dimanche 3 mars 2019

Double fond - Elsa Osorio

 

Infos sur le livre

éditions : Métailié
date de publication : 18-01-2018
pages : 400
prix : 21€

Résumé éditeur

Une femme, médecin sans histoire, est retrouvée noyée près de Saint-Nazaire. La jeune journaliste locale ne croit pas à la thèse du suicide et remonte le fil : elle découvre l'horreur de la dictature argentine, et un étrange échange de mails entre un jeune homme en colère et une femme qui a bien connu cette période. Parallèlement, une mère raconte à son fils pourquoi il a dû grandir sans elle. Perdue dans les marécages de la dictature militaire, cette militante révolutionnaire a échangé sa liberté contre la vie de son enfant et accepté de collaborer avec la dictature, en particulier au Centre pilote de Paris. Traître aux yeux de tous, avec la survie pour seul objectif, elle va disparaître.

Pourquoi ce livre ?

C'est dans le cadre d'une rencontre avec l'auteure à la fac puis d'un travail à rendre sur un roman de la dite auteure que je me laissée tenter par ce titre.

De quoi est-il question ?

A notre époque, près de Saint-Nazaize, une femme médecin est retrouvée morte et tout laisse croire à un suicide. Même si la femme en question n'aurait eu aucune raison de commettre ce geste irrémédiable. Et parce qu'elle n'y croit pas, une jeune journaliste va décider de mener sa propre enquête pour comprendre.

Il y a des années, sous la dictature argentine, une femme a été contrainte d'abandonner son fils pour le protéger, le protéger d'une société qui ne pardonne pas et qui met à mal tous ceux qui tentent de se rebeller contre le gouvernement en place. Et cette femme est bien décidée à faire valoir sa liberté même si elle doit le payer cher.

Cette société, la journaliste française va la découvrir et va devoir se plonger dans les souvenirs et les archives pour comprendre, comprendre la mort d'une femme sans histoire, comprendre l'histoire méconnue d'un pays et d'une femme qui a dû aller très loin pour sa liberté et sa vie face à des hommes sans merci.

Du côté de la forme...

L'argentine, ce n'est pas la nationalité que l'on rencontre le plus en littérature ce qui, d'emblée, m'a tentée. Quand l'auteure de vous parler de son pays par le biais d'un polar, voilà qui ne peut qu'intriguer. Ajoutez-y une parole convainquante de la dite auteure et c'est gagné.

Tout commence donc par un cadavre, comme dans tout polar qui se doit. Le cadavre d'une femme qui semble s'être suicidée mais le lecteur comprend très vite que cela n'est qu'apparence pour mettre en valeur une journaliste qui va mener l'enquête. Un polar en bonne et due forme en somme, un polar qui fonctionne et dans lequel on se laisse prendre.

Mais ce roman est loin d'être un seul polar pour se détendre, bien au contraire. Ce roman est aussi et surtout un médium pour l'auteure pour parler de son pays et de ce qui, des années durant, est allé mal dans son pays : la dictature, la place des femmes, les meurtres et les tortures. Souvent, nous ignorons tout de la dictature argentine et l'auteure nous en dévoile ici un terrible panorama.

Et parce que, en alternance, le lecteur va découvrir l'histoire d'une femme dans le passé, parce qu'il semble s'éloigner de l'intrigue "polar", il s'aperçoit qu'il est plongé dans un roman plus sociétal d'une auteure qui "parle". Il est bien difficile d'imaginer la réalité de cette époque et pourtant... Tout cela a travers l'histoire d'une mère qui ne peut que nous toucher.

Malheureusement, si tout était là pour me convaincre, j'ai eu un peu de mal avec cette lecture pour laquelle j'ai ressenti trop de longueurs et de trop longues scènes historiques qui m'ont fait perdre le fil. Dommage. Dommage car au final j'ai eu le sentiment de ne pas me laisser porter autant que je l'aurais voulu par l'intrigue globale.

