ce roman nous retrace moment après moment les trois jours du festival, d'un début tendu à une évolution vers l'horreur. Car l'auteure ne nous épargne rien : ni la crasse, ni la violence, ni les paroles atroces. Elle nous décrira même les scènes d'agression, les plaies et la chaleur se ressent à chaque page de même que la peur, la faim et la soif.

Difficile d'imaginer que tout cela ait pu avoir lieux mais, dans le même temps, comment au vu des conditions cela aurait-il pu être autrement ? Car au-delà de l'horreur, ce roman pause la question de la capacité de l'être humain à survivre aux épreuves, pose la question de l'animalité de l'homme et interroge sur la cupidité des puissants ne voulant pas voir leurs échecs.

Côté style, l'auteure ne nous épargne pas la violence du moment tant dans ses descriptions des événements que dans les dialogues. Pour avancer dans ces pages, il faut avoir le coeur bien accroché. Car nous sommes là à l'opposé de tout ce que l'on peut souhaité : valeur de la femme, bonheur de la musique, joie du vivre ensemble. Ici, l'enfer au propre comme au figuré nous envoûte.


En conclusion...

Ce roman fait clairement partie de ceux dont on ne ressort pas indemne, de ceux qui nous marquent et nous hantent pendant des jours. De ceux qui nous poussent à la recherche pour comprendre, pour mettre des mots sur l'horreur, pour essayer de savoir pourquoi. Mais ce roman est aussi de ceux dont les personnages nous frappent, nous touchent, nous dégoûtent mais ne nous laissent pas indemnes.

Un roman à lire à tout prix et auquel je souhaite un énorme succès ! Un coup de coeur !