lundi 18 août 2014

Les feux du printemps - Daniel Gonzalès



Dans le Piémont misérable du début du XXe siècle, Giuanin revient saluer sa famille après un an de travail en France. Il est accompagné d'Ercole, un solide gaillard, qui lui a été d'un grand secours pour trouver de l'embauche et auquel il a promis sa soeur Célia en mariage. Après quelques jours passés dans la famille, l'affaire est conclue. Emmenée contre son gré, Célia, isolée dans un pays dont elle ne connaît ni la langue ni les coutumes, va alors découvrir la vraie personnalité d'Ercole : un homme cruel et volage... Saura-t-elle échapper à son triste sort ?

- Pourquoi ce livre ?

Un très grand merci aux éditions De Borée pour la découverte de ce roman que j'avais repéré dans leur catalogue et qui me tentant beaucoup.

- De quoi est-il question ?

L'histoire commence à la fin du XIXème dans une petite vallée du Piémont, en Italie, où la misère fait rage. Les jeunes filles, dès douze ans, sont contraintes de vendre leurs cheveux pour rapporter un peu d'argent à la famille puisqu'il faut bien se nourrir. Celia est malheureuse mais elle s'accroche à l'idée que Benito, l'homme qu'elle aime, doit revenir la chercher pour la sortir de cet enfer.
Mais voilà qu'un jour, Giuanin, le frère de la jeune fille, revient au pays après avoir tenté l'aventure par delà les frontières afin de venir en aide à sa famille. Il est accompagné d'un jeune homme qu'il a rencontré lors de son périple : Ercole. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, l'affaire est conclue : Célia épousera Ercole et devra le suivre en France.

Au comble du désespoir, Célia devra suivre son époux jusqu'en Provence où, là, elle découvrira qui est réellement son mari : un homme violent, ne supportant pas la contradiction et infidèle.
Célia sera alors battue et maltraitée par Ercole alors même qu'elle ne peut rien faire pour se plaindre et de par son statut de femme de l'époque et de par son ignorance de la langue même du pays où elle vit. Célia devra alors faire preuve du plus grand des courages pour se sortir de cette nouvelle forme de misère.

- Du côté de la forme...

Voici un roman de terroir qui nous plonge dans un autre temps qui, somme toute, n'est pas si éloigné du notre et qui, pourtant, nous semble si loin de tout ce que nous connaissons.
L'auteur nous permet de découvrir ici la situation des jeunes filles italiennes entre la fin du XIXème siècle et le début du XXème. Une époque où elles devraient tout simplement renoncer à leur féminité pour pouvoir nourrir leur famille. Une femme saura s'identifier à elles en ne pouvant faire autrement que de se poser la question : comment aurais-je réagi, à l'âge de douze ans, si j'avais dû vendre mes cheveux et devenir chauve pour quelques pièces ?

Et puis, le lecteur a à peine le temps de se faire à cette idée qu'une nouvelle notion arrive : l'amour c'est pour les riches et les pauvres doivent se contenter de mariages arrangés qui feront vivre la famille. Encore une fois, on se met à la place de ces femmes qui doivent épouser un homme qu'elles n'ont jamais vu simplement parce que c'est là un ordre de leur père.

Célia est une jeune femme qui m'a immédiatement beaucoup touchée. J'ai eu envie de croire avec elle qu'elle pourrait épouser l'homme qu'elle aime et j'ai pleuré avec elle lorsqu'elle a dû quitter le Piémont pour aller vivre en Provence avec un homme qu'elle n'aime pas et qui, pire, la battra.

Comme la plupart du temps avec ce type de romans, l'auteur parvient parfaitement à mêler la Grande Histoire à l'histoire individuelle en alternant le document sur l'industrie et le travail et la vie d'une jeune femme malheureuse dans un pays qu'elle ne connaît pas auprès d'un homme qui la maltraite.

L'histoire est bien menée et les sentiments des personnages sont bien décrits sans pour autant provoquer un plongeon dans le pathos. J'ai particulièrement apprécié ces femmes qui tenteront d'aider Célia du mieux qu'elles le pourront.
Le côté terroir est également très bien transcrit avec une découverte de la Provence de l'époque, des professions des hommes, de la vie des femmes et des différends qui opposèrent les français aux italiens.

- En conclusion...

Un superbe roman de terroir qui mêle une histoire tragique à l'Histoire d'une époque et qui mérite vraiment d'être lu lorsque l'on s'intéresse à cette période.
Désolée pour la longueur de la chronique mais ce roman m'a beaucoup touchée et j'avais vraiment beaucoup de choses à dire dessus.

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