L'auteure a travaillé sa langue dans son roman, c'est indéniable. Rien n'est laissé au hasard et le lecteur n'est pas ménagé. Les descriptions sont parfois terribles et pourtant l'émotion est là elle aussi jusqu'à une fin au plus haut niveau. Peut-être aurait-il été bien que l'auteure s'offre la liberté de se faire davantage plaisir.

En conclusion... 

Ce roman n'est pas le genre de romans que je serais allée découvrir par hasard et suis donc ravie que le hasard s'en soit mêler pour me permettre de découvrir. J'ai été frappée par tout ce que j'ai appris de la dictature argentine et ai aimé suivre le polar. Mais malheureusement quelque chose n'a pas pris sur moi dans cette lecture qui est tout porteuse d'une grande qualité littéraire.
Une auteure à découvrir et que j'espère bien relire avec autre chose.

samedi 2 mars 2019

Flopsy - Fred Dupouy



Infos sur le livre

édittions : Talents hauts
date de publication : 20-04-2017
pages : 128
prix : 9,90€

Résumé éditeur

Laissez-moi vous dire une chose : je ne suis absolument pour rien dans cette histoire. D'ailleurs je me demande bien pourquoi nous perdons notre temps à discuter : entre un petit lapin au poil soyeux, au museau rose, si doux, si fragile, et un gros chien stupide à la gueule pleine de crocs acérés, qui est le gentil, à votre avis ? Et le méchant ? Je pense que nous sommes d'accord… 

Pourquoi ce livre ?

C'est lors du salon du livre de Montreuil en 2017 que j'ai complètement craqué sur cette couverture parce que être fan des lapins, ça ne se commande pas.

De quoi est-il question ?

Flopsy est un lapin, un lapin heureux qui aime se faire dorloter par son jeune maître, aime à se balader dans la maison depuis qu'il sait ouvrir sa cage tout seul et et aime se prélasser des heures entières dans un coin confortable. Flopsy est un lapin qui aime sa vie comme elle est et qui ne veut rien voir changer.

Mais voilà qu'un jour la petite soeur de son maître, une petite peste qui n'y comprend rien aux lapins, revient avec un chien. Un jeune chien un peu fou qui va venir semer la pagaille. D'autant que maintenant, il n'y en a plus que pour cet intrus ! Alors, c'est décidé, la guerre est déclarée ! Flopsy n'aura de cesse de faire partir cet odieux individu.

Dès lors, tous les coups sont permis ! Faire croire que le chien a fait pipi partout ou qu'il a dévoré le plateau de fromage... Car Flopsy est aussi un lapin qui n'aime pas qu'on lui vole la vedette et une compétation à l'école pourrait bien remettre en question ce caractère bien trempé de cet animal pas si pelucheux...

Du côté de la forme...

Parlez-moi d'une histoire de lapin et vous perdez. Ajoutez-y un caractère bien pourri du dit lapin et je n'ai plus qu'à me laisser tenter. Si pour tout cela le roman est publié chez un éditeur que j'apprécie tout particulièrement, les dés sont jetés.

Souvent, quand on pense "lapin", on pense boule de poils ou peluche. Question caractère on peut éventuellement penser à Panpan ou à Bugs Bunny mais jamais, oh grand jamais, on ne songerait qu'un lapin puisse être un petit être odieux, orgueuilleux et prétencieux. Pourtant, c'est bien un tel lapin que l'auteur nous offre ici avec beaucoup d'humour.

Le lecteur est averti, Flopsy n'est pas un lapin comme les autres et il serait aisé de prendre l'animal en grippe avec son caractère bien à lui. Pourtant, peu à peu, on finit par s'y attacher et par se laisser prendre au jeu. Le lecteur a envie, page après page, de savoir jusqu'où ce petit démon va pouvoir aller tout en ayant envie de se ranger dans son camp.

Pour autant, il est intéressant de voir que l'auteur n'est pas totalement à côté non plus du comportement animal avec des caractérisques bien senties de toutes les espèces dont il sera question ici. Et ce qui est appréciable, c'est le fait que les animaux pensent, certes, mais ne peuvent pas parler entre eux ce qui rend un côté réaliste à l'ensemble.

Lapin et chien cohabitent mais ne peuvent communiquer, ne répondent pas aux mêmes codes. Une belle leçon sur les langages de sourds et sur les relations conflictuelles de ceux qui ne s'entendent pas. Une symbolique intéressante que le lecteur pourra mettre en relation avec ses propres échanges avec l'autre : nos certitudes ne le sont pas pour tous.

Nous sommes ici dans un roman pour la jeunesse et le style s'en ressent mais, pour autant, il s'agit d'un style qui fonctionne et qui sait nous amuser autant que nous toucher tout en nous offrant un personnage étonnant. Les pages se dévorent et même si nous restons ici dans quelque chose de très léger, l'auteur sait aller plus que la seule intrigue.

En conclusion... 

Voici un petit roman jeunesse qui fait du bien entre deux lectures plus conséquentes et dans lequel on se laisse prendre avec tendresse et drôlerie. Certes on peut se sentir agacer par ce lapin hors norme mais on finit par l'aimer, une belle entrée en matière du anti-héros. Et, mine de rien, que de réflexion sur nos rapports à l'autre ! 

vendredi 1 mars 2019

Titan noir - Florence Aubry

 

Infos sur le livre

éditions : Rouergue
date de publication : 04-04-2018
pages : 187
prix : 12,50€

Résumé éditeur

Après son bac, Elfie se trouve un job d'été dans un parc océanographique. Très vite, on lui propose de devenir dresseuse d'orques. Un boulot de rêve, croit-elle. Elle croit aussi qu'ils sont amis, Titan et elle. Elle croit que dans ce parc, les animaux sont heureux. Mais, si vous ouvrez ce livre, vous y lirez des pages noires. Vous y lirez la véridique histoire de cette orque magnifique, Titan, l'histoire très sombre de la souffrance des cétacés en captivité. Un roman inspiré de l'histoire vraie de l'orque tueuse Tilikum. 

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions du Rouergue grâce à qui j'ai pu découvrir ce roman incroyable suite à la venue de l'éditrice dans notre master.

De quoi est-il question ?

Elfie est une jeune fille brillante, promise à un grand avenir et de longues études. Son bac en poche, elle sait que pour la prochaine rentrée elle ne sera plus chez sa mère. Mais en attendant, elle profite de l'été pour se faire un peu d'argent en allant travailler au parc océanique non loin de chez elle. Débutant aux caisses, elle finit par approcher les orques.

Et très vite, la jeune fille découvre que c'est là et nulle part ailleurs qu'elle entrevoît son avenir, elle qui semble si vite s'adapter à des animaux qui, elle en est certaine, le lui rendent bien. Car Elfie croit au bien fondé de ce parc et au bonheur des animaux qui y vivent. Elle croit aussi qu'une véritable amitié sans précédent est en train de naître entre et le roi du parc, Titan.

Mais Titan est en colère. Car Titan a été arraché tout jeune à sa mère dans des conditions atroces. Lui qui aurait pu connaître les grands océans se retrouve contraint d'obéir aux homme qu'il déteste sans jamais pouvoir laisser toutes les souffrances qu'il endure, toute cette rage qu'il accumule. Car Titan est bien décidé à obtenir sa vengeance...

Du côté de la forme...

Il est des livres que vous lisez pour vous et puis il y a ceux qui viennent à vous. Ces derniers, vous savez que vous devez les lire même s'il font mal, même s'ils sont durs même s'ils ne ressemblent en rien à vos lectures habituelles.

Elfie, ce pourrait être vous, ce pourrait être moi : une jeune femme passionnée par les animaux qui va vouloir travailler avec eux et notamment dans un parc où elle est convaincue que les orques qu'elle aime tant sont heureux. Un peu comme nous tous au fond. Et pourtant, ce roman va nous faire mal à nos certitudes. Une claque ! Mais une claque nécessaire !

Car en alternance, le lecteur découvrir des pages noires, le noir de la peur, le noir du mal. Ces pages noires sont celles de l'histoire de Titan, l'orque qu'Elfie aime tant. Ce n'est pas le point de vue de l'animal qu'il impose mais c'est tout comme avec une véritable immersion dans les horreurs que l'on fait subir à ces animaux que l'on croyait heureux.

Et force est de constater que l'auteure ne ménage pas son lecteur. Que ce soit dans le propos et dans le vocabulaire utilisé, l'horreur est là à chaque page, croisée par les soucis familiaux d'Elfie qui semblent bien dérisoires. De quoi remettre les pendules à l'heure mais aussi de quoi laisser le lecteurs aux aguets de la souffrance de Titan.

On pourrait espérer que ce roman soit fiction et tenter d'oublier une fois l'ouvrage refermé. On pourrait espérer que rien ne soit vrai dans la maltraitance animal et revenir tranquillement à nos petites vies et à nos petits problèmes. Mais il n'en est rien. Bien que refermé ce roman continue de résonner à l'intérieur du lecteur qui se met à réfléchir et à comprendre l'horreur.

Mais la claque réside aussi dans le style de l'auteure qui est frappant, sans fioritures et vrai. Elle sait changer son style de la parole d'Elfie à la parole de Titan pour opposer le roman adolescent "tranquille" à ces fameuses pages noires qui rendent malades. Le style de l'auteure est un style qui ne recule pas et qui invite à réfléchir tout en faisant prendre conscience de beaucoup de choses.

En conclusion... 

Rien ne me prédestinait à lire ce roman et pourtant il m'a semblé important, voire nécessaire, de m'y plonger et de vous en parler. Ce livre n'est pas un livre pour se faire du bien ni pour passer un bon moment. Ce livre est livre pour remettre les choses à leur place et prendre conscience de la condition animal. Ce livre est une claque que l'on se prend en pleine face. 

Kiaï - Alexandra Coin et Erik Kwapinski


Infos sur le livre

éditions : Lucien Souny
date de publication : 01-06-2018
pages : 224
prix : 6,90€

Résumé éditeur

Un violent incendie a ravagé un orphelinat religieux. Les pensionnaires sont évacuées et Marie, l’une des jeunes filles, est placée d’office dans un hôpital psychiatrique à Auxerre. À des centaines de kilomètres de là, à l’exception des morts qu’il a laissés derrière lui et des années qu’il a passées dans la Légion comme tireur d’élite, rien ne distingue Fabrice des autres habitants de ce village en pays cathare où il s’est désormais retiré. Jusqu’au jour où Peter Wolff, son vieux complice de randonnée, biker au look de Viking et prêtre défroqué, va attirer sur eux les foudres d’un groupe activiste catholique. Les méthodes de l’Inquisition renaissent de leurs cendres. En quoi cette croisade mortelle concernerait-elle Marie ? Pourquoi elle seule pourrait y mettre un terme ? Une intrigue vertigineuse, un thriller sobre, acéré et addictif.

Pourquoi ce livre ?

Cela faisait un moment que j'avais envie de découvrir un polar de chez Souy et je dois bien avouer que c'est sa couverture qui m'a attirée vers celui-ci dont le résumé a finit de me convaincre.

De quoi est-il question ?

Il y a quinze ans, un terrible incendie a ravagé un orphelinat dans lequel vivait Marie, une fillette à l'époque, qui depuis voit ses jous s'écouler au sein d'un établissement psychiatrique. Elle passe le temps en dévorant les romans noirs qu'elle trouve à la bibliothèque tout en restant dans un silence contre lequel ses soignants ne peuvent rien.

Dans le même temps, Fabrice, ancien tireur d'élite, tente de retrouver une vie normale après avoir passé des années a distribué la mort. Une routine quotidienne qui lui fait du bien jusqu'à ce que Peter, ancien prêtre et vieil ami, vienne sonner à sa porte. Par quelques paroles malheureuses, l'homme s'est attiré la colère de l'Eglise et des catholiques extrémistes.

Va alors commencer un terrorisme sans précédent d'un groupe bien déterminé à faire revivre l'Inquisition selon les méthodes d'autrefois. Pire, une femme, Gabrielle, va bientôt être enlevée et séquestrée par un homme bien décidé à lui faire payer un crime commis selon les principes mêmes de la religion la plus extrême.

Du côté de la forme...

Un polar axé religion, traitant d'une internée psychiatrique, recelant de mystères et dénonçant les formes extrêmes de croyances... Il ne m'en fallait pas plus pour me convaincre et c'est avec la certitude de passer un bon moment que je me suis plongée dans cette lecture.

Tout commence par une scène étrange au sein d'un orphelinat. Un début qui pose pas mal de questions pour le lecteur qui n'aura de cesse de comprendre le pourquoi du comment sans jamais parvenir à deviner de quoi il retourne. D'autant que par la suite nous allons découvrir Marie dans son hôpital psychiatrique, à la fois efficace et alimentant le mystère.

Par la suite, de nombreuses scènes vont se succéder, semblant ne pas avoir de lien entre elles et pourtant convergeant toutes vers ces extrêmistes catholiques déterminé à faire revivre une page sombre de l'histoire de cette religion : l'Inquisition avec toutes les délations et les tortures qui vont avec. Une critique acerbe de la croyance aveugle qui fait réfléchir.

Et il faut avouer que les auteurs n'y vont pas de main morte dans les descriptions d'objets de torture de l'époque ni dans l'hémoglobine et l'horreur de ce que vont vivre les personnages et notamment Gabrielle. Si pour ma part il s'agit de quelque chose qui ne me dérange pas et même que j'apprécie je dirais quand même : "âmes sensibles s'abstenir".

Il est vrai que durant une bonne partie du roman, le lecteur est partagé entre le réflexion forte portée sur la religion et une intrigue pour laquelle il se demande où les auteurs l'entraînent. Pourtant, le dénouement final permet de joindre tous les morceaux pour un ensemble qui fonctionne et qui n'aura eu de cesse de jouer avec les nerfs, les émotions et les pistes du lecteur.

Ce qui est toujours appréciable dans une écriture à quatre mains, c'est de ne pas sentir la différence entre les écritures. Et c'est le cas ici avec deux auteurs qui mêlent leurs univers pour un tout uni et fluide qui sait mêler action et psychologie avec brio. Les auteurs savent aussi mêler une réflexion forte sur la religion à une intrigue prenante et qui change de ce dont on a l'habitude.

En conclusion... 

Intriguée par la couverture et le résumé de ce roman, je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Et bien la surprise fut agréable et j'ai aimé me plonger dans cette réflexion sur un sujet très tabou : les extrêmismes religieux qui touchent toutes les religions sans exception. Une réflexion portée par une intrigue surprenante mais qui fonctionne et saura convaincre les amateurs.
Un duo gagnant dont j'espère bien pouvoir lire bientôt un autre titre. 

jeudi 28 février 2019

Au bord du ruisseau - Laura Ingalls Wilder



Infos sur le livre

éditions : Flammarion
date de publication : 20-08-2011
pages :
prix : 6,70€

Pourquoi ce livre ?

Après avoir lu le premier tome de la série il y a quelques années, j'avais très envie de retrouver cet univers.

De quoi est-il question ?

Après avoir traversé le grand-ouest, la famille Ingalls décide de poser ses valises quelques temps dans une maison souterraine aux bord d'un ruisseau. La jeune Laura est curieuse de découvrir ce nouveau terrain de jeux qui pourrait bien être dangereux. Et parce qu'elle est un vrai garçon manqué, elle n'hésite pas à désobéir à Papa pour assouvir sa curiosité.

Jusqu'à ce que la chance tourne et que la famille puisse, pour la première fois, découvrir la joie de se retrouver dans une vraie maison parfaitement étanche. L'heure est alors venue pour Marie et Laura d'aller à l'école, au grand damne de la cadette qui préfèrerai jouer dans la prairie. Et puis, à l'école, il y a le regard des autres.

Du côté de la forme...

Après ma lecture du premier tome, j'ai compris que la série de romans n'avait que peu à voir avec la série télévisée. Pour autant, j'étais curieuse de découvrir la suite et savoir de quoi il retournait. Je suis ravie de cette nouvelle lecture.

Ici, nous retrouvons la famille Ingalls dans un tournant de son histoire avec ce moment où ils décident de se poser et de cesser un temps leur voyage. L'occasion pour Laura qui se souvient de se remémorer ses sentiments de petite fille à l'idée d'avoir une vraie maison. Un bonheur simple dont nous n'avons pas conscience aujourd'hui.

Avec une Laura grandissant une fluidité apparaît entre les scènes avec plus de logique dans le souvenir ce qui est plutôt plaisant avec plus de relations humaines et de souvenirs des émotions comme la colère ou la peur. Bref, Laura grandit et j'ai été touchée notamment par son souvenir de premier jour d'école : une thématique redondante mais très efficace ici.

Dans ce tome, il est plus aisé de faire le parallèle avec la série télé et surtout les premiers épisodes qui semblent avoir bien travaillé sur le texte. Mais c'est avec passion que l'on se plonge dans un cadre naturel que nous avons perdu au fil des années et que l'on se rappelle l'importance des joies quotidiennes.

Il faut l'avouer, la part religieuse est conséquente dans ce tome avec, notamment, deux passages par la case Noël, des Noëls bien différents de ceux d'aujourd'hui. Laura et Marie sont comblées par un sucre d'orge. Quelle leçon pour nos jeunes actuels ! Et si la religion est présente, elle ne sonne pas comme une invitation, juste comme des souvenirs ce qui est une bonne chose.

Pour ce qui est du style, nous sommes ici face un style très sobre où le souvenir est roi. Laura Ingalls n'extrapole pas et a ce plaisir à écrire pour elle, pas forcément pour les autres, ce qui permet au lecteur de rentrer dans le souvenir comme un couteau que l'on plante dans du beurre : doucement mais avec finesse.

En conclusion 

Voici un deuxième tome avec lequel j'ai passé un très agréable moment et qui nous plonge dans une littérature de jeunesse qui change un peu. Voici un tome qui rappelle la série que nous aimons et nous permet d'entrevoir les personnages tels que nous les connaissons tous. Voici un roman qui fait du bien à notre besoin de possession et de consommation.
Je lirai sans hésiter la suite de la série dès que je le pourrai. 

La promesse de Lucile - Albert Ducloz



Infos sur le livre

éditions : De Borée
date de publication : 31-01-2019
pages : 293
prix : 19,90€


Résumé éditeur 

 Forcée de fuir Paris avant l'arrivée imminente de la Wehrmacht, Lucile a décidé de partir avec ses protégées, d'anciennes tuberculeuses qu'elle a prises sous son aile pour leur permettre d'apprendre un métier et de retrouver une vie normale. C'est à Valence, alors en zone libre, qu'elle se rend avec ses "filles". Grâce au généreux André Giroux, un capitaine dont elle a sauvé la vie pendant le Der des der, elle va pouvoir s'installer dans un ancien hôtel désaffecté. Forte et déterminée, Lucile s'est consacrée aux blessés de 1914-1918. C'est alors qu'elle a rencontré Ludwig, un soldat allemand qu'elle a caché et soigné puis perdu de vue. Mais elle s'est fait la promesse de le retrouver un jour... 

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions De Borée grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau roman d'un auteur que je suis depuis pas mal d'années maintenant.

De quoi est-il question ?

Nous sommes en 1940. Lucile fuit Paris pour Valence, en zone libre, accompagnée de femmes tuberculeuses qu'elle compte bien mettre à l'abris face à l'envahisseur allemand. Dans une grande maison, ces femmes apprennent à vivre ensemble et certaines vont même travailler à l'usine toute proche, réquisitionnée pour fabriquer les uniformes ennemis.

Forte d'un caractère sans faille, Lucile mène son petit monde et vaut son salut à André, reconnaissant des soins qu'elle lui a porté durant la dernière guerre. Et lorsque ses protégées commettent des erreurs, Lucile est là pour les tirer d'affaire, un peu comme une mère, sans jamais les juger. Et ce même si ces erreurs pourraient être fatales.

Mais bientôt les allemands arrivent en zone libre et un groupe d'officier compte réquisitionner l'hôtel de Lucile. C'est alors que la jeune femme reconnaît Ludwig, un officier qu'elle a soigné au terme de la dernière guerre et qu'elle n'a jamais oublié. Une idylle était alors née entre. Comment faire cohabiter ces forts sentiments aux épreuves du présent ?

Du côté de la forme...

Chaque début d'année sonne la parution d'un nouveau roman d'Albert Ducloz et chaque début d'année je suis présente au rendez-vous. Le sujet m'intriguant beaucoup,j'avais hâte de pouvoir découvrir cette histoire qui m'a une nouvelle fois permis de passer un bon moment.

Tout commence par une fuite en zone libre, en temps de guerre. Une thématique connue mais toujours efficace d'autant qu'ici il ne s'agit ni de familles juives ni de Résistants mais de femmes tuberculeuses, un axe auquel nous ne pensons pas forcément et qui pourtant avait son importance à cette époque.

Nous allons donc au début du roman suivre ses femmes au sein de leur nouvelle vie à Valence l'auteur use de ce point de vue pour proposer une étude des usines réquisitionnées, de la vie en communauté et de la naïveté de la jeunesse pouvant conduire au pire. Pour autant, la guerre n'est au début que peu présente dans ce roman ce qui est appréciable.

Et puis, l'empreinte allemande va venir tout bouleverser mais pas de la manière dont on s'attend. Car lorsque les allemands viennent réquisitionner l'hôtel, là où un autre roman aurait fait basculer l'histoire de ces femmes dans l'horreur, celui-ci nous bascule dans une romance impossible entre deux êtres s'étant connus jeunes mais toujours contraints à un amour interdit.

Ce roman devient alors une vraie leçon de relations humaines et de stupidité des combats face à l'harmonie et l'amour. L'amour entre un homme et une femme, l'amour d'une femme pour celles qu'elle protège. Mais ce roman sera aussi une leçon de courage dans un monde où d'autres veulent les conflits dans une seconde partie plus axée sur les Résistances de toutes sortes.

En conclusion... 

Voici un roman dont j'avais très envie de vous parler et qui m'a pas mal touchée en ce qu'il traite de thématiques méconnues et d'une relation impossible telles qu'elles nous les apprécions toujours. Voici un roman qui reprend des codes connus mais qui parvient malgré tout à innover dans son intrigue même pour un lecteur qui s'y laisse prendre.
Je vous reparlerai sans doute bientôt d'un roman de l'auteur. 

mercredi 27 février 2019

Les terres d'Aubrac - Daniel Brugès



Infos sur le livre

éditions : De Borée
date de publication : 25-04-2009
pages : 112
prix : 9,90€

Résumé éditeur

L Aubrac s offre à qui veut bien venir goûter ses lumières multiples et variées. Sur plus de 2500 km2, des gorges de la Truyère à la vallée du Lot, des Boraldes à la Viadène en passant par les pays de Peyre, d Apcher ou les hauts plateaux, des drailles millénaires mènent vers une rencontre inoubliable. Daniel Brugès connaît parfaitement cet « ailleurs de rêve » pour l avoir parcouru en tous sens au fil des saisons. Par ses aquarelles et ses mots, il en devient le guide pour livrer l âme et l identité de l Aubrac, à nulle autre pareille. Terre de contrastes, terre d espaces infinis, terre de traditions, l Aubrac est avant tout terre d authenticité et d attachement. Ici le vent raconte des histoires aux pierres, aux plantes et aux bêtes. Les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle cheminent à travers les immensités. Fières, les vaches aubrac « belles blondes aux yeux cernés de noir » quittent leurs étables au printemps pour ruminer tranquillement au c ur des estives. La musique traditionnelle des accordéons et des cabrettes se mêle aux airs d aujourd hui... Étendu sur trois régions (Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Auvergne), l Aubrac défie les lois administratives : il vibre à son propre rythme, simplement fier d être lui-même, attirant et sauvage.

Pourquoi ce livre ?

C'est lors des Carnets de Voyage de Clermont-Ferrand que j'ai déniché à la boutique cet ouvrage d'un artiste dont j'avais très envie de vous reparler.

Mon avis...

L'Aubrac, cette étendue immense du Centre-France recouvrant plusieurs départements et d'une richesse sans nom, restée sauvage et traditionnelle comme hors du temps. L'Aubrac, cette région de nature sauvage que quelque chanceux connaissent et que vous n'aurez aucune chance de découvrir sans un bon guide.

Les aquarelles de Daniel Brugès, je suis fan ! Alors bien sûr je n'ai pas su résister à la tentation pour un beau livre qui mêle l'onrisme d'un pinceau à l'onirisme d'une région. Et bien sûr, vous en parler est une nouvelle fois un vrai bonheur.

Je l'avoue, il y a encore deux ans, je ne connaissais l'Aubrac que comme un nom lointain, que comme un nom aux limites de l'imaginaire, un nom de bourrée au mieux. Et puis, devenant clermontoise, je me suis comme rapprochée de ce lieux si mystérieux que j'ai eu envie de découvrir. Ici, l'artiste nous invite à cette découverte avec tout le talent qu'on lui connaît.

Un peu à l'image d'un guide, cet ouvrage nous invite à découvrir des villes et des lieux, des traditions et une richesse culturelle dont nous n'avons pas forcément conscience mais révèlent un onirisme "vrai" qui donne à voir qu'il n'est nul besoin de parcourir des milliers de kilomètres pour vivre la beauté de la nature sauvage.

Quel bonheur au fil des pages que d'avoir envie d'aller découvrir des lieux ou de retrouver des coins que l'on connaît. Quel bonheur que de retrouver cette philosophie d'une vie sans histoire et riche de sens par l'amour des bêtes et l'amour de son chez-soi. Quel bonheur que de retrouver ce qui nous est cher comme, pour moi, la danse traditionnelle que j'aime tant.

L'artiste aime la région qu'il nous présente, sa région. De ses aquarelles ressort toute cette passion et toute cette envie de nous invite au voyage. Plongés dans ses peintures, le lecteur n'a plus envie d'en ressortir comme pris dans l'onirisme de représentations pour ne jamais revenir à la réalité de la modernité qui gâche peu à peu ce rêve.

L'Aubrac est une région qui, administrativement parlant, n'existe pas. Et pourtant, sa présence est immense dans la géographie du Centre-France et énorme dans le coeur de ceux qui la connaissent. Cet ouvrage invite chacun à la connaître un peu mieux et à l'aimer. Cet ouvrage, comme un très beau guide, donner envie d'aller visiter ces villages restés fidèles à eux-mêmes.

En conclusion... 

Encore une fois je me suis laissée charmée par les aquarelles si sublimes d'un artiste que j'admire et dont chaque représentation du pays qu'il aime est un voyage. Ici, c'est l'Aubrac qui est à l'honneur avec toute sa force et sa richesse, à la manière des irréductibles qui rejettent le trop grande modernité au nom d'une richesse qu'il convient de préserver.